DES SES.» DE BARYTE
Les sels de baryte sont formés par un acide et par le protoxyde de baryum (bai'yte); le bioxyde ne peut se combiner avec les acides sans se transformer en protoxyde.
Les sels de baryte solubles dans l’eau précipitent en blanc par les carbonates de potasse, de soude ou d’ammoniaque : le carbonate de baryte
déposé, décoraposable à une température excessivement élevée, se décompose facilement à une chaleur rouge, si on le fait chauffer avec du charbon , et donne de la baryte. L’acide sulfurique et les sulfates solubles y font également naître un précipité de sulfate de baryte blanc, insoluble dans l’eau et dans l’acide azotique. Aucun de ces sels ne colore en pourpre la flamme d’une bougie. Le chromate de potasse, même étendu de beaucoup d’eau, y fait naître un précipité de chromate jaune. L’acide hydrofluosilicique en précipite des cristaux blancs.
Carbonate, BaO, CO^, Ge sel se trouve en Angleterre, dans la haute Styrie , en Sibérie et dans le pays de Galles : il est tantôt sous forme de masses celluleuses ou rayonnées, tantôt translucide et d’un gris jaunâtre; il est fusible à la chaleur blanche, décomposable à cette température, insoluble dans l’eau et inaltérable à l’air; il est très-légèrement soluble dans l’eau saturée d’acide carbonique. On emploie celui qui est récemment préparé, dans les laboratoires, à l’analyse des minéraux et pour séparer plusieurs oxydes les uns des autres. Introduit dans l’estomac, il se transforme, à la faveur de l’acide acétique contenu dans les voies digestives, en acétate, ou du moins en un sel soluble, et agit comme la baryte.
Préparation ( voy. p. 317, 3® procédé).
Il existe un bicarbonate de baryte, BaO, 2 CO* : on l’obtient en dissolvant le précédent dans un courant d’acide carbonique.
Le précipité qui se pi;jyiuit en versant du sesquicarbonate de potasse ou de soude dans un sel soluble de baryte est-il du sesquicarbonate de baryte ?
Sulfate, Ba0,S03, — Il se trouve assez abondamment en France, dans les départements du Puy-de-Dôme et du Cantal, en Hongrie, et près de Bologne. Tantôt il est cristallisé, tantôt il est en masses compactes, tuberculeuses , ou sous forme de rognons. Il est insoluble dans l’eau , insipide , inaltérable à l’air, indécomposable au feu , mais susceptible de fondre lorsqu’il est fortement chauffé, Le charbon le transforme en sulfure de baryum ( voy. p. 322 ). Il se dissout dans l’acide sulfurique concentré, et le soluium est décomposé.par l’eau, qui s’empare de l’acide et précipite le sulfate; on peut, en évaporant cette dissolution , en obtenir des cristaux. Il est formé de 65,71 ^de baryteet de 34,29 d’acide sulfurique. Mêlé avec de l’eau et de la farine, il peut former une pâte que l’on réduit en gâteaux minces, et qui a la propriété de luire dans l’obscurité lorsqu’on l’a chauffée jusqu’au rouge; on la désignait autrefois sous le nom de phosphore de Bologne ; on ignore quelle est au juste la composition du produit de cette calcination , ainsi que la
cause de sa phosphorescence. On emploie le sulfate de baryte pour préparer la bai-yte, efcomme fondant, dans les fonderies de cuivre de Birmingham. En Angleterre , on s’en sert comme mort aux rats. Je l’ai souvent fait prendre à des chiens, à la dose de 32 grammes, sans qu’ils aient éprouvé la moindre incommodité.
Préparation. On l’obtient par double décomposition, en versant un sulfate dissous dans une dissolution d’azotate ou de chlorure de baryum. On doit bien laver le pi’écipité , car en se déposant le sulfate de baryte entraîne avec lui une certaine quantité de sels solubles, et notamment des azotates alcalins qui existent dans la dissolution ; il faut encore faire bouillir le précipité, déjà bien lavé, avec de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique.
Azotate, BaO, Az O^. — On n’a jamais trouvé ce sel dans la nature. Il cristallise en octaèdres demi-transparents , qui ne contiennent pas d’eau; sa saveur est âcre ; chauffé jusqu’au rouge dans un creuset, il décrépite, FC décompose comme tous les azotates, et se transforme en gaz oxygène, en gaz acide azoteux et en baryte ou en bioxyde de baryum. Il est inaltérable à l’air; il se dissout dans 8 parties d’eau froide et dans 3 d’eau bouillante; il est beaucoup moins soluble dans une liqueur acide. On s’en sert pour préparer la baryte, et comme réactif.
Préparation. On décompose le sulfate de baryte par le charbon, comme dans la préparation de l’azotate de strontiane (voy. p. 423).
BV STROtVOravai. Sr. Équivalent =■ 548.
Le strontium ne se trouve dans la nature qu’à l’état de sulfate et de carbonate de strontiane. La difficulté qu’il y a à le séparer des produits qui le renferment fait que l’on n’a pas encore pu l’étudier avec soin. Il est blanc, brillant, solide, et plus pesant que l’acide sulfurique ; il conserve son éclat pendant plusieurs heures , cependant il finit par absorber l’oxygène de l’air et former un oxyde terreux, connu sous le nom de strontiane; il brûle vivement s’il est chauffé avec le contact de l’air. Il existe deux oxydes de strontium.
On connaît au moins deux sulfures de strontium. Le monosulfure, SrS, est une sulfobase puissante; on l’obtient en chauffant jusqu’au rouge blanc un mélange exactement fait de sulfate de strontiane et de charbon.
Le chlorure de strontium anhydre, Sr Cl, est solide, blanc, d’une saveur âcre; il éprouve la fusion ignée, sans se décomposer; il est déliquescent, et se dissout dans une fois et demie son poids d’eau à 15°, et dans de son poids d’eau bouillante; il se dissout aussi dans 19 parties