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LIV. U, C II AP. I, MÉTAUX ET ALLIAGES

y a un métal coloré en quantité suffisante, l’alliage est coloré. Exemples: alliage monétaire d’or* laiton ou cuivre jaune.

559. Dureté, ductilité et ténacité. — Les alliages SOllt pour la plupart plus durs, plus aigres, et ont ordinairement moins de ductilité et de ténacité que le plus ductile et le plus tenace des métaux constituants. Le bronze d’aluminium (aluminium et cuivre) offre une exception remarquable : il est beaucoup plus tenace que les deux métaux qui le constituent.

560. Fusibilité. — Elle est toujours plus grande que celle du métal le moins fusible entrant dans la composition de l’alliage; elle peut même être plus grande que celle de tous les métaux qui le constituent. En voici quelques exemples :

L^alliàge formé de . . .

1‘lomb. . . .

Étain

Plomb . . .

Étain. . . .

Plomb . . .

Étain. . . .

Plomb. . .

Étain. . . .

Bismuth . . .

Plomb . . .

Étain. . . .

Bismuth.. .

Étain. . . .

fond à. . 290(!

fonda... 241° fond à 186° fond à. . . 105°

fonda... 95°, 5

fonda... 91°

L’alliage de plomb et d’argent, contenant peu de ce dernier, est plus fusible que le plomb ; enfin le potassium et le sodium donnent un alliage liquide à la température ordinaire.

561. Liquation. — Les alliages , chauffés graduellement vers leur point de liquéfaction, éprouvent souvent un phénomène particulier, connu sous le nom de liquation . Les métaux qui composent l’alliage Brunissent alors en proportions telles, qu’il en résulte une combinaison fusible à la température où la masse se trouve chauffée * cette combinaison s’écoule en laissant une carcasse métallique formée par une matière moins fusible que l’alliage primitif. En voici un exemple. On avait pensé, autrefois, prévenir les accidents produits par 'l’explosion des machines à vapeur, en faisant communiquer avec la chaudière un large tuyau fermé par une rondelle, d’alliage fusible, fondant à une température déterminée, inférieure de dix degrés à celle qui correspondait à la tension maximum que la vapeur devait atteindre ; mais on a dû bientôt y renoncer, fl arrivait, en effet, que la vapeur, sans cependant

posséder la température de fusion de la plaque, y déterminait, au bout de quelque temps, une liquation qui la transformait en un crible, à travers lequel la vapeur s’échappait, en causant aux industriels un chômage d’autant plus fâcheux qu’ils ne l’avaient provoqué par aucune imprudence.

Le traitement des cuivres argentifères, pour l’extraction de l’argent, repose également sur le phénomène de liquation.

562. Décomposition des alliages. — Quand l’alliage contient un métal volatil, comme le zinc, la chaleur peut le décomposer, mais il faut une température bien plus élevée que celle de la volatilisation du zinc pour arriver à chasser de l’alliage les dernières traces de ce métal.

565. Trempe. — L’alliage de 94 parties de cuivre et de 6 parties d’étain constitue un bronze tellement cassant à froid, qu’on peut le pulvériser sous le marteau, lorsqu’il a été refroidi lentement ; mais si, au contraire, on le refroidit brusquement, en le trempant dans l’eau froide, il devient malléable et peut se façonner sous le marteau. Darcet avait cru que cette propriété, tout opposée à celle de l’acier, était utilisée par les Chinois dans le martelage de leurs instruments sonores, tels que les tamtams. Mais on s*ait aujourd’hui que cette opération se fait à chaud, car le bronze est malléable dans le voisinage du rouge.

564. Propriétés chimiques. — Action de l’oxygène. — L action de l’oxygène est souvent moindre sur les alliages que sur les métaux qui le constituent. Exemple : l’alliage de fer et d’aluminium FeAl2, qui est aussi inoxydable que l’aluminium. Il est facile de prévoir des exceptions à cette règle ; il est bien évident que les alliages formés par deux métaux pouvant donner, l’un, un oxyde acide, l’autre, un acide basique, s’oxyderont avec facilité, par suite de la tendance des éléments à former un sel en présence de l’oxygène.

Exemples : alliages d’étain et de plomb, d’antimoine et de potassium* Ces alliages, légèrement chauffés, brûlent avec une vive incandescence.

565. Action des acides et de l’eau. — On ne peut rien dire de bien général sur cette action. Toutefois, si l’on combine un métal attaqué par un acide avec un métal inattaquable, l’alliage pourra être très-difficilement ou nullement attaqué, si la proportion du dernier est prépondérante. Ainsi, les alliages d’or qui ne contiennent qu’un peu d’argent ne cèdent que très-difficilement ce métal à l’acide azotique. 11 n’en est plus de même lorsque la proportion d’argent est considérable ; on peut, dans ce cas, enlever tout l’argent et laisser l’or à l’état de liberté. 11 peut même arriver que le métal inattaquable se dissolve, quand la propor-

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