‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 32 sur 149 · HO · texte numérisé non relu

HO

Ph 05

5 HCl.

Perchlorure.

Eau.

Acide phosphorique. ’

Acide chlorhydrique.

Il est blanc, solide, cristallin , et bout à 148». Il est formé de 15,29 de phosphore, et de 84, 71 de chlore.

On prépare le protochlorure, Ph Gl®, en dissolvant à chaud un excès de phosphore dans le perchlorure ; par le refroidissement, tout le phosphore ' non combiné se précipite; il devient facile alors de le séparer; on parvient aussi à opérer cette séparation en distillant à une douce chaleur dans des vases bien secs. Ce prolochloz’ure est liquide, incolore, fumant à l’air, d’une densité de 1,45; il bout à 78". Il est formé de 23,13 de phosphore , et de 76,87 de chlore.

Le phosphore se combine avec le brome à la température ordinaire., avec dégagement de beaucoup de chaleur et de lumière, et produit deux bromures, dont l’un est liquide et l’autre solide. Il y aurait quelque danger à opérer sur plus de 10 ou 12 centigrammes de chacun dé ces corps, parce que le mélange enflammé serait projeté au loin instantanément.

Le phosphore s’unit à l'iode en diverses proportions et avec, dégagement de chaleur et de lumière. Lorsqu’on met ensemble , dans un tube de verre, une partie de phosphore et huit parties d’iode , on obtient un iodure d’un rouge orangé brun, fusible à environ 100°, volatil à une température plus élevée, et servant à la préparation de l’acide iodhydrique. L’iodure phosphoreux de Berzelius contient douze parties d’iode pour une de phosphore, et Viodure phosphorique vingt.

Caractères distinctifs du phosphore. 1® Ses propriétés physiques ; 2° il brûle à chaud dans le gaz oxygène ou dans l’air, avec grand éclat.

et donne des vapeurs blanches d’acide phosphorique et de l’oxyde rouge de phosphore fixe.

Le phosphore a été découvert par Brand, de Hambourg , en 1669.

Usages. Le phosphore est employé pour faire l’analyse de l’air et pour la construction des briquets phosphoriques. Parmi les moyens proposés pour faire ces briquets, le plus simple consiste à remplir d’eau à 70" ou à 80" un petit flacon de cristal , et à y introduire de petits fragments de phosphore; ceux-ci fondent, occupent la partie inférieure du flacon, et chassent l’eau. Lorsque la majeure partie de celle-ci est expulsée, le petit appareil se trouve presque rempli de phosphore fondu: alors on le laisse refroidir en tenant le flacon dans l’eau, et on le bouche lorsqu’il est froid. Chaque fois que l’on veut se servir de cet instrument, on introduit dans le flacon l’extrémité d’une allumette soufrée, afin de détacher quelques molécules de phosphore; on frotte celte extrémité sur un bouchon de liège: par ce moyen , la température se trouve élevée , et le phosphore s’enflamme. Ces briquets, à moins d’être parfaitement bouchés, ne peuvent pas servir longtemps, parce que le phosphore absorbe promptement l’oxygène de l’air et passe à l’état d’acide hypophosphorique déliquescent. Les allumettes phosphoriques, dites chimiques, seront décrites à l’article Chlorate de potasse.

On emploie encore le phosphore pour faire une pâte avec laquelle on détruit promptement et à coup sûr les rais ^ les souris, les mulots, etc., quand on l’a étendue en couchés légères sur des tranches de pain trèsminces. Ces animaux la mangent avec avidité. Si on l’a hachée avec des vers, elle détruit parfaitement les taupes, les loirs, les grillons, etc. On l’obtient avec 20 grammes de phosphore, 400 d’eau bouillante, 400 de farine de blé, de seigle ou de sarrazin, 400 de suif fondu , 200 d’huile de noix, et 250 de sucre en poudre. On peut la colorer avec du noir de fumée. (Aug. Dubois , Journ. de pharm. , août 1849.)

Action du phosphore sur l’économie animale. Le phosphore, à petites doses, doit être regardé comme un excitant volaUr puissant, dont l’action est très-prompte, très-intense, mais peu durable; il augmente l’activité de tous les systèmes de l’économie animale, et principalement du système nerveux. Les expériences d’Alphonse Leroy, de Pelletier et deBoultalz, prouvent qu’il irrite les organes de la génération et qu’il éveille singulièrement l’appétit vénérien. II a été administré dans les maladies asthéniques, aiguës ou chroniques, où il ne faut exciter que momentanément, mais d’une manière très-intense: ainsi son emploi a été, as- $ure-t-on, suivi de succès dans les fièvres dites ataxiquesetadynamiqiieSj

DU PHOSPHORE. 8 i

arec prostration extrême des forces vitales, dans les différentes complications de ces mêmes fièvres, dans les fièvres intermittentes opiniâtres , les affections rhumatismales et goutteuses , la suppression des règles , la chlorose, et les infiltrations avec atonie de la fibre ; mais particulièrement dans l’apoplexie, la syncope, et dans plusieurs maladies nerveuses, telles que la paralysie, les convulsions épileptiques, la manie, la céphalalgie opiniâtre, la goutte sereine, et la cardialgie. La dose de ce médicament ne doit pas être portée au delà de 5 centigrammes dans les vingt, quatre heures, et Ton doit rejeter les préparations où il n’est que suspendu, telles que les pilules, lesloochs, les électuah’es, les émulsions, les conserves , etc. La manière la plus- convenaWe de l’administrer est de le faire dissoudre dans de l’éther sulfurique, en y ajoutant un peu d’huile essentielle aromatique. On doit suspendre son usage s’il fait éprouver une ardeur à l’estomac, ou s’il occasionne des vomissements II est très-vénéneux.

On l’a également employé à l’extérieur en frictions , sous forme de pommade phosphorée, camphrée ou non, et de Uniment phosphoré, dans la goutte, les rhumatismes chroniques et la paralysie.

Extraction. On prend des os que l’on calcine à l’air libre pour en détruire la matière animale; dans cet état, ils contiennent environ 77 parties de phosphate de chaux, 20 p. de carbonate jde chaux, et 3 p. d’autres sels , etc. On les pulvérise et on les mêle avec de l’acide sulfurique dans le rapport de trois parties pour deux d’acide ; au bout de deux ou trois jours , on délaie dans une suffisante quantité d’eau , pour en faire une bouillie claire; on jette sur un linge. Le liquide passe limpidé , et la toile retient tout ce qui est insoluble. Ce liquide ainsi obtenu est évaporé jusqu’en consistance de sirop épais , puis mêlé avec le tiers de. son poids de charbon et desséché dans des vases de fonte ; dans cet état, on l’introduit dans des cornues de grès lutées et bien sèches. On dispose ensuite ces cornues dans un fourneau à réverbère (pl. 3, fig. 6), et â leur col on ajuste une allonge courbée en angle droit, dont l’ouverture assez large plonge de quelques lignes dans l’eau d’un vase disposé à cet effet B. Alors on chauffe peu à peu jusqu’au rouge intense; bientôt il se dégage des gaz (I) formés d’oxyde de carbone, de carbure et de phos-

(t) La rapidité avec laquelle se dégagent ces gaz peut servir à régulariser la marche de l’opération.

phure d’hydrogène ; ce dernier s’enflamme subitement au contact de l’air. Vient ensuite le phosphore, qui, distillant dans l’eau, est à l’abri de l’air, par conséquent de toute combustion. — Théorie. L’acide sulfurique produit du sulfate de chaux insoluble avec le carbonate de chaux et avec la moitié seulement de la chaux du phosphate; car, par l’action de l’acide phosphorique mis en liberté , la moitié du phosphate se dissout et échappe ainsi à la réaction. On obtient donc dans la liqueur de l’acide phosphorique uni à du phosphate de chaux (c’est-à-dire du phosphate acide de chaux) :

8 Ga 0, 3 Ph QS 5 S03, 5 HO 3 Ca 0, 3 Ph OS-5 Ca 0, 5 S03, 5 HO

. Phosphate des os. ' Acide salforiqBe. Phosph. acide de chaux. Sulfate de chaux.

L’acide phosphorique du phosphate acide de chaux , composé lui-même de phosphore et d’oxygène , cède cet oxygène au charbon , qui s’en empare et met ainsi le phosphore en liberté. Le gaz oxyde de carbone, le carbure et le phosphure d’hydrogène , sont le résultat de la décomposition de l’acide phosphorique et de l’eau , et de la combinaison de l’oxygène de ces deux corps avec une partie de carbone, et de l’hydrogène de l’eau avec une partie de ce dernier corps et avec une portion de phosphore.

Comme en cet état le phosphore peut entraîner quelques parties de charbon, et suivant quelques auteurs , de phosphure de carbone, qui le salissent, on le purifie, en le faisant fondre dans l’eau chaude et en le mélangeant avec du noir d’os en poudre qui le décolore ; on l’enlève ensuite avec une cuiller, et on le plonge rapidement dans de l’eau froide, afin de le faire prendre en pain. Pour le débarrasser du noir qu’il contient et des autres impuretés, on le met dans un morceau de peau de chamois; on en fait un nouet bien solide, que l’on comprime au moyen de pinces, en le tenant dans l’eau presque bouillante : le phosr phore fond et passe à travers la peau; alors il est transparent et peut être réduit en cylindres. Pour cela on plonge verticalement l’extrémité la plus large d’un tube de verre légèrement conique, dans la masse du phosphore recouverte d’eau ; on aspire avec la bouche par l’autre exti’émité du tube : le phosphore fondu monte dans le tube, et lorsqu’il s’est élevé jusqu’à la moitié ou aux trois quarts’ de sa hauteur^ on ferme avec l’index l’extrémité inférieure tenue toujours dans l’eau ; on le. porte dans l’eau froide, où il se refroidit; à celte époque, on fait sortir le cylindre de phosphore en soufflant par l’extrémité la plus étroite du tube. Il faut,

Dü GAZ AZOTE.

dans ces diverses opérations, éviter avec le plus grand soin que le phosphore fondu soit en contact avec Tair, sans quoi il s’enflamme , et l’opérateur court les plus grands dangers. Il arrive souvent que le phosphore obtenu par ce moyen n’est pas pur ; dans ce cas , il faut le distiller par la méthode que j’ai indiquée à la page 77.

DE E’ AZOTE. Az. Équivalent = A «S.

(De a privatif et ǫti, vie.)

L’azote est un corps simple , très-répandu dans la nature ; A l’état solide, il fait partie de presque toutes les substances animales, de toutes les graines, et de beaucoup de substances végétales. D’après M. Boussiiigault, l’azote contenu dans les végétaux provient souvent de l’air: ainsi certaines plantes légumineuses croissant dans une terre exempte de corps azotés renferment, après leur développement, une quantité considérable d’azote. Ce corps fait aussi partie de tous les azotates et de tous les sels ammoniacaux; il se trouve à l’état de gaz dans l’atmosphère, dont il fait à peu près les quatre cinquièmes, et dans le gaz ammoniac ; lorsqu’il est pur, il est toujours gazeux.

DV CiAZ AZOTE.

Le gaz azote est incolore, inodore, transparent , et plus léger que l’air atmosphérique ; son poids spécifique est de 0,9713. Il est électro-positif par rapport au soufre , et électro-négatif par rapport au phosphore (voy. p. 30).

Le gaz oxygène ne peut se- combiner directement avec le gaz azote, que lorsqu’on -fait passer à travers le mélange une grande quantité d’étincelles électriques, et il se forme de l’acide hypoazotique , désigné improprement sous le nom d’acide nitreux; il se produit au contraire de l’acide azotique, si on a ajouté de l’eau. ou du protoxyde de potassium , substances avec lesquelles l’acide azotique a beaucoup d’affinité. On peut encore obtenir trois autres composés d’oxygène et d’azote, savoir ; le protoxyde et le bioxyde d’azote, et l’acide azoteux; mais ils ne résultent jamais de l’action directe des deux gaz qui les constituent. Le soufre ne se combine pas directement avec l’azote; cependant il existe un SMl/’wec^’ozofe AzS^, jaune-citron, inodore, d’une saveur âcre très-prononcée, que l’on obtient en faisant réagir sur du gaz ammoniac sec du bichlorure de soufre et du chlore , et qui est formé de 22,58

d’azote et de 77,42 de soufre. ( Soubeiran de chim.méd., dé¬

cembre 1837.) On croit que le hore a la faculté d’absorber le gaz azote. Le carbone pur n’a point d’action sur lui ; il existe pourtant deux composés de carbone et d’azote que l’on obtient par des moyens indirects, le cyanogène et le mellon.

Le gaz hydrogène ne peut pas se combiner directement avec le gaz azote; cependant il est des circonstances particulières où ces deux corps s’unissent intimement et forment le gaz ammoniac.

Le chlore ne s’unit pas directement avec l’azote. Si l’on fait arriver du chlore gazeux dans une solution de sel ammoniac, préparée avec une partie de sel et 20 parties d’eau , le chlore est d’abord absorbé ; quelque temps après, la dissolution se trouble, il se dégage une multitude de petites bulles de gaz, et il se forme des gouttes d’un liquide oléagineux, d’une couleur fauve, d’une odeur piquante, insupportable, dont le poids spécifique est de 1,653. Ce liquide, découvert par Dulong, est composé de chlore et d’azote = C13 Az ; il est très- volatil , et détone avec la plus grande violence et avec dégagement de calorique et de lumière, lorsqu’on l’expose à la température de 30”, ou qu’on le met en contact avec le phosphore. Laissé sous Veau pure, il disparaît en vingtquatre heures : une partie se sépare en chlore et en azote , l’autre décompose l’eau , et il se forme de l’acide chlorhydrique et de l’acide azotique. (Voy., pour les autres propriétés, le mémoire de Sérullâs, Ann. de chimie, octobre 1829.) — Théorie de sa formation. Une portion de l’ammoniaque du sel employé est décomposée par le chlore, qm s’empare de son hydrogène ; l’azote , mis à nu , s’unit à une certaine quantité de chlore .et produit ce liquide détonant :

H3 Az H Cl Cie 4 H Cl Cl» Az

Ammoniaqrae. A. chlorbyd. Chlore. A. chlorbyd, Azotnre de chlore.

Mode de préparation. On prend un entonnoir de verre dont l’extrémité. Urée à la lampe, n’offre qu’une petite ouverture et plonge dans du mercure; on Verse dans l’entonnoir assez de dissolution de sel ammoniac pour en remplir sa capacité, et, à l’aide d’un tube de verre que l’on fait plonger dans le liquide, et qui descend jusqu’au fond de l’entonnoir, on introduit une dissolution concentrée de sel commun, qui, étant plus pesante que la dissolution de sel ammoniac, occupe la partie inférieure de l’entonnoir. L’appareil étant ainsi disposé, on fait arriver du chlore au moyen d’un tube recourbé qui plonge dans la couche supé-

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