S 2 S03 HO 3 S02 2 HO
Soufre. ^ Ackle sulfariijac. Acide sulfureux. Eau.
Le sélénium est dissous par l’acide sulfurique; la dissolution est d’im très-beau vert, et laisse précipiter du sélénium rouge par l’addition de quelques gouttes d’eau. Le bore décompose probablement l’acide sulfu^ rique.
Si l’on fait chauffer, dans une petite fiole, du charbon pulvérisé et de l’acide sulfurique concentré, celui-ci perd une partie de son oxygène, se transforme en gaz acide sulfureux , facile à reconnaître à son odeur piquante , qui est la même que celle du soufre enflammé , et le charbon passe à l’état de gaz acide cai'bpnique ou d’oxyde de cax’bone, selon la température.
Le chlore, le brome, Viode et Y azote, ne décomposent point cet acide.
Le gaz hydrogène ne le décompose qu’à une température élevée, par exemple dans un tube de porcelaine chauffé au rouge, et il se forme alors de l’eau et dU gaz acidesulfureux; quelquefois aussi il y a du soufre mis à nu. Lorsque le gaz hydrogène est en excè^, el que la température n’est pas très-élevée, il se produit du gaz acide sulfhydrique, au lieu d’acide sulfureux.
Le phosphore, à la température de . 100“ à lôO“, enlève également à l’acide sulfurique une partie de son oxygène , le fait passer à l’état de gaz acide sulfureux, et se transforme en acide phosphoreux ou phosphorique.
L’acide sulfurique , concentré et pur, exposé à l’air,, en attire l’humidité et s’affaiblit; il peut absorber jusqu’à 15 fois son poids d’eau, il change en outre de couleur, brunit et finit par noircir. Ce phénomène
dépend de ce qu’il absorbe et charbonne les particules des matières organiques suspendues dans l’atmosphère.
Si l’on mêle parties égales A' eau et d’acide sulfurique concentré, la température s’élève à 84° ; 4 parties du même acide et une partie d’eaii font monter le même thermomètre à 105°; dans l’un et dans Faufre cas, le volume du mélange diminue très-sensiblement, comme on peut s’en convaincre par l’expérience que je vais décrire ; la contraction maximum est de 3 pour 100 du volume primitif; on l’obtient avec un équivalent d’acide monohydraté et deux équivalents d’eau.— jEccpénence. On introduit dans un tube de verre, long de 80 centimètres et.bouchépar l’une de ses extrémités, assez d’acide sulfurique concentré pour le remplir jusqu’à la moitié; le tube étant tenu, perpendiculairement, on y verse de l’eau jusqu’à ce qu’il soit plein; on le bouché, et onde renverse de manièx’e que le bouchon se trouve en bas; l’eau, plus légère que l’acide , ne tarde pas à s’élever ; les deux liquides se mêlent et s’échauffent au point que le tube ne peut plus être tenu entre les mains : au bout de quelques minutes, on remarque, à la partie supérieure du tube, un espace vide qui prouve la diminution du volume des deux liquides, puisqu’il ne s’en est pas écoulé üne seule goutte pendant l’expérience.
Le thermomètre monte encore de plusieurs degrés lorsqu’on mêle 4 parties d’acide concentré et une partie de glace pilée; il descend, au contraire, à 20° — 0, en mêlant 4 parties de glace et une partie d’acide : ce dernier phénomène dépend de ce que la glace absorbe beaucoup de calorique aux corps qui l’environnent, pour passer de l’état solide à l’état liquide. On explique par la grande affinité de l’acide sulfurique pour l’eau la coloration en hoir du bois, de la paille, etc., traités par cet acide; en effet, une partie de l’hydrogène et de l’oxÿgène du bois, etc., se combinent pour former de l’eau , et laissent un Chai-bon contenant encore^ "à la vérité, de l’hydrogène et de l’oxygène.
L’acide sulfurique, lors même qu’il est très-étendu , fait naîedans l’eau de baryte un précipité blanc composé d’acide sulfurique et de baryte , insoluble dans l’eau et dans l’acide azotique.
Caractères distinctifs de V acide sulfurique. 1° Ses propriétés physiques; 2“ son action sur le charbon , sur l’eau et sur l’eâu de baryte ( voyez page 141).
Il est formé de 40,06 de soufre et de 59,94 d’oxygène.
Usages. L’acide sulfurique sert à préparer la plupart des acides , l’alun, la soude, l’éther, le sublimé corrosif, etc.; il est employé pour dissoudre l’indigo; les tanneurs s’en servent pour gonfler les peaux; enfin
DE l’acide sulfurique.
il est d’un usage commun comme réactif. Ses propriétés médicales ont été exposées en parlant des acides en général; mais je dois ajouter qu’il est le plus astringent de tous, qu’il fait partie de l’eau de Eabel (voyez Alcool)^ qu’il entre pour un dixième dans une pommade résolutive dont on se sert avec succès dans les cas d’ecchymoses et dans les gales chroniques ; enfin qu’il suffit de l’étendre de beaucoup d’eau pour avoir la limonade minérale, qui est une boisson fort agréable , et dont on peut tirer parti dàns beaucoup de phlegmasies. C’est à tort qu’on l’a tant préconisé contre la colique des peintres.
Empoisonnement. L’acide sulfurique, même étendu d’une certaine quantité d’eau, est un poison énergique, dont l’action locale est des plus intenses, indépendamment de celle qu’il exerce par suite de son absorption {\oy.mdi Médecine légale, tome III, 4® édition). Pour déceler sa présence au milieu des matières vomies, ou de celles que l’on trouve après la mort dans le canal digestif, on fait bouillir pendant quelques instants ces matières , après les avoir étendues d’eau, afin de coaguler l’albumine qu’elles pourraient contenir j on filtre pour séparer le coagulum noirâtre qui s’est formé; la liqueur limpide et jaunâtre doit rougir fortement le tournesol et précipiter abondamment un sel soluble de baryte. On la fait évaporer jusqu’à ce qu’elle soit presque réduite à siccité; le produit dé cette évaporation , refroidi, est agité avec de l’éther sulfurique dans un tube de verre pendant une ou deux minutes; l’éther dissout une certaine quantité d’acide sulfurique et n’attaque pas les sulfates que la liqueur évaporée pouvait contenir; on sépare la couche élhérée à l’aide d’un entonnoir et du doigt, et l’on fait évaporer l’éther à froid dans une petite capsule de porcelaine; il restera au fond de cette capsule une certaine quantité d’acide sulfurique- que l’on dissoudra dans l’eau distillée et dont on constatera les caractères. On agirait de même , sauf la coagulation par le feu , s’il fallait démontrer la présence de ces acides dans le vinaigre. Le traitement par l’éther repose sur ce principe, que les sulfates neutres et acides ne sont pas solubles dans cet agent , tandis que l’éther dissout l’acide sulfurique libre, du moins en partie : or il importe de démontrer que les liqueurs suspectes contiennent de l'acide sulfurique libre; ({m pourrait-on conclure, en effet , de la précipitation, par un sel soluble de baryte, de la liqueur suspecte ? Rien, car un sulfate soluble quelconque et non vénéneux se comporterait avec la baryte comme le fait l’acide sulfurique.
S’il s’agissait de découvrir cet acide dans des taches faites sur des draps noirs, bleus, etc., sur du feutre, du cuir, etc., il faudrait faire macérer les parties tachées dans l’eaii distillée froide, et constater la
présence de l’acide dans la liqueur; mais ici il serait nécessaire de traiter comparativement par l’eau un même poids ûm drap, du feutre ou du cuir non taché; en effet, ces matières contiennent toutes ou de l’acide sulfurique libre ou un sulfate, lesquels fournissent , avec l’eau distillée , un liquide qui se comporte avec les sels de baryte comme le ferait l’acide sulfurique contenu dans la tache ; mais la proportion de sulfate de baryte obtenue avec la partie tachée étant beaucoup plus considérable que celle que donnerait la partie non tachée, il serait aisé de résoudre le problème.
Le meilleur antidote de l’acide sulfurique est sans contredit la magnésie; mais en attendant qu’on puisse s’en procurer, il faut faire v3mir en administrant de l’eau albumineuse tiède, qui est nauséeuse et qui forme, avec l’acide sulfurique, un composé blanc insoluble, beaucoup moins actif que l’acide.
Préparation. J’ai dit que le soufre ne pouvait absorber directement plus de deux équivalents d’oxygène , c’est-à-dire la quantité nécessaire pour le transformer en acide sulfureux : aussi ce n’est que par un moyen tout à fait détourné que l’on parvient à produire l’acide sulfurique.
Pour cela on se sert du gaz bioxyde d’azote, qui , au contact de l’air ou de l’oxygène pur, absorbe deux équivalents d’oxygène, qu’il peut céder facilement au gaz sulfureux humide, en le transformant ainsi en acide sulfurique , en même temps qu’il revient lui-même à son premier. état de bioxyde d’azote.
On peut facilement se rendre compte, par l’expérience^ de cette théorie, en faisant arriver en mêmetemps, à l’aide de deux tubes recourbés, du gaz sulfureux d’une part, et du bioxyde d’azote de l’autre, dans un grand ballon £ préalablement humecté et ouvert de manière à donner à l’air un libre accès (voy. pl. 6, fig. 2). Aussitôt que le bioxyde d’azote est en contact avec l’oxygène de l’air, il en absorbe deux équivalents; et passe à l’état d’acide hypoazotique, qui apparaît sous forme de vapeui’s rouges. Get acide hypoazotique cède à son tour ces deux équivalents d’oxygène à l’acide sulfureux en donnant naissance à une multitude de petits cristaux blancs, composés de bioxyde d’azote et d’acide sulfurique; ces cristaux, en contact avec l’humidité, se dissolvent et se transforment en bioxyde d’azote, lequel reprend l’état gazeux, et en acide sulfurique, qui se dissout dans l’eau ; de manière que si l’on pouvait successivement offrir de nouvelles quantités d’oxygène à ce bioxyde d’azote, on poui-rait s’en servir indéfiniment pour convertir l’acide sulfureux en acide sulfurique.
DE LACroE SÜLFÜRIOCE.
Sû2 Az 02 2 0 HO __ S02 Az 0^ HO
A. SBlforcox. ’ Bioi. d’az. ’ Oxygène. ’ Eau. A. sulfarenx. A. bypoazot. Eau.
Ce composé d’acide sulfureux, d’acide hypoazotique et d’eau, devient, sous l’influence de l’eau,
Bioxyde d'azote. Acide salfarique. Eau.
c’est-à-dire de l’acide sulfurique hydraté et du gaz bioxyde d’azote; ce gaz, en contact avec une nouvelle quantité d’oxygène, se transforme de nouveau en acide hypoazotique = Az O'î, et peut servir comme précédemment à faire passer l’acide sulfureux à l’état d’acide sulfurique.
L'appareil dont on se sert dans l’industrie a subi de grandes améliorations depuis les premiers temps de sa découverte ; tel qu’il existe aujourd’hui, il se compose d’un foui’iieau quadrangulaire en briques, dont la sole en fonte est chauffée au commencement du travail , afin d’élever la température du soufre qu’on y place jusqu’à ce qu’il puisse s’enflammer par un corps en ignition; dès cet instant, la chaleur qu’il dégage par sa propre combustion suffit pour le maintenir en incandescence ; une porte, dont on peut diminuer ou augmenter à volonté l’ouverture, permet à une quantité déterminée d’air de venir convertir le soufre en gaz sulfureux à l’aide de son oxygène. Cet acide, à son tour, se dégage par une cheminée dont le diamètre est en rapport avec la quantité de gaz qui se produit , et va se rendre dans une petite chambre de plomb, haute de 5 mètres et large de 6 dans les deux sens, où il est mouillé par un jet de vapeur d’eau, qui est amené sous la pression de 0,15 à 0,20 centimètres de mercure, par un petit tube de plomb dont l’extrémité présente plusieurs trous extrêmement petits. De cette première chambre, les gaz passent dans une seconde de même capacité, dans laquelle on met à profit la propriété que possède l’acide sulfureux de transformer l’acide azotique en acide hypoazotique en absorbant un équivalent de son oxygène.
S02 Az 05, HO vS03 HO Az 0^
Acide sulforeux. Acide azotique. Acide sulfurique. Acide hypoazotique.
Cet acide azotique est envoyé du dehors et par intermittence dans une série de capsules en grès disposées de manière à pouvoir dégorger de l’une dans l’autre l’excès d’acide dont elles sont remplies , et à former
ainsi une espèce de cascade qui met sans cesse le gaz en contact avec le liquide (1).
Le sol de ces deux chambres est plus élevé que celui d’une troisième grande chambre, qui porte en hauteur 6 mètres 50 centimètres environ , et 25 mètres de longueur, dans laquelle le gaz sulfureux, mêlé d’un excès d’air, arrive avec l’acide hypoazotique- provenant de la décomposition dont je viens de parler. La réaction quej’ai indiquée s’opère complètement dans cette chambre, où la condensation de l’acide sulfurique est encore favorisée par plusieurs jets de vapeur d’eau, qui, en même temps qu’ils apportent de l’humidité, produisent en outre, par l’effet de leur projection, un mouvement continu , qui sans cesse établit un contact intime entre tous les gaz. Enfin ce qui a échappé à la condensation dans cette chambre passe dans deux autres petites chambres disposées comme les deux premières , mais dans lesquelles on n’introduit que de la vapeur d’eau. Tous les gaz qui ne se sont pas condensés s’échappent alors dans l’atmosphère par une cheminée formée par un gros tube de plomb, tra-
(1) On rend aujourd’hui l’opération plus économique en ajoutant au soufre, avant sa combustion , 6 à 7 % de son poids d’azotate de soude , et en mouillant légèrement le mélange avec de l’acide sulfurique , marquant 50 ou 55 degrés ; à peine là température est-elle uu peu élevée , que l’azotate est décomposé eu acide azotique et en gaz bioxyde d’azote. L’ancien procédé, qui consistait à mélanger le soufré avec de l’azotate de potasse, a été abandonné, parce que l’acide azotique de ce sel était en partie ramené à l’état d’azote, ce qui exigeait l’emploi d’une quantité d’azotate de potasse assez considérable. Gay-Lussac, voyant que l’on perdait généralement dans la préparation de l’acide sulfurique une forte proportion de vapeurs nitreuses , et s’appuyant sur la solubilité de l’acide bypoazotique dans l’acide sulfurique monohy draté , a eu l’idée de faire passer les gaz qui sortent de la cinquième chambre dans l’acide sulfurique divisé par un corps poreux, comme du coke concassé; l’acide, qui n’attaque pas ce corps à froid, tombe d’une manière intermittente. Lorsque l’acide sulfurique est saturé de vapeurs nitreuses , il est lancé dans les chambres de plomb par la pression de la vapeur d’eau , et réagit sur l’oxygène et l’eau pour former de l’acide sulfurique; à l’aide de ce perfectionnement , on économise pres’que les trois quarts de l’acide azotique employé.
M. Kuhlmann procède autrement pour tirer parti des vapeurs nitreuses qui seraient perdues j il les fait passer par des cascades garnies de coke , à travers lesquelles il laisse couler un filet continu d’eau ammoniacale , et à son défaut d’un lait de chaux; il donne ainsi naissance à plusieurs sels ammoniacaux ou calcaires, qui servent à faire des engrais solides par une addition suffisante de tourbes carbonisées ou d’autres corps absorbants. On peut dire que la dépense en azotate, dans la fabrication qui m’occupe, est entièrement payée par l’agTiculture, qui emploie utilement les azotates et les sels ammoniacaux dans la fertilisation des terres.
1>E LACIDE SüLFURIffJE. 147
versé lui-même par un diaphragme en plomb percé de plusieurs trous que l’on peut boucher à volonté par des tampons d’argile, de manière à faire varier le tirage, qui, comme on le voit , en suivant la communication de toutes ces chambres entre elles, détermine la quantité d’air qui arrive dans le four à combustion du soufre.
S’il ne fallait pas donner à l’azote de l’air un écoulement, ce qui entraîne aussi l’écoulement d’une partie des oxydes d’azote, on pourrait, à l’aide d'une quantité d’acide azotique qui ne se renouvellerait pas, fabriquer indéfiniment de l’acide sulfurique ; en effet , l’acide hypoazotique en contact avec l’eau se change en acide azotique et en gaz bioxyde d’azote.
3 Az 04 2 HO ^ 2 Az 05, HO Az 02
Acide bypoazotiqoe. Eau. Acide azotique. Bioxyde d’azote.
Or, le bioxyde d’azote, à son tour, passe à l’état d’acide hypoazotiquè par l’oxygène de l’air.
Az 02, 02 = Az 04
On pourrait se demander si, dans la fabrication de l’acide sulfurique, il ne se forme point de l’acide azoto-sulfurique , cet acide dont je parlerai à l’occasion de l’acide hypoazotiquè (voy. ce mot), et qui est le résultat de l’action de ce dernier acide sur l’acide sulfureux. Il n’en est rien, toutes les fois qu’il y a une assez grande quantité d’eau, parce que cë liquide décompose l’acide azoto-sulfui'ique ; ce n’est guère que dans les tuyaux de communication qu’on trouve l’acide azoto-sulfurique, lorsque l’eau qu’exige une bonne fabrication vient à manquer.
L’acide sulfurique produit se trouve répandu sur le sol de la .grande chambre. Ce sol est légèrement incliné vers l’un des côtés, d’où l’on peut facilement l’etirer l’acide produit à l’aide d’un siphon ou d’une façon quelconque.
L’acide ainsi obtenu contient une grande quantité d’eau; on le retire ordinairement des chambres lorsqu’il mai'que 50 ou 55 degrés à l’aréomètre de Baumé. Pour le concentrer, on le chauffe à une température voisine de son point d’ébullition , dans une espèce de cornue en platine qui peut en contenir de 200 à 300 kilogrammes. Par cette chaleur élevée, l’eau se vaporise en entraînant, il est vrai, un peu d’acide, et va se condenser dans un serpentin en plomb convenablement refroidi. L’acide, une fois amené à concentration convenable, est soutiré de la cornue par un siphon, également en -platine, placé dans une tubulure pratiquée à la
cornue, et dont la grande branche est refroidie en traversant une grande caisse pleine d’eau , afin que l’acide ne soit pas ü’op chaud en arrivant dans les bouteilles de grès dans lesquelles on l’expédie.
Dans cet état, l’acide sulfurique peut servir à un grand nombre d’opérations manufacturières; cependant il n’est pas pur, car il contient: 1° du sulfate de plomb formé aux dépens des parois des chambres ; 2° un peu de sulfate de sesquioxyde de fer provenant du sulfure de fer qui se trouve mélangé au soufre brut; 3° du sulfate d’étain, lorsque l’étain qui entre dans la composition de la soudure des chambres de plomb a été attaqué ; 4® enfin de l’acide azotique et du gaz bioxyde d’azote, et quelquefois de l’acide arsénieux ou de l’acide arsénique.
On le débarrasse facilement des sulfates, et en général ^e toutes les substances non volatiles qu’il pourrait contenir, en le distillant dans une cornue de verre , dans laquelle on a le soin d’introduire huit ou dix écailles de pierre à fusil, très-minces, et de 1 centimètre à peu près de longueur et de largeur. Sans cette précaution , il serait très-difficile de distiller 1 ou 2 kilogrammes , et même une moins grande quantité de cet acide, sans que la cornue fût brisée par les soubresauts provenant soit de ce que les vapeurs se forment généralement avec moins de facilité dans les vases polis, soit de la densité et de la consistance du liquide, soit de la haute température à laquelle il entre en ébullition , et aussi de ce que ce liquide est mauvais conducteur du calorique. Les écailles de pierre à fusil ou d’une quarzite en roche demi-transparente, ou de la variété de grès non calcaire qui provient de Fontainebleau, et qui est employée à Paris sous le nom de pavé dur, sont de beaucoup préférables au fil de platine et aux fragments de verre que l’on avait employés jusqu’ici. Il est bon de ne pas distiller trop de fois de l’acide sulfurique sur les mêmes écailles, car leurs aspérités s’émoussent, et elles finissent par ne plus produire le même effet. (Voy.,-pour plus de détails, le mémoire de M. Lambert , Journal de pharmacie, numéro de septembre 1847.)
On peut facilement détruire l’acide azotique que renferme l’acide sulfuri que en chauffant à 150" l’acide distillé avec une petite quantité de soufi'e; mais comme, par suite de cette opération, il reste toujours dans l’acide sulfurique une certaine quantité d’acide sulfureux , on ajoute quelques grammes d’une solution aqueuse de chlore , et on porte le mélange à l’ébullition pendant quelques minutes pour chasser l’excès de chlore ainsi que l’acide chlorhydrique qui s’est produit. Ge mode de purification est préférable, d’après M. Jaquelain, à celui qui avait été proposé par M. Pelouze, et qui consistaTt à faire bouillir l’acide avec quelques
DE l’acide SüLFüRIüüE. 149
millièmes de sulfate d’ammoniaque. {Annales de chimie, février 1843.)
Si, malgré la distillation, l’acide sulfurique, que je supposerai arsenical , retenait un peu d’acide arsénieux, il faudrait, pour le débarrasser de cet acide, le mettre en contact avec une petite quantité de sulfure de baryum hydraté ; au bout de quelques jours, on obtiendrait un précipité de sulfure d’arsenic et de sulfate de baryte ; on décanterait et l’on filtrerait dans un entonnoir en verre dont le bec serait fermé par un tampon d’amiante préalablement calciné au rouge et lavé; on procéderait ensuite à la distillation de l’acide sulfurique.
Cent parties de soufre donnent 312 parties d’acide sulfurique à 66 degrés.
Acide sulfurique anhydre. — Il esttoujours le produit de l’art; ilestblanc opaque, d’une texture soyeuse ; il absorbe rapidement l’humidité, se liquéfie , et répand par cela même des vapeurs très-abondantes par son contact avec l’air. Il peut dissoudre le soufre et former des composés bruns, verts ou bleus, suivant les proportions de soufre et d’acide; il dissout également l’iode et devient d’un vert bleu; il jouit de la propriété de dissoudre l’indigo en se colorant en rouge. Il peut se combiner avec le gaz acide sulfureux , et donner un liquide incolore très-volatil =2S0*, S02 : ce composé, mis dans l’eau, dégage du gaz acide sulfureux, et donne lieu à une forte ébullition (Rose). L’acide anhydre fond à 18°-l-0®, et se volatilise à 28'’-}-0° ; il entre en ébullition à une température un peu plus élevée, qui n’a pas encore été déterminée. Quand il est fondu, il est d’une fluidité plus grande que celle de l’acide sulfurique ordinaire ; il réfracte fortement la lumière; son poids spécifique est del ,97 à 20° environ. Il faut le conserver à une température au-dessus de 18°-{-0°, à 20 ou 22° par exemple, pour le maintenir liquide : au-dessous de cette température, on aperçoit des houppes soyeuses qui ne tardent pas à se solidifier complètement. II se combine avec l’acide sulfurique à un équivalent d’eau, et donne un acide liquide à la température de -}- 16°, qui se solidifie après quelque agitation dans l’eau à -{- 10° ; dans cet état, il a la demi-transparence d’une gelée.
Préparation. On retire l’acide sulfurique anhydre de l’acide sulfurique de Nordhausen , ainsi appelé du nom de la ville où on le prépare en grand, et qui provient de la distillation du sulfate de protoxyde de fer bien séché (composé d’acide sulfurique et de protoxyde de fer). Cet acide contient, d’après M. Bussy, de l’acide sulfurique ordinaire hydraté, parce que le sulfate retient toujours une certaine quantité d’eau , de l’acide sulfmûque anhydre, enfin de l’acide sulfureux, produit par la dé-
composition d’une portion d’acide sulfurique par le protoxyde dé fer, qui passe à l’état de sesquioxyde; c’est à cette quantité d’acide anhydre que l’acide sulfurique de Nordhausen doit d’être employé par les teinturiers pour dissoudre l’indigo.
On chauffe l’acide de Nordhausen en vaisseaux clos jusqu’à 30 ou 40o, température à laquelle l’acide anhydre se volatilise ; il faut aussi , dès qu’il est recueilli, éviter son hydratation • à cet effet, on emploie d’abord un appareil distillatoire dont toutes les pièces s’ajustent les unes aux autres par des tubulures à l’émeri usées avec soin; on verse l’acide de Nordhausen dans la cornue jusqu’aux deux tiers; on bouche; on adapte l’allonge engagée dans la tubulure de la petite cornue qui lui sert de récipient ; enfin, au moyen de caoutchouc, on ajuste au col de cette dernière un petit courbé, contenant une certaine quantité d’acide de Nordhausen, de manière à fonctionner comme tube de sûreté; par là on évite, à la fin de l’opération, la rentrée de l’air humide dans l’appareil. Ges dispositions étant prises , on entoure de glace le récipient'; on applique à toutes les jointures un anneau de caoutchouc, et l’on distille avec lenteur jusqu’à ce que l’acide de Nordhausen soit décoloré. Quelques précautions que l’on ait prises, le produit est très-impur ; alors il convient d’avoir des pièces de rechange pour reconstituer un appareil semblable au précédent; ainsi on retiré la cornue-récipient, et promptement on la ferme avec son bouchon de verre , puis on engage rapidement le col de cette cornue, devenue vase distillatoire, dans une autre allonge déjà pourvue d’une cornue-récipient et d’un tube de sûreté chargé d’acide sulfurique ; celte manœuvre terminée , on resserre les caoutchoucs et l’on recommence la distillation. Pour des expériences délicates , on doit faire subir à l’acide , au bain d’eau chaude, deux rectifications successives, dont la dernière à 60'’ c. (Jaqueiain.)
On prépare aussi l’acide sulfurique anhydre en décomposant par la chaleur le bisulfete de soude Na 0, 2 SO^, qui abandonne la moitié de son acide sulfurique; il ne faut pas que la température soit assez élevée pour décomposer l’acide.
M. Barreswil a proposé en 1847, pour obtenir l’acide sulfurique anhydre, de distiller une partie d’acide sulfurique concentré d’une densité de 1,845 à lO^’ou 15“ c., avec deux parties d’acide phosphorique anhydre; il passe de l’acide sulfurique anhydre, et il reste de l’acide phosphorique vitreux. Le mélange de ces deux acides, avant la distillation, doit avoir été fait dans une cornue entourée de glace et de sel. 30 grammes de phosphore, convertis en acide anhydre par la combustion de ce corps
DE L ACIDE SÉLÉ^^QÜE. 151
à l'air, donnent 30 grammes d’acide sulfurique anhydre en belles aiguilles. {Journal de pharmacie, p. 363 , année 1849.)