‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 49 sur 149 · l'KJiMlÈRii PARTIE · texte numérisé non relu

l'KJiMlÈRii PARTIE

soude, et de procéder à la distillation; l’acide hypochloreux passe dam le récipient dès le commencement de l’opération ; chaque portion successive en renferme de moins en moins que la précédente ; par l’action du chlore, il se forme de l’acide hypochloreux, du chlorure de sodium, et du bisulfate de soude. (Journal de chimie médicale, mars 1846.)

Préparation de V acide gazeux. On fait passer du chlore bulle à bulle dans un.flacon d’eau de lavage, et dè là dans deux tubes, dont le premier est rempli de chlorure de calcium pour le dessécher, et l’autre de bioxyde de mercure précipité et calciné jusqu’à une température voisine de celle à laquelle il se décompose. Ce dernier tube est soudé à un autre d’un diamètre plus étroit , dont l’extrémité plonge dans le flacon que l’on veut remplir d’acide hypochloreux ; l’air en est bientôt expulsé par ce dernier gaz. (Pelouze, Annales de chimie, février 1843.)

DE E’ACIDE CHEORECX. Cl O^. Équivalent = «43, «.

Ce corps a été découvert par M. Millon; il se produit toutes les fois qu’on désoxyde le chlorate de potasse à une température qui ne dépasse pas 57°-}-0. L’acide azotique est l’intermédiaire le plus favorable pour la désoxydation de l’acide chloriqüe du chlorate de potasse ; lorsqu’on enlève de l’oxygène à l’acide azotique, celui-ci le reprend aussitôt à l’acide chloriqüe, qu’il convertit en acide chloreux ; aussi obtient-on cet acide toutes les fois qu’on ajoute une substance désoxydanle (métal, oxyde inférieur, sucre, gomme, amidon, acide taiTrique, etc.) à une dissolution de chlorate de potasse dans l’acide azotique. Il en résulte que l’acide chloreux est inerte à l’égard de presque tous les métaux et de presque toutes les substances organiques.

Il est'gazeux à la température ordinaire, et ne se liquéfie pas àl5“— 0°; il est d’un J aune verdâtre; son odeur rappelle celle du chlore. Il décolore le tournesol et le sulfate d’indigo ; son poids spécifique est de 2,646. L’eau peut en dissoudre cinq ou six fois son volume à la température ordinaire.

Il se décompose à la température de 57° -j- 0° , mais en produisant unff secousse très-faible et en donnant naissance à du chloi’e et à de l’acide perchlorique; c’est encore ce dernier acide qui se forme lorsque l’acide chloreux est soumis aux températiu-es les plus élevées. •

Enfermé dans un flacon sec et abandonné à Ih lumière diffuse, il se convertit en acide perchlorique solide , dont les cristaux recouvrent les parois du flacon. Le gaz parfaitement sec, exposé à la lumière la plus vive (celle du matin agit beaucoup plus efficacement que celle du soir).

DE l’acide CHLOREtS. 173

se convertit en un liquide d'un rouge brun 2 Cl Cl 0^, si l’on empêche la température du flacon de dépasser ce qui se réalise trèsbien en plongeant le flacon bien bouché dans une grande cloche de verre pleine d’eau. Ce liquide, d’un rouge brun, constitue une nouvelle combinaison de chlore et d’oxygène, qui se dédouble au contact des bases en perchlorate et en chlorite.

Ce liquide est tellement fumant au contact de l’air humide, qu’il suffit d’en verser quelques gouttes dans un appartement fraîchement arrosé pour le rendre entièrement nébuleux ; le phénomène s’accomplit en petit dans un flacon de plusieurs litres. Le liquide rouge 2 Cl 0^, Cl 03 ( acide chloroperchlorique } finit par se transformer en acide perchlorique. L’expérience du flacon nébuleux démontre que certains phénomènes physiques peuvent se lier à des phénomènes chimiques qui n’ont qu’une existence transitoire , et qui passent ainsi inaperçus. Sans la découverte du liquide rouge et de ses propriétés, la production du nuage qui remplit le flacon serait entièrement inexplicable. Le liquide rouge qui donne lieu aux vapeurs se forme peu à peu, et se détruit presque aussitôt.

L’acide chloreux fulmine avec presque tous les corps non métalliques, s’ils sont secs.

L’eau dissout sept^huit fois son volume de gaz acide chloreux; cette dissolution participe des propriétés du gaz ; elle donne des chlorites avec quelques oxydes métalliques.

L’acide chloreux présente ce caractère essentiel, qu’il n’est pas détruit par l’acide arsénieux, comme les autres composés du même genre.

Il détruit au contraire le sulfate d’indigo. L’acide carbonique le déplace de ses combinaisons.

Il est formé de 59,63 de chlore et de 40,37 d’oxygène.

Préparation. On l’obtient en versant dans un petit ballon un mélange del partie d’acide tartrique, de 4 de chlorate dépotasse, et 6 d’acide azotique pesant 1,327, et de 8 d’eau ; on adapte au col de ce ballon un tube qui communique avec un flacon de lavage, dans lequel on obtient l’acide dissous , et d’où l’on peut le retirer gazeux en joignant à ce vase un tube qui se rend dans un autre tube plus large , contenant du chloriire de calcium; de ce dernier, le gaz est conduit dans un flacon plongeant dans un autre flacon sec et plein d’air, comme pour recueillir le chlore sec et gazeux (voy. pag. 67).

On doit chauffer de manière à ne pas dépasser la température de 45® à 50“ -{-0°. L’opération est terminée quand le mélange se décolore, mais l’acide chloreux est mêlé d’acide carbonique*

Dans cette réaction, comme on le voit, l’hydrogène et le carbone de l’acide tartrique ont désoxygéné l’acide azotique, lequel, à son tour, a désoxygéné l’acide chlorique, et il s’est formé de l’eau et de l’acide carbonique : aussi , quand on désire obtenir l’acide pur et gazeux,, faut-il employer l’acide arsénieux comme matière désoxydante (acide arsénieux, 15 p. ; chlorate, 20 p. ; acide azotique, 60 p. ; eau, 20 p,).

DE E’ACIDE BTPOCHEORIQIJE. Cl O*. Équivalent = 843,3.

(oxïDE DE CHÎ.OKE du comte de Stadion.)

Cet acide, isolé par M. Millon en 1841, offre une grande analogie de propriétés avec l’acide hypoazotique. . -

Lorsqu’au lieu de traiter le chlorate de potasse par la méthode du comte Stadion ou par celle de Gay-Lussac, on introduit 100 grammes environ d’acide sulfurique du commerce dans une capsule de platine ou d’argent que l’on refroidit, en la tenant au milieu d’un mélange de glace et de sel marin, et qu’on y projette ensuite peu à peu 15 ou 20 grammes de chlorate de potasse, jusqu’à ce que l’acide ait pris une consistance huileuse très-épaisse, on voit l’acide sulfurique se colorer promptement en Jaune, puis en rouge, et s’arrêter à une teinte d’un beau rouge de sang.

Si l’on porte l’acide sulfurique ainsi coloré dans un appareil distillatoire composé d’une cornue munie d’un ballon , et qu’on maintienne le ballon dans un mélange réfrigérant, tandis’ qu’on place la cornue dans un bain-marie qu’on ne chauffe pas au-dessus de 30°, il distille un liquide rouge, qui est l’acide hypochlorique. Tous les procédés de prépation déci’its avant les travaux de M. Millon fournissaient cet acide à l’état de gaz mélangé de chlore, d’oxygène et d’acide chloreux.

L’acide hypochlorique liquide entre en ébullition à 20» et fournit le gaz. Dans cet état, il est d’un vert brunâtre ; il répand à l’air des vapeurs, détone violemment à 60°, et se décompose en deux volumes de chlore et quatre d’oxygène ; cette décomposition est accompagnée de lumière : on prévoit déjà que la préparation de cet acide est excessivement dangereuse , et qu’elle exige les plus grandes précautions. Il se comporte avec Tes autres corps comme les acides chloreux et chlorique ; par la chaleur il se dédouble en acides chloreux et chlorique; il ne se forme pas la moindre trace de chlorure, comme on l’avait toujours prétendu , lorsqu’on agissait sur un produit impur. Il détone de même avec tous les corps simples qui ne sont pas métalliques. Il ne donne pas A'hypochlorates avec les bases; on n’obtient que des chlorates et

DE l' ACIDE CHLORIQÜE. 175

des chlorites ; sa composition est donc analogue à celle de l’acide Iiypoazotique.

2 Cl 0-î ^ 2 KO ^ KO Ci gs KO Cl 03

4. hj-poçhîoniiae. T 'a.'»’. dr pot. ' Chtorite de pot.

Il est formé de 52,56 de chlore et de 47,44 d’oxygène.

DE E- ACIDE CBEORIQCE. Cl O^. Équivalent = 043, S.

Vacide cUorîque a été découvert par Gay-Lussac èh 1814 ; il ne se trouve jamais dans la nature, mais il fait partie constituante des chlo~ rates, sels préparés par l’art , et connus pendant longtemps sous le nom de muriates suroxygénés.

L’acide chlorique obtenu en 1831 par Sérullas est liquide , jaunâtre, d’une odeur particulière, et n’a pas l’aspeot huileux; il diffère par conséquent de celui qu’avait décrit Gay-Lussac, et qui est incolore, inodore et oléagineux. Il rougit d’abord le tournesol et le décolore trèspromptement. Par une douce chaleur, on peut le concentrer sans qu’il se décompose sensiblement et sans qu’il se volatilise ; chauffé plus fortement, il se décompose en acide chloreux qui se dégage, et en acide perchlorique, qui distille sous forme d’un liquide incolore, dense, adhérent aux parois de la cornue, tant qu’on ne le chauffe pas assez pour le faire couler dans le récipient. Il est évident que dans cette expérience une partie de l’oxygène de l’acide chlorique décomposé s’est portée sur la portion d’acide non décomposé qu’il a transformé en acide perchlorique.

2 Cl 05 ^ Cl 03 Cl 07

Acide chlorique. Acide chloreux. Acide perchlorique.

La lumière n’altère pas l’acide chlorique. Il ne paraît pas éprouver de changement à l’air. L’iode s’empare de son oxygène pour foi’mer de l’acide indique, et il se dégage du chlore. Le chlore et le brome n’exercent aucune action sur lui.

Caractères distinctifs. 1° L’acide sulfureux le décompose, même à froid, lui enlève son oxygène , et il se forme de l’acide sulfurique et de l’acide chlorhydrique.

6 SQ2 Cl 05 HO 6 SQS H Cl

A. sulfureux. A. chlorique. A. sulfurique. * A. ehiorhydrîque.

2" 11 ne précipite pas les sels d’argent. 3" Un papier brouillard sec, plié en plusieurs doubles, qu’on plonge dans cet acide et qu’on retire, s’enflamme vivement, et il se développe une odeur forte, analogue à celle de l’acide azotique. 4° S’il est concentré et qu’on le verse sur de l’alcool à 40 degrés contenu dans un verre à pied , il y a ébullition, dégagement de chlore , et formation d’acide acétique ; s’il y a très-peu d’alcool et beaucoup d’acide, l’action est très-violente, et il y a inflammation. Il est formé de 47 de chlore et de 53 d’oxygène.

Extraction. Sérullas obtenait l’âcide chlorique en décomposant une dissolution chay^ de chlorate de potasse par l’acide hydrofluosilicique, qui p^^ipite la base et laisse l’acide chlorique mêlé avec l’excès d’acide hydrofluosilicique ; on sature par l’eau de baryte, qui forme avec ce dernier acide un sel insoluble, et avec l’acide chlorique du chlorate soluble: on décompose le chlorate de baryte par l’acide sulfurique étendu d’eau ; il ne reste plus qu’à concentrer à une douce chaleur l’acide chlorique, en^rrêlant l’évaporation au moment où la liqueur commence à jaunir.

DE li’ACIDE PERCIULOBIQIJE €1 Équivalent = 1443,».

Il est solide, anhydre, très-acide, rougissant le tournesol sans détruire sa couleur, inodore, volatil à 140", se décomposant au rouge vit en chlore et en oxygène, et très-soluble dans l’eau. L’acide hydraté peut être concentré par la chaleur jusqu’à ce qu’il ait acquis la densité de 1,65, celle de l’eau étant 1. S’il bout dans un tube, et qu’on présente à sa vapeur, près de l’orifice, du papier sec, celui-ci s’enflamme vivement; mais il ne s’enflamme pas lorsque l’acide est liquide et froid , comme le fait l’acide chlorique; cependant le papier ainsi trempé, mis en contact avec un charbon incandescent, lance de vives étincelles avec un violent pétillement et souvent avec détonation. Quand l’acide perchlorique est concentré , il répand quelques vapeurs à l’air et en attire promptement l’humidité.

L’acide sulfureux n’exerce aucune action sur lui , ce qui le distingue encore de l’acide chlorique. Si on le distille avec cinq fois son volume d’acide sulfurique concentré, il peut être obtenu cristallisé; cependant l’acide sulfurique le décompose en partie en chlore et en oxygène, surtout par l’action de la chaleur. Il forme avec les oxydes métalliques des perchlorates, qui jouissent de propriétés qui ne permettent pas de les confondre avec les chlorates.

Caractères distinctifs. Son action sur l’acide sulfureux , sur la potasse

DE l'acîde chloroperchloriqüe. 177

et la soude , et sur le papier sec. Il est formé de 38,77 de chlorelet de 61,23 d’oxygène.

L'acide perchlorique peut servir à distinguer la soude de la potasse et leurs sels , et même à séparer ces deux bases l'une de l’auü’e ; en effet , il forme avec la soude un sel déliquescent, très-soluble dans l’alcool , tandis qu’il fournit avec la potasse un sel très-peu soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool.

Préparation. On introduit dans une cornue 500 p. de perchlorate de potasse pur, 1,000 p. d’acide sulfurique contenant un dixième de son poids d’eau et exempt d’acide azotique. On adapte à la cornue une allonge munie d’un long tube qui se rend dans un récipient tubulé entouré d’eau froide; on évite de luler l’appareil avec des matières organiques; on chauffe lentement à 150° et de manière à ne pas faire bouillir. L’acide perchlorique distille dans le ballon; mais comme il contient un peu de chlore et d’acide sulfurique , on le purifie en le traitant successivement par le sulfate d’argent et par le carbonate de baryte hydraté. (Nalivelle, Journal de pharmacie , année 1842.) Quant &\x perchlorate de potasse, on l’obtient en chauffant dans une cornue , jusqu’à un certain point, le chlorate; si la température dépassait 400°, il ne resterait que du chlorure de potassium dans la cornue (voy. Extraction de l’oxygène., p. 38); si, au contraire, on chauffe seulement jusqu’à ce que le sel, auparavant fondu et fluide, ait acquis une consistance pâteuse, il reste dans la cornue un mélange de perchlorate de potasse et de chlorure de potassium. En traitant ce mélange par une petite quantité d’eau froide, on dissout le chlorure, sans toucher sensiblement au perchlorate : on dissout alors celui-ci dans l’eau bouillante, ét on le fait cristalliser.

DE E’ACIDE CIIL0D0CHI.01tIQlJE. 2 Cl QJ, Cl O^.

Il est gazeux, susceptible d’être liquéfié dans un mélange réfrigérant. II bout à 32° et détone à 70°. On l’obtient en traitant le chlorate de potasse par l’acide chlorhydrique.

DE E’ACIOE CBEOROPEBCBEORiainE:. 2 CI 0% Cl

Lorsqu’on expose à la lumière de l’acide chloreux humide, il se forme un liquide rouge, qui est l’acide chloroperchloriqüe.

Je terminerai eu disant que presque toutes les combinaisons oxygénées du chlore peuvent se représenter par la réunion de l’acide chlo* reux à l’acide perchlorique. Ainsi :

a CP . . . . . Acide chlorenx.

Cl O’ . Acide perchlorique.

Cl O®, CI O’ == 2 Cl O® Acide chlorique.

2 Cl O*, ' Cl O’ - == Cl® O^® Acide chlorochlorique.

3 Cl O®, CI 0^ = 4 Cl 0* Acide hypochlorique.

Cl 0®, 2 Cl 0^ Cl® O” Acide chlot-operchloriqué.

( MiUon , Ann. de chimie, t. VII ; 1843. )

DE E’ACIDE BDOMIQEE. Br 0®. Équivaleu* = 1478,30.

L’acide bromique, découvert par M. Balard , n’existe point dans la nature. Il est sous forme d’un liquide à peine odorant, d’une saveur trèsacide, nullement caustique. Il rougit d’abord le papier de tournesol, puis le décolore. Chauffé , il se vaporise en partie , tandis qu’une autre portion se décompose en brome et en oxygéné.

Caractères distinctifs. 1“ Les acides iodhydrique , chlorhydrique, sulfhydi’ique , et ceux qui ne sont pas saturés d’oxygène , le décomposent, S’emparent de l’oxygèné qüi entre dans sa composition et séparent le brome. 2° L’âcide bromique précipite en blanc l’azotate d’argent et les dissolutions concentrées de plomb. 3” Mis en contact avec de l’alcool à 40 degrés, il se colore; le mélange s’échauffe, bout; il se dégage des vapeurs de brome et d’éther acétique ; il ne se forme point d’acide carbonique. (Sérullas.)

Il est composé de 66,17 de brome et de 33,83 d’oxygène.

Préparation. On traite le chlorure de brome par l’eau de baryte ; la baryte est décomposée, et l’on obtient du bromate de baryte peu soluble et du chlorure dè baryum beaucoup plus soluble. On décante pour séparer le bromate de baryte, que l’on décompose par l’acide sulfurique affaibli; il se forme du sulfate de baryté insoluble et de l’acidè bromique qui reste en dissolution.

On peut égalemént décomposer le bromate dépotasse par l’acide hydrofluosilicique, comme je l’ai dit en parlant de l’acide chlorique (voyez page 176).

Il existerait, suivant M. Balard, un acide hypobromeux correspondant à l’acidè hypochloreux, et qüi , èommé cê dernier, serait le résultat de l’action du brome sur un excès de dissolution affaiblie de potasse.

DE l’acide IODIQCE.

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