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DES COMPOSÉS DE PHOSPHORE ET D’HYDROGÈNE

On compte aujourd’hui trois composés différents d’hydrogène et de phosphore, savoir :

Un phosphore solide . . . . = H PL*

Un phospbure liquide . = H® Ph

Un phosphure gazeux (non spontanément inflammable) = H® Ph

J’emprunte à MM. Leverrier et Paul Thénard les principaux faits sur la constitution de ces corps.

DV phospbure: solibe: (hxdkvbe de phosphore). H Ph^ PquîTalent = 812,50.

Il a été découvert en 1835 par M. Leverrier. Il est solide, floconneux, jaune-serin, plus dense que l’eau., insipide, d’une légère odeur alliacée. Chauffé avec le contact de l’air, il ne s’enflamme qu’à 160"; au delà de 175°, il se décompose en hydrogène et en phosphore, si on le chauffe au

e"ieu du gaz acide cai'bonique. Il est insoluble dans l’eau et dans l’al- 1. Une goutte d’acide azotique fort l’enflamme sui'-le-champ, et il le avec une longue flamme. C’est lui qui se dépose lorsque le gaz phosphm’e d’hydrogène, spontanément inflammable, se décompose par l’action de la lumière solaire ou diffuse.

Préparation. On reçoit dans l’acide chlorhydrique liquide le gaz spon-

DES PHÔSPnCRES D^HYDRCKiÈNE. 25 i

fanément inflammable; le phosphure solide se déposé, ôn lé lave à l'eau froide et on le dessèche rapidement dans la machine pneumatique.

Il est sans usages.

Di: PBD^PmrBE I.1QI:idE. h* Pb. Équlralent == 425.

Il a été découvert en 1844 par M. Paul Thénard. Il est incolore, transparent, d’une tension considérable; il reste liquide à — 10°. 71 s’enflamme avec une extrême énergie au contact de l’air, et il brille avec une flamme blanche douée de l’éclat le plus vif. 11 détermine à froid l’inflammation des gaz formés d’éléments combustibles , tels que le cyanogène, l’hydrogène, le bicarbure d’hydrogène, le phosphure d’hydrogène non inflammable spontanément Ph , etc. ; c’est en quelque sorte un ^ incendie qu’une étincelle allume, et qui continue tant que la flamme ‘trouve un aliment. Exposé à la lumière solaire et même à la lumière diffuse, il se change rapidement en phosphure jaune solide et en gaz phosphure d’hydrogène non spontanément inflammable; celte facile décomposition rend très-dangereuses les expériences sur le phosphure d’hydrogène liquide.

5 H2 Ph H Ph2 3 H3 Ph

Phosphore liquide. Phosphure solide. ’ Phospb. uon spoutaném. inflamm.

Le dédoublement dont je parle, en deux autres phosphures, s’opère encore plus promptement, lorsqu’on met le phosphure liquide en contact avec les acides chlorhydrique, bromhydrique, le chlorure de phosphore, etc.

Préparation. Il suffit, pour obtenir ce corps, de faire arriver dans des tubes recourbés en ü le gaz phosphure d’hydrogène spontanément inflammable qui se produit lorsqu’on met dans l’eau du phosphure de calcium ; on ne tarde pas à recueillir le phosphure d’hydrogène liquide. Le phosphure de calcium employé à cet effet est composé de deux équivalents de phosphate de chaux et de cinq de phosphure de calcium (voy. Calcium).

DV PBOSPJBICDE GAZECXC HYDROCÈSE PHOSPHORE NON SPONTANÉHBNX

iNFLAMMABtE ). Ph. Équivalent = 437, .50.

Il est incolore, permanent, élastique comme l’air, d’une odeur alliacée, d’une densité de 1,185, sans action sur le tournesol. L’eau enabs-orbe un huitième de son volume. Il ne brûle pas spontanément

258 PREjnÈRE PARTIE.

à l’air ni dans le gaz oxygène , cependant il détone lorsqu’il est mêlé avec ce gaz à l’approche d’un corps enflammé; il se forme de l’eau, et, suivant les proportions d’oxygène, il se produit de l’acide phosphorique ou de l’acide phosphoreux. Il suffit d’une température de 100° pour que le gaz s’enflamme ; mélangé avec un atome de phosphure liquide, il s’enflamme instantanément.*

Préparation. On l’obtient pur en projetant du phosphure de calcium dans de l’acide chlorhydrique presque fumant, au moyen d’un tube ver- i tical plongeant dans le liquide acide ; il se forme , en même temps que ce gaz, une quantité considérable de phosphure solide, qui reste en i

suspension dans l’acide chlorhydrique sans y subir d’altération. On peut i

encore préparer ce gaz en chauffant, en vaisseaux clos, l’acide phosphoreux concentré jusqu’à consistance de sirop. I

DU phosphure: D’HÏDROGÈXE eAZPU:K (HXDEOeÈlVE PERPHOSPHOBÉ SPONTANÉMENT INFEAMMABLE ).

Ce gaz ne constitue pas un corps particulier, comme on l’a cru pendant j longtemps; il est formé de phosphure gazeux non inflammable Pli, mélangé d’une très-petite quantité de phosphure liquide, auquel il doit la propriété de s’enflammer spontanément. La présence de ce ' phosphure liquide dans ce gaz ne peut être mise en doute, puisqu’il suffit d’un simple abaissement de température pour l’en séparer.

Veut -on savoir maintenant pourquoi le gaz spontanément inflammable perd la propriété de s’enflammer spontanément lorsqu’on l’abandonne à lui-même , à la lumière solaire ou diffuse ; c’est que le phospliure liquide qu’il contenait d’abord s’est décomposé en phosphure jaune solide qui se dépose, et en phosphure d’hydrogène non inflammable Ph. Déjà M. Leverrier avait annoncé que ce gaz n’était pas un corps particulier, mais il l’avait cru formé de phosphure d’hydrogène non inflammable et de phosphure d’hydrogène solide.

Le phosphure d’hydrogène spontanément inflammable paraît prendre naissance dans les cimetières et dans tous les lieux où il y a putréfaction de matières animales phosphorées. Lorsqu’on le laisse échapper bulle à bulle dans l’atmosphère, il se produit, outre la flamme; une fumée blanche circulaire, ayant la forme d’un anneau horizontal qui s’élargit à mesure qu’elle s’élève, si toutefois l’atmosphère est tranquille: cette fumée est composée de l’eau et de l’acide phosphorique qui résultent de l’aeiion qu’exerce l’oxygène de l’air sur le gaz hydrogène et sur le phosphore. Thomas Thomson assure que la combinaison des deux gaz n’est

DE l’hydrogène azoté.

accompagnée de flamme qu’autant quïl se produit assez de chaleur pour que la température soit au moins à 640 therm. cent. La flamme est bien plus éclatante si l’on fait arriver le gaz bulle à bulle dans un flacon à moitié rempli de gaz oxygène et d’eau.

Préparation. On obtient le gaz inflammable spontanément en décomposant la plupart des hypophosphites par le feu , ou en faisant agir les alcalis sur le phosphore et sur l’eau. Pour se le procurer d’après ce dernier procédé, on introduit dans une petite fiole munie d’un tube recourbé line bouillie faite avec douze parties de chaux vive éteinte par l’eau, une partie de phosphore coupé en petits fragments, et un peu d’eau; on chauffe graduellement ce mélange, et l’on ne tarde pas à obtenir’du gaz phosphure d’hydrogène, que l’on recueille sur le mercure 'lorsqu’il s’enflamme spontanément, et que l’air de l’appareil s’est dégagé ; il reste dans la fiole du phosphate de chaux avec excès de chaux : d’où il suit que l’eau a été décomposée; l’oxygène a acidifié une portion du phosphore, tandis que l’hydrogène en s’emparant de l’autre portion, a donné naissance au gaz dont je parle. On peut aussi l’obtenir en mettant dans la fiole 8 ou 12 grammes d’une dissolution concentrée de potasse, et 75 à 95 centigrammes de phosphore; dans tous les cas, le. gaz qui se dégage vers la fin de l’opération ne s’enflamme plus spontanément.

DE li’HYDBOeÈlVE AZOTÉ. H’ ÂZ. É^nlTalent =: 212,50.

L’ammoniaque ( alcali volatil des anciens chimistes ) n’existe jamais pure dans la nature; on la trouve souvent, combinée avec des acides, dans l’urine de l’homme, dans les excréments des chameaux, dans les produits de la putréfaction d’un très-grand nombre de substances animales , enfin dans quelques mines d’alun. Séparée par l’art des composés qui la renferment, l’ammoniaque se présente à l’état gazeux.

gaz ammoniac est incolore, doué d’une odeur forte, pénétrante, et d’une saveur âcre, caustique ; il est beaucoup plus léger que l’air; son poids spécifique est de 0,597 ; il verdit le sirop de violettes avec beaucoup d’énergie et rétablit la couleur bleue du papier de tournesol roùgi par un acide. Il éteint les corps enflammés, après que le disque de la flamme a été agrandi. Le gaz ammoniac , parfaitement sec , se condense en un liquide incolore par un simple refroidissement à 40° — 0. A-f- 10°, il peut être liquéfié si on le soumet à une pression équivalente à celle de six atmosphères et demie ; on l’obtient facilement sous cet état en chauffant légèrement, dans un tube en verre résistant et fermé aux deux bouts.

du chlorure d’argent saturé de gaz ammoniac sec ; l’ammoniaque se dégage et vient se liquéfier dans la partie du tube que l’on a entourée d’un mélange réfrigérant ; ainsi liquéfié, il offre une densité de 0,76. Faraday a solidifié le gaz ammoniac en l’exposant au froid qui résulte d’un mélange d’acide carbonique solide et d’éther; dans cet état, il est blanc , cristallin , transparent , d’une odeur faible, et plus pesant que l’ammoniaque liquide.

Si, après l’avoir bien desséché au moyen de la potasse cassé^en petits morceaux (1) , on le fait passer dans un tube de porcelaine chauffé audessus du rouge-cerise, verni intérieurement, luté extérieurement, ne renfermant dans sa capacité aucun fragment de bouchon, il ne se décompose qu’imparfaitement; mais si le tube contient des fragments de porcelaine, ou mieux des fils métalliques de fer, de cuivre, d’argent, de platine ou d’or, le gaz ammoniao se décompose en totalité ou en grande partie; la portion décomposée est transformée en hydrogène et en azote dans le rapport de 3 à 1 en volume; et l’expérience prouve: 1“ que le poids des métaux employés augmente d’une quantité notable; le fer, par exemple, peut prendre jusqu’à 11,5 pour 100 d’augmentation de poidiT (2) ; 2” que leur poids spécifique diminue : la densité du fer est quelquefois réduite à 5, et celle du cuivre à 6,5 ; 3° que le fer et le cuivre jouissent de celte propriété à un plus haut degré que les autres métaux, puisqu’il faut huit fois plus de platine que de fer pour produire le même effet ; 4° que plusieurs d’entre eux changent de propriétés physiques : le fer, par exemple, et le cuivre deviennent cassants; 5° enfin , que leur action est d’autant plus grande que la température est plus élevée. M. Despretz attribue les diverses altérations qu’apporte l’action du gaz ammoniac dans les propriétés des métaux à la combinaison durable ou instantanée entre l’azote de l’ammoniaque et ces métaux ( Annales de chimie, octobre 1829).

D’après M. Grove, le gaz ammoniac double de volume se décompose et fournit trois volumes d’hydrogène et un d’azote, loî’squ’on le met en contact avec un fil de platine rendu incandescent par une batterie voltaïque.

En faisant passer, au moyen de la bouteille de Leyde, deux ou trois

(!) Le chlorure de calcium , dont on se sert avec tant d’avantage pour dessécher les gaz , ne saurait être employé ici , parce qu’il absorbe le gaz ammoniac- (2) D’après M. Schrœtter, le cuivre u’augmenferait pas de jîoids {Journal de pharm. , 18 î2).

DE l’iJYDROGÈNE AZOTÉ. 26 1

cents décharges électriques à travers une petite quantité de gaz ammoniac , on le décompose en gaz hydrogène et en gaz azote.

A la température ordinaire, le gaz oxygène n’agit point sur lui ; mais si on chauffe le mélange au moyen d’une bougie allumée ou d’une étincelle électrique, le gaz ammoniac est décomposé; l’oxygène s’empare de son hydrogène pour former de l’eau ; une petite partie du gaz azote s’unit aussi avec l’oxygène et produit de l’acide azotique ; mais la majeure partie du gaz azote est mise à nu. Le soufre en vapeur décompose le gaz arflmoniac, et il en résulte un mélange de gaz hydrogène et de gaz azote et du sulfhydrate d’ammoniaque, dont une partie contient un excès de soufre. Le charbon rouge le décompose et donne naissance à du gaz hydrogène et à du cyanhydrate d’ammoniaque.

2H3Az 2G ^ H3 Az, HC^Az 2H

Ammoniaque. Carbone. Cyanhydrate d’amm. Hydrogène.’

L'hydrogène est sans action sur le gaz ammoniac.

Si l’on introduit quelques bulles de chlore gazeux sec dans une cloche presque pleine de gaz ammoniac également sec , disposée sur la cuve à mercure, celui-ci est rapidement absorbé et en partie décomposé; il y a dégagement de calorique et de lumière : l’hydrogène de la portion de gaz ammoniac décomposé forme, avec le chlore , de l’acide- chlorhydrique , qui., se combinant dans le même instant avec l’ammoniaque non décomposée , donne naissance à des vapeurs blanches épaisses de chlorhydrate d’ammoniaque anhydre : l’azote provenant du gaz ammoniac décomposé est mis à nu et reste dans la cloche. On obtient les mêmes produits si l’on met ensemble l’ammoniaque et le chlore, l’un et l’autre à l’état liquide, ainsi que je l’ai dit à l’article Azote,

4 H3 Az 3 Cl ^ 3H3 Az, HCl Az -

Ammoniaque. ’ Chlore. Chlorhydrate. Azote.

En admettant que l’ammoniaque soit de V oxyde d'ammonium (voyez p. 264) , les vapeurs blanches seraient formées de chlorure d’ammonium anhydre, et dans ce cas il faudrait supposer qu’un équivalent d’hydrogène d’une partie de l’ammoniaque décomposée se serait porté sur l’oxygène de la portion d’ammoniaque non décomposée, pour former de l’eau et donner naissance à de V ammonium — Az.

Le brome agit sur l’ammoniaque, comme le chlore.

Si l’on met en contact de Viode et du gaz ammoniac parfaitement secs, OQ obtient sur-le-champ un liquide visqueux, d’un aspect métallique.

considéré par les chimistes comme H9 P Az^, et que M, Millon, est disposé à croire formé d’iodhydrate d’ammoniaque et d’azoture d’iode; cet azolure ne tarde pas à s’emparer d’une nouvelle quantité de gaz ammoniac, et donne naissance à un liquide moins visqueux, d’un rouge brun , qui, d’après Sérullas, constitue un azoture avec excès d’ammoniaque. Aucun des deux n’est détonant ; mais si on le verse dans l’eau , on obtient de l’azoture d’iode sous forme d’une poudre fulminante, et de riodhydrate d’ammoniaque. Si l’on agit à chaud, l’iode décompose l’ammoniaque et donne de l’acide iodhydrique et de l’azote.

L’azote est sans action sur le gaz ammoniac.

Exposé à Vair, ce gaz ne subit aucune altération à froid et ne répand point de vapeurs , quoiqu’il soit excessivement soluble dans l’eau. Si la température est élevée, on observe les mêmes phénomènes que ceux que produit sur lui le gaz oxygène, mais à un degré plus faible. Cependant, si l’on fait passer un mélange d’air et de gaz ammoniac à une température de 300“ sur de l’éponge de platine , tout le gaz ammoniac est transformé en acide azotique, aux dépens de l’oxygène de cet air (Kuhlmann).

Veau, à la température et à la pression ordinaires, peut en dissoudre 670 fois son volume, ce qui fait à peu près le tiers de son poids. On peut s’assurer de cette grande solubilité du gaz ammoniac , par les moyens employés pour prouver celle du gaz acide chlorhydrique. Il est aisé de prévoir qu’un morceau de glace doit être liquéfié par ce gaz aussi vile que par des charbons ardents.

L’ammoniaque liquide, connue sous le nom à’ alcali volatil , à’alcali fluor, d’esprit de sel ammoniac, est la dissolution de ce gaz dans l’eau. Elle est incolore ; son odeur, sa saveur, et son action sur le sirop de violettes, sont les mêmes que celles du gaz. Si elle est très-concentrée, on peut l’obtenir cristallisée en aiguilles, en la soumettant lentement à un froid de 40“ ; chauffée , elle laisse dégager presque tout le gaz , et s’affaiblit ; son poids spécifique est de 0,9054 loi'squ’elle est formée de 23,37 de gaz ammoniac et de 74,63 parties d’eau ; il est au contraire de 0,9713 si le gaz ammoniac dissous n’est que 7,17 , et l’eau 92,83. Lorsqu’on fait passer du cyanogène sur l’ammoniaque liquide , on obtient du cyanhydrate d’ammoniaque, une grande quantité de matière charbonneuse, d’un brun foncé, de l’oxalate d’ammoniaque et de l’urée, qui peut être considérée comme du cyanate d’ammoniaque. (W'^œhler.)

Le bioxyde d’azote et le gaz ammoniac sont décomposés sous l’influence du platine excessivement divisé ; tout l’hydrogène de l’ammoniaque passe à l’état d’eau en se combinant avec l’oxygène du bioxyde, et l’azote contenu dans les deux corps devient libre.

DE l’hydrogène azoté. 263

Les ox<icides hydratés forment avec l’ammoniaque des sels qui contiennent constamment un équivalent d’eau. Les hydracides donnent des sels qui renferment l’hydracide et les éléments de l’ammoniaque , tandis qu’ils fournissent avec les oxydes métalliques des sels terminés en ure (voy. p. 226). Les acides anhydres , au lieu de former des sels proprement dits avec l’ammoniaque, donnent naissance à des amides. Gay-Lussac a prouvé que les combinaisons du gaz ammoniac avec les acides gazeux avaient lieu dans des rapports très-simples , c’est-à- , dire avec la moitié de son volume, ou avec un volume égal au sien ou double de l’acide gazeux.

Les chlorures de phosphore , de silicium , et plusieurs chlorures métalliques , se combinent avec l’ammoniaque , et donnent des composés analogues aux sels , dans lesquels l’ammoniaque joue le rôle de base , et le chlorure celui d’acide (Persoz , Ann. de chim. et dephys., t.XLIV).

Caractères distinctif. Gaz incolore, d’une odeur sm verdis¬

sant le sirop de violettes, et répandant des fumées blanches épaisses de chlorhydratM^ammoniaque lorsqu’on en approche un tube trempé dans de l’acide chlorhydrique liquide.

Usages et mode d’action. On emploie Tammoniaque comme réactif dans les laboratoires. Son action sur l’économie animale est des plus m^^^ trières; elle enflamme fortement les tissus avec lesquels on la met e^^HÉ tact , et parait agir comme un puissant stimulant du système ne^B^ Respiré à l’état de gaz, ou introduit dans l’estomac à l’état liquide et concentré, ce corps ne tarde pas à développer des symptômes inflammatoires et nerveux qui sont bientôt suivis de la mort, s’il a été employé en assez grande quantité et à un certain degré de concentration. Son action est beaucoup moins vive lorsqu’on le prend affaibli : dans ce cas , il augmente la chaleur générale, la fréquence du pouls et la transpiration ; il provoque la sueur, et fait souvent reparaître des phlegmasies qui étaient supprimées. Les médecins peuvent par conséquent s’en servir avec succès lorsqu’il est administré avec prudence. Tantôt on l’introduit dans l’estomac, tantôt on l’applique à l’extérieur, tantôt enfin on l’emploie à l’état de gaz. On le fait prendre intérieurement dans certaines fièvres dites putrides accompagnées d’affaissement, afin de déterminer la crise par les sueurs ; dans certaines fièvres ataxiques lentes, dans les maladies éruptives rentrées ou dans celles dont l’éruption est difficile, dans les affections rhumatismales lentes, dans les piqûres de divers reptiles et insectes venimeux. On l’associe , suivant l’indication que l’on veut remplir, à des potions toniques ou sudorifiques, et on en met 20 ou 30 gouttes dans 160 grammes de potion que l’on fait prendre par cuil-

lerées: il vaudrait mieux, attendu la grande volatilité de ce méfiieament, ne le mêler à la potion qu’au moment’où le malade doit en prendre une cuillerée. On l’applique à l’extérieur dans des brûlures récentes, afin d’em^cher l’inflammation et les phlyclènes de se développer, dans plusieurs maladies lentes des muscles, des glandes lymphatiques, dans le rhumatisme chronique, dans les engorgements laiteux des mamelles qui ne sont pas anciens, dans la gale, les dailres, l’œdème. On l’injecte quelquefois dans le vagin pour exciter la membrane muqueuse, et rappeler une phlegmasie locale supprimée. Dans ces diverses circonstances, on emploie l’ammoniaque liquide étendue d’eau, ou bien un liniment préparé avec 1 partie d’ammoniaque et 10 d’huile, ou bien enfin on se.sert de sachets remplis d’une poudre composée de 3 parties de chaux etlde sel ammoniac, mélange dont il se dégage de l’ammoniaque. On fait usage de ce médicament liquide concentré pour brûler les morsures des reptiles venimeux et les piqûres de certains.jnsectes. A l’état de ffaz^ il a été employé dans l’amaurose imparfaite, ^ousïorme de fumigations ; on le fait respirer dans la syncope , l’asphyxie^ pour prévenir les attaques d’épifépsie, etc. En général , dans la plupart des cas , il suffit d’approcher du nez un flacon contenant de l’ammoniaque liquide, et il faut suspendre l’emploi de ce médicament aussitôt que le malade relui-même, crainte d’enflammer, par l’action trop prolongée du ^^Hque, la membrane muqueuse pulmonaire.

^Composition. Lorsqu’on décompose 100 parties en volume de gaz ammoniac par l’étincelle électrique, on obtient 150 parties de gaz hydrogène et 50 de gaz azote en volume : le gaz ammoniac est donc formé d’un volume et demi d’hydrogène et d’un demi-volume d’azote, condensés de manière à ne former qu’un volume. En déterminant le poids de ces volumes d’après le poids spécifique des deux gaz , on trouve le gaz ammoniac formé de 100 parties d’azote et de 21,4 d’hydrogène en poids. Si on calcule sa composition en admettant qu’il est composé de trois équivalents d’hydrogène, qui pèsent 37,50, et d’un équivalent d’azote, dont le poids est 175, on le trouvera composé de 100 d’azote et de 21,54 d’hydrogène en poids. V équivalent d’ammoniaque pèsera donc 212,50.

Ammonium. Si l’on considère attentivement les propriétés de l’ammoniaque, on est porté à l’assimiler aux oxydes métalliques, puisque, comme plusieurs d’entre eux, elle bleuit le tournesol rougi, qu’elle a la propriété de s’unir aux acides pour former des sels ; il était donc naturel de supposer, comme le fit Berzelius, que l’ammoniaque n’était que l’oxyde gazeux d’un métal tout particulier : de là l’idée de soumettre l’ammoniaque à l’influence de la pile, comme Davy venait de le faire

DE l’hYDROGÈXE azoté.

avec tant de succès pour les oxydes de potassium, de calcium, etc., qui jusqu'alors avaient été re^rdés comme indécomposables. Ce fut cependant en vain que l’on mit de l’ammoniaque seule en communication avec les deux pôles d’une pile : ses éléments furent seulement dissociés , et l’on obtint de l’hydrogène et de l’azote. Mais si , au lieu de la soumettre uniquement à cette influence, on y joint celle du mercure, les phénomènes changent aussitôt ; ainsi , que l’on place un peu de mercure dans de l’ammoniaque liquide ou dans une petite capsule faite avec du sel ammoniac ; si dans celte capsule , préalablement humectée (1) , on met le pôle négatif de la pile en contact avec le mercure, et le pôle positif avec l’extérieur de la capsule, c’est-à-dire avec le sel ammoniacal lui-méme, on ne tarde pas à voir le mercure augmenter considérablement de volume, prendre une consistance de beurre, tout en conservant. un éclat métallique fort brillant, et offrir tous les cai'actères d’un véritable alliage.

On peut répéter cette expérience d’une manière plus simple sans avoir recours à la pile. Il suffit de mettre un alliage de potassium et de mercure en contact avec un sel ammoniacal dissous : aussitôt Valliage prend un éclat plus vif, augmente considérablement de volume, et acquiert la même consistance butyreuse que dans l’expérience précédente ; il s’es^^^ donc encore produit ici un alliage entre le mercure et un métal inconn^^^B L’analyse de ce composé peut seule rendre un com^e’exact de cette action curieuse; toujours est-il que la proportion de matière combinée au mercure est très-petite , puisqu’elle forme à peine Viooo lafmasse totale. *

On sait que l’ammoniaque est un composé d’un équivalent d’azote et * de trois équivalents d’hydrogène, que dans cet état elle s’unit aux acides pour former des sels; mais ce qu’il faut surtout considérer, c’est que jamais un sel ammoniacal , composé d’un oxacide et d’ammoniaque, ne peut se former sans l’intervention d’un équivalent d’eau; le sulfate d^nî^ -^^Vi moniaque doit donc être représenté par H* Az (de l’ammoniaque) , plus % de l’acide sulfurique hydraté SO? HO, c’est-à-dire H* Az, SO^ HO; dès lors l’ammoniaque rentre dans la loi commune, et l’on explique facilement ses caractères basiques; en effet, on peut obtenir de cette manière un corps faisant fonction de métal uni à un équivalent d’oxygène. SO® HO, H* Az ne peut-il pas, par exemple, être représenté par S0^H^ Az O, en admettant que l’eau est décomposée , que son hydrogène

(1) Si la capsule n’était pas humectée, le phénomène ne se produirait pas.

s’unit avec H® Az pour constituer Az , c’est-à-dire un métal particulier qui s’empare de l’oxygène pour former un véritable oxyde. Cette manière de voir paraîtra encore plus plausible lorsqu’on saura qu’en chauffaut dans une cloche courbe et sur le mercure une petite partie de l’alliage de mercure, de potassium et du métal supposé, on voit aussitôt se dégager un gaz formé de H®Az,H, c’est-à-dire H*Az,ou le métal dont j’ai parlé tout à l’heure et que l’on a nommé ammonium. Il faut donc admettre qu’au moment de la formation de l’alliage de V ammonium et du mercure, l’eau est décomposée soit par la pile, soit par le potassium ; dans le premier cas , l’oxygène de l’eau se sera dégagé à l’état de liberté , et dans le second , il aura formé de l’oxyde de potassium, que l’on retrouve effectivement dans la liqueur. L’ammoniaque peut donc, comme on le voit, jouer tantôt le rôle de base et tantôt celui d’un métal.

On peut encore obtenir avec l’ammoniaque et le potassium un corps faisant fonction d’un corps simple non métallique, analogue au chlore, au soufre, etc. Pour cela, que l’on introduise un fragment de potassium pur dans une cloche courbe remplie elle-même de gaz ammoniac sec et pur; si l’on chauffe le potassium à l’aide d’une lampe à alcool , on le lit enti'er en fusion et répandre une vapeur verte abondante, en même ips que l’ammoniaque disparaît; mais il reste du gaz hydrogène prônant de YammoniS^ue, et le potassium se trouve uni avec un corps qui ne contient plus que Az , et que l’on appelle amidogène.

Dès lors la série est bien complète : l’ammoniaque , moins un équivalent d’hydrogène, fait fonction de corps simple; avec un équivalent d’hydrogène , elle j oue le rôle d’un métal , et enfin avec un équivalent d’eau, elle constitue un oxyde de ce même métal. Ainsi,

H^Az est le radical amidogène.

— -^*A2 est l’ammonium. Az-flj

H" Az HO est l’oxyde d’ammonium.

H* Az O est l’ammoniaque qui entre dans la composition des sels formés par un oxacide. , 7^'

Des objections sérieuses ont été faites à la théorie de V ammonium , aussi tous les chimistes ne l’adoptent-ils pas.

Préparation. On peut produire l’ammoniaque de toutes pièces , en faisant réagir deux volumes de gaz bioxyde d’azote et cinq d’hydrogène, sous l’influence soit de l’asbeste trempé dans une dissolution de platine et rouge de feu , soit de l’éponge de platine incandescent ( Hare , Journ. de-pharm., mars 1838 ).

DE l’HYDROGÈXE azoté.

H3 Az

immomaqae.

Àz 02

Boxfde d’azote.

Bydn^^èœ

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