‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 67 sur 149 · DES ACIDES · texte numérisé non relu

DES ACIDES

Il existe deux sortes d’acides métalliques: ceux qui résultent de la combinaison immédiate des métaux avec l’oxygène , et qui se dissolvent à froid dans les alcalis, et ceux qui se forment lorsqu’un oxyde métallique est traité par le nitre ou par la potasse chlorée, et qu’il est ainsi soumis à l’influence simultanée d’un alcali et d’un corps oxygénant. Les premiers sont plus stables que les autres, et peuvent former, avec les bases, des sels bien définis et cristallisables ; les seconds sont faciles à décomposer, et perdent une partie de leur oxygène sous de faibles influences. Je citerai parmi les acides de la première série les acides stannique, chromique, molybdique, vanadique, tungstique, columbique, titanique, antimonieux et antimonique. On compte parmi ceux de la seconde série les acides manganiqne, hypermanganique, ferrique, cuprique, etc. L’histoire générale de ces divers acides a le plus grand rapport avec celle des oxydes; aussi me dispenserai -je de la faire ici (voy., pour les détails, chaque métal en particulier).

Tous les phosphures sont solides, inodores, cassants , et plus ou moins fusibles ; aucun ne se trouve dans la nature.

Ceux qui sont solubles décomposent l’eau, et dégagent du gaz hydrogène phosphoré, d’une odeur alliacée et spontanément inflammable s’il est assez abondant.

Ceux qui sont insolubles, chauffés avec du potassium, donnent du phosphore de potassium soluble, qui se comporte. avec l’eau comme je viens de le dire.

Composition. Ils sont soumis, comme les autres corps, aux lois des proportions multiples ; ainsi , le protophosphure contenant 'un équivalent de phosphore et un de métal, le sesqui et le biphosphure devront renfermer une fois et demie ou deux fois autant de phosphore; et comme l’équivalent de phosphore pèse 400 , et que celui d’oxygène ne pèse que 100, il est évident que dans un protophosphure il y a quatre fois autant de phosphore qu’il y a d’oxygène dans le protoxyde du même métal.

Préparation. On ne peut pas employer le même procédé pour combiner le phosphore avec tous les métaux susceptibles de former des phosphures; il est cependant permis d’établir que presque tous les phos-

phures peuvent être obtenus en faisant fondre le métal s’il est facilement fusible, on en le faisant rougir s’il fond difficilement, et en le mettant en contact avec de petits fragments de phosphore. En parlant de l’action de ce corps sur chaque métal en particulier, j’aurai soin d’indiqner lea précautions qu’il faut prendre pour parvenir à le combiner avec quelques-uns d’entre eux, tels que le zinc, le potassium, le sodium, le mercure et l’arsenic (voy. Action du phosphore sur ces métaux).

Les métaux très-oxydables qui peuvent décomposer l’acide phospliorique vitreux , comme le fer, l’étain , le manganèse, etc. , se transforment en phosphures et en phosphates lorsqu’on les fait rougir avec cet acide dans un creuset de Hesse ; le phosphore fond et forme un culot métallique , tandis que le phosphate reste à la surface. .

- Presque tous les métaux peuvent passer à l’état de phosphore lorsqu'on les chauffe fortement avec de l’acide phosphorique vitrifié et du charbon , car celui-ci s’empare de l’oxygène de l’acide et met le phosphore à nu.

DES SIJI.FVRES. — DES HOUOSVIiFVRES.

Tous les monosulfures sont solides, cassants, inodores, et plus ou moins fusibles. 1“ Chauffés avec le contact de Yair ou du gaz oxygène, lorsqu’ils sont secs, ils s’oxydent et donnent des produits qui diffèrent suivant la nature dès sulfures : ainsi les uns se changent en sulfates, d’autres en oxysulfures, d’autres en oxydes , d’autres enfin en acide sulfureux et en métal. Les monosulfures alcalins, dissous dans l’eau , mis en contact avec le gaz oxygène à froid, absorbent celui-ci, se transforment en hyposulfites et en alcali, sans se colorer et sans passer à l’état de sulfite ni de sulfate. Exposés à Vair, lorsqu’ils ont été dissous, ils en absorbent l’acide carbonique, passent à l’état de carbonate alcalin, et laissent dégager du gaz acide sulfhydrique; évidemment l’eau a été décomposée, son oxygène s’est porté sur le métal , et son hydrogène sur le soufre:

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