H6 C4 02 S03 HO , = S03, 3 HO
Alcool. ^ A. sulfuriq. Bicarbure.
Gette explication n’est pas soutenable depuis que M. Mitscherlich a prouvé, en faisant arriver peu à peu des vapeurs d’alcool sur un mélange de 100 p. d’acide sulfurique concentré et de 30 parties d’eau chauffée à 160°, qu’il se dégage de l’eau et du bicarbure d’hydrogène gazeux, et que la quantité d’eau qui se volatilise est exactement égale à celle qui formerait de l’alcool avec le bicarbure d’hydrogène ; il est évident que, s’il se dégage de l’eaù , celle-ci ne peut pas servir à trihydrater l’acide sulfurique SO^ HO. On sait d’ailleurs que la proportion d’acide sulfurique indiquée peut transformer en eau et en bicarbure d’hydrogène une quantité presque indéfinie d’alcool. Il ne reste plus , pour expliquer la formation de ce bicarbure, que l’influence de la force catalytique (voy. p. 9); c’està-dire que , par sa présence, l’alcool est transformé en eau et en bicarbure, sans que l’acide prenne la moindre parcelle de cette eau.
Si , au lieu d’arrêter l’opération lorsque la matière commence à se carboniser, on la poussait plus loin , le mélange noircirait,se boiu-soufle-
DC GAZ DOUBLE BICARBÜRE d’hYDROGÊN'E, 253
rait considérablement, et il resterait dans la cornue une matière noire contenant de l’acide sulfurique, de l’acide sulfovinique = C< 0, HO, 2 SO^, et un corps noir dont la formule serait 0*®. J’ai déjà dit qu’il
se dégagerait de l’acide sulfureux et de l’acide carbonique; d’où il suit (ju’une partie de l’acide sulfurique aurait été décomposé.
Dr 6AZ DOrBLE BICABBERE D’HVDBOCÈVE. (7.
Ce gaz est incolore, permanent à la température ordinaire , liquéfiable à — 18° c., d’un poids spécifique de 1,86 à 1,93. Approché d’un corps en combustion, il brûle avec une flamme brillante qui possède un pouvoir éclairant plus considérable que celui de tous les autres gaz. L’eau le dissout à peine; l’acide sulfurique peut en prendre environ cent fois son volume. Il se combine avec un volume de chlore égal au sien , et donne lieu à un liquide analogue à celui que produit le bicarbure d’hydrogène dans les mêmes circonstances.
Un volume renferme quatre volumes de vapeur de carbone ( deux équivalents) et quatre volumes d’hydrogène (deux équivalents), il exige donc six volumes de gaz oxygène pour être complètement brûlé: savoir, quatre pour le carbone et deux pour l’hydrogène ; il se forme de l’acide carbonique et de l’eau. Il est deux fois plus condensé que le bicarbure d’hydrogène.
Préparation. On soumet à une pression de 30 atmosphères le gaz provenant de la distillation des corps gras , le liquide obtenu étant distillé se partage en plusieurs produits inégalement volatils; le plus volatil de tous, chauffé, fournit ce gaz (Faraday). - •
:Éclalrage an gaz.
La première idée de cet éclairage est due à Lebon, ingénieur français, qui la mit en pratique en Angleterre en 1786; en distillant du bois pour obtenir de l’acide acétique et du charbon , il s’éclaira avec le gaz qu’il recueillit pendant l’opération. Six ans après, Murdoch employa avec plus d’avantage le gaz provenant de la distillation de la houille. Plus tard, on a fait usage d’autres matières, telles que les huiles, les graisses, les goudrons, le marc de raisin, la lie de vin^
L’expérience a démontré que
100 litres de cannel coal donnée t . . . 32,000 litres de gaz.
100 litres de houille anglaise de l""® qualité donnent 25,000 id.
100 litres de bouille du nord de la France donnent. . 21,C00 litres de gai
100 litres de brai sec donnent . 89,121 id.
100 litres d’huile donnent . 83,000 id.
100 litres de mare de raisin . . .
100 litres de lie de vin.* . . .
Composition. La composition du gaz de l’éclairage varie suivant la nature du corps qui l’a fourni. Voici les noms des gaz et des vapeurs dont on a constaté la présence dans ce gaz jusqu’à ce jour : Vhydrogène, V oxyde de carbone, le proto, le bicarbure d'hydrogène, le gaz douile bicarbure d’hydrogène (ce dernier se produit exclusivement pendant U distillation des corps gras), le gaz acide carbonique, le carbonate d’ammoniaque, Vazote, le sulfure d’ ammoniaque, le cyanogène, le sulfure de carbone, des carbures ligué fables, de la naphthaline, de la paranaphthaline, de la benzine, etc. Parmi ces corps, il en est qui sont incombustibles, et qui diminueraient l’intensité de la lumière, si on ne les séparait pas des gaz éclairants. Le !)*■ Henry a vu, en expérimentant sur la Imuille, que les quantités relatives des gaz composant le gaz éclairant qu’elle donnait variaient aux diverses époques de l’opération. Voici les résultats qu’il a constatés :
Au commencement
Densité.
Bicarbure
d’hydrog.
Protocarb.
d’bydrog.
Oxyde de carbone.
Hydrogène.
iuit
de l’opération. .
Après 5 heures. . .
Après 10 heures. .
On sait aussi que si l’on compare le pouvoir éclairant du gaz de plusieurs origines, on trouve que 106 à 110 litres de gaz de la houille, que 58 à 60 litres de gaz de la résine, et que 38 à 30 litres de gaz de l’huile, brûlent pendant une heure, en produisant la même quantité de lumière qu’une lampe de Garcel , qui brûle 42 grammes d’huile de colza purifiée.
Le gaz extrait de la houille, étant celui dont on se sert le plusordinairement, me servira d’exemple pour la préparation de ce produit.
On introduit dans des cylindres de fonte placés horizontalement datw un four des morceaux de houille gi’asse; l’appareil, après avoir été ;rmé avec soin, est chauffé jusqu’au rouge-cerise; alors la houille se ’écompose; il se forme du gaz qui, par des tubes' placés à la partie antérieure du cylindre, va se rendre dans un barillet rempli d’eau, qui tout à la fois sert à refroidir un peu de gaz et à empêcher toute communication de l’air extérieur avec Tintérieur de l’appareil. Après
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avoir trava^ ce liquide, il se rend dans un condenseur qui sert à retaiir le goudron et l eau chargée des sels ammoniacaux qui se prodoisent et qui ont été entraînés par le gaz ; de là on fait passer celui-ci dans le dépurateur, qui consiste en deux cavités, ordinairement en maçonnerie, où l’on place les uns au-dessus des autres plusieurs lits de mousse sur laquelle on a répandu de la chaux vive en poudre.
Le gaz arrive par la partie inférieure dans le dépurateur ainsi disposé, et sort par la partie supérieure , après avoir traversé la couche de mousse et de chaux , qui l’a débarrassé en grande partie de l’acide suifhydrique qui lui donnait des propriétés si nuisibles. De là il est conduit sous une cloche en tôle, appelée gazomètre, placée sur l’eau , et qui sert de réservoir pour l’accumulation du gaz jusqu’à ce qu’il soit transporté, au moyen de tubes, au lieu de consommation. Ce n’est que par une pression convenablement calculée que le gaz peut, en sortant du gazomètre, parcourir tous les tuyaux qui lui livrent passage, avec la vitesse nécessaire pour qu’en ouvrant les robinets qui les terminent au lieu de consommation, il soi’te en un jet toujours égal et qui n’en laisse passer que la quantité qui peut être brûlée dans le même temps. Celte pression peut êti-e évaluée communément à celle qu’exercent 3 centimètres d’eau répandue à la surface du gazomètre. Tout le monde connaît aujourd’hui la lumière éclatante que l’on obtient par ce moyen ; mais on sait aussi quels inconvénients lui sont inhérents, indépendamment des explosions terribles qu’il peut causer dans tous les lieux où il s’accumule , quand il a été mélangé avec l’air atmosphérique.
Il n’est jamais débarrassé de tout le gaz sulfhydrique formé aux dépens des sulfures que l’on trouve toujours dans les houilles : aussi noircit-il toutes les dorures, les peintures blanches faites avec le carbonate de plomb, et altère-t-il les couleurs des tissus avec une grande rapidité ; cependant on donne la préférence à la houille, pai’ce qu’elle est trèscommune, d’un très-bas prix, et qu’elle fournit , outre le gaz de l’éclairage, du coke.
Le gaz qui résulte de la décomposition des matières grasses et résineuses n’offre pas les inconvénients qui viennent d’être signalés; mais comme il contient une très-grande proportion d’oxyde de carbone , et qu’il est très-vénéneux, il peut occasionner des accidents fâcheujÿ s’il échappe à la combustion.
Le gaz à^hiùle et de résine est plus éclairant que celui de la houill^ parce qu’il contient plus de bicarbure d’hjdrogène gazeux et divers carbures d’hydrogène très-volatils ; il ne renferme d’ailleurs ni de l’acide sulfhydrique, ni du sulfure de carbone, ni de l’ammoniaque, substances
qui se trouvent ordinairement dans le gaz de la houille mal éfmréç.
Les corps gras et les résines ne peuvent être réduits en gaz qu’en 1« faisant tomber par petites portions dans des cornues convenableraenl chauffées et contenant du coke pour multiplier le contact des prodoits volatils.
Le charbon que l’on trouve dans les cylindres après la calcination de la houille porte le nom de coke; c’est du charbon presque pur, ne contenant plus que les matières minérales fixes que la chaleur n’a poini décomposées ni dégagées ; c’est un excellent combustible.
Dans ces derniers temps, M. Gillard est parvenu à produire un gaz trèséclairant , en faisant arriver sur du platine incandescent du gaz hydrogène obtenu en décomposant de la vapeur d’eau par du charbon ou par du fer chauffés au rouge (voy. Journ, depharm., février 1850).