‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 36 sur 149 · DE LA FLAMME · texte numérisé non relu

DE LA FLAMME

A. La flamme n’est autre chose, suivant le célèbre chimiste anglais, qu’une matière gazeuse chauffée au point d’être lumineuse, et jouissant d’une température qui surpasse la chaleur blanche des corps solides (1).

Expériences. 1° Placez à- moins de 2 millimètres de la flamme d’une lampe à esprit-de-vin un fil fin de platine , cachez cette flamme à l’aide d’un corps opaque : le fil deviendra blanc par l’effet de la chaleur, quoiqu’il n’y ait point de lumièje visible dans l’endroit où il se trouve. 2“ Si, au lieu de cacher la flamme, on éteint la lampe , le platine reste encore rouge de feu.

B. La lumière de la flamme est extraordinairement brillante et intense lorsqu’il se forme quelque matière solide et fixe dans cette flamme : ainsi le phosphore, qui se transforme, par la combustion rapide , en acide phosphorique solide, brûle avec une flamme très-intense; il en est de même du zinc, qui, par la combustion, se change en oxyde de zinc solide. Au contraire , lorsqu’il ne se produit point de matière solide dans la flamme, celle-ci est extrêmement faible et transparente: tel est le cas du soufre que l’on fait brûler dans le gaz oxygène, et qui se transforme en gaz acide sulfureux.

Veut-on augmenter l’intensité de la flamme de ce corps, on n’a qu’à la mettre en contact avec de l’amiante, de l’oxyde de zinc, une, gaze métallique ou toute autre matière solide.

Si les flammes du gaz de l’éclairage, des bougies et des lampes , sont si éclairantes, c’est qu’elles sont principalement le résultat de la combustion du carbure d’hydrogène gazeux , lequel éprouve une combustion incomplète et donne naissance à du charbon qui devient d’autant plus incandescent , qu’en brûlant, l’hydrogène produit une grande élévation de température.

C. Le pouvoir éclairant d’un flamme est influencé par la quantité d’air qui arrive suuielle : quand celui-ci est très-abondant, il en diminue l’intensité en la refroidissant; tandis que dans le cas contraire, la combustion est incomplète , et la flamme devient fuligineuse. On peut dire que la flamme atteint son maximum de clarté . au moment où elle est près de donner de la fumée.

D. La température d’une flamme n’est pas en rapport avec son pou-

(1) Tout en accordant que la température de la flamme est des plus élevées, n’est-il pas plus rationnel d’attribuep la chaleur extrême du fil de platine à la propriété qu’il a de favoriser la combustion des gaz inflammables ? Dans cette hypothèse , le fil métallique déterminerait l’union du carbure d’hydrogène gazeux qui se dégage de l’esprit-de-TÎn, avec l’oxygène de l’air.

voir éclairant; ainsi la flamme de l’hydrogène, à peine visible, donne beaucoup de chaleur.

E. La flamme d’un corps simple en combustion est homogène dans toutes ses parties; le contraire a lieu pour*celle des corps composés. A l’appui de cette dernière assertion , je citerai la flamme d’une bougie ^et celle du chalumeau. La flamme d’une bougie présente quatre parties

distinctes : 1“ la base, qui est d’un bleu foncé et qui est formée par la vapeur combustible dont la température n’est pas assez élevée pour brûler avec facilité; 2“ un cône intérieur obscur et jaunâtre, formé de vapeur combustible très-chauffée , mais qui ne brûle pas, faute d’oxygène ; 3° une enveloppe conique irès-éclatante ; ici la combustion se fait avec un dépôt de charbon qui augmente l’intensité de cette partie de la flamme; 4° une enveloppe conique très-peu lumineuse qui circonscrit la flamme; la combustion est complète dans cette partie de la flamme, et là température qui s’y développe est très-élevée. Quant à la flamme du chalumeau, elle se compose de deux parties; l’inférieure, que l’on nomme flamme bleue, est désoxydante et fondante, surtout vers son extrémité, où elle est très-chaude ; l’autre partie , formée par l’extrémité du dard, est à peine lumineuse et très-oxydante.

F. Lorsqu’on fait passer la flamme à travers une gaze métallique trèsserrée, qui est à la température ordinaire, ce tissu refroidit le gaz qui le travei’se de manière à réduire sa température au-dessous du degré auquel il est lumineux. — jE’oîpértenees. 1° Si l’on allume le gaz hydrogène qui se dégage d’une lampe philosophique (voy. p. 100); si on met un peu au-dessus de la flamme une gaze métallique dont les trous soient excessivement petits , le gaz hydrogène traversera la gaze , mais la matière gazeuse qui constitue la flamme sera tellement refroidie par celle gaze, qu’on ne pourra pas enflammer une allumette soufrée placée un peu audessus de la gaze, tandis qu’on l’enflammera facileoijgnt dans l’espace qui sépare celte toile métallique de l’ouverture du tube qui donne issue au gaz hydrogène; 2° que l’on éteigne la flamme de la lampe philosophique et que l’on place la gaze métallique un peu au-dessus de l’ouverture du tube par lequel sort le gazé hydrogène, celui-ci traversera la gaze, et pourra être enflammé à l’aide d’un corps en combustion , au-dessus de la toile; à son tour, la flamme que produira l’hydrogène en brûlant audessus de la gaze sera; refroidie par celle gaze ; en sorte qu’il sera impossible d’enflammer une allumette éteinte que l’on placera entre la face inférieure de la toile et l’exü’émilé du tube qui donne issue au gaz.

Plus les trous de la gaze sont petits, plus la flamme a de difficulté à les traverser, tout étant égal d’ailleurs. Plus les corps qui produisent U

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