‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 33 sur 149 · DU GAZ AZOTE · texte numérisé non relu

DU GAZ AZOTE

riéure formée par le sel ammoniac , et qui ne touche pas la couche inférieure de sel commun : à mesure que le composé se produit, il se précipite, traverse la couche inférieure de sel commun, et tombe au fond de l’entonnoir sur le mercure. (Dulong.) On ne pourrait pas l’obtenir si on se bornait à saturer de chlore une solution de sel ammoniac contenue dans une éprouvette , parce que ce sel le décompose ; on doit donc disposer l’appareil de telle sorte que ce composé soit séparé de la solution de sel ammoniac à mesure qu’il se forme.

Le brome ne se combine pas directement avec l’azote ; mais en faisant agir sous l’eau de l’azoture de chlore sur du bromure de potassium , on obtient de l’azoture de brome oléagineux, dense, très-volatil, d’une odeur fétide qui irrite fortement les yeux. Toutes les propriétés de ce corps sont calquées sur celles de l’azoture de chlore. (Millon, Ann. de chimie, septembre 1838.)

Viode ne se combine pas directement avec l’azote, mais il s’unit à lui par des moyens indirects. L’azolure d’iode est sous forme de poudre noirâtre : desséché , il fulmine très-fortement et spontanément ; s’il est humide, il ne détone que par une légère pression ; dans tous les cas, il y a dégagement de lumière sensible dans l’obscurité, et décomposition du produit en azote et en iode, qui se séparent à l’état de gaz. Il est décomposé par l’eau froide, mais surtout par l’eau chaude, et il se forme de l’iodate et de l’iodhydrate d’ammoniaque, un peu d’azote qui se dégage , et une petite quantité d’iode qui colore la liqueur : on voit que l’oxygène de l’eau a transformé l’iode en acide indique, et que l’hydrogène a formé avec l’iode de l’acide iodhydrique , et avec l’azoté de l’ammoniaque. Lorsqu’on verse sur de l’azoture d’iode de l’acide chlorhydrique liquide ou des dissolutions alcalines , telles que la potasse, la soudp, etc., l’eau contenue dans ces corps est également décomposée. — Préparation. On obtient cet azoture en versant dans l’eau de l’iodure d’ammoniaque; il se précipite aussitôt de l’azoture d’iode, et il reste *en dissolution de l’iodhydrate d’ammoniaque : au bout d’un quart d’heure, l’azoture est lavé sur un filtre, mais avec ménagement, pour éviter sa décomposition et la détonation qui l’accompagnerait. — Théorie. On peut représenter les éléments de l’iodure d’ammoniaque par

Âmmoniaqae -f- Hydrogène -j- Azote.

Iode Iode.

Acide iodhydrique. Azoture d’iode.

L’eau détermine la décomposition d’une portion d’ammoniaque; l’iiy-

86 MEMIÈRE PARTIE.

drogètié provenant de cette décomposition s’unit à une partie de l’iode, et donne naissance à de l’acide iodhydrique qui s’empare de l’ammoniaque non décomposée pour former l’iodhydrate , tandis que l’aulrê portion d’iode se combine avec l’azote qui résulte de la décomposition de l’ammoniaque, et produit l’azoture d’iode. Si , au lieu de préparer ainsi cet azoture, on versait de l’ammoniaque liquide, en excès, dans une dissolution alcoolique saturée d’iode, comme le prescrivait Sérullas, on obtiendrait un azoture en poudre plus fine, que l’on pourrait laver dans l’eau , et même presser avec un tube, sans qu’il détonât , à moins toutefois qu’il n’eût été préalablement mis en contact avec de l’ammoniaque. Vazoture d’iode paraît toujours contenir un peu d’hydrogène. D’après M. Marchand , il serait formé de 88,66 d’iode, de 9,94 d’azote, et de 1,40 d’hydrogène. M. Bineau pense aussi qu’il renferme de l’hydrogène , et lui assigne la formule suivante : H P Az ; ce serait de l’ammoniaque dans laquelle deux équivalents d’hydrogène auraient été remplacés par deux équivalents d’iode.

Le phosphore parfaitement blanc passe au rouge dans le gaz azote, fond facilement, et les parois du flacon se tapissent de cristaux rouges étoilés (mémoire de Vogel); l’azote contient une certaine quantité de phosphore gazeux qui semble y être à l’état de mélange. Six litres de gaz peuvent s’unir à 5 centigrammes de phosphore. Le gaz azote phosphoré , mis en contact avec le gaz oxygène , cède le phosphore à l’oxygène , pour former de l’acide phosphoreux , et l’azote reste libre.

M. H. Rose a fait connaître en 1833 (voy. Annales de chimie^ novembre) un azoture de phosphore, pulvérulent, ti’ès-léger, blanc, insoluble dans l’eau et dans presque tous les acides et dans les alcalis dissous, inattaquable par le chlore et par le soufre , décomposablè à une haute température par le gaz hydrogène sec, en phosphore et en ammoniaque- II est formé de 46,67 d’azote et de 53,33 de phosphore ; on l’obtient en faisant passer du gaz ammoniac sec à travers du protochlorure liquide de phosphore.

D’après M. Gerhardt, les divers corps désignés sous les noms d’azotures de phosphore ne seraient que des mélanges de trois corps définis, composés chacun au moins de trois éléments , et qui sont le phosphamide , le biphosphamide elle phospham (vaj. Chimie organique).

Caractères distinctifs du gaz azote. 1° Il est incolore; 2» il éteint les corps enflammés; 3“ il ne rougit pas la teinture de tournesol; 4“ il ne' se dissout pas dans l’eau ; 5" il ne trouble point l’eau de chaux ; 6° son poids spécifique est de 0,9713.

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