TEMPÉRATURES. DISSOUTES DANS 100 PARTIES D’EAU
Au-dessus de cette température, l’eau le dissout en toutes proportions.
786. État naturel. — Le salpêtre est abondant dans la nature. On le trouve effïeuri à la surface du sol de certains pays, pendant la saison sèche, principalement au Bengale, en Egypte, à Ceylan, et dans les parties chaudes de l’Amérique. Les murs de nos cours, de nos caves, se recouvrent aussi de salpêtre; il existe également en proportion notable dans les plâtras provenant des démolitions des parties inférieures, plus humides, des vieux bâtiments. Enfin on le produit artificiellement dans plusieurs contrées du nord de l’Europe. On mélange des terres meubles, contenant de la potasse et de la chaux, avec des matières organiques en
1 Des gouttelettes isolées, qui éprouvent le phériomène de la sursaturation se cliailgent subitement en un seul rhomboèdre, les solutions alcooliques donnent aussi quelquefois uniquement des cristaux rhomboédriques. Lorsque ‘ces cristaux ont le coiltact de cristaux prismatiques se développant dans la même liqueur, ils sont détruits et transformés en prismes. •
voie de décomposition, ordinairement du fumier. On construit avec ce mélange, qui doit être perméable à l’air, des murs étroits soumis à l’action des vents et garantis de l’eau du cieJ par un toit ; on les hiimecte avec de l’urine, afin de remplacer l’eau que l’évaporation incessante enlève. Au bout de plusieurs années, les azotates formés viennent s’effleurir sur la face du mur la plus exposée à l’action desséchante du vent ; on enlève ces portions de mur, et on les lessive pour en retirer le nitre.
787. Théorie de la nitrification. — Les chimistes admettent que sous l’influence de l’oxygène de l’air et des corps poreux le carbonate d’ammoniaque peut se transformer en acide azotique qui se combine avec les bases terreuses en présence desquelles s’effectue le phénomène. Les expériences de M. Kuhlmann, sur la transformation de l’ammoniaque en acide azotique (155) par l’oxygène en présence de la mousse de platine, ne laissent aucun doute sur la possibilité d’une telle transformation. On peut même admettre, d’après des expériences de M. Cloez et celles de M. P. Thénard, que l’oxydation directe des matières azotées puisse produire ce phénomène.
La production du nitre dans les nitriôres artificielles et dans les écuries ou les caves de nos habitations, peut évidemment s’expliquer de cette manière. Mais il est peu probable que l’oxydation de l’ammoniaque ou de l’azote des matières organiques soit la véritable cause de la nitrification active opérée dans les pays chauds, car ces matières sont rares dans beaucoup de nitrières artificielles. Il faut plutôt penser que l’évaporation très-active dans les climats chauds y est une des principales causes de la production du nitre. On sait que ce phénomène est accompagné de la production d’azotite d’ammoniaque (159). Ce sel, décomposé par les calcaires et le carbonate de potasse, qu’on trouve constamment dans les matières où se forme le salpêtre, serait d’abord transformé en azotites de chaux et de potasse, que l’action oxydante de l’air changerait ensuite en azotates.
11 n’est pas douteux que les autres modes de production de l’acide azotique indiqués dans l’histoire de cet acide (150) ne puissent intervenir dans l’explication du phénomène de la nitrification, mais il n’est pas aussi facile d’attribuer à chacune de ces causes sa véritable part d’action.
788. Extraction «lu salpêtre. — Le lavage des matières salpêtrées, lirées des nitrières artificielles ou naturelles, donne une dissolution d’azotate de potasse, de chaux et de magnésie, qui sert à la préparation du