DES OXYDES DE RHODIEM
Protoxyde, RhO. —Il est à peine connu ; on le forme quand on chauffe du rhodium très-divisé au contact de l’air.
Sesquioxyde, Rh2 0^. — Il est noir et se combine avec les acides pour former des sels. On l’obtient en calcinant jusqu’au rouge du rhodium finement pulvérisé avec de la potasse caustique et un peu d’azotate de potasse; on traite par l’eau, puis par un peu d’acide sulfurique faible, qui dissout l’excès de potasse et laisse le sesquioxyde.
On admet aussi d’autres oxydes de rhodium intermédiaires, tels que 3RhO, Rh2 03 ; 2RhO, Rh2 03 ; RhO, Rh2 03.
DES SEES DE SESQEIOXYDE DE RBODICM.
Ils sont rouges, jaunes ou bruns, quand ils sont concentrés, et ro.ses s’ils sont étendus. Le cyanure jaune de potassium et de fer, et l’acide sulfureux, ne les troublent point. La potasse caustique en précipite le sesquioxyde hydraté, au bout d’un certain temps, à la température de l’ébullition. L’ammoniaque y fait naître à la longue un précipité jaune, composé de sesquioxyde et d’ammoniaque. L’acide sulfhydiûque en précipite du sulfure noir, à chaud. Le zinc et le fer en séparent le rhodium 1. 38
SOUS forme d’une poudre noire. L’hydrogène , sous l’influence de la lumière solaire, en précipite le rhodium. Le protochlorure d’étain et l’iodure de potassium colorent en rouge les sels roses.
DE L’IRlDlUn. Ir. Équivalent. = 1233,2.
L’iridjum, découvert en 1803, par Descostils, n’existe que dans la mine de platine. Il est gris, métallique, et semblable au platine en éponge obtenu du chlorhydrate ammoniacal de platine; il est demi-ductile, fort dur, et d’un poids spécifique de 15,683; il est tellement difficile à fondre, que jusqu’à présent il n’a "été fondu qu’en l’exposant à la décharge de la grande batterie électrique de Children : sous cet état, il était blanc, très-brillant, un peu poreux, et d’une densité de 18,68. Use combine avec Voxygèneà&VdXx quand il est chauffé avec un alcali, avec l’azotate ou le bisulfate de potasse. A l’aide de la chaleur, s’il est très-divisé, il s’unit au soufre en vapeur; on obtient des sulfures définis en faisant passer du gaz acide sulfhydrique dans ses divers chlorures. Lorsqu’on chauffe au rouge sombre de l’iridium trèsdivisé avec du chlore, on forme \q protochlorure, IrCl, d’un vert foncé; ce corps ne serait-il pas un mélange de sesqui chlorure et d’iridium? Le sesquichlorure, Ii’SCP, estno^, incristallisable et déliquescent; il est le résultat de l’action de l’acide chlorhydrique sur le sesquioxyde. Le bichlorure, IrGP, est soluble dans l’eau, qu’il colore en jaune rouge. Il forme avec les autres chlorures des composés bien définis. On l’obtient en chauffant de l’iridium très-divisé ou l’un de ses oxydes avec de l’èau régale. — Perchlorure, IrCP. Il est brun presque noir et déliquescent; on le prépare en chauffant à 40° un des oxydes d’.iridium avec de l’eau régale très-concentrée.
L’iridium , quand il est agrégé, n’est attaqué ni par l’acide azotique ni par l’eau régale; celte dernière le dissout, s’il est allié au platine ou à d’autres métaux.
Extraction Platine).
DES OXYDES D’IDIDIEJU.
Protoxyde, IrO. — Il est gris verdâtre, soluble dans les acides, qu’il colore en vert, indécomposable par la chaleur. On l’obtient en décomposant par un carbonate alcalin le protochlorure double d’iridium et de .potassium.
, Sesquioxyde, Ir^O®.— Il est noir, insoluble dans les acides, soluble
DU RÜTHÉMCM. 595
dans les alcalis, qu’il colore en brun ; ii est ramené par la cbaleur à l’état de protoxyde. On le prépare en attaquant l’iridium par les alcalis ou par les éizotates alcalins.
Bioxyde, IrO^.-^ Il est bleu d’indigo foncé. On l’obtient en saturant par un acide la dissolution de sesquioxyde dans la potasse ; au bout de quelque temps, le sesquioxyde se trouve transformé en bioxyde, en absorbant l’oxygène de l’air.
Trioxyde, Ir 0®. — Il est jaune verdâtre. On le prépare en précipitant le perchlorure par la potasse, mais il retient toujours de l’alcali.
DES SEES D'IRIDICJK.
Les sels de protoxyde sont d’un vert foncé ou d’un brun verdâtre ; ils sont incristallisables.
Les sels de sesquioxyde sont d’un rouge de sang, et donnent par les alcalis un précipité de même couleur.
Les sels de bioxyde sont noirs, à l’état cristallin , et rouges s’ils sont finement pulvérisés. Leurs dissolutions aqueuses, très-étendues, sont jaunes ; concentrées, elles sont d’un rouge foncé. La potasse et l’ammoniaque en excès les décolorent et ne produisent qu’un faible précipité noir; à l’air, les dissolutions devienent bleues ; l’acide sulfhydrique les décolore et forme ensuite un précipité brun. Elles sont également décolorées par le cyanure jaune de potassium et de fer. Les sels ammoniacaux y font naître un précipité brun très-foncé, soluble dans l’acide sulfureux. Le zinc précipite- l’iridium sous forme d’une poudre noire.
DE RCTHÉXilCH. Ru. Équivalent = 646.
Ce métal, découvert récemment par Clauss, fait partie de l’osmiure d’iridium trouvé dans les sables platinifères. Il est gris et ressemble beaucoup à l’iridium; sa densité est de 8; il est cassant, înfusible, et ne peut pas s’agréger à la chaleur rouge. Il absorbe l’oxygène à celte température, et donne un oxyde irréductible par le feu. A une chaleur rouge, le chlore forme avec lui un protochlorure, Ru Cl, noir, cristallin, insoluble dans l’eau et dans les acides. Le spsquichlorure, Ru2C13, anhydre est d’un vert bleuâtre, déliquescent, et soluble dans l’alcool ; on l’obtient en dissolvant l’hydrate, Ru^ 0^,3 HO, dans l’acide chlorhydrique, et en calcinant pour le déshydrater. — Bichlorure , Ru CP. Il n’existe pas à l’état de liberté, mais il forme un sel double avec le chlorure de potassium.
Le ruthénium est à peine attaqué par l’eau régale.
Extraction. On décompose le sesquioyyde par l’hydrogène à une chaleur rouge.
DEIS OXYDES» DE RVTHÉJVIVM.
Protoxyâe, RuO. — Il est gris foncé, d’un éclat métallique, insoluble dans les acides. On l’obtient- en chauffant le protochlorure de ruthénium avec du carbonate de soude dans un courant d’acide carbonique, et en lavant le produit avec de l’eau.
Sesquioxyde, Ru^O^. — Il est brun noirâtre, velouté, insoluble dans l’eau et dans les alcalis, soluble dans les acides, qu’il colore en jaune. On le prépare en soumettant à l’action du chlore humide dans un tube de porcelaine et à une chaleur rouge Vosmiure d’iridium mêlé avec la moitié de son poids de chlorure de sodium ; on traite par l’eau la masse refroidie, Bt l’on obtient une dissolution d’un rouge-brun que l’on chauffe à 50" environ avec quelques gouttes d’ammoniaque ; il se précipite du sesquioxyde de l’uthéniura, mêlé d’oxyde d’osmium; on fait bouillir ce précipité avec de l’acide azotique, qui transforme l’oxyde d’osmium en acide osmique volatil: le résidu est ensuite calciné pendant une heure dans un creuset d’argent avec de la potasse et de l’azotate de potasse ; on traite par l’eau distillée non aérée; après plusieurs heures. de repos dans un flacon fermé, on sépare la liqueur orange qui surnage le précipité, et on la neutralise par l’acide azotique ; il se dépose aussitôt du sesquioxyde de ruthénium.
Bioxyde, Ru O^.— Il est bleu verdâtre, d’un aspect métallique. On l’obtient en faisant bouillir du sesquisulfure de ruthénium avec de l’acide azotique; on décompose, par la potasse, le sulfate de bioxyde de ruthénium jaune qui s’est formé.
Acide ruthénique , Ru 03. — Il est très-facilement décomposable en bioxyde et en ruthénium, il donne avec la potasse un ruthéniàte jaune, décomposable par les acides. Il est le résultat de la calcination d’un des oxydes précédents avec de Tazotale de potasse.