COMPOSÉS OXYGÉNÉS DU POTASSIUM
753. L’oxygéne forme deux combinaisons bien connues avec le potassium, le protoxyde KO et le peroxyde KO5. Il paraît, en outre, se former un sous-oxyde K20, lorsqu’on brûle le potassium dans une quantité insuffisante d’air pour obtenir le protoxyde KO, ou bien lorsqu’on fond audessous de 300°, du potassium avec de l’hydrate de potasse, on obtient ainsi une masse grise très-inflammable, que décompose l’eau sans inflammation, en donnant de l’hydrate de potasse (KO, 110) avec dégagement d’hydrogène. Chauffé dans le vide, sur du platine ou du fer, il se décompose en potasse qui reste, et potassium qui se volatilise. Sa composition est encore incertaine.
f Protoxyde de potassium KO.
754. On peut l’obtenir à l’état anhydre, soit en brûlant du potassium dans une quantité convenable d’oxygène sec, soit en faisant fondre une partie de potassium avec 1,4 d’hydrate de potasse. 11 se dégage de l’hydrogène et il se forme 2,5 de potasse anhydre, matière d’un blanc grisâtre qui entre en fusion au rouge et se volatilise à une température trèsélevée. Lamasse fondue est dure, sa cassure est conchoïde. Si on l’unit à l’eau, équivalent à équivalent, l’hydrate qui en résulte subit la fusion ignée et devient incandescent.
Hydrate de protoxyde de potassium (Potasse) KO, HO.
755. Ce que l'on désigne sous le nom de potasse est l’hydrate de protoxyde» C’est un corps solide, blanc, extrêmement caustique; aussi est-i 1 employé, sous le nom de pierre à cautères, pour ronger les chairs. La potasse fond au-dessous du rouge, en perdant une partie de son eau, si elle en renferme plus d’un équivalent ; mais elle en conserve toujours un que la chaleur ne peut lui enlever.
L’hydrate de potasse solide se dissout dans l’eau avec dégagement de chaleur, parce qu’il se combine à une nouvelle quantité d’eau pour former un hydrate que l’on peut, obtenir en dissolvant la potasse monoliydratée dans une petite quantité d’eau chaude et laissant refroidir; il se
dépose au bout de quelque temps des cristaux qui contiennent 5 équivalents d’eau pour un équivalent de potasse :
Ces cristaux se dissolvent à leur tour dans l’eau, mais avec production de froid; ils peuvent servir à préparer les dissolutions pures dépotasse.
On comprend facilement, d’après ce qui vient d’être dit, que la potasse solide soit déliquescente. Un morceau de potasse exposé à l’air ne tarde pas, en effet, à se transformer en un liquide sirupeux; l’acide carbonique de l’air est absorbé en même temps que l’humidité et donne un carbonate déliquescent, mais celui-ci se transforme à la longue en bicarbonate peu soluble qui cristallise.
756. Préparation. — On la prépare en traitant par de la chaux le carbonate de potasse en dissolution. Il se produit du carbonate de chaux insoluble et de la potasse qui reste dans le liquide (650).
On dissout dans une bassine en fonte une partie de carbonate de potasse dans dix à douze fois son poids d’eau, on y ajoute une partie de chaux éteinte et l’on fait bouillir le mélange en remplaçant l’eau à mesure qu’elle s’évapore. Cette précaution est nécessaire, car la potasse concentrée peut décomposer le carbonate de chaux, en reproduisant du carbonate de potasse et de la chaux caustique. On continue l’ébullition jusqu’au moment où, en filtrant une portion de la liqueur et y versant de l’eau de chaux, on n’obtient plus de précipité de carbonate de chaux. On retire alors la bassine du feu et on laisse reposer le liquide. Lorsqu’il est clair, on le décante dans une bassine de cuivre ou mieux d’argent, et on l’évapore rapidement. Lorsqu’il a pris une consistance huileuse, on le coule sur une plaque de cuivre. La matière solidifiée' est concassée et renfermée dans des flacons fermés avec soin. Elle est connue sous le nom de potasse à la chaux.
La potasse à la chaux n’est généralement pas pure; elle contient d’abord les chlorures et les sulfates qui se trouvent dans le carbonate de potasse ordinaire, et en outre un peu de carbonate de potasse qui s’est formé pendant l’évaporation. Ces divers sels sont insolubles dans l’alcool ; on pourra donc purifier la potasse en la mettant en contact avec ce liquide. Au bout de quelque temps on voit le liquide alcoolique se partager en deux couches. La couche inférieure contient les sels étrangers. On décante alors la couche supérieure et on la chauffe dans un alambic, pour recueillir l’alcool; quand le volume est réduit au tiers, on verse le résidu dans une capsule d’argent, où on l’évapore d’abord à