DD CUIVRE
des poêlons , d’un Irès-grand nombre d’instruments de physique , des épingles, des cordes d’instruments, etc.
2° Alliage d’étain et de cuivre. On le désigne sous le nom de bronze ou métal de canons lorsqu’il est formé de 11 parties d’étain et de 100 de cuivre; on l’appelle métal de cloches quand il est composé de 22 parties d’étain et de 78 de cuivre ; mais il renferme souvent du plomb ou du zinc, qui sont bien moins coûteux que l’étain ; on y trouve aussi un peu de bismuth et d’antimoine. L’alliage qui constitue les timbres des horloges contient un peu plus d’étain et un peu moins de cuivre : il porte le nom de tam-tam, d’alliage des cymbales, lorsqu’il entre dans sa composition environ 80 parties de cuivre et 20 parties d’étain ; mais comme cet alliage est excessivement cassant , il faut le tremper en le chauffant jusqu’au rouge-cerise sombre, et en le plongeant dans l’eau froide ; alors seulement il peut être aplati sous le marteau et ployé sans casser, jusqu’à ce que les deux côtés du morceau forment entre eux un angle de 130 à 140 degrés. Les miroirs des télescopes sont composés d’une partie d’étain et de 2 parties de cuivre. Le bronze monétaire contient, sur 100 parties , 86 environ de cuivre et 14 d’étain, ou même d’étain et de zinc. Les propriétés physiques de ces divers alliages varient un peu , suivant les proportions de leurs éléments ; leurs propriétés chimiques seront facilement déduites de celles des métaux qui entrent dans leur composition. Le bronze est toujours plus dur et plus fusible que le cuivre; sa densité est supérieure à la densité moyenne des métaux dont il est formé; mélangé avec 1 centième de fer ou avec 3 centièmes de zinc, il devient plus dur et plus tenace , et doit être préféré pour la fabrication des objets de petite dimension.
Cuivre étamé. Il n’est autre chose que du cuivre dont la surface, préalablement décapée ou désoxydée au moyen du chlorhydrate d’ammoniaque (sel ammoniac), de la chaleur et du frottement, est recouverte d’une couche mince d’étain, ou d’un alliage d’étain et de plomb, ou d’un alliage d’étain et de fer ; une partie de cette couche est combinée avec le cuivre, tandis qu’une autre partie est simplement superposée et en quelque sorte en excès. L’étamage fait avec Véiain pur est d’un blanc d’argent, mais devient jaunâtre dès qu’il s’oxyde; il donne du moiré métallique quand on le traite par l’acide acétique, tandis que cela n’a pas lieu si l’étain n’est allié même qu’avec de plomb. La destruction de l’étamage pur est due à l’oxydation , à l’action des acides , au frottement et au récurage ; les sels d’étain qui se forment pendant cette destruction ne se produisent pas en assez grande quantité poiu* offrir un danger réel. L’étamage fait avec un alliage de plomb et d’étom contient
582 PREJnÈRE PARTIE.
ordinairement un tiers ou un quart de plomb; il est bleuâtre et nullement dangereux , parce que l’action galvanique qui résulte du contact des métaux suffit pour décomposer l’oxyde aussitôt qu’il se forme ; il doit ère préféré au premier quand il s’agit de le faire pénétrer dans les replis des cannelures, au fond de vases étroits et longs, parce qu’il coule mieux. L’étamage fait avec 8 parties d’étain et une de fer est moins fusible, plus durable et plus adhérent que les autres. Dès l’année 1785, Poulain avait fait connaître cet étamage, dont il facilitait la fusion au moyen du borax et du verre; aujourd’hui on substitue avec avantage au fer du fer-blanc, parce qu’il s’allie mieux à l’étain. L’étamage de Poulain, dont celui de Biberel n’est qu’une imitation , et qui porte le nom d’étamage polychrome, résiste beaucoup plus au récurage que l’étamage ordinaire; quant aux agents chimiques, il en est qui l’attaquent plus facilement, tandis que d’autres agissent beaucoup moins que sur l’étamage ordinaire ; en somme, il doit être préféré à ce dernier. Le melchior , maillechort, argentan , est un alliage de 50 parties de cuivre, de 25 de zinc et de 25 de nickel, contenant quelquefois du fer et de l’étain; il ressemble tellement à l’argent au second titre, c’est-à-dire à ®®%ooo» que le préposé du bureau de garantie y a été trompé. On l’emploie soit à l’ornement, soit au service de table. Il est plus attaquable que l’argent au titre de 950 millièmes, par tous les réactifs et les substances culinaires.
Tous ces alliages devraient être rejetés des usages domestiques , car des vases dans lesquels on conserve des aliments pendant un jour ne tardentpas à se couvrir d’une certaine quantité d’un sel de cuivre. Il n’en est pas de même du cuivre bien étamé.
3“ Alliage de 10 parties de cuivre et d'une partie d’arsenic. Cet alliage, loin d’être cassant, est légèi’ement ductile; il est plus fusible que le cuivre, et paraît être employé à faire des cuillers et des vases.
4° Valliage formé de 25 parties d’antimoine et de 75 de cuivre est fragile, violet, susceptible d’être poli , et sans usages.
L’action de l’ammoniaque sur le cuivre métallique est remarquable. Que l’on place un peu de tournure de cuivre dans un flacon à l’émeri, que l’on remplit ensuite d’ammoniaque liquide et que l’on bouche pour éviter le contact de l’air, le liquide qui surnage le cuivi’e reste incolore et conserve sa transparence; mais si on débouche le flacon au bout de quelques heures, et qu’on transvase l’ammoniaque, on s’aperçoit qu’elle devient bleue par le contact de l’air : ce qui ne peut avoir lieu sans qu’il y ait du cuivre en dissolution.
Lorsque le cuivre contient un peu de potassium , il acquiert une densité très-considérable.