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CHAPITRE III

SELS AMMONIACAUX

Nous plaçons les sels ammoniacaux à côté des sels précédents parce qu’ils sont isomorphes avec les sels de potassium.

825. Constitution «les sels ammoniacaux. — Si l’on fait agir de l’acide chlorhydrique sur de la potasse, il se produit du chlorure de potassium et de l’eau :

KO -j- HCl =KC1 + HO.

On peut concevoir, au contraire, le sulfate de potasse, K0,S03, comme résultant de l’union de la potasse et de l’acide sulfurique anhydres.

L’acide chlorhydrique s’unit à l’ammoniaque, AzH\ sans production d’aucune autre matière. Le produit résultant, AzH3,HCl, possède cependant la même forme cristalline que le chlorure de potassium et les mêmes propriétés chimiques. On peut aussi combiner l’acide sulfurique à l’ammoniaque et former un sel isomorphe du sulfate dépotasse anhydre, mais ce corps ne résulte pas de l’union de l’ammoniaque, Azll 3, avec l’acide sulfurique anhydre, SO5; il contient toujours un équivalent d’eau. Sa formule est donc

AzH3,H0,S03

Tous les hydracides s’unissent purement et simplement à l’ammoniaque comme l’acide chlorhydrique, et donnent des sels isomorphes des composés binaires correspondants du potassium. Ainsi l’iodhydrate et le bromhydrate d’ammoniaque sont isomorphes des iodures et bromures de potassium.

Tous les oxacides, au contraire, en s’unissant à l’ammoniaque, fixent comme l’acide sulfurique, un équivalent d’eau et donnent xles produits isomorphes, des sels anhydres dépotasse du même acide1 *.

1 On peut bien obtenir des combinaisons d’ammoniaque, x\zH3, avec les acides an-

hydres ; mais ces combinaisons ne sont pas des sels. Ainsi la combinaison obtenue en

faisant réagir l’acide sulfurique anhydre et l’ammoniaqne (4S03,3AzII3) ne précipite

Ces Faits constituent une exception trop grave à la loi que nous avons admise jusqu’ici, à savoir : que les corps isomorphes composés ont la même composition, pour que les chimistes n’aient pas essayé de la faire disparaître.

826. Théorie de ramnioiiium. — Peu de temps après la découverte des métaux alcalins, Berzelius et de Pontin, répétant les expériences de Davy, remarquèrent que si l’on prenait pour électrode négative un bain de mercure, on obtenait facilement, meme avec des piles ordinaires, dos amalgames non-seulement avec le potassium et le sodium, mais encore avec le barium, le strontium et le calcium, que Davy n’avait pas réussi à réduire jusque-là. Us essayèrent alors de décomposer dans les mêmes circonstances la dissolution concentrée d’ammoniaque. Ils placèrent dans un appareil du genre de celui que nous avons décrit (642) à propos de la décomposition des sels alcalins, une dissolution d’ammoniaque sur le mercure, et plongèrent dans la dissolution l’électrode positive d’une pile, tandis que le mercure servait d’électrode négative; ils virent bientôt le mercure gonfler et prendre la consistance du beurre, sans cesser d’être métallique. Il se formait donc un amalgame, mais cet amalgame avait peu de stabilité ; abandonné à lui-même, il se détruisait en dégageant de l’ammoniaque et de l’hydrogène ; le mercure reprenait alors son aspect et ses propriétés primitives.

On obtient aujourd’hui plus facilement ce corps singulier en mettant une dissolution de chlorhydrate d’ammoniaque en contact avec de l’amalgame de sodium (556); le mercure gonfle rapidement, et dans une telle proportion, qu’on le voit bientôt surnager à la surface de l’eau.

Ces expériences conduisirent Berzelius à admettre l’existence d’un composé peu stable d’ammoniaque et d’hydrogène, radical doué de propriétés métalliques, auquel il donna le nom d 'ammonium, et dont il représenta la composition par la formule AzII4.

D’après Ampère, l’ammonium existerait dans les sels ammoniacaux. La composition de ces sels s’exprime alors avec facilité ; le chlorhydrate d’ammoniaque, AzHMICl, devient du chlorure d’ammonium AzII4, Cl, isomorphe du chlorure de potassium KG. *

Le sulfate d’ammoniaque à i équivalent d’eau devient du sulfate anhydre d’oxyde d’ammonium AzII40,S03, analogue au sulfate anhydre de potasse KO,SOr\

pas par l’eau de baryte. Ce composé appartient à la classe des amicles, découverte par M, Dumas.

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