DC PROTOXYDE DE CALCIUM
est coloré en bleu, en violet, en jaune ou en rose; il existe en France, eu Saxe et en Angleterre. Il est insoluble dans l’eau, insipide et inaltérable à Tair; il se dissout dans l’acide fluorhydrique. Si l’on jette sur des charbons rouges les cristaux cubiques fournis par la nature , ils décrépitenl légèrement; chauffé dans une cuiller en fer, il devient lumineux longtemps avant la chaleur rouge, et il dégage une lumière tantôt violette, tantôt verte, suivant les échantillons; chauffé plus fortement, il fond et donne un verre transparent. On l’emploie dans la préparation des acides fluorhydrique, fluoborique et fluosilicique, etc. (Voyez, pour les autres propriétés de ce corps, les caractères des fluorures, pag. 291.)
Caractères distinctifs du calcium. 1° Ses propriétés physiques ; 2° son action sur l’air, qui le transforme en oxyde (chaux).
Préparation. On l’obtient en décomposant la chaux à l’aide de la pile; celle décomposition est favorisée par l’intervention du mercure, qui se combine avec le calcium aussitôt qu’il est mis en liberté, et le préserve ainsi de l’oxydation. On distille cet amalgame; le mercure se volatilise, et le calcium reste. On ne peut conserver ce métal qu’avec de grandes précautions et^én le plaçant sous l’huile de naphte.
1>® PROTOXYDE DE CAIiCUJHI (CHACï). CaO.
La chaux est un des produits que l’on trouve le plus abondamment dans la nature, quoiqu’elle n’y existe jamais pure; le plus souvent, elle est combinée avec les acides carbonique, sulfurique, phosphorique et azotique.
La chaux pure est blanche (1), d’une saveur âcre, caustique, verdisdissant fortement le sirop de violettes , et rougissant la couleur du curcuma; son poids spécifique est de 2, 3. Si on élève fortement sa température au moyen du chalumeau à gaz de Brook , elle fond et donne des globules vitrifiés qui ont la couleur de la cire jaune; cette fusion est accompagnée d’une flamme de couleur poui-pre , et n’aurait pas lieu au feu le plus violent de nos fourneaux. Soumise à l’action de la pile voltaïque, la chaux se décompose en oxygène et en calcium. Elle est sans action sur les gaz oxygène et hydrogène, sur le bore et sur le carbone.
Le phosphore, le soufre, Viode et le brome, à une température élevée ,
(1; La chaux obtenue de la pierre calcaire est d’un blanc grisâtre quand elle est privée d’eau, et blanche lorsqu’elle est combinée avec ce liquide; elle renferme de l’alumine; de l’acide silicique, de l’oxyde de fer, et parfois un peu de magnésie et d’oxyde de manganèse.
donnent avec la chaux un phosphure, un sulfure, un iodure et un bromure de calcium, en déplaçant l’oxygène de l’oxyde, et en formant des acides phosphorique , sulfurique, indique et bromique, qui s’unissent à une portion de chaux non décomposée. Ces composés possèdent les propriétés que j’ai indiquées à la p. 399.
Le chlore, en agissant sur la chaux vive et sèche à une température élevée , en dégage l’oxygène , et donne du chlorure de calcium (voy. p. 400); tandis que si la chaux contient de l’eau, il se formera du chlorure de chaux , comme je le dirai plus loin.
V azote est sans action sur la chaux.
Exposée à l’air, la chaux vive commence par se combiner avec l’humidité, puis elle absorbe le gaz acide carbonique , et se transforme en un composé défini de carbonate et d’hydrate = CaO,Co2,GaO, HO, mêlé en outre de beaucoup d’hydrate.
Si l’on verse sur de la chaux vive quelques gouttes d’eau, celle-ci est rapidement absorbée sans que la chaux paraisse mouillée; le mélange s’échauffe; il s’exhale de la vapeur; la chaux se fendille , acquiert un plus grand volume, blanchit et se réduit en poudre : ôn dit alors que la chaux foisonne, qu’elle est délitée ou éteinte ; elle est à l’état d’hydrate, CaO,HO. Dans cette expérience, la température s’élève jusqu’à 300°; c’est à l’aide de celte chaleur qu’une portion d’eau se réduit en vapeur au centre même du morceau de chaux, et c’est à l’effort que fait cette vapeur pour se dégager qu’il faut attribuer la division de cet oxyde. Cette vapeur d’eau peut être employée avec avantage pour faire prendre des bains de vapeurs dans des lieux où l’on est dépourvu des appareils nécessaires; il suffit de placer la personne dans une baignoire ou un cuvier, d’en couvrir l’ouverture en laissant sortir la tête de l’individu, et alors d’éteindre devant lui un morceau de chaux vive placé dans une terrine. La température dégagée est plus que suffisante pour déterminer la fusion du soufre qui recouvre l’extrémité des allumettes soufrées; aussi quelques-unes de cgs allumettes , plongées dans le sein d’un morceau de chaux divisé par l’eau, s’enflamment-elles aussitôt qu’on les met en contact avec l’air, pourvu que le morceau sur lequel on opère soit assez gros.
L’un des meilleurs moyens d’hydrater complètement et dej)ien diviser la chaux consiste à verser sm* de la chaux vive de l’eau distillée bouillante; en quelques instants, l’extinction est opérée, même quand on agit sur une grande quantité.
Loreque la chaux a été réduite en poudre par ce moyen, on peut la faire dissoudre dans l’eau. D’api’ès Dalton,'une partie d’eau à 15°, 6 cen-
Dü PROTOXYDE DE CALCIUM. 403
tigrades dissout ‘/t-o *0^^ Poids de chaux anhydre et Vig4 d’hydrate
de chaux, tandis qu’à 100° elle ne dissout qu’un de chAx anhydre
/S5Î d’hydrate; ajoutons à cela que l’eau à 0° dissout deu^MWs plus de chaux qu’à 100° : la dissolution porte le nom d’eau de cAat^K’il y a beaucoup plus de chaux, on obtient une pâle laiteuse, à laquel^n donne le nom de lait de chaux. On distingue dans les pharmacies l^e^ de chaux première ^ seconde, etc. ; ordinairement celle-ci est moins causliqûe que l’autre, parce qu’elle ne contient pas de potasse, tandis que la première en renferme 7 pour 100 , suivant Descroizilles (1) ; mais il est évident que, si la chaux est pure et dissoute en assez grande quantité pour saturer l’eau , ces liqueurs ne doivent pas différer entre elles. L’eau de chaux enfermée sous le vide, et placée à côté d’un vase contenant de l’acide sulfurique concentrée, donne de petits cristaux transparents qui sont des hexaèdres réguliers coupés perpendiculairement à leur axe, CaO,HO. On ne pourrait obtenir que très-difficilement l’hydrate de chaux cristallisé en faisant évaporer la dissolution à l’air, parce que l’eau de chaux en attirerait l’acide carbonique et se transformerait en carbonate (crème de chaux) insoluble. On peut aussi faire cristalliser parfaitement la chaux hydratée en décomposant un sel calcaire au moyen de la pile électrique (Riffaut et Chompré).
Caractères distinctifs. 1° L’acide carbonique précipite l’eau de chaux en blanc , le carbonate déposé se dissout dans un excès d’acide carbonique ; 2° l’acide sulfurique concentré ne trouble pas l’eau de chaux , phénomène qui lient à ce que le sulfate de chaux formé est plus soluble que la chaux , et par conséquent ti-ouve assez d’eau pour être tenu en dissolution; 3° la chaux forme avec l’acide chlorhydrique un chlorure très-déliquescent; 4° la chaux est précipitée de toutes ses combinaisons par l’acide oxalique ou les oxalates solubles; le précipité est blanc, pulvérulent, et insoluble dans l’acide acétique concentré.
Tous les acides peuvent se combiner avec la chaux et donner naissance à des sels calcaires.
Le sucre se combine avec la chaux et la rend très-soluble dans l’eau.
Lorsqu’on fait chauffer dans un creuset parties égales de chaux et d’acide silicique, on obtient, si la température est assez élevée, un silicate blanc fondu, demi-transparent sur les bords , tenant le milieu entre la
^ (1) Les *^0, de potasse proviennent du bois qui a servi à la préparation de la chaux ; en sorte que , si , comme cela se pratique le plus ordinairement aujourd’hui, on emploie du charbon de terre, au lieu de bois , la chaux ne doit pas contenir de potasse.
porcelaine et Témail, et faisant feu avec le briquet, quoique faiblement (Kirwan). on ajoute de la magnésie, on obtient un verre d’un beau jaune. Lorsqu’on verse de l’eau de chaux dans une dissolution de silicate de potasse (liqueur de cailloux), il se forme un précipité composé de silicate de chaux (stuc) ; la possibilité de combiner l’acide silicique avec de la chaux est d’ailleurs parfaitement prouvée par les expériences de Vicat. On peut également fondre complètement , à une température élevée, un mélange de 33 , de 25 ou de 20 parties de chaux, et de 67,75 ou 80 parties d’argile (Hermann).
La chaux est formée de 71,43 de calcium et de 28,57 d’oxygène.
Usages. On emploie la chaux pour préparer la potasse, la soude et l’ammoniaque , pour chauler le blé , pour boucher les fissures qui se forment quelquefois dans les bassins pleins d’eau, et pour conserver les œufs frais. Unie au sable et à l’eau, elle constitue le mortier dont on fait usage comme ciment dans la bâtisse , qui a la propriété de durcir en se séchant, et par conséquent d’adhérer fortement aux surfaces des pierres auxquelles il sert seul de liaison. Elle est également employée dans la saponification des corps gras avec lesquels on forme des bougies stéariques, dans la défécation des sucs qui doivent fournir le sucre, et dans la purification du gaz de l’éclairage. On s’en sert aussi comme amendement dans l’agriculture, lorsqu’il s’agit de corriger les mauvais effets d’une terre trop argileuse. Son action sur l’économie animale mérite de fixer l’attention ; avalée en poudre à la dose de 4 à 8 grammes, elle détermine l’empoisonnement à la manière des substances âcres et corrosives; les animaux ne lardent pas à succomber, et l’on trouve après la mort une vive inflammation des tissus du canal digestif. On employait autrefois la chaux à l’étal solide pour cautériser ; mais on l’a abandonnée depuis que l’on fait un si grand usage de la pierre à cautère , de la pierre infernale, etc. L’eau de chaux a été souvent administrée avec succès , suivant Whytt , pour combattre la formation de ia gravelle. Andry l’a vue réussir dans certaines tympanites ; on eh a retiré des avantages dans la diarrhée, le hoquet, les éructations, et dans tous les cas ou il se développe un acide dans l’estomac ; elle a été égalepient employée dans le diabète et dans les affections vermineuses. On en donne 200, 250, 300 grammes par jour avec autant de lait ou d’une décoction mucilagineuse. Injectée dans l’anus, dans le vagin ou dans l’urèthre, elle a été quelquefois utile pour arrêter les anciennes dysenlei'ies muqueuses, certaines diarrhées, les gonorrhées passives virulentes , les flueurs blanches , les suppurations de vessie, etc. On l’a employée extérieurement pour laver les ulcères sordides dont les bords
Dü BIOXYDE DE CÂLOUM. 405
sont mous et infiltrés, et pour résoudre les engorgements des articulations. Giuli dit avoir obtenu le plus grand succès des bains dleau de chaux dans les rhumatismes aigus et dans la goutte ; la température de ces bains doit être plus élevée que celle des bains lièdes. On se sert avec avantage d’un mélange d’eau de chaux et d’acétate de plomb (sel de Saturne ) contre les brûlures. Enfin l’eau de chaux parait avoir réussi dans la teigne, dans la gale, et dans quelques autres maladies de la peau. Elle entre dans la composition de l’eau phagédénique.
Préparation. On fait chauffer dans un creuset de platine du marbre blanc (carbonate de chaux); au bout d’une heure ou deux, si la chaleur a été assez forte, on obtient de la chaux pure, car tout le gaz acide carbonique s’est dégagé. Une petite quantité d’eau favorise cette décomposition , non pas en raison de la tendance qu’elle a à se combiner avec la chaux, mais bien parce qu’une fois réduite en vapeur, elle déplace l’acide carbonique et l’empêche de faire pression sur celui qui reste engagé avec la chaux (Gay-Lussac, Ann. de chim., octobre 1836). Pour se procurer la chaux en grand , on chauffe la pierre à chaux (carbonate) dans des fours ayant la forme d’un cône renversé, en employant de préférence le charbon de terre : les phénomènes chimiques sont absolument les mêmes. Si le carbonate de chaux (pierre calcaire) contient , comme cela a souvent lieu , des proportions assez considérables de magnésie , d’oxyde de fer, d’argile , d’acide silicique , etc. , la chaux que l’on obtient est maigre, ne s’échauffe que très-peu avec l’eau, et ne foisonne pas ; dans ces, cas il ne faut pas trop chauffer la pierre, car il se formerait une espèce de fritte, et la chaux ne serait plus propre aux constructions; il faut cependant la calciner assez pour lui faire perdre tout l’acide carbonique qu’elle renferme. On dit que la chaux est grasse quand la pierre calcaire qui l’a fournie ne renferme qu’une petite proportion de ces matières étrangères.
DU BIOXTDE DE CAECIVIIK. CaO*.
M. Thénard a prouvé, en 1818, que la chaux (protoxyde de calcium) est susceptible de se suroxyder et de former un hydrate de bioxyde, qui est en paillettes très-fines. On obtient ce nouvel oxyde en versant de l’eau de chaux dans l’eau oxygénée contenant de l’acide chlorhydrique ou azotique ; l’eau oxygénée cède de l’oxygène à la chaux, et l’hydrate de bioxyde se précipite.
PREMIÈIIE PARTIE.
DES SEliS FORHÉS PAR EE PROTO»DE DE CAl.ClIjM.
Les dissolutions calcaires ont une saveur amère et salée; elles sont toutes précipitées par la potasse ou la soude , par les carbonates de potasse, de soude ou d’ammoniaque; V ammoniaque ne les trouble pas; le précipité obtenu en vertu de la loi dont j’ai parlé à la page 311 est du carbonate de chaux blanc, qui, étant desséché et calciné, donne la chaux vive. L’acide oxalique décompose toutes les dissolutions des sels calcaires et se précipite avec la chaux; le précipité, peu soluble dans un excès d’acide oxalique, très-soluble dans l’acide azotique, se décompose par la calcination et laisse de la chaux vive; l’oxalate d’ammoniaque opère encore mieux cette décomposition. Les dissolutions aqueuses des sels de chaux ne précipitent pas par l’acide sulfurique quand elles sont étendues, tandis que le contraire a lieu si elles sont concentrées.
Carbonate, GaQ, CO^.— Ce sel se trouve très-abondamment dans la nature : il constitue la craie, la pierre à chaux, les marbres, les stalactites , les albâtres , l’arragonite, le spath d’Islande, et une foule de variétés de cristaux qui ornent les cabinets de minéralogie; il fait partie de tous les terrains cultivés, des enveloppes des mollusques, des crustacés, des radiaires, et des nombi'eux polypiers ; enfin il entre dans la composition de quelques eaux de source, où il est tenu en dissolution par un excès d’acide carbonique. Il est insoluble dans l’eau,- par conséquent insipide ; il est soluble dans un excès d’acide carbonique : c’est à cette solubilité et à sa précipitation spontanée, au contact de l’air, qu’est due la formation dès stalactites et de ces sortes de pétrifications que l’on produit en exposant des objets quelconques dans les eaux qui sont chargées de carbonate de chaux. Il est inaltérable- à l’air et décomposable, par la simple action de la chaleur, en gaz acide carbonique et en chaux, à moins qu’il ne soit chauffé sous une forte pression (Hall, voy. p. 7 ) ; il partage avec les autres carbonates les propriétés déjà exposées à la page 326. On s’en sert pour préparer la chaux vive, pour bâtir, etc.; tout le monde connait les nombreux usages du marbre. Le carbonate de chaux doit être regardé comme absorbant ; les yeux d’écrevisses, les écailles d’huitres, les coquilles d’œufs, les coraux, etc., tant vantés par les anciens médecins , et que l’on emploie encore aujourd’hui pour absorber les acides qui se développent dans l’estomac , ne doivent leurs propriétés qu’au carbonate de chaux qui entre dans leur composition ; on peut faire usage de ces substances dans les cas où la magnésie est indiquée (voy. Magnésie).
Préparation (voy. p. 317, 3® procédé).
Carbonate de chaux hydraté , Ca,Co2,5H0. — En exposant à l’air de l’eau sucrée tenant de la chaux en dissolution (voy. Sucre), on peut obtenir du carbonate de chaux hydraté, blanc, cristallisé en rhomboèdres très-aigus, insipides, insolubles, d’une densité de 1,783 à -j- 10°. Il abandonne son eau de cristallisation et devient pâteuxà la température de 30® à 40° ; si on le chauffe à 100°, il perd toute son eau.
Phosphates de chaux. — Il existe plusieurs phosphates de chaux. PAosphate basique =3 CaO, PhO^, 2 HO. On le trouve dans la nature , principalement à Logrosan, en Estramadure, où il sert comme pierre à bâtir ; il est combiné soit avec le chlorure, soit avec le fluorure de calcium, et constitue alors Yapathite de Werner. Il est blanc et insoluble dans l’eau. On l’obtient en versant du chlorure de calCfem |^s du phosphate de soude à 3 équivalents de base = 3 NaO, PhO®, 24^0.
Phosphate de chaux neutre = 2 CaO, HO, Ph05,3H0. — 11 existe dans plusieurs eaux minérales. Il est blanc, cristallin, et insoluble dans l’eau. On l’obtient en versant du chlorure de c^cium dans une dissolution de phosphate de soude ordinaire = 2 NaO, HO, PhO^, 24 HO.
Phosphate des os, 8GaO, 3Ph 0^ (1). —Ce sel existe dans les os de tous les animaux et dans toutes les matières végétales et animales; il fait quelquefois partie des calculs vésicaux. Le phosphate des os pur peut être fondu en un verre transparent, tandis que s’il contient un excès de chaux, il ne donne, après la fusion, qu’une masse opaque; chauffé avec du potassium dans un tube de verre , il se décompose et fournit du phosphure de calcium, dont les caractères sonttrès-saillants(voy. p. 399), et qui, mis dans l’eau acidulée, dégage du phosphure d’hydrogène gazeux ; celte propriété permet de reconnaître un demi-milligramme de phosphate de chaux. Il est insoluble dans l’eau, et par conséquent insipide. Traité à froid par l’acide sulfurique concentré , il cède à cet acide la chaux qu’il renferme , et se transforme en acide phosphorique ; si l’on n’emploie pas assez d’acide sulfurique, il se pi'oduit du biphosphater de chaux soluble que l’on peut séparer du sulfate de chaux au moyen de l’eau. Le phosphate des os sert à la préparation du phosphate acide dont on fait usage pour extraire le phosphore. On n’emploie jamais ce sel, en médecine, à l’état de pureté; on administrait autrefois, dans l’angine, Y album grœcum ou l’excrément des chiens auxquels on avait fait ronger des os , et qui est principalement composé de phosphate de chaux ; ce sel
(1) D’après M. Raewsky, ce sel serait formé de 3 CaO, PhO®.
fait partie de la poudre de James ; il constitue presque à lui Seul la corne de cer/* calcinée au blanc, avec laquelle on prépare le plus souvent la décoction blanche de Sydenham , employée avec tant de succès comme adoucissant dans les anciens dévoiements, les ténesmes, les épreintesde la dysenterie , la phthisie , etc.
Préparation. On l’obtient en saturant l’excès d’acide du biphosphate par l’ammoniaque. -
Biphosphate de chaux, GaO,2HO,PhOS. — Il est constamment le produit de l’art; il est déliquescent, et par conséquent très-soluble dans l’eau; il cristallise en paillettes nacrées. Exposé à l’action du calorique , il se desséche, se boursoufle,, et donne un verre insipide, CaO, PhO*, insoluble, sans action sur Vinfusum de tournesol , s’il a été préparé dans un creuset de terre creuset a cédé une certaine quantité d’a¬
cide silicique; tanms qii’il a une saveur acide, qu’il rougit le tommesol, et qu’il est un peu soluble dans l’eau, s’il a été obtenu dans un creuset de plftine. Le charbon le décompose à une température élevée, s’empare de f’oxygène j^^^acide, et le phosphore est mis à nu. L’ammoniaque , la potasse , la soude et leurs carbonates , versés dans une dissolution ^ife sel , en saturent l’excès d’acide, et le phosphate de chaux se précipite. L’eau de chaux le transforme entièrement en phosphate insoluble. On fait usage de ce sel pour extraire le phosphore.
Préparation. On chauffe^ès os de bœuf, de mouton , etc. , jusqu’à ce que toute la matière animale qu’ils renferment soit décomposée ; on obtient des cehdr^ qui^soit principalement formées de phosphate de chaux et de carbonate de chaux ; on les passe au tamis , et on les réduit en une bouillie liquide au moyen de l’eau ; on mêle peu à peu cette bouillie avec un tiers de son poids d’acide sulfurique concentré, et on agite : l’acide enlève au phosphate une partie de la chaux, et décompose tout le carbonate, en sorte qu’il y a dégagement de gaz acide carbonique et formation de sulfate et de biphosphate de chaux ; le mélange de ces deux sels est très-consistant, presque solide, et sa température assez élevée à raison de l’action de l’acide sulfui'ique sur l’eau et sur la chaux; on l’abandonne à l’air pendant quelques Jours ; il en attire l’humidité, et la décomposition devient plus complète; alors on y verse de l’eau bouillante, <mi dissout le biphosphate de chaux et un peu de sulfate de chaux ; on d^ante après avoir laissé reposer, et on traite de nouveau le résidu par ^e l’eau bouillante, opération que l’on recommence deux ou trois fois. On filtre les liqueurs à travers une toile serrée, et on les fait évaporer,' jusqu’en consistance sirupeuse, dans une chaudière de plomb : par ce moyen , on en sépare presque tout le sulfate de chaux ,
qui est três-peu soluble ; on décante le liquide sirupeux ; on lavé le sulfate de chaux, afin de dissoudre tout le biphosphate on réunit les eaux de lavage et on les fait évaporer : la masse obtenue est le biphosphate de chaux, qui peut être vitrifié par la chaleur. Si ce phosphate doit servir à la préparation du phosphore, on emploie pour le préparer 5 parties de cendres d’os et 2 parties d’acide sulfurique concentré ; il importe de ne pas ajouter une plus grande quantité d’acide sulfurique si l’on veut obtenir le phosphore de l’acide phosphorique : en effet , il résulte des expériences de M. Javal que l’acide phosphorique est plus volatil qu’on ne le croyait généralement , et que si on ne le fixe pas à l’aide d’une certaine quantité de chaux ou de tout autre alcali , il se volatilise en partie et échappe à la décomposition ; or, dans le cas dont il s’agit , le moyen le plus sûr de le fixer consiste à ne lui enlever, par l’acide sulfurique, que la portion de chaux strictement nécessaire pour que l’expérience ait un plein succès.
Phosphate de chaux composé de phosphate neutre et de biphosphate. — Il est blanc, à réaction acide, décomposable par l’eau en phosphate neutre et en biphosphate. On l’obüent en dissolvant le phosphate neutre dans l’acide phosphorique, et en précipitant le sel par l’alcool.
Sulfate {plâtre, gypse, sélénite, etc.) ; CaO, SO^ quand il est anhydre; Ca0,S03, 2H0, s’il est hydraté. — Gesel existe très-abondamment dans la nature à l’état anhydre ou à l’état d’hydrate; tantôt il est cristallisé, tantôt amorphe; on le trouve assez souvent en dissolution dans les eaux de puits. Lorsqu’il a été obtenu dans les laboratoires à l’état d'hydrate, il cristallise en octaèdres, en prismes hexaèdres avec sommets tétraèdres, en lentilles, ou sous forme d’aiguilles blanches, satinées, peu consistantes; il est presque insipide, soluble dans 332 d’eau froide ou bouillante (Lassaigne) , plus soluble dans l’eaù chargée d’acide sulfurique, verdissant lentement le sirop de violettes. Soumis à l’action du calorique, les cristaux de sulfate de chaux décrépitent et deviennent opaques; ils perdent leur eau de cristallisation à 130° , mais ils peuvent facilement la reprendre en augmentant de volume, et en donnant ainsi naissance à une masse compacte, volumineuse, qui constitue le plâtre dont bn se sert pour enduire les murailles. Chauffé dans un creuset , le sulfate de chaux fond et donne un émail blanc- Le charbon le transforme en sulfure de calcium (voy. p. 322). Exposé à l’air, il en attire l’humidité, s’il a été préalablement desséché; mais il ne tombe pas en déliquîum.
Usages. Il sert pour faire le plâtre. Lorsque celui-ci est destiné aux objets de sculpture, il suffit de calciner le sulfate de chaux pur pour le
410 PREMÈRE PARTIE.
priver de l’eau quMl renferme, et de le tamiser; si l’on veut s’en servir pour les objets de construction, on a conseillé, après l’avoir calciné, de le mêler avec un dixième de son poids environ de chaux, si toutefois le sulfate doçt il s’agit ne contient pas de carbonate de chaux : par ce moyen, le plâtre absorbe, dit-on, plus d’eau en se solidifiant, acquiert plus de dureté et de ténacité. Gay-Lussac réfute celte assertion , et pense qu’il faut chercher la différence des divers degrés de consistance que prennent avec'l^eau les plâtres cuits, dans la dureté qu’ils présentent à l’état cru , dureté qu’on ne peut expliquer, et qu’on doit prendre comme un fait; ce qu’il ÿ^a de certain, c’est que l’addition de la chaux aux plâtres peu consistahts ne les améliore pas sensiblement ; d’ailleurs le plâtre cuit ne renferme pas ordinairement de chaux libre, lors même qu’il contenait du carbonatq de^ chaux avant la calcination. Les expériences de M. Payen établissènl^ue la cuisson la plus utile du plâtre a lieu à 80® environ , et que si on le chauffe même au-dessous de la température à laquelle il devient rouge, il peut perdre totalement la qualité essentielle de se solidifier avec l’eau. Le sulfate de chaux sert encore pour faire le stuc, composition qui imite parfaitement le marbre, et que l’on prépare en gâchant le plâtre avec une dissolution de gélatine (colle forte), et en ajoutant au mélange encore en bouillie des substances colorées : on l’applique lorsqu’elle est sèche, et on la polit après l’avoir appliquée sur les objets que l’on veut en recouvrir. On est parvenu, il y a quelques années , à donner au plâtre la dureté du marbre , en le faisant bouillir dans une dissolution d’alun ou de sulfate de zinc , lorsqu’il a été préalablement desséché, et en le faisant cuire une seconde fois avant de l’employer, comme s’il n’avait subi aucune modification. Il suffit, d’après M. Herpin, de 12kil. de plâtre cuit et pulvérisé, mélangés à 2 kil. 34 de poussier de charbon , pour solidifier et désinfecter immédiatement les déjections stercorales produites par un individu pendant une année entière; le résultat de cette action constitue un engrais trèsactif et durable, sans odeur ni apparence désagréable (/ourn. de pAormacie, déc. 1849). Le sulfate de chaux dissous dans l’eau est laxatif: on sait que les eaux de puits ou de source chargées de sélénite sont crues , l)esantes, et occasionnent quelquefois le dévoiement.
Préparation (voy. p. 317, 1®” ou 2® procédé).
Ooxalate de chaux, CaO, G2 03, 2 HO. — Existe dans plusieurs lichens et dans les calculs muraux. Il est blanc, insoluble dans l’eau ; décomposé par la chaleur, il laisse de la chaux vive. Il est à peine soluble dans l’acide acétique, et très-soluble dans les acides azotique et chlorhydi'ique.
Chlorure de chaux ou d’oxyde de calcium. — J’ai d^àdit que si l’on fait passer du chlore gazeux parfaitement sec à travers du protoxyde de calcium dont la température a été élevée dans un tube de porcelaine , on obtient du gaz oxygène et du chlorure de calcium. En faisant arriver du chlore gazeux sur de la chaux éteinte , en poudre fine et humectée , il se forme un produit généralement connu sous le nom de chlorure de chaux, et qui est regardé par quelques chimistes comme un mélange d’hypochlorite de chaux, Ca0,G10, de chlorure de calcium, CaCl, et de chaux hydratée.
Ce produit est pulvérulent et blanc; il répand une légère odeur chlorée et se dissout dans l’eau; sa dissolution décolore l’indigo, précipite du chlorure d’argent par l’azotate de ce métal , et de l’oxalate de chaux par l’oxalate d’ammoniaque.
Elle absorbe l’acide carbonique de Pair, laisse dégager du chlore, et finit par se décomposer ; si elle marque 100 degrés au chloromètre et qu’on enlèvfe la croûte de carbonate de chaux, il s’en forme une autre, et ainsi de suite : au lieu de cela, si on n’enlève pas la croûte de carbonate de chaux, la chaux est décomposée en oxygène qui se dégage, et en calcium qui s’unit au chlore ; en sorte que le chlorure de chaux se trouve transformé en chlorure de calcium. Si, au lieu de 100 degrés, le chlorure n’en marque que 66, il donne naissance , dans cette dernière circonstance, à du chlorure de calcium mêlé d’un dix-huitième de chlorate de chaux. — L’action de l’air sur le chlorure de chaux sec est la même, parce qu’il en attire l’humidité : aussi finit-il par tomber en déliquium, parce qu’il se change eu chlorure de calcium (Morin, de Genève).
Les acides affaiblis, s’ils sont employés en quantité suffisante, en dégagent le chlore , et il se forme un sel de chaux.
CaO) Cl Acide = GaO, acide Cl
Chlorure de ealcium. Sels de chaux. Chlore.
Dans l’hypothèse où ce corps serait formé d’hypochlorite de chaux et de chlorure de calcium , l’eau de l’acide transformerait le chlorure de calcium en acide chlorhydrique et en oxyde de calcium, en même temps que l’acide employé décomposerait l’hypochlorite de chaux et en séparerait l’acide hypochloreux : il se dégagerait d’abord de l’acide hypochloreux; maïs cet acide réagirait aussitôt sur l’acide chlorhydrique, et il se formerait de l’eau et du chlore.
CIO, HCl = 2 Cl, HO
Comme, selon son degré de concentration, la dissolution de chlorure de chaux possède un pouvoir décolorant et désinfectant qui varie, on a indiqué les deux procédés suivants pour doser son titre. 1° Ge moyen est fondé sur la propriété que possède une quantité déterminée de chlore , à quelque état qu’il se trouve, de décolorer une quantité de dissolution d’indigo dans l’acide sulfurique, qui lui correspond exactement. La dissolution qui sert pour ces essais contient 1 partie d’indigo dissous dans 9 parties d’acide sulfurique à 66 degrés ; elle est ensuite étendue d’une quantité d’eau convenable pour qu’un volume de chlore en décolore dix fois ce même volume. On se sert, pour effectuer cette analyse, d’une petite burette graduée , appelée chloromètre, de telle façon qu’en prenant une quantité déterminée de dissolution d’indigo , on voit par le nombre de centimètres cubes qu’indique la burette quel pouvoir décolorant possède une liqueur qui contient du chlorure de chaux.
Ce premier moyen présente un inconvénient grave; la dissolution d’indigo s’altère promptement, et on est exposé à commettre des erreurs lorsqu’on opère avec une dissolution un peu ancienne. Le procédé suivant doit être préféré.
2“ On verse peu à peu un volume déterminé de dissolution de chlorure de chaux dans un volume donné d’une dissolution d’acide arsénieux dans l’acide chlorhydrique privé d’acide sulfureux. On colore cette dissolution en bleu par deux ou trois gouttes de sulfate d’indigo; le chlore du chlorure transformera rapidement l’acide arsénieux en acide arsénique, et n’agira sur l’indigo que lorsque l’acide arsénieux sera complètement transformé : aussi arrivera-t-il un moment où, la liqueur étant encore bleue, il n’y aura pourtant plus d’acide arsénieux; alors, par l’additton d’une seule goutte de dissolution de chlorure, la liqueur se décoloréi'a et ressemblera à de l’eau ; on arrêtera l’opération dès que l’on aura obtenu ce résultat. Il est évident que des chlorures de chaux contenant 1, 2, 3, 4, 5, 6 parties de chlore devront être employé? en quantités différentes pour parvenir à décolorer une dissolution d’acide arsénieux dont la force sera toujours la même : c’est précisément d’après les proportions de dissolution de chlorure que l’on aura été obligé d’employer que l’on jugera la force de ce chlorure.
M. Balland, de Tours, et après lui M. Marozeau, ont proposé de faire usage de protochlorure de mercure, et de voir combien il faudrait de chlorure de chaux pour faire passer ce protochlorure à l’état de bichlorure. M. Lassaigne a eu recours à l’iodure de potassium pour apprécier les proportions de chlore contenues dans ces chlorures.
Procédé de Gay Lussac par l’acide arsénieux. On prépare une d/sso-
[ution arsénieuse normale en dissolvant 4 gr. , 440 d’acide arsénieux dans 3 décilitres d’acide chlorhydrique étendu de son volume d’eau ; on ajoute de l’eau jusqu’à ce qu’il y ait un litre de dissolution. L’expérience prouve que celte quantité de liqueur arsenicale normale exige juste un litre de chlore gazeux supposé sec (3 grammes 170 milligrammes) pour être complètement transformée en acide arsénique; en sorte que si un litre de dissolution normale est détruit par deux litres d’eau chlorée ou de chlorure de chaux dissous , c’est que dans ces deux litres il ya3 gi'., 170 de chlore. S’il ne faut qu’un demi-litre d’eau chlorée ou de chlorure de chaux dissous pour obtenir le même résultat, c’est que ces deux liqueurs chlorées renferment aussi chacune 3 gr., 170 de chlore.
On commence par préparer un litre de la dissolution aqueuse de chlorure de chaux dont on veut déterminer le titre. Ce litre a été obtenu avec 10 grammes de ce chlorure solide et de l’eau ; il est évident que si ce chlorure contenait quelques matières insolubles, l’eau ne les aurait point dissoutes. Qu’importe ? Le litre d’eau renfermerait toute la proportion de matière décolorante contenue dans les 10 grammes de chlorure. A l’aide d’une pipette graduée , on fait tomber dans un vase de 3 à 4 décilitres, en verre blanc et à fond plat, 10 centimètres cubes de la dissolution normale arsénieuse, colorée en bleu par deux ou trois gouttes de sulfate d’indigo. On remplit exactement, avec la dissolution du chlorure de chaux dont j’ai parlé, une burette graduée, dont chaque division représente un dixième de centimètre cube; on verse cette dissolution goutte à goutte dans la liqueur arsénieuse colorée; on cesse d’en ajouter dès que l’on s’aperçoit que la coloration bleue disparaît. On lit alors, sur la burette, le nombre de divisions qu’il a fallu employer, pour arriver à cette décoloration, et l’on calcule ainsi : admettons que l’on ait employé 108 divisions de dissolution de chlorure de chaux pour décomposer 10 centimètres cubes de dissolution arsénieuse, il faudrait,^ puisque ces 108 jiivisions représentent 10 centimètres cubes 8 dixièmes, qu’il y eût dans le chlorure 10 centimètres cubes de chlore. Si l’on veut savoir combien il y a de chlore dans le litre de chlorure, il ne s’agira que d’établir la proportion suivante :
10,8 : 10 : : 1000 (un litre) : x, x = 926 cent, cubes.
Le chlorure analysé marque donc 92,6 degrés chlorométriques. Un kilogramme de ce chlorure contient 100 fois autant de chlore, c’est-à-dire 293 gr., 542 ; ce qui correspond à 9260 centilitres.
Si, au lieu d’opérer comme je l’ai dit, on versait la dissolution normale dans celle du chlorure , cette liqueur, qui contient beaucoup d’a-
eide chlorhydrique, éliminerait plus de chlore que n’en pourrait absorber Tacide arsénieux, et le chlore se dégagerait à l’état de liberté.
Le chlorure de chaux du commerce marque ordinairement 80 à 110 degrés chlorométriques; d’où il suit qu’il renferme par kilogramme 80 à 110 litres de chlore, facile à dégager par les acides.
Préparation. On obtient le chlorure de chaux solide, employé à la désinfection des matières animales, en faisant arriver du chlore gazeux sur de la chaux vive éteinte ou sur un lait de chaux ; il faut employer un excès de chaux, autrement il se formerait du chlorate de chaux. On aura atteint le point de saturation convenable, lorsqu’une partie de ce chlorure , dissous dans 130 parties d’eau, décolorera 4 parties Vj de sulfate d’indigo.
Si l’on voulait avoir du chlorure de chaux liquide, on mettrait dans 40 litres d’eau 1 kilogramme ^ de chaux vive délitée, et on ferait arriver le chlore gazeux jusqu’à saturation ; on devrait, avant d’employer ce chlorure, l’étendre d’eau. En général, il faut, dans la préparation de ce corps, agir à froid et éviter l’élévation de température, parce qu’alors il se décompose et se transforme en chlorure de calcium et en chlorate de chaux {Ann. dephys. et de chim., février 1828).
Ce sel est employé avec le plus grand succès pour désinfecter les fosses d’aisances et pour enlever l’odeur des matières putréfiées. Il agit sur l’économie animale comme stimulant. On ne l’emploie guère à l’intérieur que pour désinfecter l’haleine ; à l’extérieur, on s’en sert avec beaucoup de succès dans le traitement de divers ulcères, de plaies fétides, et surtout du charbon, de la pourriture d’hôpital, des plaies gangréneuses et cancéreuses, du cancer du sein et de la matrice, de certaines dartres rongeantes, des ulcérations des gencives, de la langue, de la membrane pituitaire , etc. On l’a aussi employé avec succès contre la gale.
Azotate, GaO, AzO®, 4H0. — Ce sel fait partie des plâtras et des divers matériaux salpêlrés dont on se sert pour obtenir l’azotate de potasse ; il existe aussi en quantité notable dans les eaux des fontaines de Stockholm. Il est très-déliquescent et par conséquent très-soluble dans l’eau et dans l’alcool. Une partie d’eau suffit pour en dissoudre 4 ou 5 parties; cette dissolution cristallise très-difficilement : on peut cependant obtenir l’azotate de chaux cristallisé en prismes hexagones en le faisant dissoudre dans l’alcool; sa saveur est très -âcre. Le phosphore de Baudouin, qui a la propriété de luire dans l’obscurité , n’est autre chose que ce sel parfaitement desséché. Il ne sert qu’à la formation du salpêtre.
Préparation (voy. p. 317, 1®*^ et 2® procédés).
Dü BARYUM.
DIT BARTrSt. Ba. ÉqulTOlen* = 858
Le baryum ne se trouve dans la nature qu’à l’état de sel. Il n’a été obtenu jusqu’ici qu’à l’aide de la pile ou en décomposant à une chaleur rouge le protoxyde de baryum anhydre par la vapeur du potassium. Il est blanc , brillant comme l’argent, et malléable, plus dense que l’acide sulfurique concentré, fusible à la chaleur rouge. On ne peut pas le distiller ; il s’oxyde rapidement à l’air, à la température ordinaire.
Le soufre peut se combiner avec le baryum en plusieurs proportions par des procédés analogues à ceux que l’on emploie pour former les sulfures de potassium; mais ces différents degrés de sulfuration n’ont pas encore été tous examinés, he. monosulfure, BaS,6H0, cristallisé est sous forme de lames blanches, soyeuses, d’une saveur âcre, sulfureuse, plus solubles dans l’eau bouillante que dans l’eau froide; ce solutum peut dissoudre du soufre et former des polysulfures ; à l’air, il se transforme eri hyposulfite (voy. Sulfures, p. 282). On l’obtient en décomposant le sulfate de baryte par % de charbon et une certaine quantité de colle de farine à un feu violent.
Le chlorure de baryum, BaGl, est solide, incolore, d’une saveur âcre, piquante, inaltérable à l'air, fusible à la chaleur rouge, indécomposable par la chaleur, et sans action sur l’oxygène. Gent parties d’eau à 15“ en dissolvent 43,5 p. et 77 p. à la température de 105,48; ainsi dissous, il peut cristalliser en prismes à quatre pans très-longs et peu épais , BaGl, 2H0, qui décrépitent sur les charbons ardents, presque insolubles dans l’alcool absolu. On l’emploie dans les laboratoires comme réactif.
Le chlorure de baryum est un des poisons les plus violents ; appliqué sur le tissu cellulaire, à la dose de quelques centigrammes , il est rapidement absorbé, et détermine des convulsions qui ne tardent pas à être suivies de la mort; il exerce, indépendamment de cette action, une irritation locale capable de produire l’inflammation des parties avec lesquelles il a été en contact. Le meilleur antidote de ce sel et des autres préparations de bai-yte est sans contredit la dissolution d’un sulfate , tel que ceux de soude , de magnésie ou de potasse : en effet , ces sels ont la propriété de décomposer tous ces poisons et de les transformer en sulfate de baryte insoluble, qui est sans action sur l’économie animale. Le chlorure de baryum a été prôné par Grawfort comme un excellent remède contre les scrofules : je l’ai souvent employé et vu employer sans succès. Quoi qu’il en soit, on doit l’administrer à la dose de 1 à 5 centigrammes dans une tasse d’eau distillée. On l’a également préconisé
contre l’hydropisie et comme anlhelrainlhique; on s’en est également servi comme excitant et escliarotique faible, en lolionS sur les ulcères scrofuleux.
Préparation. On traite le sulfure de baryum par l’acide chlorhydrique ; le chlorure reste en dissolution, l’excès de soufre se précipite, et il se dégage du gaz acide sulfhydrique. En grand , on calcine dans un four à réverbère du sulfate de baryte pulvérisé avec la moitié de son poids de chlorure de calcium ; il se forme du chlorure de baryum soluble et du sulfate de chaux peu soluble ; on traite par l’eau froide, et on décante rapidement. ,
Viodure de baryum, Bal, est le produit de l’ârt; il cristallise en prismes très-fins ou en aiguilles ; il ne fond pas à la chaleur rouge; chauffé avec du gaz oxygène, il abandonne de l’iode ; quoique ti’ès-soluble dans l’eau, il n’est que faiblement déliquescent. Exposé à l’air, il se colore et passe à l’état d’iodure ioduré (voy. p. 288). Il est sans usages. On l’obtient en dissolvant la baryte dans l’acide iodhydrique et en chauffant le produit jusqu’au rouge. Il a été quelquefois employé à l’extérieur sous forme de pommade dans les engorgements scrofuleux.
Caractères distinctifs du baryum. 1° Ses propriétés physiques ; 2° son action sur l’eau à froid, qui le transforme en protoxyde (baryte).
Préparation. On obtient ce métal en décomposant un sel de baryte, comme il a été dit à la page 40t.