DES SELS FORMÉS PAR LE BIOXYDE DE MERCURE
excès d’acide azotique, 5n obtient une liqueur sirupeuse qui tient en dissolution un sel=HgO,AzOS,2HO. Si l’on sature de l’acide azotique par un excès de bioxyde de mercure, et que l’on traite l’azotate sirupeux par de l’oxyde de mercure récemment précipité , on donne naissance à un sel qui a pour formule =2HgO, AzQS, HO. Ces deux azotates se comportent avec l’eau comme l’azotate neutre.
Empoisonnement par les préparations mercune^^es. Elles sont toutes vénéneuses ; le protochlorure l’est cependant beaucoup moins que les autres. Introduites dans l’estomac ou appliquées à l’extérieur, elles déterminent une irritation locale très- vive, sont absorbées, et exercent une action délétère sur le cerveau, le cœur et le canal digestif; il est donc de la plus haute importance de les administrer avec prudence , et de ne pas en appliquer une trop grande quantité sur la peau , principalement sur les parties ulcérées. Parmi les antidotes proposés pour neutraliser les sels mercuriels, l’albumine (blanc d’œufs délayé dans l’eau) doit occuper le premier rang, comme je l’ai prouvé en 1812 (voy. ma Toxicologie géné^ raie, t. 4® édit.). Quant aux recherches médico-légales, si le composé mercuriel est dissous dans un liquide aqueux, alcoolique, etc., on le reconnaîtra à l’aide des réactifs des sels de mercure , et si ces réactifs ne donnent pas les résultats énoncés aux pages 615 et 617, parce que le mercure existe en trop petite proportion ou parce qu’il est mêlé à des liquides colorés , il suffira de précipiter le mercure par une lame de cuivre, et non pas à l’aide de la pile de Smithson, qui n’est pas plus sensible que le cuivre, et qui peut induire en erreur (voy. p. 606). Mais, comme le composé mercuriel, par suite de sa combinaison avec des matières organiques végétales ou animales , ou avec les tissus du canal digestif, et même par suite de sa décomposition par ces matières, peut être devenu insoluble dans l’eau, dans Yalcool, etc., il arrive très-souvent que les liquides n’en contiennent pas trace , et qu’en traitant par l’eau distillée bouillante les dépôts, les précipités, les aliments, les tissus euxmêmes, on ne dissout pas un atome de ce composé mercuriel. Dans ces cas si nombreux , il faut nécessairement détruire la matière organique soit en la faisant bouillir dans l’eau régale , soit en la chauffant avec de l’acide sulfurique concentré en vaisseaux clos. Dans le premier cas, on évapore séparément, jusqu’à siccité, le résidu contenu dans la cornue et le liquide qui distille dans le récipient ; le produit obtenu , si on le fait bouillir avec de l’eau distillée , fournit une dissolution de bichlorure de mercure , d’où la lame de cuivre précipite du mercure ; dans le second cas , on fait bouillii' séparément dans l’eau régale le charbon sulfurique resté dans la cornue, et le liquide qui a dis-
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lillé dans le récipient; la dissolution d’eau régale est ensuite évaporée à siccilé, et le produites! soumis à l’aclion de l’eau distillée bouillante, puis à celle de la lame de cuivre. Ges procédés , infiniment supérieurs à celui qui a été décrit par MM. Flandin et Danger, et qui est si compliqué, donnent d’excellents l’ésultats. Dans tous les cas , la lame de cuivre recouverte d’une couche de mercure devra être chauffée en vases clos pour en retirer le mercure.
S’il s’agissait de déceler le mercure dans l’arme des individus qui ont avalé un composé mercuriel, il faudrait évaporer ce liquide jusqu’à siccilé et traiter la masse desséchée par l’eau régale bouillante ; on ferait ensuite passer un courant de chlore gazeux à travers le solutum; on évaporerait de nouveau jusqu’à siccité , et on traiterait le produit par l’eau distillée bouillante , qui dissoudrait le composé mercuriel. G’est surtout dans le dépôt qui se forme naturellement dans l’urine abandonnée à elle-même, que l’on trouve le composé mercuriel (voy. ma Médecine légale, t. III, 4® édit.).
DE E’AROEJIT. Ag. Équiv. :=; 1350 (t08 fois Celui de l’hydrogène).
On trouve l’argent dans la nature , 1° à l’état natif, en Norvège , en Misnie, en Hartz, en Sibérie, en Espagne, en France, mais principalement au Mexique et au Pérou ; il est cristallisé ou en masses , et contient presque toujours du fer, du cuivre, de l’arsenic ou de l’or; 2° à l’état de protoxyde combiné avec l’oxyde d’antimoine sulfuré; 3“ à l’état d’alliage binaire avec l’antimoine, l’arsenic, le tellure, le mercure, l’or, ou combiné avec le soufre et uni à d’autres sulfures, tels que ceux d’antimoine, d’arsenic, de mercure, ou bien uni au chlore, à l’iode, au brome, au sélénium; 4° à l’état de carbonate.
L’argent est solide, d’une belle couleur blanche très-brillante, plus dur que l’or, mais moins que lé cuivre; il est très-ductile et le plus malléable des métaux après l’or ; sa ténacité est assez grande ; un fil de 2 millimètres de diamètre ne se rompt que sous une charge de 85 kilogi'ammes; son poids spécifique est de 10,4743, et de 10,61 s’il est écroui.
Soumis à l’action du calorique dans des vaisseaux fermés , il fond à la chaleur blanche , température qui correspond à 1000° du thermomètre à air ; il se volatilise assez difficilement à la température du feu de forge ; si , après avoir été fondu , on le laisse refroidir lentement , il cristallise en cubes. Il n’éprouve aucune altération de la part du gaz oxygène ni de celle de Voir à la température ordinaire, s’il est pur; il absorbe au contraire jusqu’à 22 fois son volume d’oxygène s’il est pur, et si on le
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chauffe assez dans un creuset pour le fondre ; mais dès qu’on vient à le refroidir, le gaz oxygène absorbé se dégage, comme on peut s’en assurer en jetant dans l’eau de l’argent pur tenu pendant quelque temps en fusion au contact de l’air ou du gaz oxygène (Samuel Lucas) ; on réussit encore beaucoup plus sûrement, comme l’a prouvé Gay-Lussac, en tenant de l’argent fondu , pendant vingt-cinq à trente minutes, dans un tube de porcelaine traversé par un courant de gaz oxygène. On considère généralement celte absorption de l’oxygène comme étant le résultat d’une dissolution du gaz , et non d’une combinaison ; cependant l’expérience suivante faite par Vauquelin semble prouver que c’est une véritable oxydation. — Expérience. Si on chauffe de l’argent au moyen du chalumeau à gaz oxygène, il se volatilise , absorbe l’oxygène, et l’oxyde produit se dégage sous forme d’une fumée que l’on peut recevoir dans un verre renversé au-dessus , et dont la surface se recouvre d’un enduit jaune brunâtre; cette oxydation a lieu avec une flamme jaune (Yauquelin).
V hydrogène, le bore et Vazote, n’exercent aucune action sur l’argent. Il existe un composé d’argent et de fort peu de carbone que l’on obtient en chauffant ces corps ensemble; on forme deux carbures d’argent, AgC et AgC^, par voie indirecte, en décomposant le cuminate, le malale ou l’aconitate d’argent, par la chaleur dans un creuset d’argent couvert. Le phosphore peut se combiner avec lui à l’aide de la chaleur, et former un phosphure solide, grenu , cristallin, fragile, brillant, plus fusible que l’argent. 11 peut aussi se combiner avec le soufre, et donner un sulfure, AgS, solide , assez mou pour qu’on ait pu frapper des médailles avec lui, d’un gris bleuâtre, ductile, d’un tissu lamelleux, plus fusible que l’argent, susceptible de cristalliser, décomposable par le feu en soufre et en métal ; chauffé avec le contact de l’air ou du gaz oxygène, ce- sulfure se transforme en gaz acide sulfureux et en argent; l’acide chlorhydrique bouillant le change en chlorure d’argent et en acide sulfhydrique ; il se produit toutes les fois que l’argent est en contact avec de l’acide sulfhydrique, à l’air, dans les fosses d’aisances, dans les eaux sulfureuses , dans les œufs , et que la température est un peu élevée. On l’obtient parles deux procédés décrits à la page 598. On le trouve dans presque toutes les mines d’argent, au Mexique , en Hongrie, en Bohême, etc.
Viode peut s’unir avec l’argent et former un iodure. Agi, jaune pâle, à moins qu’il ne soit fondu, car alors il est rouge foncé; il est blanc s’il est obtenu par la voie humide; il est insoluble dans l’eau et dans ï ammoniaque- il est plus lentement noirci par la lumière que le chlorure d’ar-
gent. On le prépare en décomposant l’azotate d’argent par un lodure soluble.
Le bromure d’argent , Ag Br , obtenu par la voie humide , en décomposant l’azolale d’argent par un bromure soluble , est jaune-serin , caillebotté, insoluble dans l’eau, soluble dans une quantité notable d’ammoniaque, fusible, indécomposable au feu.
Chauffé avec du chlore gazeux , l’argent l’absorbe sans qu’il y ait dégagement de lumière , et passe à l’état de chlorure, AgCl. On le trouve en petite quantité en Saxe , en Sibérie , au Hartz , en France , au Pérou, etc.; il est tantôt cristallisé en cubes, tantôt en masses. Celui que l’on obtient dans les laboratoires est blanc, insipide, caillebotté, et passe rapidement au violet foncé lorsqu’on l’expose à la lumière directe et même diffuse, et qu’il est recouvert d’eau. Gay-Lussac a prouvé que dans cet état il contient moins de chlore, Ag^Cl , et que l’eau qui le surnage renferme de l’acide chlorique et de l’acide chlorhydrique, produits par l’action d’une portion du chlore sur l’oxygène et sur l’hydrogène de l’eau. Le chlorure d’argent est insoluble dans l’eau et n’éprouve aucune altération de la part de ce liquide lorsqu’il est dans l’obscurité; il est très-soluble dans l’ammoniaque, soluble dans une dissolution concentrée de sel ammoniac , surtout lorsqu’elle est bouillante; l’eau peut le précipiter en grande partie de ce solutum. Il est peu soluble dans les acides forts, y Compris l’acide azotique bouillant, qui n’en dissout pas la moindre trace ; toutefois l’acide chlorhydrique concentré en dissout V200 de son poids, et le laisse cristalliser en octaèdres si l’on évapore la liqueur. Quand on le chauffe après l’avoir desséché sur un filtre, il fond à 260“, et fournit, après le refroidissement , une masse grisâtre, demi-transparente , flexible , volatile , indécomposable par la chaleur , connue autrefois sous le nom d’argent corné, et qui se trouve quelquefois dans la nature, cristallisée en cubes ou en octaèdres. Ilestdécomposé par l’hydrogène, qui s’unit au chlore et met l’argent à nu; cette expérience peut être faite en mêlant du chlorure d’argent avec du zinc , de l’eau, et de l’acide sulfurique, substances propres à fournir de l’hydrogène (voyez page 58) (Arfwedson). La potasse, la soude, la baryte ou la chaux , en opèrent aussi la décomposition à une température élevée , et l’on obtient du chlorure de potassium, de sodium , etc. , de l’argent pur, et du gaz oxygène ; d’où il suit que l’alcali est également décomposé. Le plomb ou l’antimoine, chauffés avec ce chlorure, le décomposent en s’emparant du chlore. Le fer et le zinc peuvent opérer celte décomposition dans l’eau froide ; ce liquide se décompose en partie, et l’on obtient du clilorure de fer ou de zinc et de l’argent métallique sous forme d’une poussière blan-
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elle. Le procédé le plus simple pour reürer l’argent du chlorure consiste à le placer dans un vase de zinc ou dans une marmite de fonte, et à le recouvrir de 2 ou 3 centimètres d’eau ; si les métaux sont bien décapés, la décomposition marche rapidement ; malheureusement, dans ces deux cas, l’argent est mêlé de fer ou de zinc, d’après M. Kessler (voy. Ex^ traction de l’argent). Le chlorure d’argent se dissout à la température de l’ébullition dans les chlorures de potassium, de sodium, de baryum , de strontium , de calcium et dans le cyanure de potassium , avec lesquels il forme des sels doubles cristallisables ; s’il est récemment précipité, il est très-soluble dans les sulfites et les hyposulfites alcalins. On obtient le chlorure d’argent en versant du chlorure de sodium dans de l’azotate d’argent et en lavant le précipité; on s’en sert quelquefois pour obtenir l’argent pur.
Cyanure d’argent, AgCy. — Soumis à l’action d’une douce chaleur, il laisse dégager du cyanogène s’il est bien sec; il fond en un liquide rouge brun, qui devient solide, et acquiert une couleur grisâtre en se refroidissant : dans cet état, il est regardé par 6ay-Lussac comme un sous-cyanure indécomposable parla chaleur dans des vaisseaux fermés, mais qui donne de l’argent si on le chauffe avec le contact de l’air. Il est insoluble dans l’eau et dans l’acide azotique froid ; cet acide bouillant le transforme en acide cyanhydrique et en azotate d’argent soluble. II se dissout dans l’ammoniaque. Chauffé avec du potassium , dans un petit tube de verre, il donne du cyanure de potassium qui, étant dissous dans l’eau , précipite en bleu un mélange de sulfate de protoxyde et de sesquioxyde de fer (bleu de Prusse). On l’obtient en décomposant l’azotate d’argent par l’acide cyanhydrique ou par un cyanure soluble.
L’eau et les acides borique , carbonique , phosphorique , sulfureux et fluorhydrique, sont sans action sur l’argent. U acide sulfurique concentré, qui ne l’attaque pas à froid, l’oxyde à l’aide de la chaleur, se décompose, fournil du gaz acide sulfureux, et il se forme du sulfate de protoxyde d’argent. L’acide azotique pur dissout l’argent après l’avoir oxydé, même à la température ordinaire; il se produit du gaz bioxyde d’azote, qui reste d’abord dans la liqueur et la colore en vert, mais qui ne tarde pas à se dégager lorsque la température s’élève : il est évident qu’une portion de l’acide azotique a dû êti'e décomposée. L’acide chlorhydrique concentré et bouillant l’attaque peu ; les expériences de M. Boussingault prouvent qu’à une chaleur rouge l’argent décompose le gaz acide chlorhydrique , qu’il se dégage de l’hydrogène et qu’il se produit du chlorure d’argent : ce fait est d’autant plus extraordinaire qu’à la même température l’hydrogène réduit le chlorure d’argent, s’empare du chlore pour former
de l’acide chlorhydrique, et met le métal à nu {Ann. de ùhim., novembi’e 1833). La dissolution de chlorhydrate d’ ammoniaque, aidée du contact de l’air, transforme l’argent en chlorure, qui se dissout dans la portion de sel non décomposé (Yogel). L’acide arsénique dissous dans l’eau se décompose en partie et oxyde l’argent à l’aide de la chaleur : il se produit de l’acide arsénieux et de l’arséniate d’argent. L’acide sulfhydrique l’attaque à froid et donne du sulfure d’argent noir.
L’acier et plusieurs des métaux précédemment étudiés peuvent se combiner avec l’argent.
Alliages d’argent et de cuivre. — D’après M. Levol, l’argent et le cuivre peuvent former une combinaison définie Ag^Cu^ (718,93 d’argent et 281,07 de cuivre ). Tous les autres alliages d’argent et de cuivre sont des mélanges de ce composé avec du cuivi’e ou de l’argent en excès : du cuivre si le titre est inférieur à 718,93, de l’argent s’il lui est supérieur. {Journ. depharm., février 1850.)
Alliage de 9 parties d’argent et de 1 partie de cuivre. On l’emploie pour souder l’argent et faire la monnaie. Les couverts et la vaisselle sont composés de 9 parties et demie d’argent et d’une demi-partie de cuivre; la tolérance est de d’où il suit qu’un couvert qui contient ®^®/iooo d’argent pur est encore dans les limites de la loi. Les bijoux renferment 8 parties du premier et 2 parties du second ; la tolérance audessous de ce titre est de ^1000* Les monnaies sont au titre de ^“^0001 avec une tolérance de ^000 au-dessus et au-dessous de ce litre légal moyen. Ces divers àlliages- sont blancs, plus fusibles et moins ductiles que l’argent. Le plaqué n’est que du cuivre recouvert d’une feuille d’argent.
2° Alliage de 7 parties d’argent et de 1 partie de plomb. Il èst solide, d’un blanc grisâtre, et se transforme, lorsqu’on le fait fondre avec le contact de l’air, en protoxyde de plomb, qui se vitrifie, et en ai’gentpur; c’est même sur celte propidété qu’est fondé le procédé d’analyse d’un alliage de cuivre et d’argent, connu sous le nom de coupellation ; pour cela on introduit dans une coupelle, préparée avec des os calcinés, broyés et lavés, une certaine quantité de plomb métallique (1); on chauffe la coupelle dans un fourneau spécial , et lorsque le plomb est fondu, on y
(1) Lorsqu’on agit sur l’alliage qui constitue les monnaies de France , et dans lequel il y a 9 parties d’argent et 1 de cuivre, on emploie, pour 1 gramme d’alliage, 7 grammes de plomb ; il n’eu faut que 3 parties pour l’argent de vaisselle; il en faut, au contraire, 10 parties pour faire l’essai de la monnaie de billon : en général, il en faudra d’autant plus que l’alliage contiendra plus de cuivre.
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ajoute l’alliage enveloppé dans du papier; le plomb favorise la fusion du cuivre; l’un et l’autre de ces deux métaux passent à l’état d’oxyde, aux dépens de l’oxygène de l’air ; les oxydes formés fondent , se volatilisent en partie sous forme de fumée; mais la majeure partie est absorbée par la coupelle, qui peut être regardée, jusqu’à un certain point, comme un filtre pouvant donner passage à ces oxydes fondus; j’ajouterai que l’absorption de l’oxyde de cuivre est favorisée par l’oxyde de plomb qui le tient en dissolution : au bout d’un certain temps, on remarque un phénomène connu sous le nom à'édair; l’alliage devient brillant, et l’opéx'ation est terminée; l’argent se trouve seul dans l’intérieur de la coupelle , tandis que les oxydes de cuivre et de plomb ont été complètement absorbés ou volatilisés; on laisse refroidir l’appareil, on pèse le bouton d’argent, et on connaît la quantité qui entre dans la composition de l’alliage : en retranchant cette quantité du poids de l’alliage soumis à l’expérience, on a celle du cuivre.
Toutefois cette méthode d’essoi est loin d’offrir une grande ^précision: en effet, l’oxyde de plomb entraîne un peu d’argent à l’état d’oxyde dans la coupelle , surtout quand on emploie trop de plomb ou qu’il y a fort peu de cuivre dans l’alliage; en outre il peut y avoir perte d’argent quand le bouton végète ou roche, quand l’essai a eu trop chaud; il peut se faire aussi que l’argent retienne du plomb quand l’essai a eu trop froid, ce que l’on juge pai'ce que la teinte du bouton n’est pas uniforme, que sa surface inférieure est bulleuse, qu’il l’este des écailles jaunâtres d’oxyde de plomb au fond de la coupelle , et que le boulon d’essai y adhère alors fortement.
L’essai de l’argent par la voie humide, d’après la méthode de Gay- Lussac; préférable à celui dont je viens de parler, doit trouver ici sa place. Cet essai a pour objet de déterminer combien il y a réellement d’argent dans les divers alliages désignés sous les noms déargent de mon^ naie, de vaisselle, de bijoux, etc.
Procédé. On dissout dans l’acide azotique 1 gramme de l’alliage à essayer, on verse la dissolution dans un flacon à l’éraeri , et l’on ajoute autant de sel marin dissous qu’il en faudrait pour précipiter tout l'argent que l’alliage doit contenir (on sait que la monnaie doit en renfermer^^o, les couverts et la vaisselle, et les bijoux, ®4o)5 on secoue vivement le flacon pendant quelques minutes, et l’on voit tout le chlorure d’argent formé se ramasser au fond , tandis que la liqueur surnageante est limpide. Il est évident que, si l’alliage n’est pas aussi riche en ai-gent qu’il doit l’être, la liqueur contiendra du sel commun dissous qui se sera trouvé en excès ; si au conü’ake cette liqueur renferme de I. 40
l’azotate d’argent, l’alliage était plus riche en argent qu’il ne devait être; enfin , si la dissolution ne contient ni azotate d’argent ni chlorure de sodium , l’alliage était bon.
Partant de ces principes, admettons que l’on ait fait dissoudre dans l’acide azotique une quantité d’alliage devant contenir gramme 0,500 d’argent pour être au titre, et que l’on ait ajouté une dissolution de sel marin pur, pesée avec soin, et contenant gramme 0,27136 de ce sel: tout l’argent sera précipité, et il ne restera dans la liqueur ni azotate d’argent ni chlorure de sodium, parce que la quantité de chlore con^ tenue dans 0,27136 de sel est exactement celle qui est nécessaire pour transformer en chlorure d’argent 0 gr. , 600 d’argent ; on conclura que l’alliage est au titre voulu. Supposons maintenant que la liqueur se ti’ouve contenir^ après la précipitation , un excès de chlorure de sodium ou d’azotate d’argent, on tirera une conclusion inversé. Si le sel marin domine, on ajoutera, au moyen d’un tube gradué très-étroit, de l’azotate d’argent titré, jusqu’à ce que la liqueur soit dépouillée : en retranchant de 0 gr., 600 la quantité d’argent ajoutée, le reste représentera le titre de l’alliage: ainsi, admettons que d’argent faisant partie de l’azotate que l’on a été obligé de verser dans le tube gradué soit de 0,025 , il est certain que l’alliage ne renfermait que 0 gr., 476 d’argent. Si, au contraire, il y avait dans la liqueur, après la précipitation, un excès d’azotate d’argent, on y verserait une dissolution très-faible de sel marin titré, au moyen d’un tube gradué, et l’on s’arrêterait dès que la précis' pitation serait complète : la nouvelle quantité de chlorure d’argent qui se précipiterait contiendrait une proportion d’argent qu’il serait aisé de calculer, puisque l’on sait combien la liqueur contient de chlorare par chaque degré du tube, et par conséquent combien chaque division doit précipiter d’argent (100 parties de ce chlorure renferment 75,34 d’argent), et qu’il faudrait ajouter à 0 gr. 500 pour avoir le titre de l’alliage, qui , dans ce cas, serait plus riche en argent qu’il ne devrait l’être.
Gay-Lussac a eu l’occasion de soumettre à l’essai un lingot d’argent contenant, outre l’or et du cuivre, du mercure, et il a remarqué qu’en procédant par la voie humide, c’est-à-dire avec l’acide azotique et le chlorure de sodium , le mercure était dissous comme l’argent, et précipité comme Ipi à l’état de chlorure ; les résultats de l’essai étaient donc défectueux , puisque dans le procédé qui vient d’être décrit on part de ce principe que le sel commun ne précipite de la dissolution azotique que de l’argent. Voici comment Gay-Lussac parvient à reconnaître des traces de mercure dans l’argent : il dissout le lingot dans l’acide azotique, et précipite le solutum par le chlorure de sodium ; si le précipité
DE l’argent.
est uniquement formé de chlorure d’argent, il bleuit assez vite par la lumière , même lorsque celle-ci est diffuse ; s’il contient quatre à cinq millièmes de mercure, il ne bleuit plus, il reste d’un blanc mat; avec trois millièmes de mercure, il n’y a pas encore de coloration trèsprononcée; avec deux millièmes, elle est légère ; avec un, elle est beaucoup plus marquée, mais elle a cependant moins d’intensité que celle du chlorure d’argent pur. Pour éviter les inconvénients qui résultent de la présence du mercure dans les essais d’argent par la voie humide, on verse de l’acétate de soude dans la dissolution azotique d’argent, de cuivre et de mercure ; la liqueur ne contient plus dès lors de l’acide azotique libre, mais bien de l’acide acétique, et dans ce cas le mercure n’est plus précipité par les chlorures alcalins (Levol et Gay-Lussac).
Les alcalis attaquent à peine l’argent; cependant, lorsqu’on fait fondre de la potasse dans un creuset de ce métal , elle prend à la fois un peu d’oxyde d’argent et d’argent métallique.
Caractères distinctifs : 1° Ses propriétés physiques ; 2° sa dissolution dans l’acide azotique, avec lequel il forme un azotate facilement reconnaissable (voy. Sels d’argent).
L’argent sert principalement à préparer des alliages , la pierre infernale , etc.
Extraction. — Exploitation des mines d’Europe. Si la mine est riche, on la débarrasse de sa gangue par des lavages , et on la fait fondre avec un poids de plomb égal au sien ; cet alliage est ensuite soumis à la coupellation : pour cela on l’introduit dans une coupelle oblongue que l’on fait chauffer dans un fourneau particulier, et sur laquelle on ne tai'de pas à diriger le vent d’un ou de deux soufflets : l’alliage fond , le plomb s’oxyde aux dépens de l’oxygène de l’air, passe à l’état de protoxyde ou de litharge, qui s’écoule, et l’argent, plus pesant, se ramasse en culot au fond de la coupelle.
Il arrive quelquefois que le plomb d’œuvre , préparé comme je l’ai dit (p. 568), contient assez d’argent pour que l’on doive chercher à l’obtenir ; alors il faut le soumettre à la coupellation pour le transformer en litharge et en argent pur. Si le cuivre rosette j dont j’ai décrit le mode d’extraction, contenait assez d’argent pour pouvoir être exploité avec succès, ainsi que cela arrive quelquefois, on le ferait fondre avec trois fois son poids de plomb ; on laisserait refroidir l’alliage, et on le chaufferait doucement : la majeui'e partie du plomb entrerait en fusion et entraînerait presque tout l’argent; on séparerait ces deux métaux parla coupellation, tandis que l’on continuerait à chauffer le cuivre pour en extraire tout le plomb.
La mine argentifère de Freiberg, qui renferme très-peu de sulfure d’argent, uni à une très-grande quantité de sulfure de cuivre et de fer, doit être soumise à d’autres opérations : on la grille après l’avoir mêlée avec le dixième de son poids de sel marin ; il se dégage du gaz acide sulfureux, et l’on obtient une masse composée de chlorure de fer, de sulfates de soude, de fer et de cuivre solubles, et de chlorure d’argent, d’oxyde de fer et d’oxyde de cuivre insolubles ; on la réduit en poudre fine , et on l’agite pendant seize ou dix-huit heures, dans des tonneaux, avec 50 p. de mercure, 30 p. d’eau, et 6 p. de fer; les sels solubles se dissolvent, le chlorure d’argent est décomposé par le fer, et l’argent s’amalgame avec le mercure ; on presse fortement l’amalgame pour en séparer l’excès de mercure, et on le soumet à la distillation : le mercure se volatilise , et l’argent reste. Si la mine renferme très-peu d’argent et beaucoup de gangue, on la mêle avec de la pyrite et on la fait fondre; celle-ci entraîne l’argent et les autres métaux : alors on la grille à plusieurs reprises pour en séparer le soufre ; on fait fondre de nouveau le produit avec de la mine, puis avec du plomb, et l’on obtient du plomb argentifère, dont on sépare l’argent par la coupellation.
Eoyploitaüon des mines du Mexique et du Pérou. Ges mines sont le plus souvent formées d’argent natif, de chlorure d’argent, d’oxyde d’argent, d’argent antimonial, de pyrites de cuivre et de fer, de silex, etc. On les réduit en poudre, et on les mêle avec deux centièmes et demi de sel marin ; on abandonne le mélange à lui-même , et au bout de quelques jours on y ajoute de la chaux : on ne sait pas trop ce qui se passe dans celte opération ; on incorpore le mélange avec du mercure , qui s’amalgame avec l’argent et se précipite ; on traite par l’eau pour dissoudre toutes les matières solubles , et on distille l’amalgame pour en avoir l’argent : ce n’est guère qu’au bout de plusieurs mois que cette opération est terminée.
- Préparation de l’argent pur. On mêle 100 parties de chlorure d’argent desséché avec 70 parties de craie (carbonate de chaux^,el4 ou 5 de charbon ; le mélange est exposé à une forte chaleur Hanche dans un creuset d’argile; après le refroidissement, on trouve au fond du creuset un culot d’argent ; dans cette opération , il s’est dégagé du gaz oxyde de carbone, et il s’est formé du chlorure de calcium qui occupe la partie supérieure du creuset, sous forme de scories.
M. Kessler préfère le procédé suivant : On fait dissoudre l’argent allié au cuivre ou au plomb dans la plus petite quantité possible d’acide azotique pur; on étend la liqueur de dix à vingt fois son poids d’eau pure, et on y verse de l’acétate de protoxyde de fer jusqu’à ce qu’elle ne pré-
DES OXYDES d’ARGENT. 629
cipite plus soit par lui, soit par le chlorure de sodium ; l’acétate passe à l’état d’acétate de sesquioxyde, aux dépens de l’oxygène de l’oxyde d’argent; ce métal, mis à nu, se dépose : on le lave à l’eau pure ou acidulée par l’acide acétique d’abord , et à la fin avec de l’eau additionnée de quelques gouttes d’acide sulfurique, jusqu’à ce que le cyanure jaune de potassium et de fer ne précipite plus les eaux de lavage ; l’ai’gent ainsi lavé est pur et très-divisé. Si l’on acidulait immédiatement les liqueurs par l’acide sulfurique, celui-ci décomposerait l’azotate de fer qui s’est formé et qui baigne l’argent précipité, et une partie de cet argent se redissoudrait dans l’acide azotique, que l’acide sulfurique aurait rendu libre (Journ. de pharm. , février 1847 ). Si l’on veut avoir l’argent en poudre impalpable, il suffit de faire bouillir, avec du cuivre métallique, un sulfite double d’argent et de soude , ou d’argent et d’ammoniaque , de potasse , de magnésie, etc.
MES OXlTDEIS D’ARGEUT.
Sous-ooyyde, Ag^O. — Il est noir, très-peu stable, décomposable par la chaleur. Les acides autres que l’acide chlorhydrique le transforment en argent et en protoxyde qui se combine avec l’acide; l’acide chlorhydrique donne avec lui un chlorure brun, Ag^CI. On l’obtient en décomposant le sous-citi’ate d’argent par la potasse (Wôhler). Il est sans usages.
Protoxyde^ AgO. — On le trouve dans la nature, combiné avec l’oxyde d’antimoine sulfuré. Il est solide , d’une couleur olive foncée , réduc-, tible au-dessous de la chaleur rouge et par une longue exposition à la lumière; il attire rapidement l’acide carbonique de l’air, en sorte qu’il faut le conserver dans des vaisseaux fermés ; il est sensiblement soluble dans l’eau , et le solutum vei'dit le sirop de violettes , propriété qui le rapproche singulièrement des alcalis. Il est susceptible de se combiner avec un très-grand nombre d’acides; l’acide azotique le dissout à merveille ; l’eau oxygénée , mêlée d’acide azotique , agit sur lui avec énergie; il se produit une vive effervescence due au dégagement du gaz oxygène de l’eau : une partie de l’oxyde d’argent se dissout , l’autre se ^ réduit d’abord , et se dissout ensuite elle-même, pourvu que l’acide soit en quantité convenable. L’acide chlorhydrique le décompose en se décomposant lui-même , et le ti-ansforme en chlorure d’argent insoluble ; d’où il suit que l’hydrogène de l’acide se combine avec l’oxygène de l’oxyde pour former de l’eau ; l’eau oxygénée, aiguisée d’acide chlorhydrique, est rapidement décomposée : il y a formation d’eau , dégagement
de gaz oxygène, vive effervescence, et production de chlorure d’argent violet. Il est très-soluble dans l’ammoniaque ; la dissolution ammoniacale très-concentrée, abandonnée à elle-même pendant plusieurs mois, se décompose : l’hydrogène de l’ammoniaque se combine avec l’oxygène de l’oxyde , et forme de l’eau , tandis que l’argent se précipite à l’état métallique (Faraday 5 voy. p. 632^ pour l’argent fulminant). Le protoxyde d’argent est sans usages. Il est formé de 93,11 parties d’argent et de 6,89 d’oxygène. On l’obtient en décomposant l’azotate d’argent par la potasse pure, en lavant le précipité et en le desséchant.
. Peroxyde, AgO^. Il est en cristaux prismatiques noirs , d’un éclat métallique, décomposables à 150° c., en oxygène et en argent, insolubles dans l’eau ; il abandonne facilement une partie de son oxygène , soit qu’on le traite par le phosphore, par l’ammoniaquè, ou par les acides sulfurique et phosphorique , etc. ; avec ceux-ci on obtient des sels de protoxyde. Il est le résultat de la décomposition de l’azotate d’argent très-étendu d’eau, parJa pile électrique. D’après Fischer, il retient toujours en combinaison une portion du sel avec lequel il a été préparé.
DES SEES DE PROTDXLTDE D’ABGEIWT.
Tous les sels d’argent mêlés avec de la soude et chauffés au chalumeau sont décomposés ; le métal est mis à nu. Ils sont presque tous insolubles dans l’eau ; la plupart d’entre eux brunissent à la lumière. Ceux qui sont solubles ont une saveur acide astringente métallique ; ils précipitent en noir par l’acide sulfhydrique et par les sulfures de potassium et de sodium ; le précipité est du sulfure d’argent. L’acide chlorhydrique, les chlorures et le chlore, y font naître un dépôt blanc, caillebotté, de chlorure d’argent, soluble dans l’ammoniaque et insoluble dans l’acide azotique même bouillant. La potasse, la soude, et l’eau de chaux, privées de chlorures, en sépàrent le protoxyde olive hydraté; l’ammoniaque produit le même phénomène , mais redissout le précipité avec la plus grande facilité. Les carbonates en précipitent du carbonate d’argent d’un blanc jaunâtre ; les phosphates y font naître un précipité ^aune, qui est du phosphate d’argent, et les pyrophosphates, un précipité blanc. L’acide arsénique et les arséniates y déterminent un précipité rouge-brique. En pion géant une lame de cuivre, de fer ou de zinc, dans une de ces dissolutions, l’argent en est séparé à l’état métallique (voy. généralités sur les sels, pour la théorie).
Sulfate, AgO, SO-3 — Il est sous forme d’une masse blanche, soluble dans l’acide sulfurique concentré ; il est précipité de cette dissolution
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par l’eau , et redissous par une plus giande quantité de ce liquide ; iOO parties d’eau bouillante en dissolvent 1 partie ; ce solutum est incolore, et fournit par l’évaporation des cristaux prismatiques rhoniboïdaux brillants. Le sulfate d’argent est complètement réduit à une température rouge. Il est soluble dans l’ammoniaque et laisse déposer, en se refroidissant, des cristaux incolores, formés de sulfate d’argent bi ammoniacal, AgO, S03, 2H3Az. On l’obtient par le 3® procédé (voy. p. 317). Il se produit pendant l’affinage de l’or, métal qui ne se dissout pas dans l’acide sulfurique , tandis que l’argent y est soluble.
Hyposulfite, AgO, S^O^. — Il est peu stable, en poudre blanche, peu soluble dans l’eau froide; la lumière le noircit, le décompose et le transforme en sulfure d’argent. Il donne avec l’hyposulfite de soude un seA double cristallisable ; on produit ce sel lorsqu’on fait dissoudre du chlorure, du bromure ou de l’iodure d’argent, dans une dissolution d’hyposulfite de soude : dans la photographie, on tire parti de cette propriété pour fixer les images , c’est-à-dire pour enlever l’iodure et le bromure d’argent dans les parties où ils n’ont pas été altérés par la lumière (voy. p. 643). On obtient l’hyposulfite d’argent par double décomposition , en versant une dissolution d’hyposulfite de soude dans de l’azotate d’argent dissous.
Azotate, AgO, AzO^. — Il cristallise en lames minces"^ carrées, brillantes, demi-transparentes, qui sont des .hexaèdres, des tétraèdres ou des triangles ; sa saveur est amère, styptique et caustique ; il n’attire point l’humidité de l’air ; abandonné à lui-même , il se réduit au bout d’un certain temps, lorsqu’il est en contact avec des matières organiques , et se trouve converti en argent métallique; c’est du moins ce qui a été observé par M. de Filière , qui , ayant placé, en 1826, de très-beaux cristaux d’azotate d’argent dans un papier non collé, s’aperçut, en novembi-e 1829, qu’ils étaient changés en lames d’argent métallique très-malléable (Annales de chimie, novembre 1829). L’azotate d’ai’gent se dissout dans un poids d’eau froide égal au sien , dans une moindre proportion d’eau bouillante, et dans 10 parties d’alcool. La dissolution aqueuse est incolore, tache la peau en violet (1), et peut être décomposée, à la température de l’ébullition , par le charbon et par le phosphore, qui s’emparent de l’oxygène de l’oxyde. L’acide chromique et les chromâtes y font naître un dépôt de chromate d’argent rouge. L’azotate de protoxyde d’étain
(1) On fait disparaître cette tache à l’aide d’une solution d’iodure de potassium ; il y a formation ffun iodnre d’argent jatine qui ne se réduit pas à la lumière, et qui ne laisse pas de traces.
mêlé d’acide sulfurique étendu la précipite en pourpre, semblable pour la couleur A celui de Cassius. Le mercure en précipite l’argent sous forme de petits cristaux brillants, imitant , par leur disposition , les rameaux et les feuillages d’un arbre : on connaissait autrefois ce précipité d’argent, qui retient un peu de mercure, sous le nom Marbre de Diane (voyez, pour la théorie , les généralités sur les sels). Si l’on sépare l’oxyde de la dissolution de l’azotate, à l’aide de la potasse , de la soude ou de l’eau de chaux , et qu’après l’avoir lavé on en mette 10 ou 15 centigrammes dans une petite capsule avec la quantité ammoniaque liquide suffisante pour en faire une bouillie très -claire, on obtient au bout de quelques heures, lorsque tout le liquide s’est évaporé, une masse solide , qu’il suffit de chauffer, et même de toucher avec un tube de verre ou la barbe d’une plume, pour faire détoner avec la plus grande violence. Cette masse, qui, d’après Gay-Lussac et Sérullas, est composée d’azote et d’argent, Ag3Az, 3H0, et que d’autres chimistes regardent soit comme un amidure d’argent, AgH2Az, soit comme un composé d’oxyde et d’ammoniaque, AgO,H3Az, est connue sous le nom d’argent /■«Zwinont ; elle a été découverte par Berthollet ; sa préparation est accompagnée des plus grands dangers lorsqu’on agît sur quelques centigrammes , et que l’on cherche à les séparer,ep plusieurs parties. V argent fulminant est solide, gris, inodôré, insoîuble dans l’eau, soluble dans l’ammoniaque, et décomposable par l’acide sulfurigiie étendu, qui laisse dégager un peu d’azote; mais la majeure partie sé trouve ti'ansformée’en sulfate d’argent et en sulfate d’ammi^aque (Sérullas, Ann, de cAiw*,, octobre 1829).
Soumis à l’action du calorique, ,4’azatate d’ar^nt cidstallisé se boursoufle, perd une petite quanti^^d’^au^ qui é0t Iqgée^mécaniquement entre les lames des cristarûx, fond, et constitue la pie^e infernale, que l’on coule dans des moules cylindriques : elle est parfaitement blanche si on l’a coulée dans un tube de verre; elle est, au contraire, grisâtre et même noire, si le moule dont on s’est servi est en fer ou en cuivre : cette couleur est due à une portion d’argent très-divisé, séparé de Tazotale par le métal de la lingotière et à une petite quantité de charbon mis à nu par la décomposition du suif avec lequel on graisse la lingotière dans laquelle on coule le sel. Si on chauffe l’azotate d'argent desséché jusqu’au rouge, il se transforme d’abord en partie en azotite, puis se décompose; l’argent est mis à nu, et il se dégage du gaz bioxyde d’azote et du gaz oxygène. L’azotate d’argent solide, mêlé avec du phosphore, produit une détonation violente lorsqu’il est fortement frappé avec un marteau ; on observe des phénomènes analogues, en substituant le soufre au phospore.
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Préparation. On fait chauffer légèrement de l’argent pwr en grenaille, avec de l’acide azotique pur étendu de son poids d’eau distillée (quatrième procédé, p. 317) ; on évapore la dissolution pour la faire cristalliser. — Pierre infernale. Qn fait fondre l’azotate d’ai-gent à une douce chaleur dans un creuset d’argent ; lorsqu’il est fondu, on le coule dans une lingotière de fer ou de cuivre, que l’on enduit d’un peu de suif : le sel , qui était parfaitement blanc, se colore (voyez p. 632). Si on ne le chauffe pas assez pour le dessécher complètement, il n’est pas aussi caustique qu’il doit être ; si on le chauffe trop, il est décomposé, et au lieu de pierre infernale, on obtient de \ argent.
Si l’on prépare l’azotate d’argent avec de l’argent de monnaie qui contient du cuivre , il faut, après avoir dissous les deux métaux dans de l’acide azotique, précipiter l’argent à l’état de chlorure par l’acide chlorhydrique, et réduire le chlorure par le carbonate de soude dans un creuset (voy. p. 622).
L’azotate d’argent est souvent employé comme réactif pour découvrir l’acide chlorhydrique et les chlorures, pour argenteries glaces, et quelquefois aussi pour marquer le linge; on encolle avec un peu d’empois rendu alcalin par du carbonate de soude la partie du linge que l’on veut marquer, pms on écrit avec une dissolution d’azotate d’argent épaissie par un peu dégommé; bientôt les caractères apparaissent, surtout sous l’influence de la lumière. On s’en sert en médecine dans certaines maladies nerveuses convulsives, l’angine de poitrine, etc.; il paraît avoir été utile dans l’épilepsie, la danse de Saint-Guy, les névralgies faciales rebelles, etc. On l’a également administré comme diurétique, et à l’extérieur comme astringent sous forme de collyre. On en données à 10 centigrammes, associé à quelques extraits narcotiques. Administré à forte dose, il détermine l’inflammation des tissus du canal digestif, les symptômes de l’empoisonnement par les corrosifs, et la mort (voy. ma Médecine légale, t. 111, 4® édit.}. La pierre infernale est employée pour détruire l&s cicatrices, pour ronger les chairs fongueuses , etc. ; c’est un caustique d’autant plus précieux , qu’il borne en général ses effets aux parties qu’il touche.