DU CHLORE GAZEUX
sans qu’ii y ait combinaison. Le chlore humide, s’il a été exposé au soleil pendant quelque temps, conserve dans l’obscurité, jusqu’à un certain d^é , la propriété de décomposer l’eau , tandis que le gaz humide qui n’a pas été exposé à la lumière ne la décompose pas ; plus l’insolation a été longue , plus son action décomposante est énergique. La chaleur accélère la réaction , mais elle ne la provoque pas ; d’ailleurs la décomposition de l’eau chlorée ne s’établit pas de suite au soleil, il faut que le contact de la lumière soit prolongé pendant un certain temps. {Journ. de pharmacie , mai 1846.} Ces expériences faisaient déjà pressentir qu’il existe deux sortes de chlore; le chlore préparé à l’ombre, que l’on pourrait appeler obscur, et le chlore illuminé ou insolé. MM. Favre et Silbermann ont établi des différences constantes et remarquables entre ces deux états du chlore: ainsi, si Ton combine le dilore insolé avec la potasse, il donne en chaleur 478 unités; tandis que le chlore préparé à l’ombre, ou à l’état nalui'el, n’en donne, en se combinant au même alcali , que 439.
La pile électrique la plus forte n’altère point le chlore parfaitement sec : si ou le soumet à l’action de cet agent lorsqu’il est dissous dans l’eau, celle-ci est décomposée, et l'e chlore se rend, avec l’oxygène de l’eau décomposée, au pôle positif. Il est électro négatif '^tar rapport à l’iode, et-électro-posilif par rapport à l’oxygène. (Voy. p. 30.)
Le gaz oxygène n’exerce aucune action sur lui ; mais lorsque ces deux corps sont à l’état naissant, ils se combinent et donnent cinq acides que J’examinerai plus loin.
Lorsqu'on fait arriver sur du soufre divisé et sec un excès de chlore gazeux parfaitement desséché, il se forme constamment, et à toutes les températures, un sulfure liquide Cl S, connu sous le nom de liqueur de Thomson, qui l’a découvert {bîchlorure de soufre). 11 est d’un rouge brun, très - volatil , doué d’une odeur piquante excessivement désagréable, d’un- poids spécifique de 1,620; il ne rougit pas le papier de tournesol parfaitement desséché ; si on l’agite avec de l’eau , il la décompose , passe à l’état d’acide chlorhydrique et d’acide pentathionique: celui-ci ne tarde pas à se décomposer en acide sulfureux et en soufre qui se précipite. Il est formé de 31,09 de soufre, et de 68,91 de chlore. '
he protochlorure Cl est liquide, jaune, fumant à l’air, d’une odeur piquante et fétide, d’une densité de 1,687; il bout à 138 “. On prépare le bîchlorure en faisant arriver ün excès de chlore sec dans une éprouvette que l’on entoure de glace et d’eau froide , et dans laquelle on a préalablement mis du soufre divisé et desséché. On obtient le proto-
cJiloriire de la même m.anière, si ce n’est que l’on arrête l’opération avant que tout le soufre soit transformé en protochlorure ; à ce moment, on décante le liquide jaune qui s’est produit et on le soumet à la distillation , qu’on ne pousse pas trop loin pour éviter de volatiliser le soufre.
11 existe un troisième chlorure de soufre GP S®, que l’on a appelé intermédiaire, qui est le résultat de la décomposition du bichlorure par la chaleur. Il peut être considéré comme un composé des deux chlorures précédents (CP S^=C1 S2, CP S2).
Quant à deux autres chlorures signalés par quelques auteurs , savoir CP S et CF S, en supposant qu’ils existent en réalité, ils ne*sont pas connus à l’étal de liberté.
Le chlore est absorbé par le sélénium à froid ; il y a élévation de température et formation d’un liquide brun , qui peut se combiner avec une nouvelle quantité de chlore et passer à l’état de perchlorure solide blanc.
Le bore qui n’a pas été fortement chauffé brûle, même à froid, dans le chlore gazeux sec , et fournit un gaz appelé chlorure de bore ou acide chloroborique, Bo CF. Ce gaz est incolore, d’une odeur très-piquante; il éteint les corps en combustion ; sa densité est au moins de 4,035. H répand des vapeurs à l’air, et se dissout très-bien dans l’eau, qui se décompose en donnant naissance à de l’acide borique et à de l’acide chlorhydrique, BoCF, HO == Bo^ 3 H Cl. Il est formé de 9,28 de bore et de 90,72 de ciilore. On l’obtient en faisant passer du chlore gazeux sec à travers un mélange chauffé au rouge d’acide borique vitrifié et de charbon; on prépare ce mélange en carbonisant préalablement dans une cornue de l’amidon et de l’acide borique vitrifié.
Le silicium, chauffé dans un courant de chlore, prend feu et donne un chlorure Si CF incolore, d’une densité de 1,52, volatil, lépandant des vapeurs à l’air, qui bout à 59°, et qui est décomposé par l’eau en acide chlorhydrique et en acide silicique. Il est formé de 16,71 de silicium et de 83,29 de chlore.
Le carbone n’exerce aucune action sur le chlore gazeux sec. Si l’on substitue le cAarôora ordinaire au carbone pur,' et qu’on agisse à une chaleur rouge, le chlore s’empare de l’hydrogène qu’il contient, et il se forme du gaz acide chlorhydrique jusqu’à ce que le charbon ne renferme plus d’hydrogène. Le même j)hénomène a lieu à la température ordinaire , si l’on introduit dans un flacon plein de chlore des fragments de charbon ordinaire ; mais, dans aucun cas, le chlore sec et le charbon privé d’hydrogène ne se combinent directement. Si le chlore est humide et le charbon rouge, l’eau est décomposée, et il y a for-