LTV. II, GH AP. VI, ÉQUIVALENTS CHIMIQUES
Les deux espèces de sels ont une réaction alcaline sur le tournesol, et les sulfites des autres oxydes sont généralement insolubles. On ne connaît donc, en réalité, aucun sulfite véritablement neutre. On a pris pour type des sulfites (ou improprement pour sulfite neutre) le sel de composition
UQ,S02.
parce que l’on a remarqué que cette composition est celle du plus grand nombre des sulfites métalliques. On admet donc que, dans les sulfites neutres, V oxygène de L’acide est double de celui de la base.
L’équivalent de l’acide sulfureux est représenté par 32, parce que ce nombre exprime la quantité d’acide sulfureux qui s’unit à un équivalent d’une base quelconque pour former le sel de composition acceptée pour type du sel neutre.
668. Carbonates. — Quoique l’acidé carbonique s’unisse en trois proportions avec la potasse ou la soude, aucun des sels cristallisés qui en résultent n’est neutre au tournesol; tous ont une réaction alcaline. Les autres carbonates sont insolubles. Il faut donc faire une convention sur la composition du carbonate neutre.
Dans celui qui contient le plus d’acide carbonique, l’oxygène de l’acide est quadruple de celui de la base; dans le second, le rapport est de 3 à 1, et enfin, dans ceux qui en contiennent le moins, le rapport est de 2 à 1 . On admet que ce dernier rapport exprime la composition du carbonate neutre, parce que les carbonates de chaux, de baryte, de strontiane, de magnésie et de fer, qu’on trouve abondamment dans la nature, sous les formes cristallines les plus nettes, ont précisément cette composition exprimée par la formule RO, CO2.
Les deux autres carbonates seront alors représentés par les formules1
2R0,5C02 (sesquicarbonate), R0,2C02 (bicarbonate).
1 Les sels acides contiennent assez d’eau d’hydratation pour qu’on puisse, en considérant l’eau comme une base, les envisager comme des sels doubles et neutres. Ainsi le bisulfate de potasse
peut être envisagé comme résultant de la combinaison du sulfate neutre de potasse et du sulfate neutre d’eau. Cette manière d’interpréter les faits a l’avantage de supprimer les dénominations vagues de sels neutres, de sels acides et de sels basiques, car on peut l’étendre dans la plupart des cas aux sels appelés basiques, tels que l’azotale bibasique de plom’b,
2Pb0,H0,Az03
qui serait alors un sel double formé d’azotate de plomb, TbO.AzO5, et d’hydrate de plomb, Pb0,I10.
009, Équivalent d© l'acide carbonique . — L’équivalent de i’ncidé
carbonique est donc la quantité de cet acide qui se combine à un équivalent de base, soit à 47 de potasse, pour former le sel de formule KO,COr\ Il est représenté par le nombre 22.
670. Remarque. — Les conventions que nous venons de faire pour déterminer les équivalents des acides sulfureux et carbonique ne sont pas nécessaires. On comprend qu’elles varient avec l’importance qu’on accorde à tel ou tel genre de considérations. Aussi un certain nom" bre de chimistes, en s’appuyant sur ce fait, que. les bicarbonates alcalins (RO,HO,2C02) s’approchent beaucoup plus près d’être neutres au papier de tournesol, et sur d’autres encore qui ne peuvent trouver place ici, ont admis que le véritable carbonate neutre contenait quatre fois plus d’oxygène dans l’acide que dans la base. Les carbonates de chaux sont donc, dans cette hypothèse, des carbonates basiques, et leur composition est exprimée par la formule 2R0,C?04; puisque le carbonate neutre prend la formule R0H0,C204, l’équivalent de l’acide carbonique est alors représenté par le nombre 44, double de notre équivalent.
671. Phosphates neutres. — On connaît trois acides phosphoriques (l 75). L’acide métaphosphorique ne se combine jamais qu’avec un équivalent de base pour donner de sels de formule R0,Ph03. On admet alors que, dans les métaphosphates neutres, le rapport de V oxygène de V acide à celui de la base est de 5 à ! . L’acide pvrophosphorique peut se combiner à un ou deux équivalents de basé, de soude par exemple, et donner, par conséquent, deux sels de composition exprimée par les formules
It0,Ph05 et 2R0,Ph05,
si l’on ne tient pas compte de l’eau qu’ils renferment; mais nous avons fait voir que le premier sol contenait toujours un équivalent d’eau jouant le rôle de base et qu’on ne peut, lui enlever sans modifier les propriétés de l’acide (173). Sa formule véritable est donc HO, RO, PhO3, et l’on doit dire que, dans ce sel, comme dans celui qui contient deux équivalents de base réelle, le rapport de l'oxygène de l'acide à l'oxygène de la base est celui de 5 à 2. Ce rapport définit le ^yrophosphate neutre.
Quoique l’acide phosphorique ordinaire forme , avec la soude par exemple, trois sels différents, l’un acide au tournesol (JVaO,2HO, PhOs) et les deux autres basiques, il n’en faut pas moins considérer ces trois sels comme étant tous trois tribasiques, parce que l’eau, qui remplace partiellement la base réelle, y joue le rôle de base. On admet donc que,
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dans les phosphates neutres , Y oxygène de l'acide est à celui de la hase dans le rapport de 5 à 5.
672. Éejuivalent «le l’acide plsospliorique. — On déterminera Fé-
quivalent de l’acide phosphoriqne en partant de la définition de l’un des phosphates neutres. C’est la quantité, d’acide phosphoriqne qui s’unit h trois équivalents de base dans les phosphates ordinaires, et à deux dans les pyrophosphates, à un seul dans les mêtaphosphates. Cet équivalent est représenté par le nombre 71.
675, Remarque. — On peut pratiquement déduire la valeur de l’équivalent des métalloïdes de l’analyse de leurs acides, comme nous avons déduit les équivalents des métaux de l’analyse des hases. L’équivalent du soufre est évidemment la quantité de ce corps qui s’unit dans l’acide sulfurique à 24 d’oxygène ; celui du chlore est le poids de ce corps uni à 40 d’oxygène dans l’acide chlorique, et plus généralement : l'équivalent d'un métalloïde est le poids de ce corps uni , dans un acide , à la quantité d’oxygène obtenue en multipliant l'équivalent de l'oxygène par le rapport qui caractérise le sel neutre de cet acide.