CARACTÈRES DD GENRE CHLORATE
akeiins bleuissent le papier rougi et ne décolorent pas sans l’intervention d’un acide ; ils sont plus stables que les chlorites neutres , parce qu’ils ne sont pas susceptibles de se transformer en hypochlorates et en chlorures par l’évaporation.
OmpositioH. L’oxygène de l’acide est à celui de la base dans le rapport de 3 : 1 .
Préparation. On obtient les chlorites en faisant passer lentement du gaz acide chloreux à travers les oxydes dissous ou suspendus dans l’eau.
CARACTÈRES DU GEXRE CHCORATE.
Tous les chlorates sont décomposés par le feu et transformés en gaz oxygène et en chlorures métalliques, ou en gaz oxygène et en chlorures métalliques, plus une portion d’oxyde des chlorates ; il est évident que, dans celle décomposition, l’oxygène provient et de l’acide chloriqueet des oxydes métalliques.
La plupart des chlorates étudiés jusqu’à présent fusent sur les charbons ardents et produisent une flamme d’une couleur variable l’acide chlorique, dans ce cas , cède de l’oxygène au charbon. Mêlés avec des substances avides d’oxygène, telles que le charbon, le phosphore, le soufre, les sulfures d’antimoine, d’arsenic, etc., certains chlorates, et principalement celui de potasse, forment des poudres que l’on désigne sous le nom de fulminantes, qui détonent avec plus ou moins de violence par l’action de la chaleur, et que le choc seul suffit le plus souvent pour enflammer. La plus forte de ces poudres est sans contredit celle que l’on fait avec le phosphore.
Tous les chlorates connus sont solubles dans l’eau , excepté le chlorate de protoxyde de mercure. Leurs dissolutions ne sont point troublées par l’azotate d’argent. Les acides forts paraissent pouvoir les décomposer tous, mais à des températures diverses et avec des phénomènes variables.
L’acide sulfurique concentré leur communique une couleur jaune foncée, et en dégage de l’acide hypochlorique d’une odeur caractéristique, d’une couleur jaune rougeâtre , détonant facilement par une légère élévation de température ; il se forme de l’acide perchlorique.
Composition. L’oxygène de l’acide est à celui de l’oxyde comme 5:1.
Préparation. On obtient les chlorates dépotasse, de soude, de strontiane, de baryte, de magnésie, d ammoniaque, d oxyde de zinc, doxyde d’argent, dt protoxyde de plomb, et de bioxyde de cuivre, par le premier et le deuxième procédés, en saturant ces oxydes ou leurs cai’bonates par l’acide chlorique. On prqjare aussi les quatre premiers en faisant arri-
ver un excès de chlore gazeux sur leurs oxydes humectés ou en dissoliilion ; on remarquera, au bout de quelques heures, qu’il se sera formé dans ces dissolutions un chloi’ate qui se trouve cristallisé au fondderéproavette lorsqu’il est à base de potasse ou de soude , et un chlorure soluble; il se sera en outre dégagé du gaz oxygène , surtout si l’appareil a été exposé à la lumière (1). La formation du chlorate et du chlorure est le résultat de la décomposition d’une partie de l’oxyde par le chlore, qui s’empare d’une portion de son oxygène pour passer à l’état d’acide chlorique, tandis qu’une autre partie s’unit au potassium, au sodium, etc., mis à nu pour former un chlorure; celte décomposition est favorisée parla différence de solubilité entre le chlorure et le chlorate. Le dégagement de gaz oxygène dépend de ce que la lumière favorise la décomposition d’une partie de l’alcali en oxygène et en métal. Si' le chlore n’était pas en excès, on obtiendrait les chlorures d’oxydes (eau de Javelle, chlorure de chaux , etc.).
La condition la plus favorable à la formation des chlorates consiste à sursaturer légèrement de chlore la dissolution alcaline, en empêchant la température de s’élever beaucoup avant que ce terme soit atteint; on abandonne ensuite la dissolution au repos , ou on la chauffe à 80® ou même à 100® (Gay-Lussac) (voyez Chlorate de potasse).
CABACTÈBEM DU GEMBE PEBEHEOBAlTE.
Les perchlorales sont décomposés par le feu, mais à une température plus élevée que les chlorates ; ils fournissent plus d’oxygène que ces derniers.
Perchîorates. MO, GIO^ = MCI, 0»
Chlorates. . . MO, G105 = MGI, 06
Tous les perchîorates fusent plus ou moins vivement sur les charbons incandescents ; ils affectent en général dans leur cristallisation la forme prismatique. Ils restent incolores quand on les traite par les acides sulfurique ou chlorhydrique concentrés , qui se bornent à mettre l’acide perchlorique à nu sans le décomposer. Ceux de soude , de baryte , de
(1) Lorsqu’on agit sur le carbonate de potasse, le chlore commence par s’emparer de la potasse libre ou en excès, et il se précipite du bicarbonate de potasse; bientôt après ce bicarbonate est décomposé par le chlore , qui en dégage Tacide carbonique arec effervescence en agissant sur râlcalî.
CARACTÉEIES DU GENRE lODATE. 333
strontiane , de chaux, de magnésie , d’alumine, de lithine , de zinc, de cadmium, de manganèse, de fer et de cuivi-e, sont déliquescents, et par conséquent très-solubles dans l’eau ; celui de potasse est peu soluble.
Composition. Dans les perchlorates, l’oxygène de la base est à celui de l’acide comme 1:7.
CARACTÈRES DC GEARE BROMATE.
Tous les bromates sont décomposés par le feu ; les bromates alcalins donnent de l’oxygène et un bromure. Ceux qui sont solubles sont décomposés par les acides iodhydrique , chlorhydrique et sulfhydrique , qui en séparent le brome..
L’acide sulfurique s’empare de la base, et l’acide bromique, mis à nu, se décompose en oxygène et en brome, qui colore le gaz en brun.
L’azolate d’argent y fait naître un précipité blanc, pulvérulent, qui noircit à peine à la lumière.
Les bromates d’argent et de protoxyde de mercure sont insolubles.
Composition. Dans les bromates neuli'es, la quantité d’oxygène de l’oxyde est à la quantité d’oxygène de l’acide comme 1:5.
Préparation. On les obtient comme les iodates.
CARACTÈRES DC GE.ARE lODATE.
Tous les iodates sont décomposés à une chaleur rouge obscur; presque tous fournissent de l’oxygène , de l’iode et un oxyde ; les autres , ceux de la première classe, par exemple, donnent de l’oxygène et un iodure. Il n’y en a qu’«n très-petit nombre qui fusent sur les charbons ardents. Ils sont, en général, insolubles dans l’eau; ceux de potasse et de soude sont peu solubles.
Les acides sulfureux et sulfhydrique les décomposent , s’emparent dè l’oxygène de l’acide indique et en séparent l’iode. Si on emploie un excès d’acide sulfhydrique, l’iode déposé s’unit à l’hydrogène pour former de l’acide iodhydrique, et il se précipite du soufre.
L’acide sulfurique sépare l’acide indique d’une dissolution concentrée d’un iodate ; s’il a été préalablement mêlé d’acide sulfureux , l’acide indique est décomposé, et il se précipite de l’iode.
L’acide chlorhydrique concentré décompose les iodates de potasse, de magnésie et d’ammoniaque , en donnant naissance à du chlore et à un composé d’un équivalent de perchlorure d’iode et d’un équivalent de chlorure de la base de l’iodate employé.
Composition. Dans les iodates , la quantité d’oxygène de l’oxyde est à la quantité d’oxygène de l’acide comme 1 : 5.
Préparation. On obtient les iodates insolubles par la voie des doubles décompositions (troisième procédé), en versant de l’iodate de potasse dans une dissolution de l’un ou de l’autre des métaux que l’on veut transformer en iodate. On. prépare l’iodate de potasse en yersanj sur de lïode une dissolution de potasse carbonatée jusqu’à ce que la liqueur ne soit plus colorée : cette liqueur renferme de l’iodate et de l’iodure de potassium , produits par la décomposition de l’eau (voy. Potasse, action de l’iode). On la fait évaporer Jusqu’à siccité, et on traite la masse par l’alcool à 0,81 de densité, qui- dissout l’iodure sans agir sur l’iodate; on le lavfi deux ou trois fois avec de l’alcool, pour le débarrasser de tout l’iodure; s’il est avec excès d’alcali, on le fait dissoudre dans l’eau et on le neutralise par l’acide acétique (vinaigre), en sorte que l’on a un iodate et un acétate; on évapore Jusqu’à siccité, et l’on traite la masse par l’alcool , qui ne dissout que l’acétate ; l’iodate reste alors pur. On prépare ainsi les iodates de baryte, de strontiane et de chaux.
On obtient directement Viodate d’ammoniaque ( deuxième procédé, voy. p. 317).
CABACTÉREiS DU CEIÜBE HYPOPHOSPHl'rE.
Les hypophosphites sont décomposés à une température élevée, et fournissent pour la plupart du phosphure d’hydrogène gazeux qui s’enflamme, du phosphore, un phosphate, et un produit rouge qui parait êti’e de l’oxyde de phosphore : on concevra facilement ces l’ésultats, en admettant que l’eau contenue dans les hypophosphites est également décom- -posée. Quelques hypophosphites donnent par la chaleur un gaz qui n’est point inflammable de lui-même, et qui contient moins de phosphore que l’autre : dans ce cas , le résidu renferme un excès d’acide phosphorique. Mis sur les charbons incandescents , les hypophosphites secs se transforment en phosphates, et produisent une belle flamme jaune. Ils sont extrêmement solubles dans l’eau, et ne précipitent par conséquent pas les sels solubles de chaux, de baryte et de strontiane.
Ils décolorent le sulfate rouge de bioxyde de manganèse, surtout à l’aide d’une douce chaleur. Ils décomposent les dissolutions d’or et d’argent, enlèvent l’oxygèue à leurs oxydes et en précipitent les métaux.
Le chlore, sous l’influence de l’eau , les transforme en phosphates ; il en est de même de l’acide azotique : dans ce dernier cas, il se dégage d’abondantes vapeurs rutilantes d’acide hypoazotique.