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Soufre. Potasse. Quintisulfure. Hyposulfile de potasse.
Enfin MM. Fordos et Gélis ont prouvé que si le foie de soufre a été préparé à une températui’e qui ne dépasse pas 180"; il est composé de polysulfure de potassium et d’hyposulfite de potasse , sans sulfate {J our^ nal de pharmacie , novembre 1846).
Le foie de soufre doit être regardé comme un des médicaments les plus utiles: pris à petite dose, il augmente la chaleur générale et les sécré-
(1) Parmi les divers sulfures de potassium , le monosulfure est le seul dont la dissolution aqueuse exposée à l’air ne laisse pas précipiter de soufre eh se transformant en hyposulfite.
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lions muqueuses , qui deviennent plus fluides ; il produit souvent des nausées , des vomissements , etc.; à la dose de 4 ou 6 grammes , il agit comme un des plus violents caustiques ; par conséquent son administration exige beaucoup de prudence. Il est employé avec le plus grand succès dans une foule de maladies cutanées, darlreuses, psoriques et autres, dans les scrofules, dans le croup, l’asthme, la c^jueluche, les toux et les rfiumatismes chroniques ; la ^ose est de 20, 3^u 40 centigrammes deux fois par jour. On l’administre rarement dissous dans l’eau, à cause de son odeur et de sa saveur désagréables. Chaussier a fait préparer un sirop qui peut être très-avantageux : on dissout 8 grammes de foie de soufre dans 250 grammes d’eau distillée de fenouil; on filtre la dissolution et on y ajoute 500 grammes de sucre; 32 grammes de ce sirop contiennent 30 centigrammes de persulfure. On peut aussi donner le foie de soufre dans du miel. On s’en sert souvent à l’extérieur ; il fait la base du liniment sulfureux antipsorique de M. Jadelot; il est employé à préparer des douches et des bains sulfureux , il suffit pour cela d’en faire dissoudre 1 partie dans 1,000 parties d’eau. Navier l’avait proposé comme contre-poison des dissolutions d’arsenic, de plomb, de cuivre, de mercure, etc. J’ai prouvé que non-seulement il ne s’opposait pas aux effets de ces poisons, mais qu’il était dangereux de l’administrer, à raison de ses propriétés caustiques. L’expérience démontre chaque jour que le bisulfure de calcium, obtenu en faisant bouillir parties égales de soufre et de chaux vive dans l’eau , peut remplacer à merveille celui de potassium, dont je viens de faire l’histoire, surtout pour les applications externes : son emploi devrait donc devenir plus général , puisqu’il est moins dispendieux. Le foie de soufre préparé avec le carbonate de soude agit sur l’économie animale comme celui de potasse, et peut être employé dans les mêmes circonstances et aux mêmes doses. C’est le monosulfure de sodium qui constitue le composé sulfureux qui existe dans les eaux de Barèges, de Cauterets, etc.
Empoisonnement. A la dose de quelques grammes, s’il n’est pas vomi , il irrite, enflamme, ulcère et perfore les tissus du canal digestif ; il produit, en outre, des accidents graves résultant de son absorption. Pour déceler le foie de soufre dans les matières vomies, dans celles que l’on trouve dans le canal digestif après la mort, dans les organes où il a été porté par absorption , et dans l’urine , on chauffe ces matières avec de l’acide acétique pur dans un matras auquel on adapte un tube recourbé, qui vient se rendre dans une dissolution d’acétaté de plomb; quelques minutes suffisent pour qu’il se dégage du gaz acide sulfhydrique , lequel vient transformer l’acétate de plomb eji sulfure noir; en même temps,
il se dépose du soufre dans le matras, et la liqueur contient de l’acétate de potasse (voy. Potasse, pour le procédé propre à constater la présence de cet alcali). Il faut ajouter que dans la plupart des cas, dans l’empoisonnement dont il s’agit, la membrane muqueuse de l’estomac est enduite d’une couche de soufre d’un blanc jaunâtre, parce qu’une partie du foie de d^re a été décomposée par les acides contenus dans l’estomac. Si la i^cnerche médico-légale de ce poison n’avait lieu que lorsque le cadavre serait déjà pourri, il pourrait s’être développé de l’acide sulfhydrique dans les organes qui auraient subi la décomposition putride, ce qui compliquerait l’opération (voy. ma Médecine légale, t. III, 4® édit. ).
Sulfhydrate de monosulfure de potassium, KS, HS. Il est anhydre; on peut l’obtenir en chauffant du potassium avec de l’acide sulfhydrique gazeux sec. S’il a été préparé en saturant une dissolution de potasse par l’acide sulfhydrique gazeux, il est en dissolution ou en gros prismes incolores à quatre ou six pans terminés par des pyramides à quatre ou six faces ; sa réaction est alcaline ; les acides en dégagent deux fois autant d’acide sulfhydrique que du monosulfure, sans qu’il y ait dépôt de soufre. Il est très-soluble dans l’eau et dans l’alcool. Il attire d’abord l’humidité de l’air, puis l’oxygène , et finit par passer à l’état de polysulfure jaune, qui se transforme en hyposulfite de potasse incolore; sa dissolution aqueuse, chauffée, perd l’acide sulfhydrique et laisse du monosulfure de potassium. Il précipite les dissolutions salines de manganèse et de cuivre avec dégagement de gaz acide sulfhydrique ; tandis que le monosulfure de potassium, qui précipite aussi ces dissolutions, ne donne lieu à aucun dégagement de gaz. On l’emploie comme réactif pour distinguer certaines dissolutions métalliques.
L’iode s’unit au potassium avec dégagement de beaucoup de chaleur et de lumière; l’iodure qui en résulte Kl a une apparence nacrée et cristalline : il existe dans les fucus , dans certaines eaux minérales , dans les eaux mères des salins, etc. Purifié.et convenablement évaporé, il est en cristaux cubiques d’un blanc laiteux , presque toujours opaques , quelquefois transparents, ou en octaèdres, d’une saveur âcre, piquante , facilement fusibles et se volatilisant à la température rouge ; il est déliquescent et produit un abaissement considérable de température en se dissolvant dans l’eau. Cent parties d’eau à 10® en dissolvent 143 parties, tandis qu’à 120° c. , c’est-à-dire à la température à laquelle la dissolution entre en ébullition, elles en dissolvent 221 parties. L’iodure de potassium est moins soluble dans l’alcool ; on le reconnaîtra aux caractères destodures et des sels de potasse. '