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Du volume des gaz dégagés et de leur température. — Si

1 On opère d’ordinaire l’essai de la poudre de guerre avec 92 grammes de poudre ; le globe doit être projeté à 220 mètres au moins.

l’on calcule le volume de gaz que dégageraient en brûlant 100 grammes de poudre *, on trouve environ 52m,8 d’acide carbonique et d’azote, mesurés à 0° et sous la pression de 0m,760. Mais, dans la pratique, le volume est bien différent et paraît varier avec les circonstances de l’inflammation. Ainsi, Gay-Lussac, en faisant tomber de la poudre, grain à grain, dans un tube incandescent, a obtenu 50 litres de gaz, tandis que MM. Bunsen et Schischkoff n’en ont obtenu que 19,3. On comprend que ces différences ne peuvent tenir à la composition peu variable de la poudre, mais plutôt à la nature des produits de la combustion, qui peuvent changer avec la manière dont cette combustion s’effectue. Quoi qu’il en soit, on voit que le gaz dégagé par la poudre (qui pèse environ 900 grammes par litre) est au moins 200 fois le volume de la poudre elle-même, à la température ordinaire. La dilatation que le gaz tend à éprouver, par suite de la chaleur dégagée pendant la combustion, augmente encore singulièrement sa force élastique. On peut évaluer la température de cette combustion à plus de 1200°, car elle est capable de déterminer la fusion de l’or. Le gaz, dilaté par cette élévation de température, occuperait un volume 4 fois plus considérable au moins que celui qu’il a à la température de zéro. Ces considérations rendent suffisamment compte de la puissance explosive de la poudre.

Ajoutons que les résidus solides de la combustion sont fondus à cette haute température et qu’ils sont, en majeure partie, expulsés de l’arme en même temps que les gaz; aussi peut-on reconnaître une bonne poudre en la brûlant sur une feuille de papier; elle ne doit y laisser qu’un résidu inappréciable ; la rapidité de sa combustion ne lui permet pas d’ailleurs d’enflammer le papier.

804. Fabrication de la poudre. — On emploie pour cette fabrication le salpêtre raffiné ne contenant pas plus de trois millièmes de chlorures, du soufre en canon pulvérisé, parce que le soufre en fleurs retient toujours un peu d’acide sulfureux ou d’acide sulfurique. Pour la poudre de guerre ou de chasse, on emploie en France le charbon de bois de bourdaine. Pour la poudre déminé, on emploie les charbons de bois légers, de peuplier, d’aulne, de tremble, de tilleul et de saule. La calcination du charbon doit toujours êlre opérée de la même manière, si l’on veut obtenir un produit constant. Le charbon de bois de bourdaine employé dans la poudre de chasse est un charbon roux obtenu par distillation dans des vases en tôle que l’on chauffe au moyen de la vapeur d’eau sur-

* Voir les problèmes, t. I, page 410.

L IV. 111, Cil À P. I, CONSERVATION DE LA POUDRE, chauffée à une température de 400° environ. Les autres charbons sont préparés dans des fosses à la manière ordinaire.

On pulvérise d’abord le charbon, puis on y ajoute le salpêtre et le soufre; on mélange d’abord à la main, puis au pilon, et on ajoute successivement de petites quantités d’eau. La matière est ensuite pressée pour la réduire en galettes.

Ces galettes sont séchées de manière à pouvoir facilement se briser. On les met alors sur un crible appelé guillaume , où un disque de bois, du poids de 2 à 5 kilogrammes, animé d’un mouvement convenable, les brise et force les fragments à passer par les trous. Pour produire cet effet, il suffit de communiquer au crible un mouvement de va-et-vient qui fera tourner constamment le disque en bois ou tourteau contre la circonférence du crible.

Les grains ainsi obtenus passent à travers deux cribles de dimensions déterminées ; le premier retient les grains trop gros, l’autre laisse passer seulement les grains trop petits. Les grains trop gros sont brisés sur le guillaume, ceux qui sont trop fins sont introduits dans de nouveaux mélanges.

Les grains de poudre sont ensuite séchés au moyen d’un courant d’air chaud, ou, dans l’été, sous l’influence des rayons solaires.

La poudre de chasse subit une nouvelle opération appelée lissage, dont l’objet est de donnera la poudre une surface polie et brillante, afin que les grains n’aient plus de tendance à s’égrener davantage et à se mettre en poudre par leur frottement continuel ; ce qui arriverait, si les grains étaient irréguliers. On introduit la poudre avant le séchage dans un tonneau garni de quelques côtes un peu saillantes, que l’on anime d’un mouvement de rotation. Ce mouvement continuel des grains de poudre humides use leurs aspérités et leur donne du poli, en même temps qu’il augmente leur densité ; aussi convient-il de ne pas le prolonger trop longtemps, afin de ne pas rendre la poudre beaucoup moins inflammable.

805. Conservation de la poudre. — Il faut conserver la poudre dans des magasins bien secs, parce que le charbon divisé a la propriété d’absorber l’humidité. L’eau, en pénétrant dans le grain de poudre, dissout le salpêtre qui vient s’eflleurir à la surface; elle détruit donc l’intimité du mélange et change par conséquent la puissance explosive de la poudre. La poudre devra donc absorber d’autant plus d’humidité qu’elle contiendra plus de charbon, et celles qui contiennent du charbon roux sont, toutes choses égales d’ailleurs, plus hygrométi iques que

celles qui contiennent du charbon noir. Mais on peut remédier, en partie, à ces inconvénients, en mettant en grains volumineux les poudres qui contiennent plus de charbon (poudre de mine), ou en lissant la surface de la poudre de chasse qui contient du charbon roux.

806. Analyse de la poudre. — On détermine d’abord la quantité d’eau qu’elle contient, en la desséchant à 100° dans une étuve jusqu’à ce qu’elle ne perde plus de son poids. La perte de poids éprouvée dans cette dessication donne l’eau.

L’azotate de potasse s’obtient en traitant la poudre par l’eau qui dissout ce sel. On dessèche le résidu de soufre et de charbon à 100°, la perte de poids donne le poids du salpêtre.

Pour doser le soufre, on peut traiter le résidu par une dissolution de monosulfure alcalin (bien exempt d’alcali qui pourrait agir sur le charbon roux) qui dissout le soufre. On peut aussi employer les sulfites ou bien encore, transformer le soufre en sulfate que l’on dose à l’état de sulfate de baryte.

Pour cela on chauffe au rouge dans un creuset de porcelaine 1 partie de poudre, avec 1 partie de carbonate de potasse sec, 1 partie de nitre et 4 parties de sel marin sec. Ce dernier a pour but de modérer la réaction. Il se forme du sulfate et du carbonate de potasse. On reprend par l’eau, on acidulé la liqueur et l’on précipite par un sel de baryte l’acide sulfurique formé.

807. Caractères des sels de potasse. — Oll reconnaît les sels de potasse au moyen des réactifs suivants :

Acides chlorique et perchlorique . — Précipité blanc cristallin si la liqueur n’est pas trop étendue.

Acide liydrofluosilicique. — Précipité blanc gélatineux presque transparent.

Sulfate d'alumine. — Une dissolution concentrée de ce sel précipite complètement la potasse à l’état d’alun de potasse.

Bichlorure de platine. — Précipité jaune de chlorure double PtCP-b + KC1.

Acide tar trique. — Cet acide employé en excès donne un précipité blanc cristallin de bitartrate de potasse peu soluble.

Acide picrique. — Précipité jaune cristallin.

Les sels de potasse colorent les flammes en rouge. Nous reviendrons sur ce caractère important, à la fin de l’histoire des métaux, au chapitre de l’analyse.

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