L IV. III, CIIAP. II, SELS DE RUBIDIUM
rapidement dans une cornue en argent et l’on obtient ainsi une masse blanche poreuse, extrêmement caustique et déliquescente, soluble dans l’alcool, fusible au-dessous du rouge comme la potasse dont elle possède toutes les propriétés essentielles. On ne doit pas la fondre dans des vases de platine, elle les attaque aussi facilement que la potasse.
812. Chlorure de rubidium RbCl. — On le prépare en saturant le carbonate de rubidium (retiré du mélange des chlorures (808) par l’acide chlorhydrique ; en évaporant très-lentement la liqueur on l’obtient cristallisé en cubes inaltérables à l’air. Ils sont fusibles au rouge naissant et se volatilisent à une plus haute température.
A la température de 0°, 10 parties d’eau dissolvent environ 76 parties de chlorure de rubidium; à 7°, cette proportion s’élève «à 85 parties environ.
On a obtenu un iodure, un bromure et un cyanure, également cristallisés en cubes ; on les prépare comme le chlorure.
SELS DE RUBIDIUM.
815. Chlorate de rubidium. — On l’obtient en mélangeant les solutions d’équivalents égaux de sulfate d’oxyde de rubidium et de chlorate de baryte. Petits prismes blancs, peu solubles dans l’eau qui n’en dissout que 2,8 parties pour 100 parties d’eau à 4°, 7, il a la saveur du chlorate de potasse.
814. Per chlorate. — On prépare ce sel en saturant l’acide perchlorique par le carbonate de rubidium. On obtient ainsi une poudre cristallisée moins soluble encore dans l’eau froide que le perchlorate de potasse; plus soluble à chaud qu’à froid. Il fond facilement quand on le chauffe et se décompose au rouge en oxygène et chlorure de rubidium.
L’évaporation spontanée de la dissolution de ce sel donne de petits cristaux brillants rhombiques qui paraissent isomorphes avec le perchlorate de potasse.
815. Sulfates d’oxyde de rubidium. — Le sulfate neutre est anhydre et complètement inaltérable à l’air, comme le sulfate de potasse avec lequel il est isomorphe. 100 parties d’eau à 70° en dissolvent 42,4 parties, par refroidissement lent ou par évaporation spontanée , on l’obtient en beaux cristaux, volumineux et durs, appartenant au système rhornbique.
Il existe un bisulfate qui a toutes les propriétés du sel de potasse correspondant.
816. Carbonate de rubidium. — On l’obtient dans un grand état de pureté en faisant bouillir le chlorure de rubidium cristallisé avec un excès d’acide azotique qui le transforme en azotate. L’opération terminée, on chauffe, dans une capsule de platine, l’azotate avec un excès d’acide oxalique, en ayant soin d’ajouter à la fin de l’opération un petit cristal d’acide tartrique. La décomposition de l’azotate est complète. On reprend ensuite le carbonate par l’eau.
La liqueur évaporée donne des croûtes cristallines ou des cristaux confus de carbonate hydraté fusible dans son eau de cristallisation, et qui se transforment à une plus haute température en une masse poreuse, pulvérulente, anhydre, fusible au rouge. Le carbonate anhydre est très-déliquescent; il est à peu près insoluble dans l’acool absolu bouillant. Il a donc toutes les propriétés du carbonate de potasse.
Le bicarbonate Rb0,H0,2C02, s’obtient par l’action de l’acide carbonique sur le sel neutre; il est très-soluble dans l’eau, mais il se décompose à l’ébullition comme le bicarbonate de potasse ; il faut donc faire évaporer sa dissolution à froid, sur de l’acide sulfurique pour l’obtenir cristallisé. Ces cristaux ont une saveur fraîche comme celle du salpêtre; ils sont à peine alcalins.
817. Azotate de rubidium. — On le prépare en saturant le carbonate par l’acide azotique, ou en faisant bouillir avec cet acide le chlorure de rubidium. 11 est beaucoup plus soluble dans l’eau que le salpêtre. 100 parties d’eau à 10° en dissolvent 45,5 parties. L’évaporation lente de cette liqueur donne des prismes hexagonaux anhydres, comme ceux du salpêtre. Ces cristaux décrépitent violemment quand on les chauffe. Ils fondent au rouge naissant en donnant un liquide fluide comme de l’eau ; à une température plus élevée, l’azotate de rubidium se transforme en azotiteet oxyde caustique de rubidium, qui attaquent fortement le platine.
CÉSIUM, Cs= 153.
818. Les matières qui fournissent du rubidium donnent en même temps le césium, comme nous l’avons dit plus haut.. Cependant il existe un minerai spécial du césium, dont on avait méconnu jusque dans ces derniers temps, la véritable nature. C’est le pollux de l’île d’Elbe, qui contient jusqu’à 25,6 pour 1 00 de ce métal. Comme on prenait le chlorure de césium qu’on en retirait par les procédés ordinaires de l’analyse
LIY. III, CIIAP. Iï, SULFATE DE CÉSIUM.
pour du chlorure de potassium, et qu’on déduisait le poids de la potasse de celui du chlorure, on trouvait pour cet alcali un poids bien plus faible que celui du césium qui était réellement contenu dans le minéral. Aussi l’analyse donnait-elle une perte absolument inexpliquée. En s’appuyant sur les travaux de Bunsen et Kirchhoff, M. Pisani qui a repris l’analyse de cet intéressant minéral, a expliqué d’une manière très-nette l’origine de cette perte apparente, en montrant qu’il contenait une quantité considérable de césium. Le pollux est malheureusement trop rare pour pouvoir servir à l’extraction des composés du césium.
On n’a pas isolé ce métal jusqu’à ce jour. La décomposition de son chlorure par la pile, dans les mômes conditions que pour le chlorure de rubidium, n’a pas fourni de meilleurs résultats ; MM. Bunsen et Kirchhoff ont préparé son amalgame comme celui du rubidium, seulement la décomposition, beaucoup plus difficile, exige une pile très-puissante. Cet amalgame très-altérable à l’air, est électro-positif en présence d’une solution de chlorure de potassium, et des autres chlorures alcalins. Le césium est donc le plus électro-positif des métaux connus.
819. Oxyde de césium. — On ne le connaît qu’à l’état d’hydrate que l’on obtient en décomposant à chaud le sulfate de césium par la baryte ; on évapore la liqueur, et l’on obtient une masse blanche, poreuse, fusible au rouge, qui se prend en une masse cassante, non cristalline par refroidissement. Déliquescent, soluble dans l’eau et dans l’alcool, il attaque le verre et le platine comme l’hydrate de potasse.
820. Chlorure de césium. — On l’obtient en saturant le carbonate de césium par l’acide chlorhydrique. Il se dépose par l’évaporation de sa solution en petits cubes anhydres groupés confusément ; une évaporation rapide le donne en aigrettes cristallines ressemblant au sel ammoniacal. Il fond au rouge naissant et se vaporise plus facilement que le chlorure de potassium, quand on élève sa température ; sous l’influence de la vapeur d’eau, il devient facilement alcalin. Ce sel est déliquescent.
821. Azotate de césium. — Ce sel ressemble beaucoup à l’azotate de potasse. Il cristallise, comme lui, en prismes hexagonaux, d’une saveur fraîche, mais il est moins soluble que le nitre. L’eau froide ne dissout, en effet, que le ^ de son poids d’azotate de rubidium.
Il fond au dessous du rouge et se transforme en azotite ; sous l’influence de la vapeur d’eau, il se décompose totalement au rouge en donnant de l’hydrate d’oxyde de césium. L’alcool en dissout fort peu.
822. Sulfate de césium. — U est beaucoup plus soluble dans l’eau
que le sulfate de potasse. 100 parties d’eau à 12° dissolvent 158 parties de sulfate de césium et 8 seulement de sulfate de potasse. Il cristallise en petits prismes aplatis, par une évaporation lente ; ces cristaux sont anhydres et inaltérables à l’air.
Le sulfate de césium isomorphe avec le sulfate de potasse, peut le remplacer dans tous les sels doubles que ce sulfate peut former.
On prépare ce sel et le précédent au moyen du carbonate de césium que l’on traite par l’acide azotique ou l’acide sulfurique.
825. Sulfate acide de césium. — CsO, IIO, 2S05. On l’obtient en chauffant le sulfate neutre ou le carbonate avec un excès d’acide sulfurique ; il se dégage d’abord des vapeurs acides, et l’on obtient au rouge uu produit liquide comme de l’eau, qui cristallise par refroidissement. Dans l’eau, il cristallise en prismes rhomboïdaux droits inaltérables à l’air.
824. Carbonate de césium. — On l’obtient en calcinant le tartrate de césium et reprenant par l’eau pour séparer le charbon du carbonate. La dissolution amenée cà une consistance sirupeuse donne des cristaux hydratés, confus, qui sont déliquescents. Quand on les chauffe, ils éprouvent la fusion aqueuse et se transforment en une masse blanche, friable, très-déliquescente. Le carbonate de césium est soluble dans l’alcool, ce qui le distingue des autres carbonates alcalins. A 20°, l’alcool en dissout le fa de son poids environ, et le \ à l’ébullition ; il y cristallise en petits cristaux grenus.
On connaît aussi un bicarbonate de césium que l’on obtient comme celui de potasse.