DES COMPOSÉS D’AZOTE ET D’OXYGÈNE
Ils sont au nombre de cinq , savoir :
Le protoxyde d’azote. .
. Az 0
= 175 d’azote et 100 d’oxygène en poids.
Le bioxyde d’azote. . .
. Az 0*
= 175 id.
id.
L’acide azoteux. .
. Az O®
= 175 id.
id.
L’acide hypoazotique. . .
. Az 0*
= 175 id.
id.
L’acide azotique. .
. Az 0®
= 175 id.
id.
Ou bien
Protoxyde. ....
2 volumes d’azote et 1 d’oxygène condensés en 2 volumes.
Bioxyde .
id.
id.
en 4 volumes.
Acide azoteux. . .
id.
id.
Acide hypoazotiq.
id.
id.
en 4 volumes.
UC PROTOXYDE D’AZOTE. Az O. Équivalent
Le protoxyde d’azote est un produit de l’art ; c’est un gaz non permanent, susceptible d’être liquéfié et même solidité par Faction d’un froid très-vif et d’une pression considérable. Il est incolore et inodore; il a une saveur douceâtre; son poids spécifique est de 1,5269.
11 est décomposé par le calorique et par le fluide électrique. D’après Grove, il est décomposé en azote et en oxygène quand il est chauffé par un fil de platine rendu incândescent à l’aide d’une batterie voltaïque, tandis que par Faction de la chaleur il se décompose en azote et en acide hypoazotique.
4 AzO Az 04 3 Az
Protoxyde. Acide hypoazotique. ’ Azote.
Il est sans action sur le gaz oxygène à froid ; lorsqu’on fait passer un mélange de ces déux gaz à travers un tuyau de porcelaine rOiïgë, ôn Observe que le prOtoxyde est décomposé par le calorique comme s*il eût été seul. Le soufre, fondu et enflammé par le moyen dè l’oxygène , brûlé dans ce gaz comme dans l’air, et il se produit du gaz acide sulfureux et de l’azote. Le bore le décompose à une température élevée ; il se forme de l’acide borique, et l’azote est mis à nu. Le charbon rouge et éteint dans le mercure l’absorbe et le décompose en partie en lui enlevant son oxy"gène ; en sorte qu’on peut retirer de ce charbon du gaz acide carbonique, du gaz azote, et du protoxyde d’azote non décomposé : la décompo-
DU PROTOXYDE d' AZOTE. 191
sition du gaz est complète, si on le met en contact avec du charbon rouge ; il se forme du gaz acide carbonique,- et il y a d^agement de calorique et de lumière. Si l’on fait passer une étincelle électrique à travers un mélange de protoxyde d’azote et de gaz hydrogène contenu dans un eudiomètre à mercure , l’oxygène du protoxyde se combine avec l’hydrogène , forme de l’eau , et l’azote est mis à nu ; il y a dégagement de calorique et de lumière. Le chlore, le brome, Viode et l’azote, n’exercent aucune action sur lui. Le phosphore allumé enlève presque tout l’oxygène au protoxyde d’azote, passe à l’état acide phosphorique, et il se dégage aussi beaucoup de calorique et de lumière , tandis que le phosphore fondu et non enflammé ne l’altère point. L’air atmosphérique agit sur lui comme le gaz oxygène.
Caractères distinctifs. 1° Lorsqu’on plonge dans une cloche remplie de gaz protoxyde d’azote une bougie qui présente quelques points en ignilion, elle se rallume avec éclat; le gaz est décomposé, et l’azote est mis à nu. 2° Il peut se dissoudre dans l’eau : 100 mesures d’eau bouillie absorbent 77 mesures de ce gaz à + 18" c. 3" Il ne donne pas de vapeurs orangées avec le gaz bioxyde d’azote, tandis que le gaz oxygène en fournit.
Il est formé de 63,77 d’azote et de 36,23 d’oxygène.
Préparation. On chauffe graduellement de l’azotate d’ammoniaqüe pur et desséché dans une petite cornue de verre à laquelle on adapte un tube recourbé, et l’on obtient de l’eau et du gaz protoxyde d’azote (voy. Azotate d’ ammoniaque). Si l’opération était conduite trop rapidement , il se dégagerait en outre de l’azote , du bioxyde d’azote ou des vapeurs rutilantes. Si l’azotate d’ammoniaque contenait un peu de chlorhydrate d’ammoniaque , le gaz protoxyde serait mêlé de chlore.
Théorie. L’azotate d’ammoniaqüe est formé d’acide azotique (azote et oxygène) et d’ammoniaque (azote et hydrogène); par l’action de la chaleur, trois équivalents de l’oxygène de l’acide azotique s’emparent des trois équivalents d'hydrogène de l’ammoniaque! pour former *de l’eau ; il reste donc deux équivalents d’azote unis à deux équivalents d’oxygène , qui représentent deux équivalents de protoxyde d’azote. En expr^a'nt celte réaction par une formule , on peut se convaincre qu’elle est-^ïîîe des plus nettes que la chimie produise :
H3 Az, HO Az 05 4 HO 2 Az 0
Ammoniaque. A. azotique. Eau. Protoxyde.
Protoxyde d’azote anhydre. — En. foulant litres de gaz protoxyde d’azote pur et bien sec dans un réservoir, on obtient bientôt une près-
sion de 30 atmosphères, vers laquelle le gaz se liquéfie ; on peut préparer 200 grammes de ce liquide avec 100 litres de gaz. Lorsqu’on ouvre le robinet du réservoir, le gaz s’échappe, se congèle en partie d’abord, puis coule liquide. Le protoxyde liquide se conserve sous cet état à l’air libre pendant une demi-heure au moins. 11 est incolore, transparent, d’une grande mobilité, et produit une brûlure vive quand il tombe sur la peau. Versé dans une’ capsule de platine même chauffée au rouge, il prend l’étal sphéroïdal etse volatilise lentement. Le soufre, le charbon, le phosphore, l’iode et le potassium, s’y conservent sans altération. L’eau, les acides sulfurique et azotique concentrés, et le mercure, se gèlent lovX à coup en tombant dans ce liquide ; le mercure donne une masse dure, cassante, qui a l’aspectde l’argent; l’eau délerraineune évaporation si brusque d’une portion de la liqueur, qu’i I y a une véritable explosion ; il serait dangereux de verser à la fois quelques grammes d’eau. L’éther et l’alcool ne sont pas congelés ; toutefois l’alcool absolu acquiert une viscosité marquée et perd de sa transparence lorsqu’après en avoir mis quelques grammes dans un tube mince en verre, on plonge celui-ci dans du protoxyde liquide, et que l’on place le tout dans un vase au fond duquel se trouve une pâte foi’mée d’acide carbonique solide et d’éther; ce vase doit être laissé dans le vide, sous le récipient de la machine pneumatique. Leprotoxyde solide ressemble à de la neige en masse ; il fond sur la main , et s’y évapore brusquement en occasionnant une vive brûlure.
JBB GAK BXOXIYDE n’AZO’TE. Az O*. Equivalent = 375.
Le bioxyde d’azote est toujours un produit de l’art ; il .est constamment à l’état de gaz; il n’a pu être liquéfié à une température très-basse et sous la pression de près de 35 atmosphères. Il est incolore, transparent, élastique, et plus pesant que l’air; son poids spécifique est de 1,0390; il ne rougit point Vinfusum de tournesol ; il éteint tous les corps enflammés, excepté le phosphore; onjie saiLjgaè‘*s’il est odorant.
^i.on le fait passer à travers un tube de verre dépoli , dans lequel on ^ISis préalablement des fils de platine afin d’augmenter la surface , il es?îiécomposé et transformé en gaz azote et en gaz acide hypoazolique
2 Az 02 = Az 04 , Az.
Si la température du lu^ ^st rouge , le poids du platine n’augmente pas (Gay-Lussac). D’aprè^Grove, lorsqu’il est sur l’eau et qu’on le met en contact avec un fil de platine rendu incandescent par une batterie vol-