DU PLOMB
viennent visibles et noircissent aussitôt qu’on les met en contact avec le gaz acide sulfhydrique ou les sulfures, qui transforment le sel incolore en sulfure noir. Le blanc de fard (azotate basique) est employé avec succès dans certaines douleurs d’estomac, connues sous le nom de crampes; on en fait prendre 40 ou 50 centigrammes dans du sirop de guimauve; cinq minutes après, on en donne une nouvelle dose ; il serait imprudent d’en administrer beaucoup plus à la fois, car il est vénéneux; uni à la magnésie et au sucre , il a été très-utile pour arrêter certains vomissements chroniques, des diarrhées, etc.; on l’a également prescrit contre le pyrosis, les gastro-entéralgies, le choléra spasmodique, etc. Qu prépare l’azotate de bismuth en faisant dissoudre le métal dans de l’acide azotique affaibli ; il se dégage du gaz bioxyde d’azote.
DC PliOUB. Pb. Équivalent = 1294,5.
Le plomb se trouve, 1° à l’état natif dans les laves tendres de l’île de Madère ; 2" combiné avec l’oxygène ; 3" avec le soufre ou avec quelque autre corps simple, tel que le chlore ; 4° avec l’oxygène et un acide formant des sels.
Le plomb est gris bleuâtre, brillant, d’une odeur particulière; il est assez mou pour qu’on puisse le rayer avec l’ongle, et le plier en tous sens; il est très-peu sonore, plus malléable que ductile, et ne jouit presque d’aucune ténacité ; son poids spécifique est de 11,445 s’il est pur.
Il fond à la température de 335° ; si on le laisse refroidir, il cristallise en pyramides quadrangulaires ou en octaèdres réguliers s’il est parfaitement pur ; si, au contraire, on continue à le chauffer j usqu’au blanc, il se volatilise lentement. Soumis à l’action du gaz occygène ou de Vair atmosphérique, le plomb fondu passe d’abord à l’état de protoxyde jaune, puis à l’état d’oxyde rouge (minium) , et il y a dégagement de calorique; à la température ordinaire , le gaz oxygène le ternit, tandis que l’air atmosphérique, après l’avoir transformé en protoxyde, lui cède son acide carbonique, et le change en carbonate de protoxyde blanc; ces phénomènes sont d’autant plus sensibles, que l’air ou l’oxygène sont plus souvent renouvelés ; cependant cette couche est si mince, que l’on retrouve, en grattant légèrement, même avec l’ongle, le plomb présentant tout son brillant métallique.
U hydrogène et le bore sont sans action sur le plomb. Le carbone peut s’unir avec lui par des moyens indirects et former un carbure noir; on l’obtient en décomposant par le feu le cyanure de plomb ou des sels de plomb à acides végétaux. Le phosphore peut se combiner directement
avec lui à l’aide de la chaleur, et former un phosphure gris bleuâtre , très-malléable, mou, moins fusible que le plomb.
Lorsqu’on fait fondre dans un creuset du plomb et un excès de soufre, on obtient un protosulfure, Pb S, et il y a dégagement decalorique et de lumière. On trouve ce sulfure très-abondamment dans la nature, cristallisé en octaèdres , ou en cubes , ou en lames; il existe en France , en Espagne, en Allemagne, et surtout dans le Derbyshire en Angleterre; il est connu sous le nom de galène, et alors il est souvent mêlé ou combiné avec d’autres sulfures, comme le sulfure d’argent, celui d’antimoine, celui de zinc, etc. Le protosulfure pur est solide, brillant, d’une couleur bleue ; il ne fond pas aussi facilement que le plomb ; chauffé dans un creuset brasqué, il se vaporise en partie; une autre portion se décompose en soufre et en sous-sulfure. Si on le chauffe avec le contact de l’air ou du gaz oxygène, il se transforme en gaz acide sulfureux et en sulfate de protoxyde, et si la tempéx’alure est très-élevée, il fournit, outre ces deux produits, du plomb métallique. On l’emploie pour en extraire le métal ; les potiers de terre s’en servent sous le nom é’alquifoux, pour vernir leur poterie. M. Becquerel est parvenu à l’obtenir cristallisé en tétraèdres réguliers en employant un procédé électro-chimique.
On peut, en précipitant Vazotate de plomb par l’iodure de potassium, obtenir un iodure de plomb jaune doré, Pbl, soluble dans 1235 parties d’eau froide et dans 194 d’eau bouillante et cristallisable en paillettes hexagones régulières; il a été employé contre certaines maladies cutanées. Il existe encore d’autres composés bleus d’iode et de plomb qui n’offrent aucun intérêt pour la médecine.
La combinaison du cMore gazeux et du plomb s’opère sans dégagement de lumière. Le chlorure formé, PbGl, se trouve dans la nature, et a été connu sous les noms de murîate de plomb, ùq plomb corné, et d’Aydrochlorate de plomb. Il est blanc, demi-transparent, inaltérable à l’air, fusible au-dessous de la chaleur rouge , volatil à une température plus élevée ; il a une saveur sucrée et se dissout dans 135 parties d’eau froide, et dans 33 d’eau bouillante ; cette dissolution fournit par l’évaporation des prismes hexaèdres, incoloi’es, brillants et satinés. Il est sans usages; mais on pourrait, d’après Coullier, le substituer à la céruse dans la peinture à l’huile , pour éviter l’altération que l’acide sulfhydrique fait éprouver au blanc de plomb ordinaire. On l’obtient en versant du chlorure de sodium dans une dissolution d’azotate de plomb.
Le chlorure et l’oxyde de plomb peuvent se combiner en plusieurs propovixom. V oxychlorure, PbGl,7PbO, constitue le jaune minéral, jaune de Chssel, jaune de Turner, etc. On prépare ces oxychloï*ures tantôt en