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LIV. ITT, CHAP. ï, ESSAIS ALCAUMÉTRIQUES

centrée de carbonate neutre; les cristaux se déposent peu à peu, à l’ébullition, ils se transforment dans l’eau en sesquicarbonate ; la dessiccation les transforme en carbonate neutre, à une température peu élevée.

ESSAIS ALCAUMÉTRIQUES

795. La valeur vénale d’une potasse ou d’une soude du commerce dépend de la quantité d’alcali qui y est contenue, soit à l’état libre, soit à l’état de carbonate ; Gay-Lussac a imaginé, pour effectuer ce dosage, très-fréquent en industrie, une méthode très-simple, que nous allons décrire. On sait que la potasse libre ou carbonatée exerce sur la teinture de tournesol une réaction alcaline ; si donc on verse peu à peu de l’acide sulfurique dans une dissolution de potasse commerciale, on saturera l’alcali, et, quand l’acide sera en excès, la teinture prendra la couleur rouge que lui donnent les acides énergiques. Ordinairement, l’alcali étant carbonaté, l’acide carbonique est d’abord chassé et donne à la teinture bleue de tournesol la couleur du rouge vineux ; mais ce n’est qu’au moment où l’acide sulfurique est en excès, que la teinture de tournesol prend la couleur pelure d’oignon qui caractérise les acides énergiques. C’est à ce signe qu’on reconnaît que la saturation de l’alcali est complète. On déduit facilement du volume de liqueur acide employé le titre pondéral d’une potasse, c’est-à-dire le nombre de centièmes de portasse pure qu’elle contient, en opérant de la manière suivante :

On prend dans une burette de 50 centimètres cubes ( fig . 156) graduée en 100 parties, une dissolution contenant 4^,9 d’acide sulfurique, S03,H0, pouvant saturer, par conséquent, 4^,7 de potasse réelle, KO, et on la verse goutte à goutte dans une dissolution contenant 4§,7 de potasse du commerce, à laquelle on ajoute quelques gouttes de teinture bleue de tournesol. Quand la teinte devient rouge vif, on cesse de verser, et l’on note le nombre de divisions employées. Le nombre 60, par exemple, ainsi obtenu, indique que la potasse contient 60 pour 100 d’alcali pur.

Pour obtenir la liqueur acide employée dans ces essais, on se Fis- 136sert d’un vase de 1 litre de capacité jusqu’au trait de repère marqué sur le col (fig. 157); on le remplit à moitié d’eau, puis on y ajoute, en agitant, 98 grammes d’acide concentré (S03,I10). Quand le mélange est refroidi, on achève de remplir le vase jusqu’au trait de repère. Il est clair que 50 centimètres cubes de cette liqueur contiennent 4®, 9 d’acide sulfurique (S03,H0).

La liqueur alcaline se prépare en dissolvant 47 grammes de potasse du commerce dans 1/2 litre d’eau; pour cela, on met la potasse dans un

mortier, on la broie avec un peu d’eau, pour faciliter la dissolution, et on fait tomber la matière dissoute dans une éprouvette (fig. 158), qu’on remplit avec les eaux de lavage du mortier, jusqu’à un trait de repère correspondant à une capacité de 1/2 litre. On laisse déposer la liqueur, on filtre s’il est nécessaire, et l’on

en prend 50 centimètres cubes avec une pipette (fig. 159). 11 suffit, pour cela, de plonger l’extrémité de la pipette dans le liquide alcalin

et d’aspirer avec la bouche jusqu’à ce que le liquide soit monté au-dessus d’un trait de repère marqué en c, qui correspond au volume de 50 centimètres cubes;

q, on ferme alors la pipette avec le doigt et, en le sou-

A levant plus ou moins, on fait écouler l’excédant de liquide. On vide ensuite le contenu de la pipette dans j un vase à précipité (fig. 140), où l’on fait l’essai.

J 715. On doit considérer le titre obtenu dans un pre- ‘ mier esai, 60 par exemple, comme approximatif, et

Fig. io8. Fig. io9. on en recommence un second sans ajouter de teinture

de tournesol au liquide alcalin ; on y verse rapidement environ 59 divisions d’acide, puis on le verse goutte à goutte avec la burette (4 gouttes

^^spondent à une division de la burette), et l’on le liquide, en en prenant au bout d’une baavec laquelle ou humecte un papier de tour-

lies°l à peine bleu. On y produit ainsi un trait rou-

geâtre, qui disparaît, surtout si l’on chauffe légère- F)g. 140. ment, quand la coloration est causée par l’acide

carbonique, mais qui persiste dès qu’il y a un excès d’acide sulfurique. On arrive facilement, en prenant ces précautions, à doser à 1/2 centième près.

Les essais de soude se font exactement de la même manière ; il faut seulement remplacer le poids équivalent de la potasse 47 par 51, qui est celui de la soude.

SILICATES DE POTASSE

Lorsqu’on fond de la silice dans un creuset de platine avec du carbonate de potasse même en excès, on constate qu’un équivalent d’acide si-

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