AZOTATES
Les azotates sont solides; tous sont soluhles dans l’eau, excepté quelques azotates basiques.
705. Action du feu. — 1° Azotates alcalins. — Les azotates de po- \ tasse et de soude fondent d’abord sous l’influence de la chaleur; mais, au rouge, ils se décomposent en oxygène qui se dégage avec quelques vapeurs nitreuses, et en azotite à réaction alcaline, qui reste dans le creuset où s’effectue l’opération :
Na0,Az03 = Na0, Az05 -f -O2.
L’azotite de soude se décompose à son tour à une température plus élevée en donnant, de la soude anhydre et les produits de décomposition de l’acide azoteux (azote, oxygène, acide hypoazotique) ; mais cette réaction ne peut être utilisée pour la préparation des alcalis anhydres, parce qu’on ne trouve point de vase où l’on puisse l’effectuer. Les creusets en terre sont vitrifiés et fondus par les alcalis; les creusets métalliques sont fortement oxydés et perforés; ils sont fondus, s’ils sont en métaux inoxydables, mais facilement fusibles comme l'argent et l’or.
La présence du bioxyde de manganèse rend cependant cette décomposition possible dans un creuset de terre, mais alors la soude anhydre est mélangée au bioxyde de manganèse, qui n’a éprouvé aucune altéra-
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CHIMIE INORGANIQUE, lion et on 11e peut la séparer de ce corps qu’en l’hydratant. Cette expérience permet, d’après M. Wôliler, d’obtenir facilement une dissolution de soude pure.
2° Azotates des divers protoxydes . — L’azotate de baryte et la plupart des azotates métalliques se décomposent par la chaleur, à une température qui ne dépasse pas le rouge. L’oxyde métallique reste, tandis que l’acide azotique se trouve décomposé en oxygène et acide liypoazotique. Les préparations de la baryte et de l’acide hypoazotique (154) sont fondées sur ces faits. Toutefois, si l’oxyde métallique existant dans l’azotate avait de la tendance à se suroxyder, ce phénomène aurait lieu, et l’on obtiendrait le plus oxydé des oxydes stables de ce métal à la température de l’ expérience. C’est, ainsi que l’azotate de protoxyde de manganèse légèrement chauffé se décompose en bioxyde de manganèse et acide hypoazotique :
MnO, AzO3 = MnO2 -h AzO4.
5° Azotates des sesquioxydes et des métaux précieux. - — Ces azotates sont très-peu stables, et, comme ils sont toujours hydratps, ils se décomposent facilement, à une température inférieure à 200°, en acide azotique ordinaire et en oxyde métallique. Exemples : azotates d’alumine, de palladium.
706. Action des métalloïdes. — L’action des azotates sur les autres corps est, d’après ce qui vient d’être dit, nécessairement oxydante; par conséquent, nous devons nous attendre à voir les métalloïdes réducteurs, tels que le soufre, le carbone et le phosphore, agir vivement sur les azotates, tandis que le chlore, l’oxygène et l’azote seront sans action sur eux. Le chlore ne peut agir que sur l’oxyde qu’ils contiennent < Nous étudierons ici principalement l’action du soufre et du charbon.
707. Action du «oufrc. — Le soufre, en présence d’un excès d’azotate de soude, se transforme en sulfate et dégage du bioxyde d’azote :
Na0,Az03 + S = Na0,S03 -+■ AzO3.
Cette réaction a souvent été utilisée pour la préparation du bioxyde d’azote que Ton doit introduire dans les chambres de plomb où se forme l’acide sulfurique. Mais, si la proportion du soufre estplus considérable, la réduction de l’acide azotique est complète ; il se dégage alors de l’azote et de l’acide sulfureux :
Na0,Az05-f 2S = Nn0,S05*f SO3 + Az.
Enfin, si la proportion de soufre augmente encore, il se forme un sul-*