MÉTALLURGIE DE L’ÉTAIN
1859. Le seul minerai d’étain est le bioxyde, facile à réduire par le charbon ou l’oxyde de carbone ; il forme des filons dans les roches granitiques, mais le plus souvent il est dans les sables provenant de la désagrégation de ces roches. Les principaux gisements d’étain se trouvent en Saxe, en Bohême, dans le comté de Cornouailles, dans les Indes et en Australie. Il en existe en Bretagne, mais on ne l’a guère exploité jusqu’ici.
Les sables stannifères se lavent assez facilement, à cause de la densité considérable de l’oxyde, pour que l’on puisse les exploiter lorsqu’ils contiennent 1/2 p. 100 d’oxyde. La matière lavée est soumise à un grillage, afin d’oxyder les sulfures et arsénio-sulfures divers qui accompagnent souvent l’oxyde ; en bocardanf la matière, les produits oxydés se réduisent en poussière, tandis que l’oxyde d’étain, qui est trèsdur, reste à peu près inaltéré ; un nouveau lavage donne alors un minerai qui peut contenir jusqu’à 50 p. 100 d’étain i.
On fond ce minerai dans un fourneau à manche, de 5 mètres de hauteur (5 à 6 en Angleterre) (fig.
189), où l’on fait arriver le vent d’une tuyère. Les parois de la cuve sont en granit, et le fond est d’une seule pierre convenablement façonnée ; les matières fondues s’écoulent du fourneau dans un creuset extérieur, garni intérieurement de brasque ; un trou de coulée pratiqué à la partie inférieure, le fait communiquer avec une marmite en fonte. L’oxvde d’étain, chargé avec le combustible par couches alternatives , est réduit par l’oxyde de carbone du fourneau ; l’étain fondu et les scories se rendent dans le creuset exté-
1 L’étain est souvent mélangé de wolfram qu’on ne peut en séparer que par un traitement chimique consistant à chauffer le mélange des deux minerais avec du carbonate de soude ; le wolfram se transforme en tungstate de soude soluble dans l’eau et oxyde de fer de densité assez faible pour être séparé de la cassitérite par des lavages ultérieurs.
Fig. 189.
rieur; on enlève les scories, et, lorsque le creuset est rempli de métal, on débouche le trou de coulée, et l’étain se rend dans la marmite, où on l’agite en y plongeant un bâton de bois vert. Cette opération a pour but de faire monter les crasses à la surface du bain et de réduire l’oxyde d’étain dissous. On le laisse ensuite refroidir, et, lorsqu’il est près de se solidifier, on enlève l’étain avec des cuillers de fer et on le met en lingots ; celui qui se trouve à la partie supérieure est plus pur; celui qui reste dans le fond de la chaudière contient des métaux étrangers.
.On peut, d’ailleurs, purifier l’étain en chauffant lentement ce métal sur la sole incliüée d’un four à réverbère; l’étain pur fond le premier et s’écoule, il reste sur l'a sole un alliage contenant une certaine quantité d’étain et tous les métaux étrangers. En répétant deux fois cette opération, on obtient de l’étain très-pur.
1860. Production de l’ctain. — L’Angleterre produit annuellement 86,000 quintaux d’étain; l’Inde (Malacca, Banca, etc.), 40,000 quintaux environ; la Saxe et la Bohême, 2,000 quintaux au plus. L’Australie en produit actuellement de grandes quantités ; aussi depuis quelques années son prix a-t-il considérablement baissé. 11 vaut actuellement 220 francs le quintal métrique; tandis que son prix s’élevait à plus de 350 francs avant la découverte «des gisements australiens. La France en consomme près de 20,000 quintaux.