LIV. II, CHAP. I, MÉTAUX ET ALLIAGES
lion du métal attaquable est considérable. En voici un exemple : le platine se dissout dans l’acide azotique s’il est allié à une forte proportion d’argent.
L’alliage deCooke, formé de 1 équivalent d’antimoine et 5 équivalents de zinc (SbZn3), constitue des cristaux bien déterminés qui décomposent l’eau bouillante avec une remarquable facilité ; il se dégage alors des torrents d’hydrogène ; l’oxygène se porte sur l’antimoine et le zinc.
566. Préparation «les alliages. — Lorsque les métaux sont oxydablés, on fond leur mélange dans un creuset de terre, en ayant soin de le recouvrir de poussière de charbon destiné à réduire les oxydes ; si l’un des métaux est volatil, on l’ajoute rapidement aux autres métaux fondus; on agite pour mélanger la masse et l’on coule rapidement. Ainsi, pour préparer le maillechort, alliage ternaire de cuivre, de nickel et de zinc, on fond d’abord le cuivre dans le creuset, on y ajoute ensuite le nickel (que l’on trouve ordinairement dans le commerce déjà allié à un peu de cuivre), et, quand la masse est bien fondue, on ajoute le zinc. 11 y a toujours une petite perte de ce métal, due à la volatilisation; la pratique de l’ouvrier lui indique la proportion excédant du zinc qu’il convient d’ajouter pour obtenir la composition cherchée.
Quand la masse de l’alliage est petite, il est facile, en l’agitant au moment où on le coule, d’obtenir un produit homogène t il n’en est plus de même dans le cas où elle est considérable, surtout si l’alliage a une grande tendance à la liquation, comme cela arrive pour le bronze des canons. L’expérience a démontré, dans ce cas, qu’il convenait de surmonter le canon que l’on veut obtenir d’une masselotte très-considérable, c’est-à-dire de surmonter la niasse liquide, qui, en se refroidissant, doit donner le canon, par une autre masse liquide très-considérable destinée à presser sur la première. On évite ainsi, en partie du moins, les effets fâcheux de la liquation ; la masse du canon devient alors plus homogène.
567. Influence «le la nature «les métaux sur les qualités «le l’alliage. r- Avant d’indiquer la composition des principaux alliages employés dans l’industrie, il est bon de faire connaître l’influence que paraissent exercer les principaux métaux en petite quantité sur les alliages dans lesquels ils entrent.
Le mercure, le bismuth, l’étain et le cadmium donnent de la fusibilité ; l’étain donne en outre de la dureté, et souvent même de la ténacité, s’il est en proportion un peu forte. Le plomb et le fer donnent de la dureté.
On utilise cette propriété du plomb pour le laiton des tourneurs. L’arsenic et l’antimoine rendent les alliages cassants.