‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 22 sur 149 · DU SOUFRE · texte numérisé non relu

DU SOUFRE

peut renverser, le vase qui le conlieiit sans que la masse ohange même de place; si on continue à le chauffer, il reprend quelque fluidité. Enfin vers 460”, il entre en ébullition et se volatilise. Si le soufre présente, comme on le voit, une anomalie, bien remarquable dans les modifications que lui fait subir la cbalt^ur. les phénomènes qu’il produit par un refroidissement brusque, lorsqu’il se trouve à l’un de ces différents états, ne sont pas moins remarquables. En effet, si le soufre fondu à la température de 110 ’, et d’une liquidité parfaite, est projeté dans l’eaujroide, il se solidifie tout à coup, devient friable, et conserve sa couleur propre ; mais si on le porte de 220° à 240“, qu’on le projette de même dans l’eau froide, lorsqu’il est par conséquent en fusion visqueuse, il est mou, transparent et de couleur rougeâti’e. Il peut s’étirer en fils fins et élastiques; il ne devient dur qu’au bout de quelque temps. Il y a donc un rapport constant entre la température à laquelle s’opère la trempe et l’altération que le soufre en éprouve.

Lorsque le soufre a été fondu dans un creuset et qu’il s’y est refroidi lentement, I^molécules, obéissant à la forc^de cohésion qui leur est propre, se ra^’ochent; il se forme alors à Intérieur de la masse fondue une sorte de croûte, tandis que la partie intérieure, encore liquide, cristallise peu à peu. Si l’on crève alors cette pellicule, et que l’on fasse écouler la partie encore liquide, on isolera toute la portion qui eh se solidifiant la première aura cristallisé, et l’on aura des cristaux qui auront la forme d’aiguilles prismatiques. Si , au contraire , on fait dissoudre du soufre dans du sulfure de cai*bone , et qu’on laisse évaporer le liquide lentement, on obtiendra encore des cristaux , mais qui auront la forme d’octaèdres allongés.

qui traverse les cristaux de soufre éprouve une double réfraction. Lorsqu’on le frotte, il devient éleetro négatif. Il est électropositif par rapport à l’oxygène , et électro-négatif par rapport à l’azote. (Voy.p.30.)

Le gaz oxygène n’exerce sur le soufre aucune action marquée à la température ordinaire; mais il se combine avec lui si on le chauffe. Si l’on introduit un morceau de soufre qui présente un point en ignition dans une éprouvette à pied remplie de ce gaz , il l’absorbe avec dégagement de calorique et d’une lumière blanche bleuâtre, et passe à ^l’état de gaz acide sulfureux , facile à reconnaître à son odeur piquante, qui est la même que celle du soufre qui brûle à l’air. Il se produit aussi une li’ès-pêtite quantité d’acide sulfurique.

Qn peut obtenir, par des moyens directs ou indirects, sept composés d’oxygène et de soufre, qui sont tous acides.

Caractères distinctifs du soufre. 1® Ses propriétés physiques ; 2° lorsqu’il brûle au contact de l’air ou du gaz oxygène, il se forme du gaz acide sulfureux , reconnaissable à son odeur.

Usages. Le soufre fait partie constituante de la poudre à canon ; on l’emploie pour soufrer les allumettes, et pour préparer les acides sulfureux et sulfurique, dont on fait une grande consommation dans les arts. Le soufre est un excitant général qui paraît agir particulièrement sur les fonctions du système exhalant. Il est utile dans certains cas d’engorgements scrofuleux, d’œdème, de catarrhes, de paralysie produite par les vapeurs mercurielles ou saturnines ; on l’emploie surtout avec succès dans le traitement de la gale, des dartres, de la teigne : on l’applique sous forme d’onguent préparé avec de la graisse de porc ou avec du cérat; quelquefois aussi, pour guérir la gale, on se sert d’un lîniment fait avec parties égales de soufre et de chaux vive, parfaitement triturés et incorporés dans de l’huile d’olives ou d’amandes douces. Administré à l’intérieur, le Soufre est regardé comme purgatif, à la dose de 4 à 12 grammes; mai||â petites doses, on doit le con^dérer cômmè excitant, spécialement dans les affections chroniques du poumon et dés viscèi'es abdominaux. On le fait prendre avec des extraits, oü bien sous forme de bols , de^pastilles, d’éléctuaires, ou en Suspension dans du lait; la dose est de 50 centigrammes à 4 grammes par jour. On l’emploie aussi sous forme dé baumes, qui ne sont autre chose que des huiles essentielles tenant du soufre en dissolution : ainsi on donne de 20 à 24 gouttes de baume de soufre térébenthirié , de baume de soufre anisé, de baume de soufre succiné; enfin les fameuses pilules de Morton, si souvent employées par cet auteur dans la phthisie pituitaire, et qui ne pa raissent réussir que dans les càtarrhéS chroniques, contiennent du baxime de soufre anisé.

Extraction. On retire le soufré des matières terreuses auxquelles il est mélangé, ^u en décomposant par la chaleur les sulfures naturels de fèr ou de cuivre. 1” Le minerai, tel qu’on l’extrait des solfatares de Sicile, subit une première opération sur les lieüx mêmes , qui consiste à le faire fondre dans de grandes chaudières, à le maintenir ainsi fondu pendant quelque temps, afin de laisser déposer les matières -terreuses, et à décanter le soufre , qui est mis à refroidir dans des fosses en pierre ; en cet état il porte le nom de soufre brut en masse. Pouf le purifier etpour obtenir le soufre sublimé ou én canon, on procède à la distillation du soufre brut. L’appareil dont on se sert se compose d’une première Chaudière dans laquelle le soufre est mis en fusion , afin d’en dégager à l’air libre tous les gaz hydrogénés qu’il pourrait contenir, et au fond

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