‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 56 sur 149 · DES ACIDES COMPOSÉS D’OXYGÈNE ET DE CYANOGÈNE · texte numérisé non relu

DES ACIDES COMPOSÉS D’OXYGÈNE ET DE CYANOGÈNE

Ces acides sont au nombre de trois, savoir:

L’acide cyanique .... Cy O, HO inonobasique.

L’acide fulminique. . . . Cy* O*. 2 HO bibasique.

L’acide cyanurique. . . . Cy® O®, 3 HO iribasiqUe.

Ils offrent donc la même composition en centièmes ; ils ne diffèrent que par leur équivalent.

DE E’ ACIDE CYAAIQIJE HYDRATÉ. Cy O, HO. Équivalent = .537,30.

L’acide cyanique hydraté n’a éié obtenu qu’en 1829, par Wœliler, qui l’a décrit conjointement avec Ljébig en 1831. Il est "liquide, incolore, très-fluide, d’une odeur extrêmement pénétrante et piquante, semblable au vinaigre radical; il est très-volatil. Sa vapeur a une réaction trèsacide sur le papier de tournesol , elle est inflammable ; elle excite un fort larmoiement, et cause sur lés mains une.douleur vive et cuisante; il suffit de la plus petite goutte de cet acide pour produire une ampoule blanche sur la peau. Il est très-peu stable ; à peine le vase qui le contient a-t-il pris la température ordinaire, que l’acide semble laiteux, commence à bouillir en s’échauffant spontanément et fortement; il devient pâteux, et il se produit dans la masse des explosions d’une telle force, qu’elle est projetée de tous côtés, et qu’on s’attend à chaque mo* ment que le vase soit brisé en mille pièces. Après cette décomposition spontanée , on trouve l’acide liquide transformé en une substance trèssèche, compacte, et d’une blancheur éclatante, la cyamélide, qm offre la même composition en centièmes que lui , mais dont l’arx'angement moléculaire est différent.

Veau absorbe rapidement la vapeur d’acide cyanique , qui se trouve transformée en bicarbonate d’ammoniaque

C2 Az, O, HO m Az, HQ 2 C02

A. cyanique. Ammoniaque. A. carbonique.

Si l’acide cyanique est en excès , bientôt la température s’élève , il y a effervescence et dégagement d’acide carbonique ; si alors on évapore le liquide jusqu’à une certaine consistance, il se solidifie en une masse blanche opaque, dont on retire, par l’alcool, des cristaux d’urée H* C^Azî 02, et de l’acide cyanurique insoluble (cyamélide). O suit de

DE l’acide CYANIQüE HYDRATÉ. 217

tout ce qui précède sur l’action de l’eau, que puisqu’il y a eu formation d’acide carbonique et d’ammoniaque, l’eau et l’acide cyanique ont été en partie décomposés, qu’il s’est produit du carbonate d’ammoniaque, lequel a été à son tour décomposé par une partie d'acide cyanique qui a chassé l’acide carbonique et a formé de Vurée. Voici cette dernière réaction :

H3 Az, HO, C2 Az 0 ^ H4 C2 Az2 02

Cyanate d'ammomaqae. Urée.

Une autre portion d’acide cyanique a été changée en eyamélide.

Si l’on fait passer de la vapeur d’acide cyanique sur des morceaux de glace, ceux-ci fondent rapidement, et l’on obtient une dissolution aqueuse d’acide cyanique qui, du reste, ne tarde pas à se décomposer, comme je viens de le dire, dès qu’il a pris la température de l’air environnant.

Si l’on fait arriver dans un récipient bien sec de la vapeur d’acide cyanique et du gaz ammoniac bien desséché, il se forme du sous-cyanate d’ammoniaque pulvérulent, cristallin et très-léger, et non de l’urée ; par la plus légère action de la chaleur, ce sel , solide ou dissous dans l’eau , perd son excès d’ammoniaque et se change en cyanate d’ammoniaque {urée;. Tout autre cyanate , celui de plomb ou d’argent, décomposé par l’ammoniaque ou par le sel ammoniac , fournit également un souscyanate d’ammoniaque qui a besoin, pour être converti en cyanate {urée) , de perdre une poi'tion d’alcali.

La vapeur d’acide cyanique est rapidement absorbée par l’alcool absolu; il y a élévation de température, ébullition sans dégagement de gaz, et il se précipite des cristaux blancs composés d’acide cyanique, d’alcool et d’eau de cristallisation {éther cyanique). (Voy. Éther cyanique, t. II.)

L’acide cyanique forme avec les bases des cyanates = MO, Cy 0.

Préparation de l’acide cyanique hy^raié. Oh expose l’acide cyanurique pur à la chaleur de l’eau bouillàri'fè , pour le priver de son eau de cristallisation ; on l’introduit après dans une petite cornue qu’on chauffe peu à peu, jusqu’à ce qu’enfin elle commence à rougir. On adapte au col de la cornue un récipient,' et on l’entoure d’ûn ‘mélange réfrigérant de glace et de sel marin ; bientôt il distille un liquide incolore , qui ordinairement est légèrement troublé, par une substance blanche surnageante ; cette liqueur est l’acide cÿafliqye^hydraté.

Cy3 03, 3 HO = 3 Gy 0, HO

11 prend encore naissance quand on fait passer du cyanogène dans k dissolution d’un alcali , quand on chauffe les composés du cyanogène avec de l’azotate de potasse, dans la décomposition des matières azotées par le feu , etc.

DE E’ACIDE FCEHIIVIQVE. Cy’OS 2 HO.

L’acide fulminique n’a pas encore été isolé des fulminates qui le renferment, parce qu’il se décompose aussitôt qu’il est mis en liberté; il est isomère de l’acide cyanique, sa composition n’en diffère que par la condensation des éléments. Cependant quelques propriétés le distinguent encore de ce dernier: ainsi le cyanate d’argent ne brûle que faiblement lorsqu’on le chauffe, tandis que le fulminate peut à peine être fouciié sans faire explosion ; les cyanales sont décomposés par l’eau , les fulminates ne le sont pas. (Voy^ fn/mmotes.)

DE E’ ACIDE CYAWIIRIQVE. Cy’^OS 3 HO .

L’acide cyanurique a été décrit par Sérullas, en 1828, sous le nom d’acide cyanique. 11 est toujours le produit de l’art, et résulte, suivant Liebig et Wœlher, qui lui ont donné ce nom, de trois équivalents de cyanogène , de trois d’oxygène, et de trois d’eau. Sérullas n’avait aucunement fait mention de la présence de l’hydrogène dans cet acide. Il est solide, cristallisable en rhombes brillants, transparents, d’une saveur bien marquée, rougissant le papier de tournesol, un peu moins denses que l’acide sulfurique, volatils un peu au-dessus du terme de l’ébullition du mercure, en aiguilles brillantes. L’acide anhydre cristallise en octaèdres réguliers. Quand on chauffe de l’acide cyanurique trihydraté dans une cornue, on obtient bientôt de l’acide cyanurique non décomposé ; une autre partie moins considérable se décompose sans laisser de charbon, et fournit de l’acide cyanique hydraté, qui se condense dans le récipient sous forme d’un liquide transparent, pourvu qu’on refroidisse beaucoup le récipient ; en effet ,

Çe Az3 03, 3 HO ^ 3C2 AzO, HO

kâàt cyanurique. Acide cyanique,

c’est-à-dire trois équivalents d’acide cyanique hydraté.

Si on dirige les vapeurs que donne l’acide cyanurique dans un récipient contenant de l’ammoniaque caustique, il se forme du sou-scyanate

DE l’acide CYÂNILIQüE. 219

d'ammoniaque, qui, par la plus légère élévation de température, perd une portion d alcali et passe à l’état de cyanate {urée). L’acide cyanurique est inaltérable par les acides sulfurique et azotique, dans lesquels il se dissout à l’aide'de la chaleur. Il fournit, avec les bases, des cyanurates qui peuvent être dissous , évaporés par ébullition, redissous et cristallisés plusieurs fois sans éprouver d’altération; on sait aussi quelescyanurales de potasse, de baryte, d’ammoniaque et d’argent, les seuls que Sérullas ait examinés jusqu’à présent , ne sont point fulminants.

On obtient l’acide cyanurique en décomposant, à la température de l’ébullition, le perchlorure de cyanogène par beaucoup d’eau :

Cy3C13,3H0 ^ 3 HCl Cy3,Q3

Perchlorure. A. chlorhydr. ’ A. cyanurique.

On le prépare aussi en décomposant par la chaleur l’acide urique ou l’urée , ou en traitant le mélam , la mélamine , l’ammélide et l’amméline, par les acides. (Voy. Ann. de chim. et dephys., août 1828.)

DE E’ ACIDE CYAUrRXQVE lA'gOECBEE (CTAMÉUOE). G’’ÂzO, HO.

Liebig efWôhler ont désigné ainsi la substance blanche, solide, qui se produit par la décomposition de l’acide cyanique dans l’eau (voy. Acide cyanique, p. 216). 11 est très-sec, compacte, et d’une blancheur éclatante ; il est insoluble dans l’eau , dans les acides azotique et chlorhydrique ; l’acide azotique fumant et l’eau régale ne le décomposent même pas. La potasse caustique le dissout facilement; la dissolution évaporée donne du cyanurale de potasse , et il se dégage du carbonate d’ammoniaque. Distillé, l’acide cyanurique insoluble sec ne fournit que de l’acide cyanique hydraté, absolument comme l’acide cyanurique. On l’obtient comme il a été dit à la page 216 , en parlant de la décomposition de l’acide cyanique par l’eau.

DE I/ACIDE CTAATEIQVE. C®Az®0*, 3 HO.

L’acide cyanilique a été décrit , en 1834 , par Liebig , qui l’a obtenu en faisant bouillir, avec de l’acide azotique concentré , le mellon préparé par la voie sèche au moyen du sulfocyanure de potassium et du chlore. H a la même composition que l’acide cyanurique , et comme lui se transforme, par la distillation , en acide cyanique hydraté. Il est solide et cristallisé en lames nacrées très-blanches. Il a,été peu étudié.

PREMIÊRÉ PARTIE.

DES ACIDES SOiFAZOTÉS.

Les acides sulfazolés peuvent être considérés comme étant composés d’un équivalent d’acide azoteux, de trois équivalents d’eau, et d’un certain nombre d’équivalents d’acide sulfureux. On les obtient en faisant arriver un courant d’acide sulfureux dans une dissolution concentrée d’azotite de potasse. Ils n’existent guère qu’à l’étal de sel , combinés avec la potasse ; l’acide sulfazidique seul a pu être isolé. Voici les noms et la composition de ceux qui sont le résultat de l’action directe de l’acide sulfureux sur l’azotite de potasse :

SO% AzO% 3 HO = H® AzO® S

2 SO^ AzO®, 3 HO = H® AzO'®

Acide sulfazeux. . . . 3 SO^, AzO®, 3 HO = H® AzO'- S®

Acide sulfazique. . . . 4’SO^, AzO®, 3 HO = H® AzO*® S®

Acide sulfazolique. . . 5 SO^, AzO®, 3 HO = H® AzO’® S®

6 SO*, AzO®, 3 HO = H® AzO’® S®

7 SO®, AzO®, 3 HO = H® AzO-» S’

Acide sulfammonique. 8 SO^, AzO®, 3 HO = H® AzO^- S®

Les acides qui résultent de la transformation des précédents sont les suivants :

Acide métasulfazilique. ... H® AzO®» S®

Acide sulfaziiique. ^ . H® AzO*® S*

Acide sulfazidique . H® AzO’ S®

Acide métasulfamidique. . . H® ÀzO*® S®

Acide sulfamidique . H® AzO*» S®

Les acides sulfazotés ne sont stables qu’en présence d’une base énergique; aussi se décomposent-ils lorsqu’on cherche à les isoler ou à les combiner à une base moins forte que la potasse; aucun d’eux ne se combine avec la soude. Sous l’influence d’une légèi'e chaleur ou par l’aelion de l’eau bouillante, ils se transforment en acide sulfurique et en ammoniaque , et il se dégage de l’oxygène ou de l’acide sulfureux.

Exemples. L’acide sulfazeux AzS^ 0^2 donne H^Az, 3 SO^, 03. L’acide sulfammonique = H3 AzS3 022 fournit H3Az, 6 S03, 2S02 (voyez, pour plus de détails , le mémoire de Frémy ; Ann. de chim. èt dephtjs., 3® série, l. XV).

M. Pelouze était parvenu, dès l’année 1835, à produire de l’acide azosulfurique = Az SO®, en faisant réagir du gaz bioxyde d’azote sur les sulfites alcalins à une température de — 10 à — 20°. Cet acide n’a pu être retiré de ses combîbaisons. (Ann. de phys. et de chim., t. LX.)

DE l’acide FLUOEHYDRIQÜE.

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