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LIV. III, CHAP. I, POTASSE

sec. On le fond ensuite en chauffant au rouge sombre, et on le coule sur une plaque d’argent. On obtient ainsi la potasse à l’alcool, beaucoup plus pure que la précédente, mais qui contient encore un peu de carbonate provenant de l’acide carbonique de l’air et de l’oxydation subie par l’alcool, pendant la dernière période de l’opération, sous l’influence de la potasse.

Si l’on veut seulement obtenir une dissolution de potasse pure, il est préférable d’employer du carbonate de potasse pur et de la chaux égale* ment pure; il suffit, après avoir décanté le liquide éclairci, de le conserver dans des vases bien fermés.

757. Méthode de M. w«iiier. — M. Wohler conseille de chauffer dans un creuset de cuivre, au rouge naissant, une partie d’azotate de potasse pur et 5 parties de cuivre coupé en petits morceaux ; on obtient ainsi un mélange de potasse anhydre* et d’oxyde de cuivre, qu’on traite par l’eau. On laisse déposer la liqueur, plus ou moins concentrée, dans un vase fermé, et l’on décante rapidement le liquide clair, qui ne contient point trace de cuivre ni d’azotate. On le conserve dans des flacons bien bouchés.

758. Usages. — La potasse est souvent employée, dans les laboratoires, comme réactif chimique, pour précipiter les oxydes métalliques, etc. On emploie la potasse fondue en petits bâtons comme pierre à cautères. A cet effet, on coule la potasse fondue dans une petite lingotière en fer. Les dissolutions de potasse obtenues directement en traitant le carbonate par la chaux, sont employées pour la fabrication des savons mous.

Peroxyde de potassium KO5.

759. Gay-Lussac et Thénard l’ont obtenu en brûlant du potassium dans un excès d’oxygène, sur un morceau de chlorure de potassium fondu, ou sur une plaque d’argent. On ne peut employer ni le verre ni le platine dans cette préparation ; le verre est réduit et le platine s’oxyde. Le peroxyde de potassium est jaune ; il fond au rouge et prend en refroidissant une texture écailleuse et cristalline.

Lorsqu’on le mélange à des corps combustibles et qu’on chauffe, il se produit ordinairement une explosion. Il absorbe l’hydrogène, le gaz sulfureux et le bioxyde d’azote à une température peu élevée, en donnant de l’hydrate, du sulfate et de l’azotate de potasse. Il se dégage en outre beaucoup d’eau dans le premier cas, mais ces réactions ne sont pas accompagnées de dégagement de lumière. Lorsqu’on met le suroxyde de

potassium au contact do l’eau, l’oxygène est chassé cl il se forme de l’hydrate de potasse.

Il faut remarquer que le suroxyde se forme toujours lorsqu’on fond l’hydrate de potasse dans un creuset d’argent découvert, au contact d’une atmosphère oxydante; dans ces conditions, l’oxygène expulse une partie de l’eau. C’est pour cela que, très-souvent, l’hydrate fondu, mis au contact de l’eau, se dissout en donnant une effervescence due au dégagement de l’oxygène chassé à froid par l’action de l’eau.

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