‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 79 sur 149 · DES SELS FORMÉS PAR LES MÉTAUX DE LA PREMIÈRE CLASSE · texte numérisé non relu

DES SELS FORMÉS PAR LES MÉTAUX DE LA PREMIÈRE CLASSE

Les dissolutions des sels de la première classe ne sont décomposées ni troublées par l’ammoniaque, ni par les sulfures solubles; les sels de chaux neutres sont les seuls qui soient précipités en blanc jaunâtre par le cyanure jaune de potassium et de fer ; le précipité est un cyanure triple de potassium , de calcium et de fer hydraté. Ges caractères suffisent pour les distinguer des sels des autres classes.

(1) L’oxyde de magnésium, appartenant à la deuxième classe, est également rangé parmi les alcalis minéraux (voy. deuxième classe').

BE POTASMira. K. Équivalent = 490

(et suivanl Gerhardt, 487,50 , c’est-à-dire 37 fois celui de l’hydrogène).

Le potassium se trouve dans la nature, combiné avec l’oxygène dans certains sels et -dans quelques produits volcaniques. Il est solide, trèsductile, plus mou que la cire ; lorsqu’on le coupe , on voit que la section est lisse , qu’il est doué d’un grand éclat métallique qu’il perd par le contact de l’air, et qu’il ressemble à l’argent poli ; sa texture est cristalline ; son poids spécifique est de 0,865 à la température de 15° c. ; audessous de 0°, il est un peu cassant et sa cassure offre des indices de cristallisation.

S’il est chauffé, le potassium, placé dans de l’huile de naphthe , fond à la température de 55° c.; si on le met dans une petite cloche de verre, et qu’on le chauffe jusqu’au rouge naissant, ^ se volatilise et donne des vapeurs vertes.

Mis en contact avec le gaz oxygène, il s’en empare subitement, même à la température ordinaire; il devient d’abord bleuâtre, puis se transforme en protoxyde blanc; enfin il finit par se changer en peroxyde d’un jaune verdâtre ; on observe principalement cette oxydation à la surface du métal. Si on élève sa température jusqu’à le faire fondre, l’absorption de l’oxygène est rapide et se fait avec dégagement de calorique et de lumière; il en résulte du peroxyde de potassium. L'air atmosphérique agit sur lui à chaud à peu près comme le gaz oxygène, mais avec moins d’énergie : il le fait passer à l’état de carbonate, à la température ordinaire, par l’acide carbonique qu’il contient.

Lorsqu’on élève un peu la température du potassium, et qu’on l’agite dans du gaz hydrogène , on obtient un hydrui'e de potassium solide , gris , sans apparence métallique , inflammable à l’air et au contact du gaz oxygène. Cet hydrure est sans usages. Suivant M. Sementini, on devrait admettre l’existence de deux autres composés d’hyçh-ogène et de potassium.

On ne peut pas combiner directement le hore avec le potassium ; toutefois la masse brune que l’on obtient en décomposant l’acide borique par ce métal paraît contenir du borure de potassium ; du moins elle décompose l’eau à froid et en dégage de l’hydrogène, ce que ne fait pas le bore.

Quoiqu’on ne puisse pas combiner directement le potassium avec le charbon, on Kt obligé d’admettre l’existence d’un composé de ce genre, au moins; en effet, lorsqu’on prépare du potassium par la méthode de Brunner (voy. p. 351) , il reste dans la cornue une masse noire char-

Dü POTASSIUM. ‘

bonneuse qui, mise dans l’eau, fournit du carbure d’hydrogène gazeux et du carbonate de potasse, et que Berzelius regarde comme du percarbure de potassium.

Le phosphore, chauffé avec ce métal dans des vaisseaux fermés, donne un phosphure caustique , terne , brun-marron, facile à réduire en poudre , qui décompose l’eau en donnant naissance à de l’hypophosphite de potasse, à du phosphure d’hydrogène gazeux, et à du gaz hydrogène.

On peut aussi combiner directement soufre et le potassium au moyen de la chaleur ; celte combinaison se fait avec un grand dégagement de calorique et de lumière ; le sulfure qui en résulte est un persulfure. II existe plusieurs sulfures de potassium : 1° le monosulfure KS. Il est en cristaux incolores, d’une odeur et d’une saveur sulfureuses, très-soluble dans l’eau, et d’une réaction alcaline. L’oxygène le transforme en hyposulfite de potasse et en potasse libre sans le colorer ; l’hyposulfite ne passe jamais à l’état de sulfite ni de sulfate; l’air atmosphérique agit de même, si ce n’est qu’au lieu de potasse libre, on obtient du carbonate de potasse ; comme l’acide carbonique peut décomposer une partie du monosulfure, il arrive alors que la quantité d’hyposulfite produite est très-faible et qu’il se forme un carbonate ; dans ce cas , l’eau est décomposée, l’oxygène oxyde le potassium, et l’hydrogène donne, avec le soufre, de l’acide sulfhydrique.

Page 1