DES MÉTAUX DE LA CINQUIÈME CLASSE
Ces métaux, au nombre de quatre , l’osmium , le rhodium , l’iridium et le ruthénium, absorbent l’oxygène à une température élevée, et leurs oxydes ne sont pas réductibles par le feu. Ils ne décomposent l’eau ni à froid ni à chaud.
DE E’OSUlIJaK. Os. ÉqniTalen* — 1244,2.
L’osmium, découvert en 1803 parTennanl, n’a été trouvé jusqu’à présent que dans la mine de platine.- Il est solide, d’une couleur qui paraît
DES OXYDES D’oSMroM. 591
bleae ou noire, moins brillant que le platine, facile à pulvériser par la percussion, quoiqu’il soit assez malléable pour pouvoir être réduit en lames; son poids spécifique est de 10. Il est infusible et fixe à la température du feu de forge. Si on le chauffe à 100° au contact de l’atr. il prend feu et passe à l’état d’acide osmique, qui se sublime en très-beaux cristaux blancs, brillants, doués d’une odeur de raifort; s’il est dans un grand état de division, il s’enflamme et brûle en s’entretenant lui-même à la chaleur rouge ; il cesse de s’oxyder quand on l’ôte du feu. L’air, à froid, lui cède de l’oxygène s’il est récemment réduit par la voie humide, et ie transforme en acide osmique.
hç. phosphore elle soufre s’unissent très-bien avec l’osmium. Le chlore donne naissance à deux chlorures quand on le chauffe avec lui. L& protochlorure, Os Cl, est d’un beau vert, soluble dans l’eau, qui le décompose en acides chlorhydrique et osmique, et en osmium métallique. Le bichlorure, OsCl^, plus volatil que le précédent , est orangé, très-fusible et déliquescent.
Viode ne parait pas pouvoir se combiner directement avec ce métal. Il forme, avec l’or et V argent, des alliages ductiles. Il se dissout, à l’aide d’une douce chaleur, dans l’acide azotique et dans Veau régale , à moins qu’il n’ait été fortement calciné. A la chaleur rouge , les alcalis l’attaquent, et il sè produit un osmiate alcalin. •
Un excellent caractère pour reconnaître la présence de l’osmium consiste à placer un peu de ce métal sur le bord d’une feuille de platine , et à porter celle-ci dans la flamme de l’alcool^ de manière à chauffer l’osmium : la partie de la flamme qui s’élève le long de la feuille devient brillante près de l’osmium , comme si elle provenait du gaz défiant.
Extraction (voy. Platine).
DES OXÎTBES D’osnicafi
Vosmium, en se combinant avec l’oxygène, donne naissance à cinq oxydes différents.
Protoxyde.— 1\ est d’un vert très-foncé et soluble dans les principaux acides , avec lesquels il forme des sels verts ; il est réductible par l’hydrogène. On l’obtient en décomposant, par la potasse, le protochlorure d’osmium et de potassium.
Sesquioxyde, Os’O^. — Il n’a pas été isolé. Lorsqu’on maintient pendant quelques heimes, à une température de 50°, un mélange d’acide osmique et d’ammoniaque, il se dégage de l’azote et il se précipite un corps
noir qui forme avec les acides des sels jaunes incristallisables , et dans
lequel existe le sesquioxyde.
Bioxyde, OsO^ — Il est noir, réductible par l’hydrogène, soluble dans les acides quand il est à l’état naissant. On l’obtient en décomposant, par la potasse à chaud, un composé. Os Cl, KCl, préparé lui-même en faisant passer du chlore sur un mélange d’osmium divisé et de chlorure de potassium à une légère chaleur.
Acide osmique, Os 0^. — On le prépai’e soit directement, en chauffant l’osmium au l’ouge avec le contact de l’air ou de l’oxygène, soit en soumettant à l’action de l’acide azotique bouillant de l’osmium métallique ou l’un de ses minerais. il est cristallisé en prismes blancs flexibles, d’une odeur de raifort pénétrante comme celle du chlore; il est trèsvolatil, et sa vapeur est très-irritante. Il est soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther ; il noircit sur-le-champ lorsqu’il est mis en contact avec des matières organiques ; il est également réduit par le fer, le zinc et l’étain. Il ne rougit pas le tournesol, ne décompose pas les carbonates, et donne avec les alcalis des sels solubles bruns, s’ils sont avec excès de base et peu stables.
Acide osmieux, OsO^. — Il n’a pas été isolé; quand on cherche à le séparer d’un osmite, il se décompose en acide osmiqoe et en bioxyde d’osmium. L’osmite de potasse, KO, OsO^, 2H0, est rcR^T'soluble dans l’eau, inaltérable à l’air, et en octaèdres volumineux. L’osmite de soude est rose et moins facile à faire cristalliser. L’ammoniaque ne se combine pas avec l’acide osmieux. Les autres osmites sont insolubles (Frémy).
DES SEES DE DIOXLTDE D’OSmVJH.
Le bioxyde d’osmium forme avec les acides des sels incolores, qui précipitent, au bout de quelque temps, en noir parla potasse, en brun par le carbonate de potasse, l’ammoniaque, l’acide sulfhydrique et les sulfures, le protochlorure d’étain et le zinc. Le chlorhydrate d’ammoniaque les précipite en rouge, et le cyanure Jaune de potassium et de fer ne les R'duble pas.
DIJ RHODIVM. Rb. Équlvaleu* = 652,1.
Le rhodium n’a été trouvé jusqu’à présent que dans la mine de plaline et uni à l’or. Il a une couleur blanche, peu différente de celle du palladium; il est très-dur, fragile, et plus difficile à fondre qu’aucun autre métal après l’iridium ; son poids spécifique paraît être de 10,6 en-
DES SELS DÉ SESOÜfOXYDË DE RHODICM. 593
vîron. Il s’oxyde lorsqu’on le fait rougir avec le contact de l’air, pourvu qu’il soit très-divisé et tel qu’on l’obtient par la réduction des sels rouges de rhodium, au moyen de l’hydrogène (Berzelius, Annales de chimie, janvier 1829, voy. p. 594).
Le soufre Qtle chlore s’unissent très-bien avec lui et donnent plusieurs composés diversement colorés. Le protochlorure, RhCl, est pulvérulent, rougeâtre, insoluble. Le sesquichlorure, Rh2 Cl^, est incrislallisable, soluble dans l’eau, avec laquelle il donne des dissolutions brunes.
Le rhodium est insoluble dans les acides, sans en excepter Veau régale: or, comme celui qui se trouve dans la mine de platine est dissous par l’eau régale, il faut admettre que sa dissolution est due à ce qu’il est allié à d’autres métaux (Vauquelin). Il peut s’unir avec un trèsgrand nombre de substances métalliques et avec l’acier; lorsqu’il est allié à trois parties de bismuth, de cuivre ou de plomb, il se dissout très-bien dans l’eau régale. Calciné avec l’hydrate de protoxyde de potassium ou de sodium, il se transforme en sesquioxyde qui s’unit à l’alcali. Il n’a point d’usages.
Extraction (voy. Platine).