DU CHLORE GAZEUX
Caractères distinctifs du fluor. 1° Ses propriétés physiques , 2* son action sur les métaux.
Extraction. M. Louvet Ta obtenu en décomposant les fluorures, dans des appareils en spath fluor, soit par le chlore sec, soit par l’iode préalablement fondu,
DC CHK^OBE. Cl. lËqulvaleut 443,
(PeyXwfôî, vert.) (I).
Le chlore est un corps simple, qui a été regardé pendant longtemps comme formé d’acide muriatique et d’oxygène. Il n’existe jamais pur dans la nature, mais on le trouve souvent uni à des métaux à l’état de chlorure. Lorsqu’on cherche à le séparer des composés qui le renferment , on l’obtient gazeux : il est donc important de l’examiner sous cet état.
DC CHCOBEi GAZEUX.
Le chlore est un gaz non permanent, d’après M. Faraday, d’une couleur jaune verdâtre, d’aji^ saveur désagréable , d’une odeur piquante et tellement suffocante qu’il est impossible de le respirer, môme lorsqu’il est mêlé à l’air, sai^ éprciitver un sentiment de strangulation et un resserrement dafis la poitrine; son poids spécifique est de 2,44: loin de rougir lâ teinture de tournesol, comme le font les acides, il la détruit en la jaunissant; il éteint les bougies allumées, après avoir fait prendre à la flamme un aspect pâle d’abord , ensuite rouge.
Exposé à l’action dîi calorique dans des , vaisseaux fermés, le chlore gazeux n’éprouve aucune altération lorsqu’il est parfaitement sec.— Expérience (pl. l"'®, tig. 5). Si l’on introduit dans une grande fiole A, placée sur un fourneau F, le mélange nécessaire pour qu’il se dégage du chlore gazèux (voyez page 67); si l’on adapte à cette fiole, à l’aide d’un bouchon percé, un tube convenablement recourbé qui se rend dans un long cylindre de verre^, rempli de chlorure de calcium , matière capable d’absorber toute l’humidité contenue dans le chlore; si de l’extrémité T de ce cylindr^part un autre tubeS^ recourbé de manière à pouvoir se rendre dans un tuyau de porcelaine vide,
(1} Plusieurs chimistes portent le poids de Téqul valent du chlore à 4ô0, ce qui correspond à 36 fois celui de l’hydrogèee-
placé dans un fourneau à réverbère M, et que Ton entoure de charbon ; enfin si de Texlrémité £ du tuyau de porcelaine -part un troisième tube R J qui va se rendre dans une cloche disposée sur la cuve pneumalo - chimique , on pourra démontrer l’assertion que je viens d’établir. En effet, que l’on commence par allumer le charbon contenu dans le fourneau à réverbère, afin de faire l’ougir le tuyau de porcelaine j lorsque ce tuyau sera rouge, que l’on chauffe légèrement la fiole A, le chlore se dégagera , traversera le cylindre C, cédera son humidité au chlorure de calcium, à travers lequel il passera pour se rendre dans le tuyau de poi’celaine rouge de feu, puis se dégagera par le lubeit^ pour remplir la cloche P, sans qu’il ait subi la moindre altération.
Le chlore gazeux sec peut être liquéfié par un simple abaissement de lempéi’alure, en le faisant passer dans un tube en U entouré, d’un mélange d’acide carbonique solide et d’éther. Déjà M. Faraday avait vu que l’on obtenait le même résultat en le comprimant dans un tube froid, pourvu qu’il eût été préalablement desséché sur l’acide sulfurique. S’il est humide et qu’on le refroidisse, il sè congèle au-dessous de 4°,5-l-0, et ressemble, par ses ramifications’, à la glace qui se dépose à la surface dès carreaux pendant la gelée ; ces cristaux d'hydrate de chlore sont des octaèdres allongés à base rhomboïdale, et parais^ntformés de 27,7 parties de chlore et de 72,3 d’eau. Si , après les avoir dess^échés, on les introduit dans un tube de verre que l’on scelle ensuite hermétiquement, on voit qu’il suffit d’élever la température à 38" pour les décomposer et obtenir deux liquides : l’un jaune pâle, qui est de l’eau ; l’autre jaune verdâtre, plus foncé, qui est du chlore liquide; on remarque en outre, au-dessus de. ces liquides, une atmosphère de chlore gazeux. Cette expérience, faite en 1823 par M. Faraday, prouvait déjà que le chlore n’est pas un gaz permanent, puisqu’il peut être réduit à l’état liquide par la compression de sa propre atmosphère.
Le chlore gazeux parfaitement sec n’éprouve aucune altération de la part de la lumière; sa puissance réfractive est de 2,623, celle de l’air étant prise pour unité (Dulong). Si le chlore contient de l’eau , celle-ci est décomposée, le chlore s’unit à l’hydrogène pour former dè l’acide chlorhydrique, et l’autre principe constituant de l’eau, l’oxygène, se dégage en partie, tandis qu’une autre portion forme, avec le chlore, de l’acide perchlorique. Tous les rayons lumineux ne déterminent pas l’union du chlore avec l’hydrogène. Suivant M. Drapier, c’est surtout le rayon indigo qui donne promptement lieu à celte conibinaison : aussi peut-on ejposer à la lumière directe un mélange de chlore et d’hydrogène contenu dans des vases colorés en rouge, en jaune ou en vert,-