DD POTASSIUM
Préparation. On verse uue dissolution de potasse sur de Tiode; il se forme de l’iodure de potassium et de Tiodate de potasse que l’on évapore jusqu’à siccité , et que l’on calcine ensuite avec du charbon à une cha-^ leur un peu au-dessous du rouge ; le charbon enlève l’oxygène à l’acide iodique et à la potasse de l’iodate de potasse, et transforme celui-ci en iodure de potassium; d’où il résulte que l’on n’obtient p^^ésidu que de l’iodure de potassium et l’excès de charbon ; on traite^^ l’eau, qui dissout l’iodure ; on filtre et on fait cristalliser. Si l’on n’employait pas de charbon, on décomposerait également i’iodate de potasse en iodure de potassium; mais comme il faudrait une température plus élevée, et que l’iodure de potassium se volatiliserait à cette température , il est préférable de faire usage de charbon.
On le prépare aussi en décomposant le protoiodure de fer par le carbonate de potasse. Pour cela on place dans un matras 100 parties de limaille de fer, 30 d’iode et 500 d’eau distillée; on chauffe jusqu’à ce que la liqueur, de brune qu’elle est, devienne incolore. On filtre le protciodure de fer ainsi obtenu, et on le décompose peu à peu par une solution de carbonate de potasse , qui précipite le fer à l’état de carbonate insoluble, tandis que l’iode se combine avec le potassium et forme un iodure soluble; on sépare ces deux produits par le filtre, et l’on obtient l’iodure de potassium par la concentration de la liqueur, sous forme de cristaux assez volumineux.
L’iodure de potassium simple ou iodure est employé avec succès dans le traitement de la plupart des ^olU*es, dans certaines affections scrofuleuses, comme l’a prouvé le D’’ Goindet, de Genève (voy. Iode, p. 69), et dans plusieurs formes de la syphilis. On en dissout 2 grammes 60 centigrammes dans 30 grammes d’eau distillée : on prescrit d’abord de 6 à 10 gouttes de solution dans une demi-tasse d’eau sucrée, trois fois par jour, augmentant ou diminuant cette dose selon ses effets. Toutefois il est préférable d’employer ce médicament à l’extérieur; on fait des frictions soir et matin sur la tumeur avec un morceau de pommade gros comme une noisette, composée de 2 grammes d’iodure de potassium et de 45 grammes de graisse de porc. J’engage le lecteur à consulter les mémoires du D*' Goindet , insérés dâns les tomes xv , xti et XVIII des Annales de chimie et de physique. On l’a également employé dans certains cas de cancers , de gonflement scorbutique des gencives^ d’hypertrophie du cœur, etc. Il sert aussi en photographie.
Il a été quelquefois falsifié avec du chlorure de potassium; pour reconnaître cette altération, on sê sert de Tazotate d’argent ammoniacal , qui donne un précipité d’iodüre d’argent; on filtre, on sature l’ammoniaque
de la liqueur par de l’acide azotique, et il se précipite du chlorure d’argent. Si l’iodure de potassium était falsifié par du carbonate dépotasse, on le mêlerait avec un lait de chaux; il se précipiterait du carbonate de cliaux; la liqueur filtrée contiendrait de la potasse libre; en la traitant par des quantités petites et successives d’iode, celui-ci se dissoudrait sans la col||^ tandis que si l’iodure de potassium était pur, il serait coloré en tSho. Si l’iodure contenait du bromure de potassium, le chlore liquide précipiterait d’abord l’iode, puis le brome ; en agitant le mélange dans un tube avec de l’éther, celui-ci viendrait à la partie supérieure, tenant le brome en dissolution, et serait d’un jaune orangé.
Le brome se combine avec le potassium et fournit un bromure kBr, en cubes ou en longs parallélipipèdes rectangulaires qui , étant chauffés , décrépitent et fondent sans se décomposer. On le prépare en dissolvant du brome dans la potasse ; la liqueur composée de bromure et de bromate est évaporée, le produit sec est calciné jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’oxygène ; en ce moment, le bromate se trouve transformé en bromure de potassium. On a employé ce sel comme antiscrofuleux et emménagogue.
Lorsqu’on agite le potassium dans un flacon plein de chlore gazeux, celui-ci est absorbé et solidifié, d’où il résulte qu’il y a dégagement de calorique et de lumière; il se forme du chlorure de potassium. Ce chlorure K Cl , connu autrefois sous le nom de sel fébrifuge de Sylvius, se trouve dans quelques liqueurs animales , dans les cendres des varechs, ■des feuilles et des liges de tabac, et de plusieurs autres végétaux, et dans certaines eaux minérales. Il cristallise en cubes ou en prismes à quatre pans anhydres, d’une saveur piquante, amère, peu altérables à l’air ; il décrépite au feu , et fond si on le chauffe assez fortement, puis se volatilise. Cent parties d’eau à O^en dissolvent 19,2 p. et 59,3 à 100°, 6. Pendant sa dissolution dans l’eau , il produit un abaissement de température assez considérable : ainsi 1 partie de ce chlorure et 4 parties d’eau abaissent la température de 11°, 4. Il est insoluble dans l’alcool. On l’a employé comme fondant dans la fabrication du verre, pour fabriquer l’alun, et pour transformer l’azotate de chaux des matériaux salpêlrés en azotate de potasse. Il a été regardé pendant longtemps comme apéritif, digestif, désobstruant, etc.; mais il est entièrement abandonné aujourd’hui.
Préparation (voy. p. 317, l®*" ou 2® procédé).
Le cyanogène, chauffé avec du potassium dans une cloche courbe surle mercure, donne du cyanure ùq potassium KCy. Il est le produit de l’art. Il cristallise en cubes anhydres ou en cristaux dérivant du cube ;