LIV. III, CH AP. I, BROMURE DE POTASSIUM
(KCl4-2MgClH-12H0), ou de camallite, qu’on a trouvé depuis en abondance dans les gisements de sel gemme de Stassfurt.
Le chlorure de potassium s’obtient aussi comme produit secondaire dans plusieurs opérations chimiques. (Fabrication du savon dur, raffinage du salpêtre...)
Le chlorure de potassium raffiné est employé dans la fabrication du chlorate de potasse, dans la transformation de l’azotate de soude du Chili en azotate de potasse, dans la fabrication de l’alun. On en transforme aussi une certaine quantité en carbonate de potasse par le procédé de Leblanc (voir soude).
Le chlorure de potassium impur de Stassfurt, mais débarrassé de son chlorure de magnésium, est employé en grande quantité comme engrais dans l’agriculture.
Bromure de potassium KBr
762. Il a la forme du chlorure; il est beaucoup plus soluble que lui. Fusible au rouge, il est légèrement "soluble dans l’alcool. On l’obtient en saturant du brome par de l’hvdrate de potasse, ce qui donne une dissolution contenant du bromure et du bromate de potasse (6KO-t- 6Br = K0,Br03-t- 5KBr) ; on évapore à siccité, et l’on calcine jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’oxygène. Il ne reste plus que du bromure que l’on fait cristalliser par évaporation.
D’après Loewig, il existe un bi et un'tribromure de potassium. On obtient ce dernier en dissolvant le bromure neutre dans son poids d’eau et en y ajoutant du brome en excès. Le mélange s’échauffe assez pour que le brome en excès puisse distiller sous l'influence de la chaleur dégagée par la combinaison.
On emploie le bromure de potassium en médecine.
Iodure de potassium Kl
765. Propriétés. — L’iodure de potassiunUcristallise en cubes comme le chlorure et le bromure; comme eux il fond au rouge et se volatilise sensiblement à partir de cette température, tl se forme toujours un peu de potasse, sous l’action oxydante de l’air; il est déliquescent, beaucoup plus soluble que le chlorure et le bromure, et il produit un froid considérable en se dissolvant ; lorsqu’on le dissout dans une quantité d’eau exactement convenable, il peut produire un abaissement de température de 24°.
100 parties d’eau à 12°, 5 dissolvent 156 parties d’iodure.
La dissolution saturée bout à 120°; 100 parties d’eau tiennent alors en dissolution 221 parties d’iodure.
L’iodure de potassium est beaucoup moins soluble dans l’alcool; ainsi 1 partie d’iodure exige 5 à 6 parties d’alcool à 85° centigrades, à la température de 12°, 5, et 50 ou 40 parties d’alcool absolu dans les mêmes circonstances.
764. Usages. — Très-employé en médecine, soit en dissolution dans l’eau, soit incorporé dans une pommade, surtout dans les engorgements glanduleux. 11 sert en photographie.
765. Préparation. — En dissolvant l’iode dans de la potasse il se forme un mélange d’iodure et d’iodate qu’on calcine au rouge, après l’avoir desséché. Il est bon d’ajouter au mélange sec un dixième de son poids de noir de fumée qui facilite la décomposition de l’iodate et empêche
la production d’une certaine quantité de potasse caustique provenant de l’action de l’oxygène de l’iodate, sur l’iodure de potassium. On reprend par l’alcool à 85°, qui dissout l’iodure seulement, et laisse à l’état insoluble tous les sels étrangers contenus dans la potasse employée, avec l’excès de charbon.
On peut aussi le préparer en mêlant de l’iode avec de l’eau et de la limaille de fer, de manière à former d’abord un iodure ferreux auquel on ajoute 1/5 de la quantité d’iode qu’il contient. On décompose cette solution par le carbonate de potasse, qui précipite le fer à l’état d’oxvde ferrosoferrique (Fe304), brun-noirâtre, en dégageant de l’acide carbonique; ce procédé est dans la pratique d’dn emploi moins avantageux que le précédent.
766. Impuretés contenues dans l’iodurc de potassium du commerce. — L’iodure de potassium du commerce contient souvent de l’iodate de potasse, poison assez violent pour rendre dangereux l’emploi de l’iodure qui en contient. On pourra reconnaître l’acide iodiquepar l’acide sulfureux (562). Pour le purifier on fond l’iodure impur avec un peu de limaille de fer et on reprend par l’eau.
L’iodure de potassium peut aussi contenir du chlorure de potassium, qu’on peut reconnaître au moyen d’une solution ammoniacale d’azotate d’argent ; l’iodure d’argent insoluble dans l’ammoniaque se précipite, le chlorure d’argent reste dissous. On le fait apparaître en saturant par l’acide azotique la liqueur ammoniacale filtrée.
Si l’iodurc commercial renferme du bromure de potassium, on décomposera le sel par l’eau de chlore; l’iode se précipite le premier, et si l’on agite la liqueur qui surnage avec de l’éther, on dissout le brome.