DES SEES FORSSÉS PAR EE BIOXYDE DE MERCCRE
Ces sels sont tous décomposés par la potasse ou la soude, qui s’emparent de l’acide , et mettent à nu l’oxyde jaune-serin anhydre, si on les a employés en suffisante quantité ; l’ammoniaque y fait naître un précipité blanc (voy. p. 605) ; le cyanure jaune de potassium et de fer y occasionne également un trouble blanc; les sulfures solubles et l’acide sulfhydrique les décomposent et les précipitent en noir; l’iodure de potassium foi'me avec ces sels un précipité d’un beau rouge de biiodure; les borates alcalins agissent sur eux comme les alcalis; l’acide chlorhydrique et les chlorures ne les précipitent pas. Le cuivre, le fer elle zinc, en séparent du mercure.
On reconnaîtra que les sels de bioxyde de mercure sont mêlés de sels de protoxyde de mercure , en versant un excès d’acide chlorhydrique dans leurs dissolutions étendues; cet acide précipitera les sels de protoxyde à l’état de protochlorure blanc; si on filtre les liqueurs, on verra qu’elles se comportent, avec les réactifs, comme les sels de bioxyde.
Sulfate, HgO, SO^. — On peut l’obtenir sous forme de cristaux blancs nacrés, attirant légèrement l’humidité de l’air, rougissant Vinfusum de tournesol, et susceptibles d’être décomposés par l’eau en sulfate de bioxyde très-acide, soluble, incolore, et en sulfate insoluble tribasique
(1) Le mercure soluble d’Hahneinann est un sel basique = H^Az, 3 Hg*0, AzO®, ou 1,9 d’ammouiaque, 92,2 de protoxyde de mercure, et 5,9 d’acide azotique. On l’obtient en vei-sant goutte à goutte de l’ammoniaque étendue, dans de l’azotate de protoxyde de mercure neutre en dissolution également éteridue. H est gris et peu employé en France, parce qu’on lui préfère le mercure métallique très-divisé. Sa composition varie suivant la concentration des liqueurs et la température à laquelle on agit.
OU turhith minéral, 3HgO, SO^. Ge turbith est décomposé par le calorique , et fournit du gaz oxygène , du gaz acide sulfureux, et du mercure métallique; il est également décomposé et dissous par l’acide azotique, qui le transforme en azotate de bioxyde incolore ; enfin la potasse caustique lui enlève l’acide par la simple agitation, et il se forme du sulfate de potasse soluble et du bioxyde de mercure jaune-serin ; il ne se dissout que dans 2,000 parties d’eau froide. Boerhaave et Lobb ont fait l’éloge du turbith minéral, comme étant propre à prévenir la petite vérole ; d’autres médecins l’ont administré comme émétique dans la morsure des chiens enragés; on l’a aussi prôné dans les engorgements, dans les maladies vénériennes , et à l’extérieur dans le traitement de quelques dartres indolentes.
Préparation. On obtient le sulfate, HgO, SO^, en faisant bouillir pendant trois ou quatre heures un excès d’acide sulfurique concentré avec du mercure (voy. p. 611, pour la théorie), et en décomposant par l’eau le sel produit, qui est formé de sulfates de bioxyde et de protoxyde; l’eau précipite du turbith minéral (sous-sulfate de bioxyde), que l’on dissout dans une suffisante quantité d’acide sulfurique: par ce moyen, le sulfate de protoxyde, qui n’est point soluble dans l’acide sulfurique , se trouve complètement séparé; on filtre et on évapore dans une capsule de porcelaine ; si pendant l’évaporation il se dépose du turbith anhydre, celuici ne tarde pas à être redissous ; on enlève les cristaux à mesure qu’ils se forment, et on les prive de l’excès d’acide sulfurique qu’ils entraînent en les mettant au-dessUs d’une brique sèche, placée elle-même sur une capsule pleine d’acide sulfurique que recouvre une cloche de verre.
On prépare le turbith en versant de l’eau bouillante sur le sulfate , HgO, S03. Quand il a été obtenu avec de l’eau froide, il a une couleur jaune moins foncée, et il retient depuis 1 jusqu’à 5 p. 100 d’eau d’interposition, qui ne peut s’éliminer que par une température de 100°, tandis que le turbith préparé avec de l’eau bouillante est anhydre (Lefort).
Azotate neutre — — Il est en cristaux volumineux ,
d’une saveur métallique insupportable ; il est décomposé par l’eau en azotate acide et en azotate basique = 3HgO,AzOS, HO blanc, lequel par des lavages prolongés, se décompose et laisse du bioxyde rouge de mercure. On l’obtient en dissolvant à chaud du mercui’e dans un excès d’acide azotique, et en faisant bouillir jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs rutilantes ; alors on évapore jusqu’à consistance sirupeuse cette dissolution acide, et le sel neutre cristallise si on le laisse dans un mélange i-éfrigérant.
Azotates basiques. — Lorsqu’on dissout du bioxyde de mercure dans un