‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 120 sur 149 · DES OXYDES DE BISMUTH · texte numérisé non relu

DES OXYDES DE BISMUTH

DES OILTDES DE BISHETH.

Protoxyde, — On trouve quelquefois un peu de cet oxyde à la

surface du bismuth natif anhydre. Il est d’un beau jaune, fusible à la température rouge-cerise, et susceptible de donner un verre jaune qui perce les creusets. Il n’éprouve aucune altération de là part de l’air ni du gaz oxygène. L’hydrogène et le carbone s’emparent de son oxygène à une température élevée. Le soufre le décompose également, et s’unit à l’oxygène pour former de l’acide sulfureux , et au métal qu’il fait passer à l’état de sulfure. Le chlore en sépare l’oxygène et se combine avec le métal , pourvu que la température soit assez élevée; à froid, il n’exerce aucune action sur lui. Il est insoluble dans l’eau et les alcalis. L’acide azotique le dissout à merveille. Il est formé de 89,86 de bismuth et de 10,14 d’oxygène. On le fait servir de fondant aux dorures sur porcelaine. On l’obtient en décomposant le sous-azotate de bismuth par la chaleur. A l’état d'hydrate, le protoxyde de bismuth est blanc et insoluble dans l’eau ; si on le fait bouillir avec un excès de dissolution alcaline , il se déshydrate et cristallise en petites aiguilles brillantes. On l’obtient en décomposant un sel soluble de bismuth par l’ammoniaque.

Peroxyde {acide bismuthique)., Bi2, 0^. — Il est solide, d’un brun foncé, comme l’oxyde puce de plomb, et il fournit, par une chaleur capable de volatiliser le mercure, de l’oxygène et du bismuthate de protoxyde; quelques chimistes pensent, au contraire, qu’il se transforme en un oxyde intermédiaire, BiO^. Il ne peut se combiner avec les acides qu’autant qu’il perd de l’oxygène et qu’il est ramené à l’état de protoxyde ; c’est ainsi qu’il agit à froid sur les acides sulfurique, phosphorique et chlorhydrique concentrés, et à une légère chaleur sur l’acide azotique. Il ne se combine que difficilement avec les alcalis.

Préparation. En chauffant dans un creuset de la soude avec du protoxyde de bismuth, celui-ci s’oxyde , et l’on obtient du bismuthate de soude (Jacquelain). Si l’on vient à faire bouillir ce sel avec un excès de soude, l’acide bismuthique se deshydrate et se dépose (Frém y).

Bismuthates de protoxyde de bismuth. — Il existe plusieurs composés de ces deux oxydes; celui qui a pour formule Bi2 05,Bi203 est dé^mposé par les acides, sous l’influence de la chaleur, en oxygène et en'un sel de protoxyde.

Sons-oxyde de bismuth. — On a encore admis un sous-oxyde noir, qui s’enflamme à l’air comme de l’amadou, et que l’on obtient en chauffant

le bismuth à une température qui dépasse à peine le point de fusion de ce métal.

DES SEES DE BlSME’rH.

Ils sont en général d’une couleur blanche. Les dissolutions debisraulli sont incolores et précipitées en blanc par l’eau, qui les transforme en un sel acide soluble et en un sous-sel insoluble. L’acide sulfhydrique et les sulfures solubles les précipitent en noir (sulfure de bismuth). La potasse, la soude et l’ammoniaquer^très-concentrées en séparent l’oxyde , qui est alors d’une couleur jauHK mais qui serait blanc si les liqueurs étaient étendues d’eau, parce qu’ilcon tiendrait du sous-sel (Jacquelain) ;ce précipité est insoluble dans un excès d’alcali. Les carbonates de potasse et de soude y font naître un précipité blanc insoluble dans un excès de carbonate. Le sesquicarbonate d’ammoniaque les précipite et redissout le précipité s’il est employé en excès , propriété que l’on peut mettre à profit, d’après Léonard Laugier, pour séparer le bismuth de plusieurs autres niétaux. L’infpsion de noix de galle les précipite en jaune légèrement orangé, et le chromate de potasse en jaune. Le fer, le zinc et l’étain, en séparent le bismuth; le cuivre n’agit qu’avec lenteur.

Azotate, Bi2 03,3 Az 0^,3 HO. — Il cristallise en gros prismes quadrilatères comprimés, d’une couleur blanche, rougissant Yinfusum de tournesol ; il attire légèrement l’humidité de l’air, et sa surface se recouvre d’un peu d’oxyde blaqp ; chauffé jusqu’au rouge, il fournit de l’oxyde jaune: c’est même en suivant ce procédé que l’on peut se procurer avec plus d’avantage l’oxyde de bismuth. Il se dissout très-bien dans l’eau, pourvu qu’il soit assez acide ; cette dissolution, versée peu à peu dans une grande masse d’eau , est subitement décomposée, et transformée en azotate -Aie bismuth basique insoluble, qui se pi'écipite sous forme de flocons blancs ou de paillettes nacrées, et en azotate acide qui reste en dissolution^ le précipité, bien lavé, constitue le blanc de fard ouïe magistère de i^smuth, Bi^ 0®, Az 0^, HO ; toutefois sa composition varie suivant la quantité d’eau employée à sa précipitation, suivant la ^mpéralure et le^emps pendant lequel le sous-sel et l’eau ont été en ^ntact : on peut lui’ enlever fout l’acide en le traitant à plusieurs reprises^!’ l’eau bouillante ; calciné avec du charbon, il laisse du bismuth ; ir est soluble dans ^acide azotique. On peut se servir de l’azotate de bismuth comme encre Be sympathie : en effet, les caractères tracés sur le papier avec sa dissection sèchent et disparaissent ; mais ils de-

Page 1