DES OX¥DES DE CHBOSEE
Protoxyde, CrO. — On n’a pas pu l’isoler; il n’existe que dans les sels. Il est formé de 76,64 de chrome , et de 23,36 d’oxygène.
Sesquioxyde, Gr2 O^. — On le trouve fort rarement dans la nature. Anhydre, il est d’un très-beau vert , très-difficile à fondre. Chauffé au
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rouge vif, il perd une partie de son oxygène ; maintenu au rouge sombre, au contact de l’air, il passe à l’état de bioxyde, CrO^. Chauffé jusqu’au rouge brun avec du potassium ou avec de la potasse , et exposé à l’air, il en absorbe l’oxygène, et donne du chroraate de potasse jauneserin; il se dissout difficilement dans les acides, à moins qu’il ne soit hydraté; le chlorate de potasse le transforme en chroraate de potasse, et il se dégage du chlore. On l’emploie pour colorer en vert la porcelaine et le verre , et pour en extraire le chrome. M. Lefort vient de prouver qu’il peut former avec l’eau quatre hydrates définis, constituant les oxydes de chrome, des modifications verte, bleue, violette et rouge, Cr203,5H0; Cr203, 6H0; Gr203,7H0, et Gr203,9H0. Ces oxydes donnent avec les^cides des sels qui correspondent à. leurs modifications. (Voy., pour plus de détails , le Journal de pharmacie, juillet 1850.)
Le sesquioxyde de chrome donne , comme l’alumine et le sesquioxyde de fer, avec lesquels il est isomorphe, des aluns de chrome.
KO, SO*, Cr»0®, 3 SO*, 24 HO, employé en teinture.
NaO, SO», Cr*0», 3SO» 24 HO
H»Az, HO, SO» , Cr>0®, 3 SO», 24 HO
Préparation. On calcine au rouge, dans un creuset de terre fermé, parties égales de chromate de potasse et de soufre : celui-ci s’empare de l’oxygène de la potasse et d’une partie de celui qui entre dans la composition de l’acide chromique, en sorte que l’on obtient du protoxyde de chrome , du sulfate et du sulfure de potassium ; on lessive la masse verdâtre qui en l’ésulte; on dissout dans l’eau le sulfate et le sulfure, et l’oxyde de chrome se précipite ; il suffit de le laver plusieurs fois pour l’avoir pur (Lassaigne).
Bioxyde, Cr02. — Il peut être considéré comme une combinaison d’acide chromique et de protoxyde de chrome = Cr0,Cr03-
Oxyde intermédiaire, GrSQ^. — Il est brun , et se change en sesquioxyde lorsqu’on le chauffe à l’air. On peut lui donner pom* formule CrOjGr^O^ ( Péligot).
Âcide chromique, GrO® ( voy. p. 619). — Il correspond à l’acide ferrique. •
Acide perchromique, GrSQ?. — Il correspond à l’acide permanganique. Il est ineristallisable , d’un bleu très-pur, peu stable , et ne paraît pas se combiner aux bases énergiques ( Bai'reswil).
DE L ACIDE CHROMIQUE.
BES DE PROTOXTDE DE CBROHE.
Ces sels, découverts par M. Péligot, sont peu stables, et se transforment rapidement en sels de sesquioxyde , au contact de l’oxygène de l’air.
DES» fSEES DE SESQEIOX.TDE DE CHROME.
ils existent sous trois modifications différentes : ils peuvent être verts, bleus, violets ou rouges; ces états isomériques dépendent de la nature de l’hydrate qui entre dans leur composition ; si l’on sépare celui-ci, on peut reformer avec les acides des sels tout à fait correspondants à ces états (Lefort, voy. Hydrates, p. 518). Les sels de sesquioxyde de chrome ont une saveur douceâtre, astringente ; leurs dissolutions précipitent en gris verdâtre par les alcalis (la potasse et la soude redissolvent le précipité) ; les carbonates alcalins et le phosphate de soude les précipitent en vert; le cyanure jaune de potassium et de fer et l’acide sulfhydrique ne les troublent point; les sulfures solubles en précipitent de l’hydrate de sesquioxyde, avec dégagement d’acide sulfhydrique ; la noix de galle les précipite en brun ; ils colorent le borax en vert foncé.
DE E’ACIDE CHROMIftCE. CrO^.
L’acide chromique existe dans la nature combiné avec l’oxyde de plomb, et dans le rubis spinelle. Il cristallise en octaèdres oblongs hydratés, de couleur rouge purpurine, plus pesants que l’eau, doués d’une saveur âcre , styptique , et attirant l’humidité de l’air. Il devient presque noir quand on le chauffe, et finit par se décomposer en oxygène et en sesquioxyde. Il se dissout très-bien dans l’eau , à laquelle il communique sa saveur, sa couleur, et la propriété de rougir fortement Vinfusum de tournesol. L’alcool froid le dissout bien; à chaud, il se produit de l’acide formique, de l’éther et.du sesquioxyde de chrome.
L’acide chromique cristallisé se dissout en grande quantité dans l’acide sulfurique concenti’é, et donne des cristaux bruns, GrO^, SO*,HO. La dissolution, mêlée avec quelques gouttes d’eau, laisse précipiter de l’acide chromique; si l’on chauffe , il se dégage de l’oxygène , et l’on obtient du sulfate de sesquioxyde de chrome vert.
Caractères distinctifs. 1° Chauffé dans des vaisseaux fermfe , l’acide chi’omique se décompose, et donne du gaz oxygène et du sesquioxyde de chrome vert; cette décomposition est plus rapide si l’acide est mêlé avec quelque corps avide d’oxygène. 2° Il est décomposé par l’acide
chlorhydrique à l’aide de la chaleur; il y a dégagement de chlore, formation d’eau et de sesquichlorure de chrome vert, d’où il suit que l’acide chlorhydrique est également décomposé; en effet l’oxygène de l’acide chromique se combine avec l’hydrogène de l’acide chlorhydrique pour former de l’eau, et il y a du chlore mis à nu. 3® L’acide sulfureux décompose l’acide chromique, absorbe une portion de son oxygène, et il en résulte du sulfate de sesquioxyde de chrome vert. 4° La dissolution de protochlorure d’étain transforme aussi l’acide chromique en oxyde vert qui se précipite. En général, tous les corps avides d’oxygène le décomposent en oxyde de chrome et en oxygène qui est absorbé par le corps réagissant.
Préparation. On dissout dans l’eau bouillante du bichromate de potasse, et pendant l’ébullition on ajoute une proportion d’acide sulfurique concentré, telle qu’elle puisse former du bisulfate de potasse avec la potasse du bichromate ; le tout se pi’end par l’ébullition en une masse rouge et grenue , composée de bisulfate de potasse et d’acide chromique. On décante d’abord le liquide, qui renferme beaucoup d’acide chromique; et, comme le bisulfate est bien moins soluble que ce dernier, on délaye la masse grenue à plusieurs reprises dans de petites quantités d’eau froide , et l’on décante ce qui se dissout. On finit par avoir ainsi un résidu orangé de bisulfate de potasse, ne contenant plus que très-peu d’acide chromique ; celui-ci se trouve, au contraire, dans les différentes dissolutions. On réunit celles-Ci, on les concentre par l’évaporation, et l’on précipite l’acide chromique par l’acide sulfurique, tandis que le sulfate reste dissous à la faveur de l’acide sulfurique. On laisse égoutter l’acide chromique , on l’étend sur des briques , et on le fait cristalliser en le dissolvant et en évaporant à une douce chaleur. L’acide ainsi obtenu est en gros cristaux. (Bollez, Journ. depharm., mars 1846.)
DES CHROMATES.
Presque tojis les chromâtes sont le produit de l’art : on ne trouve dans la nature que le chromate de plomb , un chromate double de cuivre et de plomb, et un chromate double de magnésie et d’alumine. Ils sont colorés en jaune s’ils sont neutres, et en rouge s’ils sont acides. La plupart de ceux des six dernières classes sont décomposés par le feu; l’acide chromique se trouve transformé en oxygène et en sesquioxyde de chrome vert. Ceux de potasse, de soude, d’ammoniaque, de chaux, de strontiane , de magnésie, de nickel et de cobalt, sont solubles dans l’eau ; les autres sont insolubles.
JffiS CHROMATES. S21
Caractères distinctifs. 1» Les chromâtes dissous précipitent en jauneserin les sels solubles de plomb , en rouge orangé les sels de protoxyde de mercure, et en pourpre les sels d’argent : ces divers précipités sont formés par l’acide chromique et par les oxydes de plomb, de mercure ou d’argent. 2“ Chauffés avec de l’acide chlorhydrique , les chromâtes sont décomposés, et l’on obtient du sesquichlorure de chrome vert, et du chlorure du métal qui constitue le chromate; il se dégage du chlore, et il se forme de l’eau : phénomènes faciles à expliquer, en se rappelant ce que j’ai dit lorsque j’ai parlé de l’action de l’acide chlorhydrique sur l’acide chromique (voy. p. 520).
Composition et préparation. Dans les chromâtes neutres, la quantité de l’oxygène de l’acide est à celle de la base comme 3:1. Tous les chromâtes insolubles s’obtiennent par le troisième procédé (voy. p. 317).
Chromate de potasse, KO.CrQS. — Il cristallise en prismes rhomboïdaux jaunes, d’une saveur fraîche, amère et désagréable, solubles dans la moitié de leur poids d’eau, à peine solubles dans l’alcool, inaltérables l’air. L’acide chromique et les acides forts en précipitent du bichromate en cristaux rouges. Il n’est pas décomposé par la chaleur, à moins qu’on ne le mêle avec du charbon; mais il devient rouge. On l’emploie dans les fabriques de toiles peintes. Il préserve les substances végétales et animales de la putréfaction , il enlève même l’odeur infecte aux matières putrides. M. Jacobson l’a administré, comme émétique, à la dose de 5 à 10 centigrammes ; appliqué à l’extérieur, il agit comme résolutif, et, s’il est concentré, comme caustique; il jouit de la propriété de faire brûler avec une forte et vive incandescence le chanvre, le coton , les cordes, les toiles : aussi s’en est-on servi pour faire des moxas : pour cela , on imbibe du papier joseph avec une dissolution faite avec 1 partie de ce sel et 16 parties d’eau.
Préparation. On l’obtient avec la mine de chrome du département du Var, qui est principalement composée d’oxyde de chrome, d’oxyde de fer, d’acide silicique, d’alumine et de magnésie. On fait rougir dans un creuset, pendant une demi-heure, un mélange de 2 parties de mine et d’une d’azotate de potasse; l’acide azotique est décomposé; son oxygène se porte sur les oxydes de chrome et de fer, qu’il transforme en acide chromique et en sesquioxyde de fer; il se dégage du gaz bioxyde d’azote; en sorte que l’on obtient une masse jaune, poreuse, formée de chromate de potasse, d’acide silicique, d’alumine, de sesquioxyde de fer et de magnésie. On casse le creuset pour mieux en retirer la matière, et on la fait bouillir, pendant un quart d’heure, dans dix ou douze fois son poids d’eau , qui dissout le chromate de potasse et une portion d’acide silici-
que et d’alumine ; ces deux substances sont tenues eu dissolution à la faveur de l’excès de potasse. On traite de nouveau le résidu par l’eau, pour lui enlever tout ce qui est soluble ; on filtre et on fait évaporer la liqueur ; l’acide silicique et l’alumine se déposent à mesure que la concentration a lieu : on laisse reposer pour filtrer de nouveau et faire cristalliser; c’est par le moyen d’une seconde cristallisation que l’on parvient à débarrasser le chromate de potasse de tout l’acide silicique et de l’alumine (Grouvelle).
Bichromate de potasse, K0,2Gr03-— Il cristallise en larges tables rectangulaires d’un rouge intense, solubles dans 10 parties d’eau froide, inaltérables à l’air, d’une savent amère et métallique. Les corps avides d’oxygène décomposent plus facilement ce sel que le chromate neutre. En le traitant par un excès d’acide azotique, on forme du trichromate de potasse, K0,3Cr03. Le bichromate est anhydre; on l’obtient en décomposant le chromate neutre par l’acide azotique.
Bichromate de perchlorure de chrome (acide chlorochromique\ 2Gr03, CrG13. — Il est le résultat de la réaction à une chaleur rouge de 17 p. de bichromate de potasse sur 10 p. de chlorure de sodium. 11 est liquide, d’un rouge foncé, et bout à 121o. Il est à la fois un oxydant et un chlorurant énergiques.
Chromate de plomb , Pb0,Gr03. — Il est d’un très-beau jaune-serin , insoluble dans l’eau et peu soluble dans les acides; les alcalis, employés en petite quantité, le transforment en chromate basique insoluble, rouge orangé, et en chromate d’alcali soluble. Chauffé avec l’acide chlorhydrique, il donne du sesquichlorure de chrome vert, soluble, et du protochlorure de plomb blanc peu soluble. On l’obtient en versant du chromate de potasse dans de l’acétate de plomb. Il est employé dans la peinture sur toile et sur porcelaine, pour faire des fonds jaunes, etc. Les chromâtes de plomb du commerce (jaune de chrome) contiennent plus ou moins de sulfate de chaux ou de sulfate de plomb.
Chromâtes de chlorures métalliques. — M. Péligot a fait connaître l’exbtenee de bichromates dans lesquels un chlorure métallique remplace l’oxyde, et joue ainsi le rôle de base (voy. Sels en général, et /our». de pAorw., juin 1833).
vu V. ÉqolTalent =; 855,8.
Le vanadium a été découvert par Sefstrom , en 1^0, dans un fer suédois remai-quable par sa ductilité extraordinaire, qui se trouve a Jaberg en Suède ; son nom est dérivé de Yanadis, divinité Scandinave. On