‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 76 sur 149 · CARACTÈRES DD GENRE PHOSPHATE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DD GENRE PHOSPHATE

Ils sont sans usages. (Voyez, pour les hypophosphites en particulier, le mémoire de M. Rose, dans les cahiers de juillet 1828 et 1843 des Ânn. de physique et de chimie.)

Préparation. On les obtient directement en combinant l’acide avec la base.

(ttxcve-' .

ACRCATEBES »1; CiEA'BE; PHOSPRITE.

Les phosphites sont neutres , acides ou avec excès de base. Les phosphites neutres de baryte, de chaux , de strontiane, de potasse, de soude, de protoxyde de fer, de glucyne, de chrome, de cobalt, de nickel, de cadmium , d’antimoine et de bismuth hydratés , chauffés, se changent en phosphates neutres, et il se dégage de l’hydrogène pur; les autres phosphites neutres donnent du gaz hydrogène plus ou moins phosphoré. (Rose, Ann. de chim. et de phys., t. XXXV.) Mis sur les charbons incandescents , les phosphites produisent une flamme d’un jaune d’autant plus intense qu’ils contiennent plus d’acide. Les phosphites de potasse, de soude et d’ammoniaque, sont solubles dans Veau; les autres sont insolubles. Ceux qui sont solubles précipitent en blanc les sels de chaux, de baryte et de strontiane, ce qui les distingue des hypophosphites solubles.

Ils décolorent le sulfate rouge de manganèse surtout , à l’aide de la chaleur. Les phosphites neutres passent à l’état de phosphates neutres , lorsqu’on les traite par le chlore ou qu’on les fait bouillir avec une grande quantité d’acide azotique, qui leur cède de l’oxygène. Ils réduisent avec facilité les sels d’or, d’argent et de mercure , surtout en présence d’un acide.

Composition. Dans les phosphites , l’oxygène de l’oxyde est à celui de l’acide comme 2:3.

Préparation. On les obtient par le premier ou par le troisième pro-. cédé (voy. p. 317).

CARACTÈRES RC RENTRE PRRjSPKATE.

Les phosphates neutres , excepté ceux des dernières classes et celui d’ammoniaque, sont indécomposables par la chaleur; toutefois les phosphates de potasse et de soude, chauffés jusqu’au rouge, se transforment en tandis que les phosphates insolubles, placés

dans les mêmes circonstances, ne passent point à l’état de pyrophosphates. Si l’on chauffe avec du charbon les phosphates des six der-

BSe PREMIÈRE PARTIE.

niêres classes, ils sont décomposés; l’oxygène de l’acide et celui de l’oxyde transforment le charbon en gaz acide carbonique ou en gaz oxyde de carbone , et il se forme un phosphure métallique. Ceux de la première classe ne se décomposent pas en totalité ; il n’y a qu’une partie de l’acide qui cède son oxygène au charbon, et il se forme dans beaucoup de cas , un phosphure métallique qui reste m^ d’up peu de sousphosphate.

Les phosphates neutres ou basiques, chauffés au rouge avec un mélange de charbon et d’acide borique ou silicique, donnent àa phosphore.

Les biphosphates de chaux , de baryte et de strontiane , chauffés à une haute température avec du charbon, donnent aussi du phosphore.

L’eaw ne dissout facilement que les phosphates de potasse, de soude et d’ammoniaque; mais l’acide phosphorique dissout tous les phosphates insolubles. ^

Uacide sulfurique concentré transforme les phosphates neutres en phosphates acides; il peut même leur enlever la totalité de la base, s’il est employé en assez grande quantité ; en agissant ainsi sur les phosphates de chaux, de baryte et de strontiane, si l’on chauffe jusqu’au rouge avec du charbon l’acide phosphorique ou le phosphate acide mis à nu, il se volatilise du phosphore. Ce caractère est des plus importants pour reconnaître les phosphates de potasse et de soude : en effet il ne s’agit pour cela que de transformer ces sels en phosphate de chaux insoluble à l’aide d’un sel de chaux soluble, et de traiter ensuite par l’acide sulfurique le phosphate de chaux. Les phosphates secs , chauffés avec du potassium , donnent d^phosphurede potassium, lequel, mis dans l’eau, se décompose avec dégagement du phosphure d’hydrogène gazeux (voyez p. 257). A la vérité, ce caractère appartient aussi aux sels formés par les acides hypophosphoreux et phosphorique.

L’acide azotique dissout tous les phosphates insolubles.

Les phosphates solubles précipitent l’azotate d’argent en jaune (phosphate d’argent), et les sels solubles de chaux en blanc (phosphate de chaux).

Pour constater cette réaction avec des phosphates insolubles, on transformera ceux-ci en phosphates solubles, en les faisant bouillir avec une idssolution de carbonate de soude (voy. p. 281). 11 ne s’agira plus que de neutraliser la liqueur avec un acide.

Composition. Le rapport de l’oxygène de l’acide des phosphates neu~, très à celui de l’oxygène de l’oxyde qui entre dans leur composition est comme 5 ; 2. Mais comme tous les phosphates contiennent, outre deux équivalents de base, un équivalent d’eau de composition qui joue

CARACTÈRES Dü GENRE AZOTITE. 337

alors le même rôle qu’un protoxyde, ce rapport est de 5 : 3. On connaît en outre des sesquiphosphates , des biphosphates , des phosphates sesquihasiques , et des phosphates bibasiques.

Préparation. On obtient tous les phosphates insolubles par le troisième procédé, en versant du phosphate de soude dissous, dans une dissolution saline formée par l’oxyde que l’on veut combiner avec l’acide phosphorique.

CARACTÈRES RC GEATIE PTROPHOSPHATE;

Les pyrophosphates solubles de potasse et de soude dissous dans l’eau se transforment en phosphates au bout de quelques jours, tandis que les pyrophosphates insolubles ne subissent aucune altération. Ceux qui sont solubles précipitent l’azotate d’argent en blanc, ce qui les distingue des phosphates, qui fournissent un précipité jaune avec le même sel. Après, avoir été dissous dans l’eau', ils peuvent être soumis à des cristallisa-' tions répétées sans repasser à l’état de phosphates. Plusieurs pyrophdsphates insolubles, traités par l’acide sulfhydrique , sont décomposés , et fournissent l’acide pyrophosphorique , s’ils ont peu de cohésion; il en est, au contraire , qu’il faut d’abord traiter par le suifhydrate d’ammoniaque pour les décomposer ; alors on obtient du pyrophosphale d’ammoniaque soluble , que l’on précipite par ün sel de plomb : c’est sur le pyrophosphate de plomb obtenu qu’il faut faire agir l’acide sulfhydrique.

Composition. Dans les pyrophosphates, le rapport de l’oxygène de l’acide est à celui de la base comme 5:2.

CARACîTÈRES DV GEARE AZOTITE.

Tous les azotites sont décomposés par le feu et donnent des produits variables. L’air atmosphérique ri’agit pas sur eux à la lemj)érature ordinaire; il paraît, uu contraire, les transformer en azotates et en sousazotates, si on les chauffe. Tous les azotites connus sont solubles dans Veau.

Vadde sulfurique décompose les azotites, et en dégage des vapeurs rutilantes. Les corps simples et composés, avides d’oxygène, agissent sur les azotites comme sur les azotates ; ces sels fusent donc sur les charbons ardents. Ils se comportent avec le sulfate de protoxyde de /er ou la nqrcotine comme les azotates.

Composition. Dans les azotites neutres , l’oxygène de l’acide est à celui de l’oxyde comme 3 : 1 .

Préparation. Le procédé généralement suivi pour la préparation de quelque azolites, qui consiste à calciner les azotates jusqu’à un certain point, pour transformer l’acide azotique en acide azoteux, ne fournit presque jamais un azotite pur, parce qu’il est extrêmement difficile de suspendre la calcination juste au moment où ce changement est opéré.

CABACTÉRES DV CiEMBR AZOTATR.

Soumis à l’action du calorique, tous les azotates sont décomposés ; on obtient tantôt de l’oxygène et un azotite, mais celui-ci ne tarde pas à se décomposer lui-même ; tantôt l’oxyde et l’acide azotique , tantôt l’oxyde et les éléments de L’acide; quelquefois aussi l’oxyde peu oxydé de l’azotate absorbe une certaine quantité d’oxygène à l’acide azotique et s’oxyde davantage.

Mis sur les charbons ardents, les azotates fusent, et l’oxygène de l’acide est absorbé par le charbon. La plupart des corps simples et plusieurs corps composés avides d’oxygène décomposent les azotates à une température élevée, s’emparent de l’oxygène de l’acide, et donnent lieu à des produits variables ; en général , l’absorption de l’oxygène a lieu avec dégagement de calorique et de lumière. Vacide sulfurique décompose complètement tous les azotates à froid, et il se dégage de très-légères vapeurs blanches d’acide azotique, si l’azotate est pur et l’acide peu concentré; tandis que les vapeurs seraient orangées (acide hypoazotique), si l’acide sulfurique était en grande quantité et ti'ès-concentré , ou si l’on ajoutait du cuivre divisé.

Les acides phosphorique, fluorhydrique et arsénique, opèrent également cette décomposition à des températures différentes; enfin l’acide chlorhydrique ne les décompose qu’en partie, et forme de l’eau régale.

Il suffit de verser une petite quantité d’un azotate dans un mélange de sulfate de protoxyde de fer dissous dans l’acide sulfurique concentré, pour que le produit devienne brun-café ; cette nuance passe au violet ou au rose, si l’on ajoute un grand excès d’acide. Quand on mélange une très-petite quantité d’un azotate avec un peu de narcotine (base végétale), délayée dans l’adde sulfurique concentré, la liqueur, qui était jaune, prend de suite une couleur rouge de sang très-intense.

, L’eau dissout tous les azotates ; ceux qui sont basiques ne se dissolvent bien que dans un excès d’acide.

Composition. L’oxygène de l’oxyde est à celui de l’acide comme 1 : 5. bans les sous-azotates analysés jusqu’à ce jour, l’oxygène de l’acide est à l’oxygène de l’oxyde comme 5:1, 2, 3, 4, 6 et 8 (Grouvelle).

CARACTÈRES Dü GENRE ARSÉNIATE.

Préparation. On obtient les azotates d’a/«mine^ de ç[lucyne , d'yttria, de magnésie, de chaux, dépotasse, de soude et ^ammoniaque, par le premier et le deuxième procédés, en combinant ces bases divisées, ou leurs carbonates, avec l’acide azotique étendu d’eau. On en prépare beaucoup d’autres en traitant le métal par l’acide azotique.

CARACTÈRES DC REARE ARSÉATTE.

Les arsénites sont décomposés à une température qui n’est pas trèsélevée , par tous les corps simples avides d’oxygène , notamment par les charbons rouges , et il se sublime de l’arsenic. Ceux de potasse, de soude , de lithine et d’ammoniaque, sont seuls solubles dans l’eau; leurs dissolutions concentrées sont décomposées par les acides forts, qui en précipitent l’acide arsénieux; quelquefois celui-ci reste dissous dans un excès de l’acide décomposant ;,et^es précipitent l’azotate d’argent en jaune et les sels de bioxyde de cuivre en vert; les précipités sont des arsénites d’argent ou de cuivre; si les liqueurs n’étaient pas neutres, les arsénites d’argent ou de cuivre se dissoudraient dans l’excès d’acide L’acide suifhydrique ne leur fait subir aucun changement, à moins qu’elles ne soient très-concentrées, car alors il les jaunit; mais par l’addition d’un acide, il en précipite du sulfure jaune, soluble dans l’ammoniaque. As S*. Introduits dans un appareil dit de Marsh en activité, ils fournissent aussitôt de l’arséniure d’hydrogène gazeux (voy. p. 268). L’acide azotique les transforme en arséniates à l’aide de la chaleur, tandis qu’il né peut produire rien de semblable avec les arséniates.

Composition. Dans les arsénites, la quantité d’oxygène de l’oxyde est à la quantité d’oxygène de l’acide comme 1:3.

Préparation. On obtient directement ceux qui sont solubles ; on prépare les autres par la voie des doubles décompositions.

CARACTÈRES DC REARE ARSÉALATE.

L’action du calorique sur les arséniates est extrêmement variée. Il y» en a qui se décomposent en oxygène , en acide arsénieux et en métal , tel est l’arséniate d’argent; d’autres fournissent de l’acide arsénieux et Tin oxyde métallique plus oxydé que celui qui entrait dans la composf-lion de l’arséniate, d’où il suit que l’oxygène de l’acide arsénique s’est porté sur cet oxyde ; tel est l’arséniate de protoxyde de fer^'^enfin il en est qui ne se décomposent pas , et qui sont plus ou moins fusibles: par exemple, les arséniates de potasse et de soude. Traités par le charbon, à

une température élevée, les arséniales sont décomposés ; l’acide arsénique cède son oxygène au charbon , qui se trouve transformé en gaz acide carbonique on en gaz oxyde de carbone; V arsenic mis à nu, se vaporise en répandant une odeur alliacée; l’oxyde de l’arséniate est également décomposé dans quelques circonstances- Excepté les arséniates dépotasse, de soude, de lithine et d’ammoniaque, tous les autres sont insolubles dans l’eau; mais ils se dissolvent dans un excès d’acide, si toutefois l’on en excepte l’arséniate de. bismuth.

Les dissolutions des arséniates précipitent en rose les sels de cobalt ; le précipité, formé d’acidC'arsénique et d’oxyde de cobalt, se dissolvant dans un excès d’acide, n’aurait pas lieu dans une dissolution de cobalt très-acide. Les arséniates dissous ne sont pas troublés par l’acide chlorhydrique , tandis que les arsénites sont précipités en blanc par cet acide. L’azotate d’argent fait naître dans les dissolutions des arséniates un précipité rouge-brique, composé d’acide arsénique «t .d’oxyde d’argent. Les sels de cuivre en précipitent de l’arséniate de cuivre d’wn blanc bleuâtre. Il suffit de les laisser en contact, pendant douze ou quinze heures, avec de V acide sulfhydrique liquide et quelques gouttes d’un autre acide, à la tempéralUFe de 15° à 20°, pour les décomposer et enprécipiter du sulfure jaune d’arsenic, As S®; on obtient en peu d’instants ce précipité, si on poi’te la liqueur jusqu’à l’ébullition. Introduits dans un appareil dit de Marsh , en activité , ils fournissent de l’arséniure d’hydrogène gazeux (voy. p; 268).

Composition. Dans les arséniates neutres, l’oygène de l’oxyde est à celui de l’acide comme 1 : 5. Les biarséniates contiennent deux fois autant d’acide , et les sesquiarséniates une fois et demie autant pour la même proportion de base.

Préparation. On obtient les arséniates insolubles par le troisième procédé (voy. p. 317), en versant un arséniate soluble dans une dissolution saline, contenant l’acide que l’on veut transformer en arséniate.

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