PARTIES. PARTIES PARTIES
d’acide sulfurique contiennent.
IG
de soufre
et 24 d’oxygène;
— azotique —
d’azote
et 40 —
5 — chlorique —
de chlore
et 40 —
5 — perchloriqüe —
de chlore
et 56 —
— bromique —
de brome
et 40 —
Or 40 grammes d’acide sulfurique contenant 24 grammes d’oxygène s’unissent à des poids de bases renfermant 8 d’oxygène; par conséquent, dans les sulfates neutres, il y a trois fois plus d’oxygène dans l’acide que dans la base. On voit facilement que le rapport de l’oxygène de l’acide à celui de la base est de 5 à 1 dans les azotates, de 7 à 1 dans les perchlorates, etc. De là cette loi générale : Dans tous les sels neutres, il y a un rapport constant et simple entre le poids de V oxygène de l'acide et celui de la base.
L’expression de cette loi se retrouve dans récriture symbolique imaginée par cet illustre chimiste. Le sulfate de potasse, par exemple, est représenté par la formule KO.SO5, qui donne la composition de ce corps, si l’on convient que le symbole K exprime un poids égal à 59 ; le syrn-
bôle O, un poids égala 8, et le symbole S, r10 parties en poids de soufre.
062. Équivalents des métalloïdes. — L’analyse des acides clilorique, bromique et iodique nous montre que les poids équivalents de ces acides contiennent :
35,5 de chlore pour 40 d’oxygène,
80 de brome pour 40 —
127 d’iode, pour 40 —
L expérience nous apprend de plus que les chlorates, bromates et iodales sont isomorphes. Il n’y a donc entre ces trois acides d’autre différence que dans les poids respectifs du chlore, du brome et de l’iode ; aussi 55,5, 80, 127, sont-ils appelés équivalents du chlore, du brome et de l’iode.
De même, les sulfates, sélèniates, tellurates sont isomorphes, et les poids équivalents de ces acides contiennent :
IG de soufre pour 24 d’oxygène,
39,75 de sélénium pour . 24 —
64,5 de tellure pour 24 —
On dit également que 16, 59, 75 et 64,5 sont les équivalents du soufre, du sélénium et du tellure.
Remarque. — Les équivalents des acides et des bases, déterminés comme on vient de le dire, représentent les poids des corps qui se substituent les uns aux autres dans des combinaisons correspondantes ; mais on ne peut pas dire que 16 parties de soufre soient l’équivalent de 55,5 de chlore ; ces deux métalloïdes ne jouent pas le môme rôle vis-àvis des autres corps : il n’v a donc pas entre ces nombres le rapport expérimental existant entre les équivalents des acides ou des bases. Ce que nous pouvons seulement affirmer, c’est que 55,5 de chlore, 80 de brome, et 127 d’iode s’équivalent, de même que 18 de soufre équivalent à 59,75 de sélénium et à 64,5 de tellure.
ÉQUIVALENTS DES BASES ET DES ACIDES QUI NE DONNENT PAS DE SELS NEUTRES AU PAPIER DE TOURNESOL.
665. Ru «ci neutre. — Los sulfates de potasse, de soude, cl argent,* représentés par la formule générale R0,S05, sont neutres au papier de tournesol ; mais les sulfates de zinc, de fer et de cuivre, etc., de même composition, ont une réaction légèrement acide au tournesol. On ne peut
L1V. If, Cil A P. VI, ÉQUIVALENTS CHIMIQUES, cependant pas les désigner sons le nom de sulfates acides, il en résulterait une confusion regrettable, puisqu’on serait naturellement porté à les considérer comme analogues des sulfates acides de potasse, de soude, de composition et de propriétés générales bien différentes. Il convient donc d’examiner de plus près la valeur du caractère donné par les réactifs colorés.
664. Composition de la teinture de tournesol. — La teinture bleue de tournesol est un sel résultant de l’union d'un acide végétal rouge et d’une base, qui est ordinairement la soude. Si on la traite par un acide, celui-ci enlève la majeure partie ou même la totalité de là base1, s’il a pour cette base une affinité bien supérieure à celle de l’acide végétal ; et cet acide végétal , mis en liberté, colore le liquide de sa couleur propre, qui est le rouge pelure d’oignon. Un acide n’ayant pour la soude qu’une affinité comparable à celle de l’acide végétal, décompose une portion seulement de sa base et le transforme en un sel acide qui a une couleur vineuse. Les bases, au contraire, agissent sur la teinture rouge en formant un sel bleu avec son acide. Quand on fait réagir la teinture bleue de tournesol sur un sel, on doit admettre qu’il y a décomposition réciproque et partage entre les éléments de la teinture et ceux du sel, comme on l’a démontré précédemment (655). Si ce dernier est du sulfate de cuivre, l’acide sulfurique, plus avide de soude que l’acide végétal, s’empare de la majeure partie de cette base, et l’acide végétal mis en liberté s’unit alors à l’oxyde de cuivre. Ce sel a une couleur rougeâtre; de là, le phénomène de coloration observé* Avec le sulfate de potasse, il ne se produit rien d’apparent, car, dans le partage des éléments, l’acide végétal est toujours saturé par un alcali qui donne avec lui un sel bleu. Les divers changements survenus dans la couleur de la teinture de tournesol nous indiquent donc seulement des partages divers entre les éléments des corps mis en présence, et ne nous apprennent rien, en définitive, sur la constitution intime des corps*
1 L’acide sulfurique mis en présence d’une dissolution de borate de soude s’empare de la totalité delà base. On le démontre en versant goutte â goutte de l’acide sulfurique dans une dissolution de borax coloré par de la teinture bleue de tournesol ; on voit dès le commencement dé l’opération le tournesol prendre la couleur rouge vineux que produit l’acide borique en présence de cette liqueur ; une trace d’acide sulfurique libre produirait la couleur pelure d’oignon;- mais ce n’est que lorsque toute la soude a été saturée par l’acide sulfurique qu’on voit se produire cette couleur, si l’on verse encore dans la liqueur une trace d’acide sulfurique. Ce fait est une exception : ordinairement, un acide qu’on verse dans un sel déplace seulemeht une partie de l’acide primitif; on le prouve par des expériences analogues à celles indiquées au paragraphe 653.
Il arrive même qu’une substance présente la réaction véritable sur une matière colorante, et sur cl’ mitres une réaction alcaline. Ainsi l’acide borique rougit faiblement le tournesol, tandis qu’il bleuit l’hématine comme les alcalis. L’acétate de plomb produit les mêmes effets. On voit donc tout ce qu’il y a de vague dans ces dénominations de sels neutres, basiques ou acides, employés par les anciens chimistes et fondés sur l’emploi de tels réactifs.
665. Définition actuelle du sel neutre. — Aujourd’hui, on convient que le sel neutre représente un sel de composition déterminée, ou type variable d’un genre à l’autre ,* mais constant pour un même genre. Ainsi, on donne le nom de sulfates neutres à ceux qui ont la composition des sulfates de potasse, de soude, véritablement neutres au papier de tournesol. On définit donc le sulfate neutre , celui qui contient trois fois plus d’oxygène dans l’acide que dans la base.
Dans les azotates, les chlorates, les bromates neutres, etc., la quantité d’oxygène de l’acide est quintuple de cellç de la base, parce que cette composition est celle des sels de potasse de ces acides, neutres au papier réactif.
666. Conséquences. — Ces définitions acceptées, l’équivalent de l’oxyde de zinc, par exemple, est donné par la quantité de cet oxyde qui s’unit à 40 d’acide sulfurique pour former le sel de même composition que le sulfate neutre de potasse.
Zn0,S03.
L’équivalent du zinc est alors le poids du zinc qui s’unit à 8 d’oxygène, ou, ce qui revient au même, qui entre dans la quantité d’oxyde combiné à 40 d’acide sulfurique dans le sel de composition précédente. Cette remarque permet de déterminer l’équivalent de la plupart des bases métalliques et de leurs métaux.
667. Suintes. — Le choix de la composition du sel neutre pour les sulfates, azotates, etc., était naturellement indiqué; mais il n’en est plus' de même pour les genres des acides suivants.
L’acide sulfureux forme avec les alcalis deux espèces de sels; ceux que l’on obtient en faisant passer l’acide jusqu’à refus dans la dissolution alcaline contiennent quatre fois plus d’oxygène dans l’acide que dans la base. Ces sels, mélangés avec une quantité de hase égale à celle qu’ils renferment, donnent de nouveaux sels cristallisablcs, dans lesquels l’acide ne contient plus que deux fois autant d’oxygène que la base.