‹ Eléments de chimieChapitre 68 sur 462 · UY, II, C II AP. VIII, CARACTÈRES DES COMPOSÉS BINAIRES · texte numérisé non relu

UY, II, C II AP. VIII, CARACTÈRES DES COMPOSÉS BINAIRES

755. Azotates. — Ils fusent sur des charbons incandescents. Ceux qui renferment des alcalis fixes laissent comme résidu une masse alcaline. Mélangés avec de la tournure de cuivre et de l’acide sulfurique, ils laissent dégager des vapeurs rutilantes. Leur dissolution, colorée par uîio goutte de dissolution d’indigo et mélangée à de l’acide sulfurique, se décolore par la chaleur. Une dissolution de sulfate de protoxyde, de^ fer dans l’acide concentré, prend une couleur violette par l’addition d’une très-petite quantité d’un azotate quelconque et devient d’un noir brun avec un peu plus de sel.

754. Azotîtes. — Dégagent avec les acides étendus des vapeurs rutilantes.

755. Phosphates. — Les phosphates solubles donnent, avec l’azotate d’argent, un précipité jaune ou blanc, également soluble dans l’acide azotique et dans l’ammoniaque. Mélangés avec du sel ammoniac et une dissolution concentrée de sulfate de magnésie, ils donnent un précipité blanc cristallin, qui ne se forme dans les dissolutions étendues que par une agitation prolongée. On calcine les phosphates insolubles avec du carbonate de soude ; on dissout le phosphate de soude dans l’eau, et, après avoir à peu près saturé la liqueur par l’acide azotique, on obtient le précipité jaune d’azotate d’argent. Quelques phosphates insolubles jaunissent de suite par le contact d’une solution d’azotate d’argent. On constate dans un liquide la présence de traces d’acide phosphorique en ajoutant cà cette liqueur une dissolution de molybdate d’ammoniaque dans l’acide azotique ; il se produit aussitôt un précipité jaune pulvérulent.

756. Phosfïhites et hypophosphites. — Ils dégagent de l’hydrogène, ou de l’hydrogène phosphorê lorsqu’on les calcine, et se transforment en phosphates. Les phosphites précipitent l’eau de chaux, qui n’est pas précipitée par les hypophosphites. Ils réduisent les sels d’argent et de mercure.

757. Arséniates. — Chauffés sur le charbon avec du carbonate de soude à la flamme intérieure du chalumeau, ils répandent une forte odeur d’ail ; les sels solubles donnent, avec l’azotate d’argent, un précipité rouge-brique. Les arséniates insolubles, chauffés avec du carbonate de soude, se transforment en arséniates alcalins solubles. On peut reconnaître leurs dissolutions avec l’appareil de Marsh (196).

758. Arsénites. — Chauffés sur le charbon avec le carbonate de soude, ils répandent aussi l’odeur d’ail. Chauffés avec un cyanure alcalin dans un petit tube, ils donnent un anneau miroitant d’arsenic. Les sels solu-

blés donnent, avec l’azotate d’argent, un précipité jaune soluble dans l’ammoniaque et l’acide azotique. Additionnés d’acide chlorhydrique, ils sont immédiatement précipités en jaune par l’acide sulfhydrique ; les arséniates ne précipitent qu’au bout d’un jour ou deux. L’appareil de Marsh permet aussi de les reconnaître.

759. — Per chlorates. Chauffés dans un tube, ils dégagent beaucoup d’oxygène et laissent un chlorure métallique facile à reconnaître (721). Ils fusent sur des charbons ardents ; le résidu n’est jamais alcalin ; ils ne sont pas décomposés par l’acide sulfurique à froid.

740. Chlorates. — Chauffés sur le charbon, ils fusent comme lesperchlorates. Ils détonent avec l’acide sulfurique concentré, ou se colorent en jaune, en donnant un gaz jaune qui a une odeur de chlore. Ils forment, avec l’acide chlorhydrique, en dégageant du chlore, une liqueur d’un jaune foncé qui décolore l’indigo et la teinture de tournesol.

741. Eiypoehiorites. — Leur dissolution décolore les dissolutions d’indigo et de tournesol. Ils dégagent du chlore avec l’acide chlorhydrique faible ; avec l’ammoniaque, ils dégagent de l’azote doué de l’odeur piquante du chlorure d’azote.

742. Aromates et îoiiates. — Chauffés seuls ou surle charbon, ils se comportent comme les chlorates et laissent pour résidu un bromure ou un iodurc métallique. Le protochlorure d’étain et l’acide sulfureux les transforment en bromures et iodures métalliques. L’acide sulfureux peut, même dans une liqueur acide, mettre l’iode et le brome en liberté.

745. Carbonates. — Ils font effervescence avec les acides, en dégageant de l’acide cnrbonique qui donne un précipité blanc dans l’eau de chaux.

744. Borates. — Ils fondent au chalumeau en une perle vitreuse. Si l’on verse de l’acide sulfurique dans leurs dissolutions Concentrées et chaudes, il se dépose, pendant le refroidissement, des écailles cristallines d’acide borique. Cette dissolution acide colore en vert la flamme de l’alcool.

745. Silicates. — Le sel ammoniac précipite des silicates solubles, de la silice gélatineuse. Saturés par l’acide chlorhydrique, évaporés à siccilé et repris par l’eau, ils laissent un dépôt de silice pulvérulente. Les silicates insolubles, traités par le carbonate de soude, donnent du si licate de soude soluble dans l’eau, dans lequel on manifeste ces réactions. Avec le fluorure de calcium, et l’acide sulfurique, ils donnent du fluorure de silicium; les borates donneraient du fluorure de bore.

746. Nous ajoutons à ce résumé un tableau méthodique, indiquant la

Page 1