MÉTALLURGIE DU ZINC
On extrait le zinc de la blende (sulfure de zinc) et principalement de la calamine (carbonate de zinc), que l’on trouve en Silésie, à la Vieille- Montagne (près de Liège) et en Angleterre.
La théorie du traitement métallurgique du zinc repose sur le fait de la réduction de l’oxyde de zinc par le charbon à une température élevée. L’oxyde de zinc provient soit de la calcination de la calamine, soit du grillage de la blende. Cette réduction de l’oxyde par le charbon a lieu par divers procédés que nous allons indiquer rapidement.
1861. Procédé anglais ou per descensum. — Dans un four circulaire on place un certain nombre de creusets dont le fond, percé d’un trou, est muni d’un tube en fer qui traverse la sole du four et vient déboucher dans un vase en tôle extérieur (ficj. 190). Chaque creuset est
LIV. III, CH AP. XXXII, MÉTALLURGIE, chargé par une ouverture pratiquée dans la voûte du four ; on a soin seulement de bouclier l’extrémité supérieure du tube par un tampon de bois, afin d’empêcher le minerai mélangé de charbon de tomber par le tube ; on ferme le creuset avec un couvercle luté à l’argile, et l’on chauffe fortement ; le zinc dégagé traverse le tampon, rendu poreux par la carbonisation, et va se condenser dans les récipients extérieurs.
1862. Procédé per ascensum.
— On l’emploie en Silésie et à la Vieille -Montagne sous deux formes différentes. En Silésie, le mélange d’oxyde et de charbon est chauffé dans des espèces de moufles en terre cuite, de 1 mètre de longueur sur 50 centimètres de hauteur; chaque moufle porte à sa partie inférieure une ouverture qui sert à enlever le résidu de l’opération; la partie supérieure est munie d’un récipient en terre, courbé à angle droit et munie d’une ouverture par laquelle on introduit le mélange au moyen d’une poche en fer. Les ouvertures bien lutées, on chauffe la cornue pendant vingt-quatre heures; tout le zinc distille et va s’écouler par l’ouverture inférieure de l’allonge.
A la Vieille-Montagne, on réduit le minerai dans des fourneaux composés de quatre fours accolés. Chacun de ces fours (fig. 191) a la forme d’une arche dans l’intérieur de laquelle on dispose, sur huit rangées environ, quarante cylindres de terre réfractaire de lnylü de longueur, fermés à un bout et munis d’une allonge en terre composée de deux tubes coniques qui s’emboîtent exactement. Chaque arche est chauffée par un foyer placé au-dessous du four, et la flamme y pénètre par des ouvreaux pratiqués dans la voûte du foyer, et se rend, après avoir chauffé les cornues, dans une cheminée centrale divisée en quatre compartiments, correspondant à chacun des fours.
On introduit le mélange de calamine et de charbon dans les tubes à
l’aide d'une pelle demi-cylindrique en tôle, on dispose l’allonge et l’on pousse le feu; bientôt le zinc distille, une grande partie se condense dans l’allonge en terre, mais il se dégage des fumées blanches d’oxyde
de zinc, par suite de la combustion d’une certaine quantité de zinc distillé.
L’opération terminée , on enlève l’allonge, que l’on brise, s’il est nécessaire, pour retirer le zinc, on nettoie le tube, que l’on recharge de nouveau, et l’opération recommence. On obtient dans chaque four 300 kilogrammes de zinc par vingt-quatre heures.
1863. Production du zinc. — En 1861,on produisait en Europe 1,054,000 quintaux métriques de zinc; la Prusse en fournissait 540,000 quintaux et la Belgique 450,000 quintaux, le reste était fourni par l’Angleterre, la France et l’Espagne ; au prix de 60 francs le quintal métrique, la production du zinc représen-
tait une valeur de 62,000,000 de francs.
1864. Extraction du cadmium. — La calamine exploitée en Silésie contient du cadmium, plus facile à réduire el plus volatil que le zinc; aussi se dégage-t-il le premier et vient-il brûLer à l’air avec les premières portions de zinc dégagées. Ce mélange d’oxydes constitue une matière brunâtre contenant 5 à 6 p. 100 de cadmium; en le mélangeant avec du charbon et chauffant seulement au rouge, on réduit l’oxyde de cadmium qui distille, tandis que l’oxyde de zinc reste presque tout entier dans la cornue. Cette opération, répétée plusieurs fois, donne un métal à peu près pur, qu’on sépare du zinc pari acide sulfhydrique.