LL Y. II, CH AP. V, COIS DE BERTHOLLET
azotique reste à l’état d’azotate de potasse fort soluble dans l’eau chaude, fl y a double décomposition, d’après la formule
M),AzOS .4-KCIœ KO,AzOs + NaCI,
parce que le sel marin, ayant une solubilité à peu près constante à toutes les températures, devient bientôt le moins soluble des quatre sels qui peuvent résulter de l’échange des éléments des deux sels en présence, et comme la quantité d’eau devient nécessairement insuffisante pour le dissoudre, par suite de l’évaporation, il finit par se déposer.
Si, au contraire, on refroidissait une dissolution concentrée contenant du sel marin et de l’azotate de potasse, on obtiendrait des cristaux de chlorure de potassium, parce que ce sel est de tous les produits qui peuvent se former, par l’échange mutuel des éléments, le moins soluble aux basses températures. Si donc la quantité de ce sel qui peut résulter do l’union du chlore et du potassium contenu dans la liqueur est plus considérable que celle qui peut y être dissoute, à la température de l’ opération, du chlorure de potassium doit se déposer.
On voit donc qu’il est possible, en s’appuyant sur la loi de Berthollet et sur la connaissance des solubilités des divers sels, aux divers points de l’échelle thermométrique, d’arriver à transformer des sels notablement solubles dans l’eau en d’autres plus utiles. C’est là l’usage principal des courbes de solubilité.
055. Du mélange des dissolutions. — Les lois de Berthollet 110US permettent de prévoir l’action mutuelle des dissolutions, dans. le cas où l’insolubilité ou la volatilité détermine le sens des phénomènes; mais que se passe-t-il quand on mélange deux dissolutions ne donnant par l’échange mutuel de leurs éléments aucun produit insoluble dans les circonstances de l’expérience?
On admet, dans ce cas, qu’il y a encore double échange sans, toutefois, que ce double échange soit complet, de sorte que, si l’on met deux sels en présence, de l’acétate de soude et du sulfate de fer, par exemple, on aura dans la liqueur quatre sels :
Acétate de solide, Sulfate de fer,
Acétate de fer, Sulfate de soude.
La production de l’acétate de fer est, incontestable, car les liqueurs primitives étaient incolores ; leur mélange a la couleur rouille foncée de l’acétate de fer ; l’hydrogène sulfuré ne précipitait pas le sulfate de fer, il donne maintenant dans le mélange le précipité noir de sulfure
fis CHIMIE INORGANIQUE.
de fer qu’il produit quand on le verse dans une dissolution d’acétate de fer,
654. Action des bases insolubles sur les sels solubles. — Si l’on fait bouillir une dissolution d’azotate de cuivre avec de l’oxyde d’argent, on voit peu à peu la liqueur se décolorer, l’oxyde d’argent prend la place de l’oxyde de cuivre, qui est précipité. On démontre d'ailleurs la présence de l’argent au moyen de l’acide chlorhydrique, qui donne un précipité blanc de chlorure d’argent insoluble ; par des expériences analogues, il est possible de déterminer l’ordre dans lequel les oxydes insolubles donnant, avec un acide, des sels solubles, se déplacent mutuellement. Voici deux de ces tableaux, d’après Persoz; un oxyde déplace tous ceux qui le suivent dans leurs combinaisons avec l’acide inscrit en tête du tableau :