‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 85 sur 149 · DE BC$S · texte numérisé non relu

DE BC$S

Potasse

D’saéBIQCE.

Potasse

DES TOS6ES

Salfate de potasse. . . .

Clilorure de potassium.

CarboQ. de potasse. . .

Carbonate de soude. . .

Résidu insoluble. . . .

Humidité .

Acides pbospborîq. , si¬

licique, chaux, perte.

qu’il jouit des mêmes propriétés médicales à un plus haut degré; 2” parce qu’étant presque saturé d’acide carbonique , il n’est pas aussi caustique. Il a été administré avec succès , ainsi que le cai'bonate , pour prévenir la formation des calculs vésicaux, et même pour dissoudre le gravier. Il est purgatif à la dose de quelques grammes.

Préparation. On le prépare en faisant passer du gaz acide carbonique sur du carbonate de potasse obtenu par la calcination du tartre, et mélangé avec le charbon produit par la calcination et seulement humecté. L’absorption du gaz se fait avec tant de rapidité, et la chaleur produite pendant cette réaction est si élevée, qu’il est nécessaire de refroidir le vase dans lequel elle a lieu ; l’abaissement de la température indique la fin de l’opération. On dissout alors la masse dans l’eau; on filti'e, et par l’évaporation de cette liqueur on obtient le bicarbonate en beaux cristaux; l’opération dure plusieurs jours, et elle n’est terminée que lorsqu’il se forme des cristaux dans la dissolution du carbonate. Si l’on veut préparer ce sel en'môme temps que les bicarbonates de soude et d’ammoniaque , on doit mettre la dissolution de carbonate d’ammoniaque dans le dernier flacon, parce qu’une portion de ce sel est enU'aînée parle gaz.

Sesquicarhonate, 2 KO, 3 CO^. — On l’obtient en faisant bouillir pendant quelque temps le bicarbonate (voy. p. 360). Ses caractères tiennent de ceux du carbonate et du bicarbonate.

Oxalate de potasse, KO, C2 0^. — Il cristallise en rhomboïdes aplatis, terminés par des sommets dièdres, doués d’une saveur fraîche et amère, efflorescents par un temps chaud , et solubles dans trois fois leur poids d’eau froide ; il n’a point d’usages. On l’obtient directement en saturant l’acide par la base.

Bioxalate ( sel d’oseille), KO, 2 C2 03, 3 HO. — Ce sel se trouve dans quelques espèces du genre rumex, principalement dans les acetosella, dans les oxalis, dans les tiges et les feuilles du rheum palmaium, etc. Il cristallise en petits parallélipîpèdes blancs, opaques, d’une saveur très-acide, inaltérables â l’air, moins solubles dans l’eau que le quadroxalate. Quarante parties d’eau froide et six d’eau bouillante dissolvent une partie de ce sel. Il est insoluble dans l’alcool. Le sel d’oseille est employé pour aviver la couleur du carthame ou le rouge végétal, pour préparer l’acide oxalique et divers oxalates, pour enlever les taches d’encre, parce qu’il dissout facilement le sesquioxyde de fer, etc. Bérard a prouvé que souvent le sel d’oseille du commerce est du quadroxalate de potasse.

Préparation. On met dans reaü le rumex acetosella ou Voccalis acetosella pilfe ; quelques jours après, on les presse fortement ; on chauffe le suc qui en provient, oh le mêle avec de l’ârgile, on le laisse pendant un jour ou deux dans une cuve en bois, on le décante lorsqu’il est clair, et on l’évapore dans une chaudière de cuivre pour le faire cristalliser : les cristaux obtenus sont redissous et fournissent, par de nouvelles cristallisations , du bioxalate de potasse pur. Cinq-cents parties de rumex donnent 4 parties de sel.

Quadroxalate, KO, 4C2 03,7H0. — Il est moins soluble que le bioxalate. On l’obtient en dissolvant le précédent dans l’acide azotique ou chlorhydrique, et en évaporant la liqueur, ou bien en saturant 1 partie d’acide par du carbonate de potasse, et en ajoutant au mélange 3 parties d’àcide oxalique. On trouve aujourd’hui ce sel dans le commerce.

Sulfate {sel de Duohus, sel polychreste de Glaser, arcanum dupUcatum, potasse vitriolée, etc.), KO, SO^. — On le trouve dans les cendres des végétaux ligneux, dans les minés d’alun de la Tdlfa et de Piombino, dans certaines eaux minérales et dans quelques fluides animaux. Il est sous forme de cristaux blancs , qui sont dés prismes courts â six ou à quatre pans, surmontés de pyramides à six ou à quatre faces anhydres; sa saveur est légèrement amère. Le Charbon le transforme én. sulfure de potassium (voy. p. 322). Il est inaltérable à l’air; il fond au-dessus du rouge-cerise, après avoir décrépité. Cent parties d’eau à 0" en dissolvent 8,5 ; à 25°, 12,7 p. , et à 100°, 25,3. Combiné avec le sulfate acide d’alumine , il forme de l’alun : il sert encore dans la fabrication du salpêtre pour transformer l’azotate de chaux eh azotate de potasse. On l’emploie eh médecine , à la dose de 30 bu 50 gramniês , dissous dans une" tisane acidulée, comme purgatif, principalement dans certaines affections que plusieurs praticiens regardent comme des métastases laiteuses , dans les maladies chroniques du foie, etc.; On le donne aussi quelquefois en lavement à la dose de 24 Ou 30 grammes. Il fait partie de la poudre tempéi'arite de Stahl.

Préparation. On l’obtient par le deuxième procédé (voy. p. 317), ou bien en chauffant jusqu’au rouge le sulfaté acide de potasse qiii provient de la décomposition du nitre par l’acide sulfurique.

Bisulfate, KO, 280^, HO. — Ce sel est le produit de l’art; il a une saveur aigre, piquante; il rougit fortement les couleurs bleues végétales. Il cristallise en aiguilles fines et brillantes ou en prismes incolores; chauffé à 200°, il entre en fusion sans perdre son éau ; si on le chauffe plus fortement, il abandonne un équivalent d’acide sulfurique, ainsi que l’eau.

et redevient sulfate neutre KO SO^. L’alcool concentré le ramène aussi à l’état de sulfate neutre. Il est soluble dans 4 parties d’eau froide et dans 2 d’eau bouillante. H-est’sarftrtreages. ,

Préparation. On dissout 2 parties de sulfate de potasse dans une partie d’acide sulfurique monohydi’até. Si l’on dissolvait le sulfate neutre dans une quantité d’acide qui ne serait que la moitié de celle qu’il renferme , on obtiendrait un sel cristallisé ayant pour formule 4K0 S03, S03, HO.

Chlorate J KO, CIO^. — Ge sel est constamment le produit de l’art; il est sous forme de lames rhomboïdales, fragiles, brillantes, ou de prismes oblongs, ou d’aiguilles anhydres, suivant la manière dont il a été préparé, d’une belle couleur blanche ; sa saveur est fraîche, piquante et un peu acerbe. Soumis à l’action du feu dans une cornue de verre à laquelle on adapte un tube recourbé pour recueillir les gaz, il entre en fusion à 400°, bout, laisse dégager une très-grande quantité de gaz oxygène, et il ne reste dans la cornue que du chlorure de potassium (voy. p. 39) ; d’où il suit que l'oxygène obtenu provient à la fois de l’acide chlorique et de la potasse; 100 parties de ce sel fournissent 38,88 de ce gaz. Il est inaltérable à l’air, à moins que celui-ci ne soit très-humide; dans ce cas, il s’humecte ün peu et jaunit. Mis sur les charbons ardents, il en active la flamme en leur cédant de l’oxygène. Lorsqu’on le triture avec du soufre dans un mortier, il détone avec une très-grande violence. Cent parties d’eau à 0° dissolvent 3,33 parties de ce sel , et à 104,78 ; 60, 24 p. On l’emploie , 1“ pour obtenir le gaz oxygène et les briquets oxygénés , qui ne sont que des allumettes soufrées avec une pâte préparée avec parties égales de ce sel et de soufre, et une dissolution de gomme; il suffit de toucher l’extrémité de ces allumettes avec de l’amiante imbibée d’acide sulfurique concentré pour qu’elles prennent feu ; on a remplacé avantageusement ces allumettes pai' les suivantes. 2° Pour faire lés allumettes allemandes, qui ne sont que des allumettes ordinaires soufrées , portant à leur extrémité un mélange de phosphore, de chlorate de potasse et de gomme, et recouvertes d’un vernis qui empêche l’oxydation du phosphore; il suffit, pour leur faire prendre feu , de les frotter contre un corps dur et rugueux. 3° Potir obtenir l’aCîde péixhloi’ique, etc. On l’a administré comme anlisyphilitique , mais il est aujourd’hui généralement abandonné.

Préparation. M. Calvert â fait connaître (voyez les comptes rendus de l’Académie des sciences du 27 mai 1850) un procédé à la fois économique et expéditif pour préparer ce sel. On fait un mélange

de 5 Vî équivalents dé chaux vive et d’un équivalent de potasse caustique; on y fait passer à un courant de chlore; il se produit du chlorure de calcium et dtLcÀ/omÿe;^f^j)ota55a-r.a¥isi^par l’emploi de la chaux, on évite l’énorme perte de la potasse , qui , dans les procédés ordinaires, est transformée en chlorure de potassium. En employant 100 parties de potasse sans addition de chaux , on obtient 43 parties de chlorate de potasse; tandis qu’avec la même quantité de potasse et 6 équivalents de chaux, on en obtient 220 parties. Il importe, pour opérer avec avantage, d’agir sur des liqueurs assez concentrées : ainsi une dissolution aqueuse, contenant pour 1,000 parties 34 parties de potasse réelle, donnera, avec 6 équivalents de chaux, 130 parties de chlorate; tandis que -dans les mêmes conditions, une dissolution aqueuse, renfermant 58,75 de potasse, fournira 158 parties de chlorate. Ces données conduisent au mode de préparation que voici : on dissout 102,33 parties de potasse caustique dans 1,000 parties d’eau; on ajoute 6 équivalents de chaux ou 431 parties , etd’on chauffe graduellement jusqu’à 50°, puis on fait passer un courant rapide de chlore jusqu’à saturation , qui porte, par suite de l’action chimique, la température à 90°; on filtre, on évapor.e jusqu’à siccité, puis on reprend par l’Æau bouillante, et on laisse refroidir; il se dépose 220 parties de chlorate de potasse, le chlorure de calcium étànt resté dans la dissolution.

Perchlorate de potasse, K 0, Cl 0^. — Il est le produit de l’art. 11 est solide, incolore, neutre, légèrement amer, inaltérable à l’air, soluble dans 55 parties d’eau à 15°-]- 0°, insoluble dans l’alcool, détonant à peine lorsqu’on le broie avec du soufre et avec la plupart des autres corps avides d’oxygène , décomposable par le feu en oxygène et en chlorure de potassium, laissant dégager son acide sans que la liqueur jaunisse lorsqu’on le traite par l’acide sulfurique étendu du tiers de son poids d’eau, à 140°. La forme de ses cristaux parait dériver de celle de l’octaèdre.

Préparation. On l’obtient en décomposant le chlorate de polasse par l’acide sulfurique étendu ; cette préparation est dangereuse.

Eau de Javelle (voy. p. 354).

Azotate {nitre, salpêtre). KO, Az 0^. — Il existe dans la nature; quoique peu abondant, il est disséminé çà et là , ce qui fait qu’on le trouve souvent; il existe aussi dans différentes parties de l’Espagne, de l’Amérique, et principalement de l’Inde, à la surface des murs humides et dans les beux bas, obscurs et exposés aux émanations des animaux, tels que le sol des écuries, des bergeries, etc. Suivant l’abbé Forlis, il se

DES Sels de potasse. 36â

trouve dans ia pierre calcaire des grottes del Pulo de Molfetfa. Il entre dans la composition de plusieurs plantes appelées nitreuses : telles sont la bourrache, la buglosse, la ciguë, la pariétaire, etc.

L’azotate de potasse purifié est blanc, inodore; sa saveur fraîche, piquante , finit par laisser un arrière-goût amer. Il cristallise en prismes à six pans terminés tantôt par des sommets dièdres , tantôt par des pyramides hexaèdres, ou en octaèdres cunéiformes; ces cristaux, demi-transparents , offrent souvent des cannelures , et ne contiennent point d’eau de cristallisation , quoiqu’ils retiennent un peu d’eau d’interposition. Il est inaltérable à l’air. Lorsqu’on le chauffe, il entre en fusion vers 300° c. bien avant de rougir; si la température à laquelle il est soumis est plus élevée , il se transforme d’abord en azotite en perdant de l’oxygène , puis se décompose complètement , et donne du gaz oxygène, du gaz azote, de la potasse anhydre et du peroxyde de potassium. Si, après l’avoir fondu dans un creuset, on y ajoute par petites parties de son poids de soufre sublimé , et qu’on le coule , on obtiendra le cristal minéral ou le sel de Prunelle, qui n’est autre chose que de l’azotate de potasse mêlé d’une petite quantité de sulfate de potasse ; ce dernier sel a été formé, aux dépens du soufre et de l’oxygène, d’une portion d’acide azotique, ainsi que d’une certaine quantité de potasse. Cent parties d’eau à 0° dissolvent 13,32 de ce sel, tandis que 100 parties d’eau à 97,7 en dissolvent 236. A115°,9, la dissolution nitrée est en pleine ébullition, et alors 100 parties d'eau ont dissous 335 parties de ce sel (Lepage). Il active singulièrement la flamme des divers corps avides d’oxygène , comme je l’ai dit en parlant des azotates.

Usages. On se sert du nitre pour obtenir les acides azotique et sulfurique, et plusi'eurs préparations antimoniales employées en médecine, telles que l’antimoine diaphorétique, le fondant deRotrou, etc.; pour préparer le flux blanc et le flux noir (mélange de nitre et de tartre); on l’emploie encore dans i’analyse de quelques mines, enfin il sert à faire la poudre. Il est regardé par les médecins, lorsqu’il est étendu de beaucoup d’eau, comme sédatif, tempérant, et surtout comme rafraîchissant et diurétique; on l’emploie avec succès dans les fièvres ardentes, dans les fièvi’es intermittentes , principalement dans les vernales , dans certains cas d’ictère, dans la definière période des inflammations aiguës et intenses des voies urinaires, dans le commencement des gonorrhées bénignes, etc. On le fait prendre ordinairement depuis 30 centigrammes jusqu’à 4 grammes, dans un litre de petit-lait, de chicorée, d’oseille, etc. ; quelquefois aussi, dans les fièvres aiguës, on donne quatre ou cinq fois par jour un bol, composé de 10 centigrammes de nitre et de 20 cent.

de camphre. Le cristal minéral est quelquefois substitué au nitre dans ces sortes de prescriptions. A la dose de 20 à 30 grammes, solide ou dissous dans peu de véhicule, il produit des évacuations par haut et par bas; il agit puissamment sur le système nerveux, en déterminant la paralysie, des convulsions, et l’inflammation des tissus du canal digestif. On l’emploie avec succès pour détruire la matière organique, dans les recherches médico-légales relatives à l’arsenic.

Préparation. Les opérations que l’on pratique pour extraire le nitre varient suivant la nature du terrain qui le contient. Si le sel se trouve en grande quantité , on traite la terre par l’eau , et on fait évaporer la dissolution saline pour obtenir des cristaux de nitre: ce procédé est mis en usage dans l’Inde. Si, comme il arrive plus ordinairement, le terrain renferme peu d’azotate de potasse et beaucoup d’azotates de chaux et de magnésie, on transforme ces deux sels en azotate de potasse, afin de s’en procurer une plus grande quantité.

On a beaucoup disserté sur la cause de la production naturelle des azotates de potasse, de chaux, de magnésie, etc. Personne ne conteste que le concours des bases qui font partie de ces sels ou d’autres oxydes forts est indispensable pour que la nitrification s’opère; on reconnaît aussi la nécessité de l’air, d’une certaine quantité d’humidité, et d’une température de 15° à 25°; mais on n’a pas été d’accord sur le degré d’influence des matières animales, considérées par les uns comme indispensables, et par les autres comme utiles seulement. Or voici ce que l’expérience démontre à cet égard ; il est très-rare qu’il se produise un azotate là où il n’existe pas de substances azotées ; quand cela a lieu , l’oxygène etrazoté de l’air se combinent sous l’influence de l’électricité atmosphérique, en présence des carbonates alcalins et calcaires, pour former de l’acide azotique et ultérieurement des azotates. Quand, au contraire, ce qui est la règle, des substances animales dissoutes ou suspendues dans l’eau séjournent sur de.s carbonates alcalins ou terreux, il se produit de l’ammoniaque aux dépens de l’azote et de l’hydrogène de ees substances ; cet alcali ne tarde pas à se transformer en acide azotique , en présence de l’oxygène de l’air, et sous l’influence des corps divisés et des substances animales, et l’acide ainsi formé s’unit aux bases des carbonates alcalins et terreux (1). On peut ajouter que la petite quantité d’azotate

(1) On sait, par les expériences de Kuhlmann, qu’il se forme de l’acide azotique quand on fait passer à une température rouge sombre, sur de la mousse de platine , du gaz ammoniac et du gaz oxygène. H® Az, O® = Az O®, 3 HO. On sait

d'ammoniaqne contenu dans l’air transforme aussi en azotates de chaux et de magnésie une portion des carbonates de ces bases; le carbonate d’ammoniaque résultant de cette décomposition donne une nouvelle quantité d’acide azotique , parce que l’ammoniaque est en présence de l’oxygène de l’air et de corps poreux.

Il existait autrefois des nitrières artificielles, dans lesquelles on obtenait l’azotate de potasse en mêlant des matières animales azotées avec des carbonates de chaux et de magnésie pulvérisés , et même avec des carbonates alcalins : l’air, agissant sur ces mélanges, produisait des azotates de chaux et de magnésie, que l’on transformait ensuite en azotate de potasse en ajoutant des sels de potasse. Aujourd’hui que les droits d’enti'ée sur les salpêtres étrangers sont considérablement diminués, il n’y a plus d’intérêt à continuer cette industrie.

On donne le nom de plâtras à des substances pierreuses provenant de la démolition des vieux bâtiments, et douées d’une saveur fraîche, âcre et piquante : c’est dans ces plâtras que l’on trouve les azotates de potasse, de chaux et de magnésie dont je viens de parler; ils renferment en outre des chlorures de calcium, de magnésium, de sodium, etc. Les plus riches en azotate sont ceux que l’on trouve à la partie inférieure des bâtiments , cependant ils n’en contiennent guère que 5 p. 100 de leur poids. Les analyses qui ont été faites prouvent que la dissolution des plâtras l'enferme :

Azotate de potasse . 25

Azotate de chaux . 33

Azotate de magnésie . 5

Chlorure de sodium . 5 .

Chlorures de calcium, de magnésium, et azo- î tate d’ammoniaque. . . . î

Lixiviation. On dispose, à côté les uns des autres et sur trois rangs, trente-six tonneaux percés,, près de leur partie inférieure ^t latérale, d’un trou de 15 millimètres de diamètre, que l’on peut fermer à volonté au moyen d’un robinet ou d’une cheville; on introduit dans chacun 'de ces tonneaux un seau de plâtras en petits fragments , que l’on a soin de maintenir, à l’aide d’une douve , à une certaine distance du trou, qui serait obstrué sans cette précaution; on met par-dessus un

aussi que certaines substances organiques peuvent agir comme la mousse de platine ; ainsi Th. de Saussure a produit de l’eau rien qu’eu mettant du fumier dans tra mélange de gaz oxygène et hydrogène.

3G8 frREMiÈRË PÂRTtË.

boisseau de cendres (1), et on achève de les remplir avec de la poudré de plâtras passée à travers une claie. On verse de l’eau dans les tonneaux de la première bande ou du premier rang ; on la laisse pendant quelques heures, puis on la fait écouler en ouvrant le robinet : cette eau contient une certaine quantité de sels en dissolution , et porte le nom d’eau de cuite ; on la met à part. Il est évident que le plâtras n’est pas complètement épuisé par cette première lixiviation ; on le traite de la même manière par une nouvelle quantité d’eau , qui dissout encore des sels , mais en moindre quantité ; on laisse écouler le liquide, et on remet de l’eau sur le résidu pour l’épuiser complètement. Ces deux dernières eaux de lavage, moins chargées que l’eau de cuite, sont ensuite versées successivement sur la seconde bande de tonneaux , où elles se saturent ; on agit sur celte bande comme sur la première , et l’on en fait autant sur la troisième; en sorte qu’au bout d’un certain temps le plâtras contenu dans les divers tonneaux se trouve privé des sels solubles , et l’on a obtenu une très-grande quantité d’eau de cuite; cette eau marque plus de 5 degrés à l’aréomètre de Baumé.

Évaporation. On fait évaporer les eaux de cuite dans une chaudière de cuivre jusqu’à ce qu’elles marquent 25 degrés à l’aréomètre de Baumé. Pendant l’évaporation il se forme des écumes que l’on sépare, et un dépôt boueux qui se ramasse dans un petit chaudron placé au. fond de la chaudière, que l’on peut enlever de temps en temps au moyen d’une corde.

Décomposition. On verse dans la liqueur évaporée du- sulfate de potasse, qui transforme l’azotate de chaux et le chlorure de calcium en azotate de potasse et en chlorure de potassium solubles , et en sulfate de chaux presque insoluble; pn y ajoute un excès de dissolution concentrée de potasse du commerce, qui précipite la magnésie de l’azotate et du chlorure, ainsi que les dernières portions de chaux, si la totalité des sels calcaires n’a pas été décomposée par le sulfate de potasse , et qui transforme l’azotate d’ammoniaque en azotate de potasse et en carbonate d’ammoniaque; ce dernier se volatilise pendant la concentration des liqueurs: en sorte que la dissolution renferme alors 1° l’azolale de potasse qui se trouve dans le plâtras, et celui qui provient de la décomposition des azotates de chaux, d’ammoniaque et de magnésie ; 2" le chlorure de potassium formé aux dépens des chlorures de calcium et de magnésium ; 3“ le chlorure de sodium faisant partie du plâtras; 4° un peu de sulfate

(1) J’ai déjà dit que les cendres contiennent du carbonate et du sulfate de potasse et du chlorure de potassium solubles.

DÉ LÀ ÎH)ÜDilE^ . â69

dé chaux; 5® une pelite quantité de sels de chaux et de magnésie non décomposés. On met cette dissolution toute chaude dans des cuviers appelés réservoirs, et on la tire à clair au moyen de robinets adaptés aux cuviers; on lave le dépôt, et on réunit les eaux de lavage à la dissolution que l’on reçoit dans une chaudière; on procède de nouveau à l’évaporation : la petite quantité de sulfate de chaux et une assez grande quantité de chlorure de sodium se déposent ; on les enlève avec des écumoirs , et on les laisse égoutter dans des paniers d’osier placés au-dessus de la chaudière. Lorsque la liqueur marque 42 degrés à l’aréomètre, on la met dans des vases de cuivre, où elle cristallise par le refroidissement; on décante l’eau mère, on lave le sel avec de l’eau de cuite, on le fait égoutter, et on le livre au commerce sous le nom de salpêtre brut, nitre de première cuite; il est formé d’environ 75 parties d’azotate de potasse et de 25 parties d’un mélange de beaucoup de chlorure de sodium, d’une pelite quantité de chlorure de potassium, et de sels de chaux et de magnésie déliquescents.

Raffinage du salpêtre. On fait bouillir dans une chaudière 30 parties de nitre brut avec 6 parties d’eau ; l’azotate de potasse et les sels déliquescents , beaucoup plus solubles que les chlorures de sodium et de potassium, se dissolvent, tandis que ceux-ci restent presque en totalité au fond de la chaudière; on les enlève; on ajoute 4 parties d’eau à la dissolution; on clarifie la liqueur par la colle, et on la met, lorsqu’elle est encore chaude , dans de grands bassins en cuivx’e peu profonds ; on l’agite, pour hâter le refroidissement et laci'istallisatioh; on obtient par ce moyen une poudre cristalline formée de nitre et d’une pelite quantité des auU’es sels. Pour achever la purification de ces cristaux , on les met en contact avec des eaux chargées d’azotate de potasse et avec de l’eau ordinaire, qui dissolvent presque la totalité des sels étrangers et n’agissent point sur le nitre ; en sorte qu’il suffit de laisser écouler la solution pour avoir le nitre du commerce, que l’on fait sécher,.

DE EJk POUDRE.

On connaît plusieurs espèces de poudre : celle de guerre, de chasse, de mine, de fusion, etc.; elles doivent toutes êti'e considérées commé des mélanges de nitre, de soufre et de charbon, dans des proportions diverses. Voici ces proportions :

Poudre de guerre. Poudre de dusse. Pondre de mine.

Salpêtre . 75,0 • 7S 62

Charbon . 12,3 12 IS

Soufre . . . 12,5 lü 20

Après avoir fait choix de uitre pur non déliquescent, de soufre qui a été distillé, mais en bâton, et de charbon- sec, sonore, léger et récent, comme celui de bourdaine , de peuplier, de tilleul , de marronnier, de sapin , etc., on en pèse les quantités nécessaires, on les pile séparément, et on les tamise; alors on procède aux diverses opérations. Mélange. Il se pratique dans un atelier qui porte le nom dé mmlin à pilon, et qui offre plusieurs mortiers dans lesquels on humecte d’abord également le charbon; on introduit ensuite le salpêtre et le soufre, et on ajoute une certaine quantité d’eau qui s’oppose à la volatilisation des matières pul-r vérisées; on remue le tout avec la main, et on procède au battage au moyen de pilons que l’on met en mouvement par un courant d’eau. Proust pense que le charbon de chènevotte doit être préféré aux autres espèces , parce qu’il est moins cher et qu’il se mêle plus facilement avec le nitre et le soufre. 2^ Grenage. Lorsque la poudre a subi l’opération que l’on appelle rechange, qu’elle a été battue pendant quatorze heures environ (suivant Proust, deux heures de battage suffisent) , et qu’elle est sous forme d’une pâte humide, on la grène; on la fait sécher pendant un jour ou deux , et on la fait passer successivement dans deux tamis de peau, dont le premier est appelé guillaume, et le second grenoir; celui-ci offre des trous dont le diamètre est égal à celui des grains de poudre que l’on cherche à obtenir ; enfin on la fait passer dans un troisième tarais appelé ègalisoir, et même dans un quatrième : ces tamis ne livrent passage qu’au poussier et au fin grain. 3“ Séchage. On étend une couche de poudre d’une certaine épaisseur sur des toiles placées dans une chambre dont la tenipérature est à 60° ou 60°, et dans laquelle on fait arriver de l’air. J.a poudrç de mine n’est soumise à aucune autre opération ; il n’en est pas de même de celle de chasse et de guerre. 4° Époussetage. On fait passer la poudre ainsi desséchéé à travers un tamis de crin très^fin pour la débarrasser du poussier qui s’est formé pendant la dessiccation. Ici se bornent les manipulations propres à fournir la poudre de guerre ; il n’en est pas de même de la poudre de chasse. 5° Lissage. Avant d’être lissée , cette poudre , qui n’a été que grenée , est soumise à une dessiccation superficielle en l’exposant pendant une heure au soleil; on l’époussette, puis on la place dans des tonnes qui tournent sur leur axe et qui sont mises en mouvement par un courant d’eau. Ces tonnes offrent à leur intérieur quati’e barres carrées qui servent à augmenter les frottements du grain.

Que se passe-t-il dans la détonation de la poudre?... Lorsque sa température est assez élevée , l’acide azotique de l’azotate de potasse est décomposé par le charbon et par le soufre, . qui lui enlèvent une plus ou

m LA POCIïRE. 371

moins grande quantité d’oxygène, le transforment en gaz azote (1), et donnent naissance à du gaz acide carbonique et à du sulfure de potassium.

KO, Az 03 S KS Az 3 C02

Azotate de pot. Charbon. ’ Soufre. Sulfure ’ Azote. ’ A. carbonTqne.

de potassâmi. 2 Totumes. 6 Tolumes.

Indépendamment de ces trois produits , il se forme aussi du gaz oxyde de carbone, du gaz acide sulfhydrique, du carbure d’hydrogène gazeux, du sulfure de carbone gazeux, du sulfate et du carbonate de potasse, du cyanure de potassium, et il se dégage de la vapeur d’eau, auparavant interposée entre les molécules du nitre.

C’est à la rapidité avec laquelle ces substances solides passent à l’état de gaz, et par conséquent à leur augmentation de volume, qu’il faut attribuer la force avec laquelle la poudre lance le mobile.

B’après M. Braddock, le résidu de la combustion d’une poudpe composée de 75 parties d’azotate de potasse, de 13 I/3 de charbon de bois, et de 11 ^ de soufre, aurait fourni 46,83 de sulfate de potasse, 26,73 de carbonate de potasse, 15,34 d’azotate de potasse, 6,65 de sulfure de potassium, 1,52 d’acide sulfhydrique, 6,60 de charbon non brûlé, et 2 de matières terreuses { Journ. depharm., décembre 1836).

Lorsqu’on fait un mélange de 3 parties d’azotate de potasse, de 2 parties de carbonate de la même base ( potasse du commerce ), et de 1 partie de soufre, on obtient une espèce ée poudre fulminante qu’il suffit de faire chauffer pendant quelques minutes dans une cuiller à projection pour faire détoner; cette explosion est due principalement au dégagement subit du gaz azote, du gaz oxyde d’azote, du gaz acide carbonique, et de la vapeur d’eau , produits dont on concevra la formation en se rappelant la théorie que je viens de donner.

Si l’on fait un mélange de 3 parties d’azotate de potasse, del partie de soufre et de 1 partie de sciure de bois, on obtient \z poudre de fusion, ainsi appelée parce qu’il suffit d’en recouvrir un morceau de cuivre et de la. mettre en contact avec un corps enflammé pour que le métal soit fondu dans le même instant. Il y a dans cette expérience dégagement de beaucoup de chaleur, production de flamme, et fornmtion de sulfm'e de cuivre, plus fusible que le métal.

(î) Mil. Ck)lin et Taillefert ont prc^ivé qû’il n’y avait production de bioxyde d’azote qu’aulant que la combustion de la poudre était lenfe.

âî^ PfiËMÎÈRE PARTIE.

M. Augendre préparé une poudre de guerre avec une partie de Cyanure jaune de potassium et de fer cristallisé^ une de sucre blancetdeiii de chlorate de potasse. Cette poudre s’enflamme avec la plus grande facilité par le contact d’un corps chauffé au rouge ou enflammé; son effet dynamique étant très-considérable, on pourrait, d’après M. Augendre, faire tenir un plus grand nombre de coups dans les caissons d’artillerie, réduire le diamètre et augmenter l’épaisseur des obus, bombes, etc. Toutefois cette poudre a l’inconvénient d’oxyder les armes en fer. (Journ. de pharm., avril 1850.) '

Arsénite de potasse 2K0,As0*. — Cet arsénite se prépare directement: on met de l’acide arsénieux en poudre dans un ballon; on y verse une dissolution de potasse, mais en ayant soin de maintenir toujours un excès d’acide; on fait bouillir pendant quinze ou vingt minutes, en agitant de temps en temps ; ensuite on filtre pour séparer l’excès d’acide arsénieux, et l’on fait rapprocher la liqueur jusqu’en consistance de sirop. Il ne faudrait pas évaporer jusqu’à siccité, car alors le* sel se transformerait en arséniate par la décomposition de l’eau, et il se dégagerait de l’hydrogène.

Cet arsénite est blanc , alcalin , difficillement cristallisable et déliquescent. Il faut le conserver dans un flacon bouché à l’émeri.

Il fait la base de la liqueur arsenicale de Fowler, en usage contre la lèpre et les dartres rebelles. On l’emploie aussi à la préparation des'arsénites insolubles.

Arséniates dé potasse. — L’acide arsénique s’unit en deux proportions avec la potasse.

h’arséniate neutre contient, pour un équivalent d’acide, deux équivalents de base, 2 KO, As 0^; on le prépare en ajoutant au biarséniate autant de base qu’il en contient. Il paraît incristallîsable et déliquescent.

- Le biarséniate KOAsO®, 2 HO. cristallise en prismes à quatre pans ' terminés par des pyramides à quatre faces. Il est inaltérable à l’air, très-soluble dans l’eau , plus à chaud qu’à froid. On l’obtient en chauffant jusqu’au rouge, dans un creuset, 1 partie d’acide ai’sénieux etl î/j partie d’azotate de potasse ; on dissout le résidu dans l’eau et l’on évapore.

Il est sans usages.

Il existe encore un arséniate basique =3K0, AsO®. Il cristallise efî aiguilles fines déliquescentes.

Sulfkydrate de monosulfure de potassium (voy. p. 346).

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