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COMPOSÉS BINAIRES

715. Oxydes. — Les oxydes des métaux précieux et les peroxydes que l’on calcine dégagent de l’oxygène, reconnaissable à la propriété qu’il possède d’enflammer une allumette présentant quelques points en ignition. Les autres oxydes, mélangés à du carbone et calcinés, dégagent de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone, et, chauffés au rouge dans l’hydrogène, ils donnent de l’eau, le métal étant mis en liberté. Ceux qui résistent à l’action de l’hydrogène et du carbone donnent, quand on les soumet à l’action simultanée du chlore et du carbone à une température élevée, un chlorure métallique, du gaz chloroxycarbonique et de l’oxyde de carbone inflammable.

716. Sulfures. — Plusieurs sulfures, chauffés dans un tube, donnent un sublimé de soufre ; beaucoup, chauffés au rouge dans un tube traversé par un courant d’air, dégagent de l’acide sulfureux, reconnaissable par son odeur. Quelques-uns, chauffés au rouge dans un courant d’hydrogène, dégagent de l’hydrogène sulfuré. Dissous dans l’acide azotique ou dans l’eau régale, ils donnent de l’acide sulfurique ou forment un dépôt de soufre. Calcinés avec de l’azotate de potasse, ils produisent du sulfate de potasse. Fondus au chalumeau sur le charbon avec du carbonate de soude, ils donnent du sulfure de sodium soluble dans l’eau, et qui dégage, quand on le traite par les acides, de l’hydrogène sulfuré

précipitant en noir les dissolutions de plomb et noircissant l’argent humide.

717. Séléniures. — - Calcinés, ils dégagent l’odeur du sélénium (271). Chauffés dans un tube de verre, ils donnent parfois un sublimé rouge de sélénium. Fondus au chalumeau sur le charbon avec du carbonate de soude, ils donnent du séléniure de sodium soluble dans l’eau, qu’il colore en rouge et de laquelle le sélénium se sépare promptement, au contact de l’air, avec une couleur rouge. Calcinés avec l’azotate de soude, ils donnent du sôléniate de soude (7,51).

718. TeiissrHrcs. — Ils se comportent, sous l’influence de la chaleur, des alcalis et du charbon, comme les séléniures. La dissolution du tellurure de sodium est d’un rouge pourpre et laisse, très-promptement, déposer, au contact de l’air, le tellure, sous forme de poudre grise. Calcinés avec du salpêtre et du carbonate de sonde, ils donnent des tellurates (752).

719. Phosphures. — Si on les calcine avec un mélange de salpêtre et de carbonate de soude, ils donnent des phosphates alcalins ; l’acide azotique les oxyde et les fait passer à l’état de phosphates.

720. Arséniiires. — Calcinés à l’air, ils donnent généralement une fumée blanche ayant l’odeur de l’ail ; chauffés dans un tube, ils donnent le plus souvent un sublimé d’arsenic. Avec l’acide azotique, ils donnent de l’acide arsénieux ou de l’acide arsénique. Fondus avec un mélange de salpêtre et de carbonate de soude, ils donnent un arséniate alcalin soluble, facile à reconnaître.

721. Chlorures. — Ceux des métaux qui décomposent l’eau dégagent de l’acide chlorhydrique avec de l’acide sulfurique concentré,* ou du chlore, si on les mélange avec du bioxyde de manganèse. Ceux qui sont solubles donnent avec l’azotate d’argent un précipité blanc de chlorure d’argent, caséeux, devenant violet à la lumière, insoluble dans l’acide azotique, très-soluble dans lVunmoniaque et rhyposulfite de soude. Les chlorures insolubles, calcinés avec du carbonate de soude, forment du chlorure de sodium, qu’on reconnaîtra aux caractères précédents.

722. Hromures. — Chauffés dans le chlore, ils donnent des vapeurs rouges de brome. L’eau chlorée sépare des dissolutions de bromure, du brome, reconnaissable par la coloration jaune de sa dissolution, et qu’on peut enlever en agitant le liquide avec l’éther. Avec l’azotate d’argent, mêmes réactions que pour les chlorures. Calcinés avec du carbonate de soude, les bromures insolubles donnent du bromure de sodium soluble, facilement reconnaissable aux caractères que nous venons d’indiquer.

LTV. Tï, CH AP. VIII, CARACTÈRES DES COMPOSÉS BINAIRES. 105

725. loi! sires. — L’acide azotique, chargé de vapeurs nitreuses, ou l’eau chlorée, ajoutée goutte à goutte, séparent des iodurcs solubles, de l’iode, reconnaissable à sa couleur noire, aux vapeurs violettes qu’il émet lorsqu’on le chauffe, ou à sa réaction sur l’empois d’amidon. L’azotate d’argent précipite des iodures solubles del’iodure d’argênt jaunâtre très-peu soluble dans l’ammoniaque. Avec l’azotate de plomb, ils donnent un précipité jaune, et un précipité rouge avec l’azotate de mercure. Mélangés et chauffés avec une dissolution de sulfate de cuivre dans l’acide sulfureux, les iodures donnent un précipité blanc d’iodure cuivreux, qui, chauffé avec du bioxyde de manganèse, dégage des vapeurs violettes d’iode. Les iodures insolubles, calcinés avec du carbonate de soude, donnent de l’iodure de sodium soluble, qu’on reconnaît aux caractères précédents.

724. Fluorures. — Chauffés dans un creuset de platine avec de l’acide sulfurique concentré, ils dégagent, en s’échauffant, des vapeurs d’acide fluorhydrique avec lesquelles on peut graver sur le verre. Les fluorures solubles ne sont pas précipités par les sels d’argent. Mêlés à de la silice et chauffés avec de l’acide sulfurique, ils dégagent du fluorure de silicium gazeux que l’eau décompose en donnant de la silice gélatineuse (408).

725. Cyanures. — La plupart dégagent avec l’acide chlorhydrique de l’acide cyanhydrique reconnaissable à son odeur. Chauffés avec du salpêtre, ils brûlent et donnent du carbonate de potasse. Calcinés avec du carbonate de soude, ils donnent du cyanure de sodium soluble dans l’eau. On reconnaîtra ce sel en versant sa dissolution dans un mélange de sels de protoxyde et de sesquioxyde de fer ; dissous dans l’acide chlorhydrique, il se produira un précipité bleu de Prusse. On peut encore saturer cette dissolution par l’acide azotique; elle exhalera alors une odeur d’acide cyanhydrique et produira avec l’azotate d’argent un précipité floconneux de cyanure d’argent. Le cyanogène et l’acide cyanhydrique traités par une dissolution de potasse étendue donneront un cyanure qu’on reconnaîtra aux caractères précédents.

726. Carbures. — Dissous dans les acides, ils abandonnent la plus grande partie de leur carbone, sous forme de poudre noire ou de lamelles graphitoïdes. Les carbures des métaux qui décomposent l’eau dégagent, quand on les dissout dans l’acide chlorhydrique, du carbure d’hydrogène infect et laissent déposer du charbon.

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