‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 21 sur 149 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

DES CORPS smPCES IKOtV IIIÉTAi:.I.iaijE S.

Les caractères de ces corps sont de n’êlre pas en général conducteurs de l’électricité ni de la chaleur, d’appartenir tous à la série des corps électro-négatifs par rapport aux métaux, et de gagner par conséquent le pôle positif lorsqu’on les sépare par la pile des métaux avec lesquels ils pouvaient être unis , de n’avoir pas en général cet éclat, ce poli que l’on est accoutumé à voir aux métaux, et en outre, comme caractère essentiel , de ne pouvoir, en s’unissant à l’oxygène , produire des oxydes susceptibles de s’unir aux acides pour former des sels; loin de là, ils donnent naissance à des composés neutres ou acides.

Pour faciliter l’étude des corps non métalliques, je les classerai dans les quatre catégories suivantes , formant chacune une famille na-

turelle :

Oxygène.

Bore.

Fluor.

Phosphore.

Soufre.

Silicium.

Chlore.

Arsenic;

Sélénium.

Carbone.

Brome,

Azote.

Tellure.

Hydrogène.

Iode.

DE E’OXtVGfeüE. O. Équivalent =

(De o|ùç, aigre, et j’engendre.)

V oxygène est, de tous les corps simples, le plus universellement ré*^ pandu dans la nature, à l’état libre ou de combinaison.

Gaz occygène. —Il est permanent, incolore, inodore, insipide, d’une densité de 1,10563 ; il est le plus électro-négatif de tous les corps.

Caractères distinctifs. 1® Si l’on plonge une allumette présentant un point en ignition dans une éprouvette remplie d’oxygène, elle se rallume tout à coup et brûle avec une flamme bien plus brillante que dans l’air. Il en est de même pour tous les corps susceptibles de se combiner avec lui ; ainsi du fer, du charbon, du phosphore, dont un point seulement de la sm’face serait porté à la température rouge, plongés dans un vase contenant de l’oxygène, y brûleraient avec rapidité, en répandant une lumière des plus vives. 2“ Il est sans action sur la teinture de tournesol et sur l’eau de chaux ; 3^11 est peu soluble dans l’eau ; 4® un mélange de deux volumes d’hydrbgène et d’un volume d’oxygène, soumis dans un eudiomètre, à l’action de l’étincelle électrique, ne donne que de l’eau ; 5° il colore en jaune orangé le gaz bioxyde d’azote, qu’il transforme en acide hypo-azotique. Ges trois derniers caractères permettent de distiiir guer le gaz oxygène du gaz protoxyde d’azote.

Poids de l’ équivalent. Ainsi que je Fai dit (page 18), son équivalent est représenté par 100, pris comme ternie de comparaison, pour déterminer celui des autres corps simples.

Sa découverte est due â Priestley, à Scheele et à Lavoisier, qui l’obtinrent presque en même temps, en 1774; mais Lavoisier en recohnut les principales propriétés , qui depuis sont devenues la base de la chimie moderne. .

Usages. Il jouit seul, pourvu qu’il soit mêlé à quatre cinquièmes environ de son volume d’azote, de la propriété d’entretenir la vie des animaux et des végétaux; jl fournit l’aliment nécessaire à la combustion dans nos cheminées et dans nos fourneaux. Il a encore des usages excessivement nombreux, dont je parlerai à mesure que je ferai l’histoire des' corps avec lesquels on le combine.

Action sur l’économie animale. Il doit être considéré comme un excitant. Lors de sa découverte, plusieurs médecins conçurent l’espoir de diminuer l’intensité des symptômes de la phthisie pulmonaire en le faisant respirer; mais il détermina une excitation telle de la membrane muqueuse des poumons, qu’on fut obligé d’y renoncer. Il paraît agir avantageusement dans l’asthme humide , dans la chlorose , dans les affections scrofuleuses, les empâtements dû bas-ventre , dans certaines affections lentes des poumons et des viscères abdominaux, dans le commencement du rachitis, le scorbut, mais principalement dans l’asphyxie par défaut d’air, et dans l’enipoisonnement par les gaz toxiques.

Extraction, On peut obtenir le gaz oxygène par plusieurs procédés.

DE l’OXYGInE. 39

Je décrirai les deux qui sont le plus généralement employés. Ils sont fondés sur la propriété que possèdent certaines combinaisons de l’oxygène avec d’autres corps, d’ètre détruites par l’action delà chaleur. Ainsi l’on introduit quelques grammes de chlorate de potasse (1) desséché dans une petite cornue de verre C, d’une capacité double du volume delà substance (voy. pl. l*”®, fig. l'"®);' on adapte à son col, au moyen d’un bouchon, un tube recourbé T, propre à recueillir le gaz, et qui se rend sous une cloche remplie d’eau M. On chauffe graduellement jusqu’au delà de 400°; à une température inférieure, on n’obtiendrait pas tout l’oxygène contenu dans le sel. L’air de l’appareil d’abord se dilate, se dégage; le sel fond, se décompose, et l’on peut recueillir alors l’oxygène, qui sort de cette masse en produisant un bouillonnement servant à régler la marche de l’opération. Dans cette réaction , le chlorate de potasse laisse dégager tout l’oxygène par l’action de la chaleur, et il reste dans la cornue une matière blanche qui n’est plus que du chlorure de potassium.

Cl Q5 KO ^ . ^KCt 06

Acide chloriqne. Potasse. Chlorure de potassium. Oxygène.

100 grammes de chlorate de potasse fournissent 39gr,16 d’oxygène. On facilite la décomposition de ce chlorate en le mélangeant avec une petite quantité de platine divisé, de bioxyde de cuivre ou de bioxyde de man- . ganèse , sans que l’on sache comment ces corps agissent.

L’autre procédé consiste à substituer à la cornue de verre du précédent appareil une cornue de grès, dans laquelle on introduit 150 grammes de bioxyde de manganèse purifié. Alors on chauffe graduellement jusqu’au rouge : à cette température, l’oxyde perd le tiers de son oxygène, qui se dégage et vient se rendre dans les cloches disposées pour le recevoir. Cette quantité de bioxyde de manganèse peut fournir 3 ou pitres d’oxygène. Il reste dans la cornue un oxyde rougeâtre Voici îa

réaction

qui contiennent 6 équivalents d’oxygène == ^ Mn

100 grammes de bioxyde renferment 63,36 de manganèse et 36,64 d’oxygène. Il se dégage 12 grammes, 22 d’oxygène, et il reste dans la. cornue 87 grammes, 78 d’oxyde rougeâtre, contenant 63,36 de manganèse et

’ Acide chiorique = Cl O® et potasse = K O.

24,42 d’oxygène. Si , au lieu de chauffer le bioxyde de manganèse seul, on fait bouillir dans un malras ce bioxyde avec de l’acide sulfurique concentré, on obtient la moitié de l’oxygène de ce bioxyde, et il reste dans le matras du sulfate àe protoxyde de manganèse.

Tous les composés oxygénés susceptibles d’être décomposés par l’action de la chaleur pourront fournir de l’oxygène en les plaçant dans les conditions que je viens d’indiquer : tels sont entre autres les oxydes d’argent, de mercure, l’azotate de potasse, etc.

L’eau contenant toujours une certaine quantité d’un mélange de gaz oxygène et d’azote, il en résulte, si l’on reçoit le gaz oxygène sous des cloches pleines d’eau, comme! cela se pratique habituellement, que cet oxygène est toujours mêlé d’un peu d’azote ; il importe donc, pour avoir l’oxygène pur, de le recueillir sous le mercure. Celte remarque s’étend à l’extraction de tous les gaz recueillis sur l’eau.

BU SOUFREl. S. Éqnivaleiit =

Le soufre est une si^^ar^très-répandue dans la naturef il existe à l’état natif, principalement aux environs des volcans; tantôt il est cristallisé, tantôt il est en masses ou en poussière fine; on le trouve combiné avec des métaux, comme dans les pyrites de fer, de cuivre, etc.; il fait partie des sulfates de chaux (plâtre), de magnésie (sel d’Epsom), et de tous les autres sulfates, sels excessivement communs; enfin il entre dans la composition de certaines substances animales, de quelques huiles essentielles et de quelques eaux minérales.

Le soufre est un corps solide, d’une belle couleur jaune-citron, affectant deux formes différentes incompatibles, qui sont tantôt l’octaèdre allongé à base rhomboïdale, tantôt le prisme obliqué à base rhomboïdale, selon les movens employés pour le^faire cristalliser. Il est insipide, pouvant acquêt lift légère odeur par le frottement, très-friable; sa cassure est luisant^ sa densité est de 2,087. Il est si mauvais conducteur de l’électricité et de la chaleur, qu’il suffit d’en tenir un bâ^ dans la main pendant quelques instants pour qu’il fasse entendre unfRquement dû à l’inégale dilatation que subissent ses parties par la chaleur de la main, qui quelquefois suffit même pour le briser.

Lorsqu’on le soumet peu à peu à l’action de la chaleur, il fond à 110® c.' A cette température, il est très-fluide ét conserve sa couleur jaune jusqu’à 140°. Mais pousse-t-on la clialeur jusque vers 160", il commence à s’épaissir, devient rougeâtre, et si l’on chauffe encore davantage, jusque entre 220° el^°, il devient brun et acquiert une consistance telle qu’on

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