‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 127 sur 149 · DD CUIVRE · texte numérisé non relu

DD CUIVRE

dissout dans l’acide chlorhydrique, et le solutum est incolore et décomposable par l’eau, qui le sépare sous forme d’une poudre blanche; l’ammoniaque le dissout sans se colorer, à moins qu’il n’ait le contact de l’air, car alors la liqueur bleuit ; on se sert même avec avantage de ce changement de couleur pour constater la présence d’une très-petite quantité d’oxygène, dont il est très-avide ; lavé à plusieurs reprises avec de l’eau, il est décomposé et changé en protoxyde de cuivre orangé et en acide chlorhydrique (Chenevix) ; il est décomposé par une dissolution de potasse , qui cède son oxygène au cuivre pour le transformer en protoxyde orangé, tandis que le chlore s’unit au potassium ; il absorbe une grande quantité de gaz oxyde de carbone (voy. Sels de protoxyde de cuivre, p. 585).

Oxychlorure de cuivre {sable vert du Pérou), Cu Cl, 3Cu0,4H0. — Il existe aussi au Chili. Il est cristallisé en prismes droits rhomboédriques, ou pulvérulent, vert, insoluble dans l’eau, insipide. On l’obtient en versant dans un solutum de bichlorure de cuivre une quantité d’alcali insuffisante pour le décomposer complètement. On l’emploie en peinture sous le nom àtvert de Brunswick. Il existe encore deux autres oxychlorures = Cu Cl, 2Gu 0 et Cu Cl, 4Cu 0.

Le cuivre présente, avec le brome, les mêmes phénomènes qu’avec le chlore, et donne deux bromures inusités.

Vazote se combine directement avec le cuivre à une température rouge (Despretz). En décomposant à 265° de l’oxyde de cuivre, Cu 0, par du gaz ammoniac sec, on obtient un azoture, Cu® Az.

L’eau à froid est sans action sur le cuivre; à une forte chaleur blanche, la vapeur d’eau est décomposée, et il se dégage du gaz hydrogène.

Les acides borique et carbonique sont sans action sur le cuivre. L’acide pkosphorique ne l’attaque qu’à la longue. L’acide sulfurique concentré est au contraire rapidement décomposé à la chaleur de l’ébullition ; il y a dégagement de gaz acide sulfureux et formation de bioxyde de cuivre; celui-ci se combine ensuite avec l’acide non décomposé, et forme du sulfate de bioxyde de cuivre anhydre; il se produit en outre du sulfure de cuivre brun ; suivant quelques chimistes, cette poudre ne serait que du sulfate de protoxyde de cuivre brun. A la température ordinaire, l’acide sulfurique concentré est également décomposé par le cuivre, mais seulement au bout d’un certain temps ; il se forme du sulfate de cuivre anhydre en cristaux incolores et du sulfure de cuivre brun. M. Maumené, qui a étudié cette réaction quinze ans au moins après M. Barruel fils, dit qu’en continuant à chauffer l’acide et le cuivre, le produit final est composé non-seulement de sulfate de bioxyde de cuivre, mais encore

d’un corps formé d’équivalents égaux de bioxyde et de bisulfure de cuivre (Journ. de pharm., mars 1847).

L’acide azotique, même étendu d’eau, l’attaque avec énergie à la température ordinaire, le décompose en partie, et le fait passer à l’état de bioxyde, qui se dissout dans la portion d’acide non décomposé; il se dégage du gaz bioxyde d’azote. L’acide hypoazotique agit aussi avec beaucoup de force sur le cuivre. L’acide chlorhydrique liquide n’exerce pas d’action sur lui à froid ; bouillant et concentré, il n’agit guère mieux si le métal est à l’abri du contact de l’air. Les acides fluorhydrique d arsérhique peuvent également se combiner avec lui après l’avoir oxydé.

Le cuivre peut s’allier avec plusieurs des métaux précédemment étudiés. — 1° Alliage de zinc et de cuivre, connu sous les noms de laiton, de cuivre jaune , de similor, d’or de Manheim, d’alliage du prince Ro~ hert, etc. Il est formé de zinc , de cuivre et de très-petites quantités de plomb et d’étain ; ces deux derniers métaux rendent le laiton plus dur, plus roide et moins ductile; il suffit d’un demi-centième d’étain pour altérer sa ductilité. Le laiton sans plomb convient mieux pour les ouvrages au marteau, tandis que celui qui en renferme est plus propre aux travaux du tourneur. On explique la présence de l’étain parce qu’on fabrique le laiton avec de vieux cuivres qui ont souvent été étamés, et celle du plomb par la même cause (l’étamage se faisant toujours avec un alliage de plomb et d’étain), et par l’emploi du cuivre rosette, qui contient souvent du plomb.

Composition des laitons.

Cuivre.

Zinc.

Ploml).

Élain.

Laiton des tourneurs de Stolberg.

— en fil .

— pour le travail au marteau.

— des garnitures d’armes. . .

— statuaire .

Chrysocale. . .

Similor de 80 à 88 de cuivre, et de

20 à 12 de

zinc.

Le cuivre blanc ou chinois est formé de 40,4 de cuivre, de 25,4 de zinc, de 2,6 de fer, et de 31,6 de nickel.

Le laiton est plus fusible que le cuivre; il se transforme en oxydes des métaux dont il est composé lorsqu’on le chauffe avec du gaz oxygène ou avec l’air ; il produit même une belle flamme verte. Ou ne le trouve pas dans la nature ; il est employé dans la préparation des chaudières.

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