DES OXYDES
en particulier; tels sont les acides hypoazotique , hyposulfurique , hypophosphoriqoe , etc. Ces acides, en se combinant avec' les oxydes, sont décomposés et transformés en deux acides, de sorte que l’on obtient des mélanges d’azotate et d’azotite, de sulfate et de sulfite, de phosphate et de phosphite, etc.
Il est des métaux doués de la faculté de décomposer certains oxydes en s’emparant de leur oxygène (voy. Alcalis, pour l’action de certains métaux sur ces corps).
Vammoniaque a la propriété de dissoudre quelques-uns des oxydes métalliques des six dernières classes. Le produit appelé ammoniure jouit quelquefois de la propriété de cristalliser.
Plusieurs oxydes se combinent entre eux, quelques-uns peuvent même être dissous par d’autres ; c’est ainsi que les protoxydes de potassium ou de sodium dissolvent à merveille les oxydes de plomb, de zinc, de titane, etc. C’est même en se fondant sur cette propriété, et sur l’ensemble de celles que j’ai décrites, que l’on a pu classer les oxydes en un certain nombre de catégories formées :
1° Voxydes basiques, c’est-à-dire qui s’unissent bien avec les acides et constituent des sels ; tels sont par exemple ceux de la première classe.
2" Woxydes acides, qui ne se combinent pas avec lés acides , ou qui n’en altèrent pas les propriétés , et qui au contraire se combinent avec les bases ; ces oxydes portent aussi le nom dJ acides métalliques.
3° jy oxydes indifférents, c’est-à-dire tous ceux qui ne se combinent ni avec les acides ni avec les bases; tels sont les bioxydes de baryum, M calcdum , strontium , de. manganèse , &ic.
A° Enfin dioxydes salins, qui comprennent tous ceux qui sont formés de deux oxydes d’un même métal , dont l’un fait fonction de base , et l’autre d’acide : ainsi le minium est un oxyde salin composé de bioxyde et de protoxyde de plomb = PbO^ , PbO ou bien Pb2 0^.
M. Fremy a démontré en 1847 que « plusieurs hydrates d’oxydes métalliques, qui doivent être considérés comme des acides- faibles , ne doivent leur acidité qu’à Veau qu’ils contiennent, et deviennent insolubles dans les alcalis en perdant leur eaji de combinaison {Joum.de pharm .^ mars 1847).
Application électro-chimique des oxydes sur les métaux. On savait qu’en appliquant des métaux précieux , par voie électro-chimique, sur les métaux oxydables , on préservait ceux-ci de l’oxydâtion , ce qui Constitue aujourd’hui un art nouveau, qui a rendu déjà d’éminents services à l’industrie. M. Becquerel père a imaginé d’appliquer sur les métaux altérables, non plus un métal précieux, mais bien une autre couche
ii" oxyde métallique inaltérable, qui les préserve à la manière d’un vernis que les influences atmosphériques sont incapables de détruire. Le procédé général consiste à dissoudre l’oxyde dans un alcali , de manière qu’il remplisse dans la combinaison les fonctions électro- négatives, puis à détruire cette combinaison par un courant électrique faible, de telle sorte que l’oxyde conservateur soit porté au pôle positif et déposé sur la piè-'e de métal, qui y joue le rôle d’électrode. Les oxydes solubles dans la potasse, comme ceux de plomb, de zinc, d’étain, sont dissous dans cet alcali ; on n’emploie l’ammoniaque que pour les oxydes de fer, de zinc, de cadmium et de nickel. Le travail de M. Becquerel n’a porté encore que sur le dépôt d’oxyde de fer îet d’oxyde de plomb. Supposons, pour mieux faire comprendre ce qui vient d’étre dit, qu’il s’agisse de recouvrir le fer d’une couche d’oxyde de plomb : après avoir dissous de la litharge (protoxyde de plomb) dans la potasse, on soumet cette dissolution, étendue d’eau, à l’action d’un couple voltaïque ordinaire à courant constant ; l’eau s’y décompose, et tandis que son hydrogène se dégage au pôle négatif, son oxygène se porte sur le protoxyde de plomb , qu’il transforme en bioxyde inaltérable qui se dépose à la surface du fer et y adhère fortement. On obtient par ce moyen des colorations irisées de nuances magnifiques, aussi éclatantes que celles que nous présentent les ailes des coléoptères des régions tropicales, et que l’on a désignées sous les noms d'anneaux colorés. Ces colorations varient beaucoup suivant que le métal employé offre telle ou telle autre couleur, suivant l’épaisseur des lames d’oxyde appliqué, etc. ; elles sont dues au phénomène des lames minces d’oxyde, qui laissent voir par transparence, .quand il n’y a pas oxydation, la surface métallique sur laquelle elles sont déposées. (Journ. de pharm., mai 1844.)
Composition des oxydes Elle est très-variable; cependant les divers oxydes d’un métal sont composés de telle manière que Ica quantités d’oxygène et de métal. sont, en général , dans un rapport fort simple: le protoxyde renferme le plus souvent un équivalent de métal et un d’oxygène, c’est-à-dire 100 parties de ce dernier; le sesquioxyde contient une fois et demie, et le bioxyde deux fois autant d’oxygène que le protoxyde.
Préparation des oxydes. 1® Quelquefois on calcine le métal avec l’air ou avéc l’oxygène ; 2“ dans beaucoup de cas, on précipite l’oxyde d’un sel soluble par un alcali ; 3“ on peut obtenir des oxydes en calcinantcertains carbonates ou certains azotates ; 4° on en prépare quelques-uns avec le métal et l’acide azotique ; 5° enfin le bioxyde d’hydrogène sert à en former d’autres.
DES PHOSPHÜRES.